Aucun message portant le libellé Kieslowski Krzysztof. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Kieslowski Krzysztof. Afficher tous les messages

07 juillet 2023

314. Kieslowski : Trois couleurs : Rouge



Film franco-polonais réalisé en 1994 par Krzysztof Kieslowski
Avec Irène Jacob (Valentine), Jean-Louis Trintignant (le juge), Frédérique Feder, Jean-Pierre Lorit, Samuel Le Bihan

Que c'est une belle rencontre, rare au cinéma, que celle de la jeune femme Valentine et du vieux juge à la retraite. Quelle belle idée que celle du vieux juge qui rêve de la jeune femme qui a 50 ans dans son rêve. 

Kieslowski, avec son escarcelle de hasards et de coïncidences, nous fait vivre des moments magiques. Évidemment, le deus ex machina arrange bien les choses à la fin : les méchants périssent et les bons survivent pour notre plus grand plaisir. Aussi, parmi les rescapés de la catastrophe finale, des personnages des deux autres films de la trilogie. Gros déficit de crédibilité mais, on s'en fout, on en retire une jouissance certaine.

Césars 95. Musique à Zbigniew Preisner.

Visionné, la première fois, le 10 avril 1994 au cinéma Berri à Montréal.
Mon 314ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

06 juillet 2023

313. KIeslowski : Trois couleurs : Bleu



Film franco-polonais réalisé en 1993 par Krzysztof Kieslowski
Avec Juliette Binoche, Benoit Régent, Florence Pernel, Charlotte Véry, Hélène Vincent, Philippe Volter, Claude Duneton, Hughues Quester, Emmanuelle Riva, Florence Vignon, Daniel Martin.

Comment dire ? Un film sur-fait comme on dit d'une scène qu'elle est sur-jouée ? À certains moments, l'expression ''dramatique-pompier'' me vient à l'esprit surtout lors de l'entrée tonitruante de la musique (merveilleuse, par ailleurs) couplée avec un plan noir qui nous annonce une progression dans la dramaturgie. 

Beaucoup de coïncidences et de hasards, on est bien dans du Kieslowski. Après avoir vu le Décalogue et la Double vie de Véronique, j'avoue que j'en suis gavé.

Psycho 101. Les phases de deuil. Le personnage de Binoche s'en passent carrément. Après une pensée suicidaire, cette femme, en pleine possession de ses moyens (comment peut-on après un tel traumatisme ?), réorganise sa vie en effaçant son passé qui lui reviendra par bribes. Déficit de crédibilité. Difficile de comprendre que la perte d'une enfant de 5 ans ait si peu de place dans le deuil d'une maman qui n'en a que pour la perte de son mari. 

À lire ce qui précède, on a le goût de s'éloigner en courant de cette production. Non Non Non : la musique de Zbigniew Preisner (surtout le Chant pour l'Unification de l'Europe) et la caméra de Slavomir Idziak devraient vous scotcher à ce film ainsi que la performance, en toute sobriété, de Juliette Binoche.

Ah! revoir Emmanuelle Riva....

On en est rendu là. Appréciation du film par GPT4 (première et dernière fois que je fais cet exercice ). '' Dans l'ensemble, "Trois couleurs : Bleu" est un film visuellement époustouflant qui plonge dans les thèmes complexes du deuil et de la libération personnelle. Cependant, son rythme délibéré, sa narration discrète et sa nature abstraite peuvent empêcher certains téléspectateurs de se connecter pleinement aux personnages et au cœur émotionnel du récit.''

Venise 1993. Trois prix. film, actrice à Juliette Binoche, photographie à Slavomir Idziak
Césars 1994. Trois prix : actrice à Juliette Binoche, son, et montage.

Visionné, la première fois, le 29 octobre 1993 au cinéma de la Place Desjardins à Montréal.
Mon 313ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


07 juin 2023

310. Kieslowski : Dekaloog


Le Décalogue

Film polonais, en dix épisodes, réalisé en 1988 par Krzysztof Kieslowski
Coscénariste mais, en fait, le vrai concepteur de cette œuvre : Krzysztof Piesiewicz.
Artur Barcis est l'acteur  que l'on retrouve dans tous les épisodes. Le personnage de Barciś observe les transgressions des personnages principaux et en constatent les conséquences.

Décalogue Un. Un seul Dieu tu adoreras.
Le professeur d'informatique qui, en 1988, prédit à ces étudiants l'arrivée éventuelle de GPT-4.
Mais ce même professeur qui calcule la résistance de la glace de l'étang sur laquelle son fils va patiner mais qui a oublié un paramètre : Dieu sous les traits d'un SDF qui entretient continuellement un feu de bois en bordure de la surface glacée déjouant ainsi les calculs électroniques du professeur et conduisant à la catastrophe.

Décalogue Deux. Tu ne commettras point de parjure.
Un médecin fait renaître l'enfant qu'il a perdu pendant la Seconde guerre mondiale en trompant l'épouse d'un patient dont la survie aurait entraîné l'avortement de l'enfant portée par l'épouse, enfant provenant d'une relation avec un alpiniste. Un peu tordu, le scénario.

Décalogue Trois. Tu respecteras le jour du Seigneur.
Le jour du Seigneur (Noël), une ex-amante désespérée fait tout pour revoir son ex-amant, au moment des festivités de la veille de Noël. Difficile de faire plus émouvant et plus désespéré. Avec le merveilleux Daniel Olbrychski, le chef d'orchestre allemand dans le film choral Les uns et les autres de Claude Lelouch.

Décalogue Quatre. Tu honoreras ton père et ta mère.
Dans ce récit, on aurait le goût de dire que le père et la mère doivent honorer leur enfant. C'est vraiment un tour de force que l'auteur ait réussi a nous faire accepter la pédophilie comme une chose qui va de soi. Avec notre morale contemporaine, on aurait le goût de rejeter ce récit ce qui serait une bien grande perte pour l'histoire du cinéma.

