15 novembre 2022

279. Axel : Le Festin de Babette



Film danois réalisé en 1987 par Gabriel Axel
Avec Stéphane Audran (Babette), Bodil Kjer (Philippa), Birgitte Federspiel (Martine) , Jarl Kulle (dans cinq films de Bergman), Bibi Andersson (dans 11 films de Bergman), Jean-Philippe Lafont.
Sept anciens acteurs de Dreyer apparaissent dans ce film.
Adaptée de la nouvelle Le Diner de Babette de Karen Blixen

Si ce n'était pas si cucu-la-praline, je dirais que ce film est un bouillon de poulet pour l'âme : amour, foi et gastronomie.

Les chants luthériens, parsemés tout au long du film, participent à sa beauté.

Babette nous refait, à sa façon, La Dernière Cène avec, à la fin, la rédemption pour tous.
Les sept services du menu de Babette qui s'avère avoir été une cheffe d'un grand restaurant parisien avant qu'elle dut fuir la France suite à l'implication de son mari dans la Commune de 1871.
1. Potage à la tortue. Sherry Amontillado
2. Blinis Demidoff (crêpes servies avec du caviar et de la crème sûre). Champagne Veuve Clicquot.
3. Cailles en sarcophage. Clos de Vougeot
4. Salade d'endives
5. Savarin au rhum avec figues et fruits glacées. Champagne
6. Assiette de fromages et de fruits. Sauternes
7. Café. Cognac Grande Champagne

Au milieu du festin, comme il l'avait fait lors du repas de Noël dans Fanny et Alexandre de Bergman, quatre ans auparavant, Jarl Kulle se lève et prononce un discours,

Lecture cinéphilique
Lumière vives, Chroniques de cinéma 1947-1949 par René Lévesque, éventuel premier ministre du Québec de 1976 à 1985.  Au sortir de la guerre où il avait été correspondant de guerre pour l'armée américaine (il participa à la libération du camp de Dachau avec les troupes du général Patton), Lévesque se fit critique de cinéma pour un hebdomadaire québécois Le Clairon. Des critiques comme je les aime avec des chemins de traverse et des prétextes pour parler de sujets plus grands que le film critiqué.

Oscars 1988. Meilleur film en langue étrangère.
Cannes 1987. Prix spécial du jury.

Visionné, la première fois, le 17 décembre 1989 sur VHS à Montréal.
Mon 279ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Mis à jour le 29 mai 2023

08 novembre 2022

278. Burton : Batman



Film américano-britannique réalisé en 1989 par Tim Burton
Avec Michael Keaton (Batman), Jack Nickolson (Joker), Kim Basinger (Vicki Vale), Robert Wuhl (Alex Knox), Pat Hingle, Billy Dee Williams, Jack Palance, 

Tim Burton dans l'Obs d'octobre 2022 : '' Revu aujourd'hui, mon Batman a l'air d'une comédie romantique.,''

Le triomphe de ce film est à l'origine de la super-héros-mania actuelle. Je commence à en avoir bien marre de tous ces films de super-héros (et on remet ca avec les super-héroïnes, en produisant la même histoire avec des acteurs féminins) à la trame répétitive et convenue.

Et si Marvel, un jour, après avoir empoché suffisamment de milliards de dollars, nous surprenait en produisant des films inspirés de gens ordinaires : un gardien de garage souterrain, une employée de Walmart, un vendeur d'autos usagés, un homme, une femme.

Batman, le justicier insécure, est un personnage tout en retenu à côté du flamboyant Joker. Tout l'écran à Nicholson qui nous ramène Jack Torrance (The Shining) en dix fois plus tordus. Pauvre Keaton.

Joker qui vandalise les toiles du musée : un avant-goût de nos jokers écocologiques (pas de fautes, ici) d'aujourd'hui qui, pour avoir 15 minutes de gloire, nous font croire qu'ils se préoccupent vraiment de choses sur lesquelles ils auraient de la difficulté à écrire 10 lignes intelligentes.

Vicky Vale, la journaliste interprétée par Kim Basinger, a été un personnage introduit par Bob Kane, l'auteur de la bande dessinée. Ce personnage a été inspiré par sa rencontre avec une jeune actrice hollywoodienne peu connue à l'époque (fin des années 40), Norma Jean Baker aussi connue sous le nom de Marilyn Monroe. 

Gotham City, le portrait du Manhattan du début des années 80.

Je me souviens, lors de mon premier voyage à New York à l'automne 1982, en sortant du tunnel Lincoln reliant New Jersey à Manhattan, avoir aperçu comme première image de New York, gisant sur le bas-côté, une voiture désossée, criblées de balles. Bonjour Gotham.

Le Manhattan d'aujourd'hui est méconnaissable par rapport à cette époque, une des plus sombres de son histoire.


Coup d'envoi de la fantastique campagne publicitaire pour ressusciter Manhattan en 1977.

Cette campagne publicitaire pour attirer les touristes s'inscrivait dans le développement d'une nouvelle idéologie du développement urbain qui se répandait en Amérique du Nord et qui peut être résumée par cette imprécation : Haro sur les banlieues. Revenez habiter la ville-centre où se trouve la vraie vie urbaine avec ses institutions culturelles, ses cinémas, ses restaurants, la convivialité de la vie de quartier. Greenwich : un village au cœur d'une mégalopole.

Étant professeur de géographie urbaine au Collège (niveau Classes terminales) de Maisonneuve à Montréal dans les années 1980, j'ai souvent organisé, des excursions à New York pour mes étudiants.


Le premier Batman au cinéma adapté du personnage créé en 1939 par Bob Kane.
Film de 1943 réalisé par Lambert Hillyer.
Une série de 15 épisodes en 4 heures 20 minutes.







Mais on peut remonter plus loin dans le temps.
The Bat Whispers film réalisé en 1930 par Roland West.
Le premier plan en plongée sur un gratte-ciel de New York a été repris par Tim Burton.





Pourquoi pas remonter plus loin !
The Bat film réalisé en 1926 par Roland West dont il fera un remake en 1930.








Oscars 1990. Direction artistique

Visionné, la première fois, le 16 décembre 1989 sur VHS à Montréal.
Mon 278ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

Mis à jour le 22 mai 2023

18 octobre 2022

277. Soderbergh : Sex, Lies and Videotape




Film américain réalisé en 1989 par Steven Soderbergh
Avec Andie MacDowell (Ann), James Spader (Graham), Peter Gallagher (John), Laura San Giacomo (Cynthia)

Un début canon pour Soderbergh qui se mérite la Palme d'or du festival de Cannes avec ce premier film. Difficile de comprendre que c'est ce même réalisateur qui a fait les trois Ocean's Eleven. C'est vrai qu'il avait dit lors de la réception de la Palme d'or à Cannes en 1989 : ''Well, I guess it's all downhill from here.''

Un quatuor, empêtré dans le mensonge, mais surtout embourbé dans leur vie sexuelle, plus ou moins problématique.

À son psychologue, Ann, coincée dans un mariage sans vie, dit  : ''I think that sex is overrated''. On peut penser, sans trop se tromper, que ce sont les personnes qui ne pratiquent pas ou mal la chose qui nous sortent une pareille réflexion. C'est comme si une personne végane nous disait  ''Beef is overrated.''

J'adore le petit dialogue qui termine le film quand Ann vient s'asseoir sur la véranda à côté de Graham.
Ann : I think it's gonna rain
Graham : It is raining
Ann : Yeah.

Écrit en huit jours, tourné en cinq semaines avec un budget de 1,2 millions de dollars avec des acteurs peu connus, ce film, par sa consécration à Cannes, lancera le cinéma indépendant dans le marché grand public.

Cannes 1989. Palme d'or, prix de la critique internationale, meilleur acteur à James Spader

Visionné, la première fois, le 26 novembre 1989 au cinéma Le Dauphin, à Montréal
Mon 277ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

Mis à jour le 18 mai 2023

12 septembre 2022

276. Welles : Touch of Evil


La soif du Mal (on dirait un titre de Guy des Cars)

Film américain réalisé en 1958 par Orson Welles
Avec Charlton Heston (Vargas), Orson Welles, Janet Leigh, Dennis Weaver (fameux pour sa prestation dans Duel de Spielberg), Akim Tamiroff, Joseph Calleia, Marlene Dietrich, Zsa Zsa Gabor (courte séquence de danse). 

Oubliez l'intrigue emberlificotée. L'image : là réside un chef-d'œuvre historique.
Le film noir atteint son Walhalla. Tous les éléments du film noir sont exploités à leur extrême limite. Plus un film noir ne pourra résister à certains emprunts.

Un plan-séquence anthologique : la scène initiale. Un plan-séquence de 3,5 minutes tourné à l'aide d'une grue, en plongée puis au niveau du sol, qui suit le déroulement de 2 actions en parallèle : le couple vedette du film (le détective mexicain Vargas et son épouse) traversant la frontière et l'événement dramatique qui déclenche la chasse au coupable.

Intrigue : presqu'aussi incompréhensible que The Big Sleep (1946) d'Howard Hawks. Seulement, vers la fin, fait-elle du sens.

De quel côté de la frontière USA-Mexique sommes-nous ? Welles nous promène d'un côté et de l'autre continuellement. La frontière de cette époque était une véritable passoire. On est loin du mur d'Obama (eh oui, 160 km construit sous son administration) et de Trump (plus de 600 km).

Dialogue chouette... 

Quinlan (Orson Welles, sous 25 kilos de maquillage et de prosthétique) : Come on, read my future for me.

Tanya (Marlène Dietrich, tireuse de carte maquillée en mexicaine) : You haven't got any.

Quinlan: Hmm? What do you mean?

Tanya: Your future's all used up.

Hitchcock plagie Welles ?
Hitchcock reprend des éléments importants des séquences du motel de Touch of Evil pour les intégrer dans Psycho.
D'abord, le personnage féminin interprétée par Janet Leigh dans les deux films. On ne peut pas croire à une coïncidence.
Le personnage, s'installant, comme seule cliente, dans un motel sur une route peu fréquentée depuis la construction de l'autoroute.
Le gardien du motel, à l'instar d'Anthony Perkins dans Psycho, présente des comportements pour le moins inquiétants.
Attaque de la cliente dans sa chambre avec des conséquences, heureusement différentes, pour l'épouse de Vargas. Mais Janet Leigh ne perd rien pour attendre, Hitchcock y verra.


Oscars 1959.  Aucune nomination.  C'est ce qu'on appelle un lynchage idéologique.
Cahiers du Cinéma. Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1958.

Visionné, la première fois, le 18 novembre 1989 à la télévision à Montréal.
Mon 276ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

Aujourd'hui (12 septembre 2022), mon premier millionième clics, pour ce que ça vaut!!

Mis à jour le 12 mai 2023

09 septembre 2022

275. Minnelli : The Band Wagon


Tous en scène !

Film américain réalisé en 1953 par Vincente Minnelli
Avec Fred Astaire, Cyd Charisse, Oscar Levant, Nanette Fabray, Jack Buchanan.

''Un des classiques incontestés de la comédie musicale hollywoodienne'' Jacques Lourcelles in Dictionnaire du cinéma.

En regardant ce film, on se met à regretter les grands spectacles ''musique et danse'' de Lloyd Bacon des années 30, 42nd Street par exemple. On se met à regretter les grandes heures de Fred Astaire, ici sur le déclin, qui est aussi un des thèmes du film. On se met à regretter que la comédie musicale n'ait pas fait un pas de plus vers sa modernisation. Qu'attendait-on pour dépoussiérer ces vieilles lunes ?

Il y a quelques moments magiques dans ce film dont Dancing in the Dark, Charisse et Astaire, dansant au clair de lune dans Central Park. On peut aussi trouver magique, les jambes de Cyd Charisse...

Le titre du film est emprunté à une comédie musicale d'Howard Dietz et Arthur Schwartz qui a eu ses heures de gloire (260 représentations) à Broadway en 1931. Seules quatre chansons de la comédie originale ont été retenues pour le film de Minnellli.

La plus célèbre des chansons du film, That's Entertainment (Schwartz et Dietz), a été retenu à titre de chanson-thème de la série hollywoodienne That's Entertainment (1974) qui résume les grands moments musicaux du cinéma hollywoodien. À voir absolument. Une deuxième partie est sortie en 1976 puis une troisième en 1994. 

De mon côté, mon amour pour la comédie musicale commencera avec West Side Story (1961).

Visionné, la première fois, le 29 octobre 1989, à la télévision, à Montréal.
Mon 275ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

Mis à jour le 10 mai 2023

22 août 2022

274. Tornatore : Cinéma Paradiso



Film italien réalisé en 1988 par Giuseppe Tornatore
Avec Philippe Noiret (Alfredo), Salvatore Cascio (Toto), Jacques Perrin (Toto adulte), Roberta Lena (Lia), Antonelle Attili, Enzo Cannavale, Isa Danieli.

Vingt-cinq victoires dont l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, sur 18 listes du site Icheckmovies.com, 53ème meilleur film de tous les temps sur le site IMDB. Et moi qui reste sur les lignes de côté.

Qu'est-ce qu'il a bien pu se passer dans la société de cette époque pour que tant de gens tombent en pamoison devant ce petit film construit autour de la nostalgie ? Moi aussi, j'avais bien aimé ce film-bonbon lors de sa sortie. Film thérapeutique ? Il venait peut-être panser de vieilles blessures de mon enfance. 

Sur le plan documentaire, ce film nous fait revivre la fin des cinémas de petites villes et de quartiers qui avaient atteint leur apogée, en Occident, dans les années 50 et qui allaient disparaitre dans les années 1980, mis à mort par le VHS qui avait déjà à son tableau de chasse, Beta.

Mais, revu plus de trente ans plus tard, le côté cucu-la-praline me saute en pleine face. Ce  n'est presque plus regardable cette avalanche de nostalgie bienveillante enveloppée de la musique sirupeuse de Morricone. 

Si vous visionnez la director's cut, vous allez voir une partie du scénario qui a été retranchée : la rencontre entre Toto adulte (Jacques Perrin) et Lia adulte (Brigitte Fossey, disparue du film au montage de la version courte) au moment où l'on démolit le Cinéma Paradiso. Sortez vos mouchoirs pour pleurer.....de rire, tant le mélodrame atteint un sommet d'insignifiance. 

Pour un regard nostalgique sur l'Italie des années 50, courez voir Nous nous sommes tant aimés d'Ettore Scola . C'eravamo tanto amati : un des plus beaux titres de films.

Dans le livre 1001 Movies You Must See Before You Die, on a le sacrilège de faire un parallèle avec les Les Quatre Cent Coups de Truffaut. Hola ! Retournez à vos écrans.

La séquence finale du montage de tous les baisers des films censurés par le curé de l'époque vaut le déplacement. J'ai reconnu 14 acteurs et actrices. 

Oscars 1990. Meilleur film en langue étrangère
Cannes 1989. Grand prix du jury
Césars 1990. Meilleure affiche

Visionné, la première fois, le 24 septembre 1989, au cinéma Berri sur la rue St-Denis à Montréal.
Mon 274ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

Mis à jour le 7 mai 2023

06 août 2022

273. Cameron : Aliens


Aliens : Le Retour

Film américain réalisé en 1986 par James Cameron
Avec Sigourney Weaver (Ripley), Michel Biehn, Paul Reiser, Lance Henriksen (androïde Bishop), Carrie Henn (Newt, l'enfant), Bill Paxton, William Hope, Jenette Goldstein (Vasquez), Al Matthews, Mark Rolston, Ricco Ross, Colette Hiller.

Avait-on vraiment besoin d'une suite au magistral Alien de Ridley Scott (1979) ? Bien sûr que non à moins qu'on enferme le cinéma dans le créneau du divertissement à odeur de pop corn. 

N'aurait-on pas pu laisser la belle au bois dormant (Ripley, réveillée 57 ans plus tard) continuer son roupillon pour l'éternité ? Bien non, il fallait exploiter cette première œuvre jusqu'à l'écœurement. La bêtise finale étant le quatrième rejeton, Alien Resurrection (Jean-Pierre Jeunet, 1997).

Il y a peu d'exemples dans l'histoire du cinéma de réussites dans le développement de suites. Le plus bel exemple de réussite étant Le Parrain. Et la saga la plus catastrophique étant celle de La Planète des singes qui s'étend sur 5 productions de 1968 à 1973. 

Dans Aliens, ''an inflated sci-fi horror action movie (Pauline Kael)'' tous les stéréotypes des films d'action sont reproduits. Celui qui me fatigue le plus parmi ces stéréotypes, c'est le méchant parmi les gentils qui est près à les sacrifier pour des gains scientifiques ou monétaires. Plus capable de voir ce stéréotype, surtout que ce méchant est détecté dès les premières séquences. 

Ça me fait penser à Peter Lorre, le comédien à la gueule de psychopathe. 

Dès qu'on le voit dans un film, on a le goût de crier aux acteurs, attention, arrêtez de chercher le tueur, Peter Lorre est là.

Mes deux personnages préférés :
D'abord, Bishop, l'androïde, interprété par Lance Henriksen que j'avais beaucoup aimé au début de la série Millennium de Chris Carter (X-Files).
Vasquez (Jenette Goldstein), un très beau modèle de super-woman. 

Oscars 1987. Deux statuettes : son et effets spéciaux

Visionné, la première fois, le 23 septembre 1989 sur VHS à Montréal 
Mon 273ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

Mis à jour le 4 mai 2023

25 juillet 2022

272. Kaufman : The Right Stuff


L'Étoffe des héros
Mon titre français : L'Étoffe d'un héros : Chuck Yeager 

Film américain réalisé par Philip Kaufman en 1983
Scénario tiré du roman éponyme de Tom Wolfe.
Avec Sam Shepard  (Chuck Yeager), Scott Glenn (Alan Shepard, 1er américain dans l'espace), Ed Harris (John Glenn, 1er américain en orbite), Dennis Quaid, (Gordon Cooper) Fred Ward (Gus Grissom), Barbara Hershey (Glennis Yeager), Veronica Cartwright, (Betty Grissom), Pamela Reed (Trudy Cooper).

Sans contredit, l'un des grands films des années 80 même si je suis agacé par plusieurs passages de comédies loufoques qui semblent présents seulement pour dédramatiser le sujet, aspect infantilisant que nous retrouvons régulièrement dans les films dramatiques américains.

Deux parties dans ce film.
1. De loin, la plus poignante et la plus émouvante, la partie sur les pilotes d'essai. Le travail, dans l'ombre, de ces pilotes d'essai qui poussent à bout leur machine pour en extirper toutes leurs possibilités. Un coût humain effarant : on parle de 23% de chance de trouver la mort dans un accident d'avion dans une carrière qui s'étendrait sur 20 ans. Une chance sur deux de devoir s'éjecter du cockpit.
Cette partie emprunte des éléments au Western : région semi-désertique, solitude du cow-boy sur son cheval mais aussi dans sa machine volante, Sam Shepard en Gary Cooper moderne, le bar Pancho (Happy Bottom Riding Club) en réplique de saloon.

2. Le projet Mercury : une comédie chaotique qui essaie de nous faire oublier que ces valeureux astronautes était destinés à des missions-suicides. J'ai trouvé difficile d'apprécier cette partie après la sobriété de la première partie. De mon point de vue, l'aspect comique du scénario le débilite. Pour les pilotes d'essai qui ont refusé de participer à ce projet, Mercury était qualifié de Ham in the Can (le nom du chimpanzé qui fit le premier vol était Ham, acronyme de Holloman Aerospace Medical Center). Tout pilote '' qui s'y embarquait n'était plus un pilote mais un animal de laboratoire truffé, du cerveau au rectum, d'électrodes médicales. '' (Tom Wolfe).

Je lis rarement le livre dont l'on s'inspire pour faire un film. Mais, dans ce cas, j'ai fait exception. L'œuvre de Tom Wolfe est absolument incontournable.

Chuck Yeager fut le dernier survivant des personnages de ce film jusqu'à son décès, à l'âge de 97 ans, le 7 décembre 2020.

Oscars 1983. Quatre statuettes : son, montage, musique, effets spéciaux
Cahiers du Cinéma. Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1984

Visionné, la première fois, le 11 septembre 1989 à la télévision à Montréal 
Mon 272ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

Mis à jour le 4 mai 2023

01 juillet 2022

271. Kubrick : Full Metal Jacket


Film américain de Stanley Kubrick réalisé en 1987.
Avec Matthew Modine (Joker), Arliss Howard (Cowboy Evans), Vincent D'Onofrio (Gomer Pyle), R. Lee Ermey (Gunnery Sergeant), Adam Baldwin (Animal Mother), Dorian Harewood (Eightball)

Première partie 
Cours préparatoire à la guerre.
Travaux pratiques : Au Vietnam.
Pré-requis : Laisser son cerveau et son ego à la maison. 
Avertissement : les instructeurs ont été identifiés comme étant le chaînon manquant dans l'évolution humaine.
L'entrainement pour devenir un marine. Je suis totalement surpris de voir qu'il n'y avait pas de sélection pour entrer dans un tel corps d'élite. S'il y avait eu une sélection, toute la première partie aurait manqué d'intérêt en l'absence de Gomer Pyle, le souffre-douleur de Gunnery Sergeant. Y avait-il ou non sélection à l'entrée de ce corps d'élite à l'époque de la guerre du Vietnam ? Je vous laisse effetuer la recherche.

Deuxième partie
Avait-on vraiment besoin de ces 60 minutes de guerre du Vietnam après les Apocalypse Now, Deer Hunter et Platoon ? NON. 


Une scène anthologique insoutenable, ''near-pornographic'' (Pauline Kael)
Seule performance connue de Ngoc Le : 
la sniper qui, mortellement blessée, inlassablement, demande ''shoot me''. 

Cahiers du Cinéma. Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1987

Visionné, la première fois, le 17 août 1989 sur VHS à Montréal
Bon, enfin, je viens de m'acheter un lecteur de cassette VHS. Une nouvelle ère cinéphilique commence.
Mon 271ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Mis à jour le 3 mai 2023

17 juin 2022

270. Kasdan : Accidental Tourist


Voyageur malgré lui

Film américain réalisé en 1988 par Lawrence Kasdan
Histoire tirée du livre d'Anne Taylor, The Accidental Tourist
Avec William Hurt, Kathleen Turner, Geena Davis

Ce film : l'art de bousiller une fine histoire de deuil qui ne se fait pas en y introduisant des séquences qu'on dirait sorties d'un film des Marx Brothers. Ne serait-ce que pour ça, ce film méritait d'être sortie de la liste des 1001 films de Schneider à coup de pied dans le popotin, ce qui fut fait en 2005.

Le personnage joué par Geena Davis est tellement tonitruant qu'on se demande comment notre dépressif chronique (personnage joué par William Hurt) ne se jette pas par la fenêtre.

La séquence finale est d'une telle manipulation qu'on en reste pantois. Le sourire de William Hurt lors du dernier plan nous achève.

Ce film a été baptisé ''Le film comique le plus triste jamais réalisé '' En fait, devant une telle démolition du thème principal - comment survivre à la mort de son enfant - on a plutôt envie de pleurer.

Oscars 1989. Une statuette pour Geena Davis, meilleur second rôle. 
Cahiers du Cinéma. Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1989

Lecture cinéphilique
Arletty par Denis Demonpion. 
Arletty écrase toute compétition au cinéma entre 1935 et 1945 mais quelle personne détestable, politiquement et socialement parlant. Elle dit qu'elle est contre la guerre. En fait, elle se comporte avec les collabos et l'occupant allemand comme si la guerre n'existait pas. Aucun remords, après la guerre, sur ce comportement aberrant. Sa phrase célèbre : '' Mon cœur est français mais mon cul est international '' (à cause de sa relation amoureuse avec Hans Jurgen Soehring, homme de confiance de Goering) est jetée comme une ultime provocation contre ses détracteurs. La carrière d'Arletty au cinéma s'arrête avec le rôle de Garance dans Les Enfants du paradis. Les 21 films suivants : prestations alimentaires.

Visionné, la première fois, le 17 juillet 1989 sur VHS à Montréal.
William Hurt, décédé il y a trois mois. À jamais associée à cette projection au Cinéma Impérial de Montréal du film J'enrage de son absence. J'ai vu une partie de ce film, debout à l'arrière de la salle, à côté de Sandrine Bonnaire, si menue, venue présenter ce film dont elle était la réalisatrice, à Cinémania, festival de films francophones. Son ancien conjoint, William Hurt, dont elle eut une fille, en est le principal acteur. C'était le 7 novembre 2012, dix ans avant son décès.

Mon 270ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Supprimé de la liste de Schneider à partir de l'édition de 2005

Mis à jour le 2 mai 2023


15 juin 2022

269. Donen : On the Town


Un Jour à New York

Comédie musicale américaine réalisée en 1949 par Stanley Donen et Gene Kelly.
Inspirée du ballet Fancy Free de Jerome Robbins et de Leonard Bernstein, qu'on allait retrouver douze ans plus tard dans West Side Story.
Avec Gene Kelly, Frank Sinatra, Betty Garrett, Ann Miller, Jules Munshin, Vera-Ellen

Onze compositions musicales dont New York, New York, musique de Leonard Bernstein.  À ne pas confondre avec la chanson-thème du film de Martin Scorsese, New York New York, chantée pas Liza Minnelli et popularisée par Frank Sinatra.

Grande nouveauté. Hollywood sort de ses studios et se risque à tourner la plupart des scènes dans les rues de New York. Un vrai guide touristique de New York.

Les hommes en blanc, les femmes en couleurs.

Tout à fait surprenant de voir les filles de '49 se comporter si librement, 20 ans avant le women's lib. La conductrice de taxi harcelant le pauvre Sinatra qui a l'air de sortir de sous les jupes de sa mère est une prouesse féministe digne de mention.

Une belle séquence chant et danse dans le Musée d'Histoire Naturelle vaut le détour. Mais pour l'ensemble, à sortir de la prochaine édition des 1001 films de Schneider.

Oscars 1950. Une statuette pour la musique.

Visionné, la première fois, le 10 juin 1989 à la télévision à Montréal
Mon 269ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

Mis à jour le 30 avril 2023

19 mai 2022

268. Mankiewicz : All About Eve



Film américain réalisé en 1950 par Joseph L. Mankiewicz
Avec Bette Davis, Anne Baxter, George Sanders, Celeste Holm, Gary Merrill, Hugh Marlowe, Marilyn Monroe, Thelma Ritter.

Pour se moquer d'un concept qui vient d'envahir l'actualité ces derniers temps, on peut résumer ce film en parlant de petit remplacement. 

Comment une jeune femme (Anne Baxter) en vient, à l'aide d'une stratégie manipulative hors-pair, à remplacer une grande star du théâtre (Bette Davis) en la poussant dans les plates-bandes du milieu théâtral.

Dans ce film, Bette Davis est la reine des chiantes ce qui, pour plusieurs membres de la colonie artistique, n'était que la transposition de sa vraie personnalité. 

Un exemple : Celeste Holm, en arrivant sur le set dit à Bette Davis Good Morning, cette dernière lui répondit Shit! Good Manners. Ils ne se parlèrent jamais plus durant la production. Davis traita Holm de bitch.

Seulement 30 secondes de Marilyn Monroe, mais on voit déjà le potentiel de cette future star.

Le prix Sarah Siddons (actrice britannique du 18ème siècle) accordé à la meilleure comédienne de théâtre de Chicago attribuée à Eve Harrington n'existait pas en 1950. Suite au film, un groupe de personnes décidèrent de créer ce prix qu'on commença à accorder en 1952. Bette Davis recevra ce prix à titre honorifique en 1973. Douce revanche de Margo Channing sur Eve Harrington, 23 ans plus tard.

J'aime les critiques contemporaines des films. Cahiers du Cinéma, numéro 3, juin 1951. Extrait : All About Eve : la machine de guerre d'une femme d'exception contre des hommes sans exceptions. (François Chalais).

Oscars 1951. Quatorze nominations, record seulement égalé par Titanic (1997) et La La Land (2016) Six statuettes : film, réalisateur, acteur de soutien à George Sanders, scénario, costume et son.
Cahiers du Cinéma. Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1951.

Visionné, la première fois, le 23 mai 1989 à la télévision à Montréal.
Mai 1989 : moment funeste où j'ai attrapé un coronavirus qui m'a jeté à terre pendant 1 mois et qui a entraîné une anosmie suivie d'une cacosmie (tout sentait le diesel, même les meilleurs vins)  qui durèrent plus de 6 mois.
Mon 268ème visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

Mis à jour le 30 avril 2023

15 mai 2022

267. Haines : Children of a Lesser God

1001 films de Schneider : Children of a Lesser God

Les Enfants du silence

Film américain réalisé en 1986 par Randa Haines
Avec William Hurt, Marlee Matlin, Piper Laurie

Film tiré d'une pièce de Marc Medoff qui a eu du succès sur Broadway pendant 2 ans (1980-1982)

Un film à thème. C'est ce qui justifie sa présence dans la liste des 1001 films de Schneider sinon on n'en parlerait pas. 

Je suppose qu'on était dû, à cette époque, pour un film sur les personnes sourdes-muettes. Je sais, on ne dit plus ça, de nos jours, dans l'empire de la rectitude politique. Mais, bon, je m'en fous. Tout le monde comprend ce que je veux dire, ce qui est le principe numéro un de la communication. 

On assiste à une sorte de détournement de scénario. Quand ce nouveau professeur (Hurt) arrive dans cette institution de sourds-muets, on sent déjà qu'il va chambarder toutes les vieilles pédagogies et qu'il installera, contre vents et marées, une nouvelle approche pour améliorer la communication des pensionnaires. Mais ce type de scénario est tellement redondant : le messie qui vient annoncer la nouvelle parole en conflit avec les béotiens de l'arrière-garde. On vient encore de nous le rejouer dans la série télévisée New Amsterdam.

Mais, finalement, on aura droit, plutôt, à une relation amoureuse entre le professeur et une ancienne résidente (Matlin) récalcitrante à la nouvelle approche de celui-ci. Il veut qu'elle apprenne à parler, elle ne veut pas apprendre à parler. 

La performance de Matlin qui est sourde-muette est impressionnante. Elle fait une prestation digne des plus grandes actrices du cinéma muet.

Pour une descente dans les abimes de l'incommunicabilité, The Miracle Worker d'Arthur Penn, tourné en 1962. L'histoire d'Helen Keller, sourde-muette-aveugle de naissance. 

William Hurt vient de disparaître (mars 2022). Grand retour de nostalgie en le voyant dans ce film.

Oscars 1987. Une statuette à l'actrice Marlee Matlin.
Berlin 1987. Ours d'argent

Visionné, la première fois, le 10 mai 1989 sur VHS à Montréal
Mon 267ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

Mis à jour le 29 avril  2023

09 mai 2022

266. Scott : Top Gun



Film américain réalisé en 1986 par Tony Scott
Avec Tom Cruise, Kelly McGillis, Tim Robbins, Val Kilmer, Tom Skirrit, Meg Ryan 
et Testostérone.

C'est une aberration qu'un tel film puisse se trouver dans la liste des 1001 films de Schneider.

Top Gun qui veut nous décrire cette école de pilotes de haut niveau est un show aérien (de très beaux plans de vol) entrecoupé à l'occasion de relations interpersonnelles d'une banalité abyssale et de batailles de coqs dans les répétitives scènes de vestiaire. Pour en rajouter une couche dans l'insignifiance, pourquoi pas une séquence de Beach volleyball avec beaux mecs en bedaine huileuse.

Comment Kelly McGillis, si merveilleuse dans Witness de Peter Weir, l'année précédente, a-t-elle pu accepter un rôle si humiliant ? Supposément doctorante en astrophysique, elle a plutôt l'air de sortir d'un fashion show. Tom Cruise a l'air d'un pré-ado à côté d'elle.

Revoir ce film 30 ans plus tard fut assez pénible. D'autant plus que je suis en train de finir l'intégrale (43 films) Bergman commencée il y a deux ans avec mon copain Jean-Pierre. Prochain film : la version longue de Fanny et Alexandre, puis Après la Répétition et, pour conclure, Sarabande. Ma plus belle aventure cinéphilique à ce jour. Je sais déjà, qu'un jour, je récidiverai.

Oscars 1987. Une statuette pour la meilleure chanson originale : Take my Breath Away

Visionné, la première fois, le 1er mai 1989 sur VHS à Montréal
Mon 266ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

Mis à jour le 27 avril 2023

18 avril 2022

265. Stevens : Giant



Quelle horreur que cette affiche allemande, totalement hors-sujet. 
Le machismo à son sommet.

Film américain réalisé en 1956 par George Stevens
Avec Elizabeth Taylor (Leslie Benedict), Rock Hudson (Bick Benedict), James Dean (Jeff Rink), Carroll Baker (Luz Benedict), Dennis Hopper, (Jordan Benedict). Fran Bennett
Adapté du roman éponyme d'Edna Ferber.

En gros, le vieux Texas de l'élevage extensif contre le nouveau Texas de l'exploitation pétrolière. Les grandes familles traditionnelles qui se relèguent l'exploitation de génération en génération contre les nouveaux riches arrogants du pétrole qui vont s'imposer sur les scènes sociale et politique.

 

James Dean en nouveau riche du pétrole devant la maison (mansion) de l'éleveur traditionnel

Jeff Rink, dont les initiales J.R. nous envoient directement chez la famille Ewing de la série Dallas dont le plus détestable membre était connu sous le nom de J.R., au cœur de la compagnie Ewing Oil.

Ce film, c'est un peu pour le Texas ce que Gone With the Wind fut pour la Georgie, le racisme contre les Noirs étant remplacé par le racisme contre les Latinos qu'on appelle péjorativement les wetbacks (référence au mode illégal de passage de la frontière américaine en traversant le Rio Grande).

Incongruence : Leslie Benedict qui défend les Latinos du Texas, fortement discriminés, alors qu'elle vient d'une riche famille du Maryland qui a des serviteurs Noirs.

À travers mes lectures de mes vieux Cahiers du Cinéma, ceci de Louis Marcorelles : Giant laisse loin derrière lui tous les balbutiements des films antiracistes tournés précédemment à Hollywood. Il honore l'homme Stevens. 

TROISIÈME ET DERNIER FILM DE JAMES DEAN

Il décédera dans un accident d'automobile deux semaines après la conclusion du tournage. Il ne verra jamais le film.

La prestation de James Dean est remarquable, ce qui ne fait que souligner la faible performance de Rock Hudson lorsque les deux sont confrontés.

La plus belle prestation de Dean : la scène durant laquelle Jeff Rink refuse qu'on lui rachète le petit bout de terrain que la sœur Bick Benedict lui a laissé en héritage. 

Lecture cinéphilique. Le Paris de François Truffaut par Philippe Lombard. 
Un Paris disparu. Symbolisé par la démolition du Gaumont Palace, le plus grand cinéma du monde avec ses 6000 places, en avril 1973 à peu près au même moment où l'on démolissait les Halles.

Gaumont Palace, place de Clichy

Oscars 1957. Une statuette pour la réalisation. 

Visionné, la première fois, le 28 avril 1989 à la télévision à Montréal
Mon 265ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

Mis à jour le 27 avril 2023


15 avril 2022

264. Minnelli : Gigi



Film américain réalisé en 1958 par Vincente Minnelli
Ave Leslie Caron, Maurice Chevalier, Louis Jourdan, Hermione Gingold, Eva Gabor, Jacques Bergerac.
Adaptation du roman Gigi de Colette.

Comment ai-je fait pour passer deux heures à ingurgiter cette immense pâtisserie dont le scénario est d'une incomparable niaiserie.

Oscar du meilleur film. Meilleur que Vertigo ? (en nomination seulement pour la direction artistique et le son) Meilleur que Touch of Evil ?

D'accord, un banquet pour les yeux, mais un banquet indigeste. Les décors, surchargés, hyper-colorés sont un sommet de kitsch. 



Hollywood sort rarement de ses studios, ici on fait exception. Le plus grand intérêt du film, c'est Paris revampée 1900.

À 70 ans, Maurice Chevalier nous fait son éternel numéro de vieux beau. Il nous pousse une chansonnette douteuse, Thank Heaven for Little Girls, pépinière pour la prochaine génération de dragueurs. Ce qui explique que ce film est, à tort, accusé de pédophilie.  

Je suis un amateur de comédies musicales mais je ne réussis pas à trouver de qualités à celle-ci : la composition musicale est minimaliste, aucun numéro de danse alors qu'on avait une danseuse de ballet classique en Leslie Caron.

Oscars 1959. Neuf statuettes ??? : Film, réalisation, scénario, caméra, direction artistique, montage, costumes, musique et chanson.

Visionné, la première fois, le 18 avril 1989 à la télévision à Montréal
Mon 264ème film de la liste des 1001 films du livre de Schneider

Mis à jour le 27 avril 2023

11 avril 2022

263. Pollack : Out of Africa


Souvenirs d'Afrique

Film américain réalisé en 1985 par Sydney Pollack
Avec Meryl Streep, Robert Redford, Klaus Maria Brandauer, Michael Kitchen
D'après une œuvre autobiographique de Karen Blixen, qui avait emprunté le nom de Isak Denisen pour sa publication en 1934. Y ajouter des parties de la biographie de Blixen écrite par Judith Thurman.

Une fois n'est pas coutume, le titre français correspond mieux au contenu du film.

Souvenirs d'Afrique : en effet, ce film a l'allure d'une grande carte postale qui nous arrive d'une époque révolue où l'Afrique était une grande machine à produire du rêve exotique.

L'histoire, par ailleurs véridique, nous semble un grand prétexte pour nous présenter un cinérama de beaux paysages et de la plus belle faune terrestre. C'était la belle époque (entre guillemets...) du colonialisme bon teint où les autochtones jouaient le rôle de figurants agréables et bon enfant.

On peut être sûr d'une chose. Le Kenya n'était pas cette caricature à l'époque de la Grande guerre, l'ajout de quelques Massaï n'y changeant rien.

Scène burlesque :  Robert Redford lavant les cheveux de Meryl Streep avec le Kilimandjaro en arrière-plan.

Sent-on dans ce film les premiers éléments de la naissance d'une certaine forme de nationalisme ? Difficile à trouver. 

Notre sensibilité face aux extinctions animales a évolué. Dans une des premières scènes, on voit le personnage joué par Redford débarquer d'un wagon ferroviaire une caisse contenant de grandes défenses d'éléphant. Cette image ne passe plus, de nos jours, sans un haut-le-coeur.

Oscars 1986. Sept statuettes : film, réalisation, scénario, caméra, direction artistique, son et musique. Il est difficile d'imaginer que ce film ait été en nomination pour 11 Oscars et qu'il en ait remporté sept, dont celui de meilleur film. Meryl Streep y obtient sa 6ème nomination en route pour 21, un record de tous les temps. 

Visionné, la première fois, le 1er avril 1989 à la télévision à Montréal
Mon 263ème film de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 27 avril 2023



10 avril 2022

262. Nichols : Who's Afraid of Virginia Woolf ?


Qui a peur de Virginia Woolf ?

Film américain réalisé en 1966 par Mike Nichols
Adaptation de la pièce d'Edward Albee créée en 1962
Avec Elizabeth Taylor, Richard Burton, George Segal, Sandy Dennis

Ce film : La Mère de toutes les chicanes conjugales. 
Votre dernière confrontation avec votre conjoint-e vous apparaîtra comme une promenade au parc à côté de l'ouragan Taylor-Burton. Taylor, une prestation époustouflante - un maelstrom. 

Pour vous mettre dans l'ambiance : 
George : You're a monster
Martha : I'm loud. I'm vulgar but I am not a monster. 

Cette descente dans les bas-fonds du couple est suivie d'une remontée réparatrice à la fin de la nuit infernale. Mais l'aube ne nous annonce pas la fin de ce scénario. On n'est pas naïf, on sait bien que ce conflit conjugal a encore de beaux jours devant lui. Même si 100% des critiques me contrediraient, j'aime imaginer que c'est peut-être pour cela que Martha (Taylor), dans une dernière réplique, dit qu'elle a peur de Virginia Woolf, jeu de mots pour Méchant Loup. 

Le couple, invité à être spectateur de cette magistrale entreprise de démolition d'un couple, voyait se dérouler devant lui ce qui l'attendait possiblement dans quelques années. 

Le titre est une transposition de la comptine Who's Afraid of the Big Bad Woolf? tiré du film Three Little Pigs de Dysney (1933) 

Après le mot END : Exit Music. C'était une pratique coutumière dans les années 50 d'accompagner les spectateurs vers l'extérieur de la salle avec une musique d'ambiance. À cette époque les crédits étant au début du film, il n'y avait pas de passage en douceur entre l'ambiance du film et la réalité extérieure. 

De nos jours, les crédits sont à la fin du film. Très peu de spectateurs profitent du moment des crédits (qui peuvent durer des plombes, j'avoue) pour temporiser le choc entre la réalité filmique et la vie réelle. Pourtant, je trouve essentiel ce moment qui permet de continuer à vivre dans le film et qui, comme dans un sas, nous permet de revenir lentement à la vie. Je suis toujours le dernier à sortir de la salle.

Les producteurs, quelquefois, pour récompenser des gens comme moi, ajoutent à la toute fin des crédits quelques extras dont je suis le seul, avec ma fille que j'ai convertie à cette pratique, à profiter. 

Pour Virginia Woolf, deux choses :
Film : The Hours réalisé par Stephen Daldry en 2002. Adaptation du roman Mrs Dalloway.
Littérature : Une Chambre à soi.

Oscars 1967. Cinq statuettes : actrice à Elisabeth Taylor, actrice de soutien à Sandy Dennis, caméra, direction artistique, costumes

Visionné, la première fois, le 28 mars 1989 à la télévision à Montréal
Mon 262ème film de la liste des 1000 films du livre de Schneider
Mis à jour le 25 avril 2023

06 avril 2022

261. Fleming : The Wizard of Oz


Le Magicien d'Oz

Film américain réalisé en 1939 par Victor Fleming.
Sans être mentionnés au générique, cinq autres réalisateurs ont contribué : George Cukor, Mervyn LeRoy, Norman Taurog, Richard Thorpe et King Vidor.
Avec Judy Garland, Frank Morgan, Ray Bolger, Bert Lahr, Jack Haley, Billy Burke, Margaret Hamilton.

La Grosse Machine Hollywoodienne en action. Vingt-deux personnes ont écrit le scénario et les dialogues. Une de celles-ci fut Herman Mankiewicz (celui qui est le sujet du film Mank), célèbre pour avoir rédigé le scénario de Citizen Kane, dont on a attribué, erronément, toute la réussite à Orson Welles.

C'était un livre tout simple à l'origine. The Wonderful World of Oz écrit par L. Frank Baum et publié en 1900. Un livre pour enfants avec un succès équivalent à Harry Potter. Ce livre fut suivi par 14 autres publications jusqu'en 1920.


Une belle prouesse cinématographique : la première partie dans la réalité du Kansas de 1930 en sépia suivie de la partie fantastique en technicolor, récemment inventé.

Je vous ne cacherai pas que j'ai préféré la première partie de ce Kansas de l'époque du Dust Bowl avec ses fermes en déshérence, ses terres agricoles partant en poussière et la tornade, comme le doigt de Dieu descendant sur la Terre, toujours prête à laminer un coin de pays. Le Kansas, au 6ème rang des États pour la fréquence des tornades.

Wizard of Oz, film d'horreur. Film d'horreur derrière la caméra.
Maltraitance de Judy Garland depuis qu'elle a signé avec MGM un contrat de 7 ans à l'âge de 13 ans. Louis Mayer, trouvant que Judy avait trop de graisse de bébé, développa un programme de nutrition qui l'affamait en plus de lui fournir des médicaments pour lui faire perdre du poids : amphétamine, benzédrine, etc. Elle développera une dépendance aux narcotiques qu'elle ne pourra jamais réussir à se débarrasser et qui a causé sa mort précoce à l'âge de 47 ans.

Tin Man : le premier titulaire du rôle, Buddy Edsen, a du quitter la production à cause d'une maladie respiratoire causée par la poudre d'aluminium utilisée comme maquillage. Ses poumons étaient tapissés d'aluminium.
Pour son remplaçant, Jack Haley, on a plutôt utilisé de la pâte d'aluminium avec des problèmes médicaux semblables à ceux de son prédécesseur.

Over the Rainbow. Aucun concert sans cette chanson durant toute sa carrière

Deux Wizard of Oz qui méritent un coup d'œil :
Wizard of Oz réalisé par Larry Semon en 1925. Présence d'Oliver Hardy en Tin Man.
Journey Back to Oz, dessin animé réalisé par Hal Sutherland en 1974 avec Liza Minnelli, fille de Judy Garland, qui donne sa voix à Dorothy.

Oscars 1940. Deux statuettes : musique et chanson

Visionné, la première fois, le 22 mars 1989 à la télévision à Montréal
Mon 261ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider.
Mise à jour le 23 avril 2023