Décalogue Cinq. Tu ne tueras point.
Toujours, ces grands ensembles gris et délabrés de la Varsovie de l'ère communiste. Un meurtre des plus sordides suivi de la peine capitale toute aussi sordide. L'exécution finale me rappelle la même scène (remplacez pendaison par guillotine) qui termine le film de Claude Lelouch, La vie, l'amour, la mort. qui est un plaidoyer contre la peine capitale.

Décalogue Six. Tu ne seras pas luxurieux.
Un classique du voyeurisme dont le dénouement peut surprendre ; la colère habituelle de la victime, se transformant en compassion pour l'intrus. 

Décalogue Sept. Tu ne voleras pas
Un arrache-coeur. Une mère à qui on dénie son enfant et qui préfère tout perdre (et son enfant et sa propre mère) plutôt que se faire enlever son enfant.

Décalogue Huit. Tu ne mentiras pas
Le plus faible de la série. On ne s'attache pas à cette histoire un peu déroutante d'une enfant pas sauvée mais finalement sauvée de l'enfer nazi.

Décalogue Neuf. Tu ne convoiteras pas la femme d'autrui
Bon, bien, le mec, il ne peut pas convoiter qui que ce soit, étant impuissant. Belle épisode sur le lien amoureux au-delà de l'œuvre de chair.

Décalogue Dix. Tu ne convoiteras pas le bien d'autrui.
En ouverture, un concert de City Death, groupe punk qui, en quelques lignes, s'attaquent à la plupart des 10 commandements abordés dans les précédents épisodes.
Une histoire de collection de timbres, thème qui a mal vieilli à l'air des courriels. Qui collectionne les timbres aujourd'hui ? Je n'ai pas entendu, depuis des décennies, parler de collectionneurs de timbres. Les timbres, c'est mon enfance des années 1950 où beaucoup de mes amis les collectionnaient. Tout ça est tombé dans l'oubli avec le passage à la vie adulte.

Le Décalogue : une tournée impressionnante de tous les aspects de l'âme (à défaut d'autres mots) humaine.

Venise 1989. Prix FIPRESCI.

Honneur spécial. Fait partie de la liste des 45 films jugés importants par le Saint-Siège

Décalogue 1. Visionné, la première fois, le 6 janvier 1993 à la télévision à Montréal.
Décalogue 2. Visionné, la première fois, le 11 janvier 1993 à la télévision à Montréal.
Décalogue 3. Visionné, la première fois, le 20 janvier 1993 à la télévision à Montréal
Décalogue 4. Visionné, la première fois, le 25 janvier 1993 à la télévision à Montréal.
Décalogue 5. Visionné la version longue, la première fois, le 19 novembre 1988 au cinéma à Paris.
Décalogue 6. Visionné, la première fois, le 6 février 1993 à la télévision à Montréal.
Décalogue 7. Visionné, la première fois, le 26 mai 1991 au cinéma Ouimetoscope à Montréal.
Décalogue 8. Visionné, la première fois, le 26 mai 1991 au cinéma Ouimetoscope à Montréal.
Décalogue 9. Visionné, la première fois, le 30 août 1989 au Festival des Films du Monde à Montréal.
Décalogue 10. Visionné, la première fois, le 15 mars 1993 à la télévision à Montréal.

Mon 310ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


30 avril 2023

304. Kieslowski : La Double vie de Véronique



Film franco-polonais réalisé en 1991 par Krzysztof Kieslowski
Avec Irène Jacob dans le rôle des deux Véronique.

1988-1994, ce sont les années Kieslowski. 
Six films importants plus la série Dekalog, dix films pour la télévision. Impressionnante séquence arrêtée brutalement par son décès en 1996. 

Le film : Une même Véronique existe à deux moments et en deux lieux différents. On pourrait être tristement prosaïque en supposant que ce sont deux jumelles identiques séparées à la naissance mais le film nous amène, heureusement, dans un tout autre univers beaucoup plus complexe et envoutant.

La première partie (40 minutes), Veronika à Cracovie, est enlevée et intrigante ce qui ne se transpose pas dans la deuxième partie, Véronique à Paris.

On dirait que tout s'écrase dans la deuxième partie (60 minutes), on a peine à croire à toutes ces coïncidences et à tous ces hasards dans un scénario beaucoup moins intéressant. Pour tout dire, on s'ennuie un peu de la première Véronique. 

Une performance inoubliable d'Irène Jacob que l'on retrouve dans toutes les séquences. 

Ce qui me touche beaucoup c'est la relation très affectueuse entre les pères et leur Véronique, en manque de leur mère, décédée durant leur enfance.

Beau moment dramatique de la première partie: l'interprétation par Irène Jacob (doublée par la soprano polonaise Elzbieta Towarnicka) d'un chant composé par Zbigniew Preisner sur les paroles du second chant du Paradis de Dante Alighieri.


Beau moment dramatique

15 juillet 1966 naissance d'Irène Jacob; 23 novembre 1966, naissance des deux  marionnettes personnifiant les deux Véronique. Y a-t-il un lien ?

C'est, à Paris, en novembre 1988, que j'ai découvert Kieslowski : une œuvre terrible Tu ne tueras point. Puis le mois suivant, au cinéma L'Entrepôt dans Montparnasse, j'ai vu trois de ses premiers films : L'Amateur (1979), Le Hasard (1981) et No End (1985).

Cannes 1991. Deux prix pour le film. Meilleure actrice à Irène Jacob

Visionné, la première fois, le 4 juillet 1992 en VHS à Montréal.
Mon 304ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider