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27 mai 2024

378. Scorsese : Goodfellas

1001 films de Schneider : Goodfellas


Les Affranchis

Film américain réalisé en 1990 par Martin Scorsese. 8.7
Tiré de Wiseguy. Life in a Mafia Family (1985) de Nicholas Pileggi. 
Avec Robert de Niro, Ray Liotta, Joe Pesci, Lorrain Bracco, Paul Sorvino, Frank Sivero

Le Parrain, version Scorsese. Ce petit-fils d'immigrant sicilien ne traite pas des hautes sphères de la Mafia tel que l'a fait Coppola. Il s'intéresse plutôt aux ouvriers du crime organisé. 

''D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours désiré être un gangster'', cette phrase dite par Henry (Ray Liotta) au début du film nous annonce le topo.

Une virée dans le monde criminel de Brooklyn sur trois décennies : les années 50, 60 et 70, le tout accompagné d'une anthologie des chansons de cette époque de Tony Bennett à Sid Vicious.

On ne fait pas plus psychopathe que Tommy (Joe Pesci).

Je suis le petit-fils d'un immigrant du nord de l'Italie, de Lucca plus précisément, bien loin des familles mafieuses de la Sicile. Mais ça n'empêchait pas les gens de penser que je pouvais avoir un quelconque lien avec la Mafia, à la blague évidemment. 

Oscars 1991. Une statuette à Joe Pesci pour l'acteur en second rôle
Venise 1990. Trois prix dont le Lion d'argent.
Cahiers du Cinéma 1990. Parmi les 10 meilleurs films.

Visionné, la première fois, le 1er février 2004 à la télé à Montréal. 
Mon 378ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

10 août 2023

329. Scorsese : Casino



Film américain réalisé en 1995 par Martin Scorsese
Avec Robert De Niro (Sam), Sharon Stone (Ginger), Joe Pesci (Nicky), James Woods, (Lester), Don Rickles, Alan King, Kevin Pollak. L. Q. Jones

Un long monologue dans les trente premières minutes nous explique comment la mafia a mis la main sur tous les casinos de Las Vegas dans les années 1970. On peut ne pas survivre à ce monologue - j'ai été à un doigt de tout claquer là et d'aller revoir pour une xième fois un film de Bergman.

Mais, après une quarantaine de minutes, Sharon Stone se pointe et là, ça change la donne. On oublie Bergman et on plonge dans le film. Surtout que la madame Ginger deviendra l'épouse de Sam, le roi de Las Vegas. 

Maman, dessine-moi un gangster des plus dégueulasses : Nicky (Joe Pesci).

Un film musical :
Dès les crédits d'ouverture, un extrait poignant de la Passion selon St-Mathieu de Bach; ça ne peut pas être un film sur Las Vegas. Mais si, les 50 chansons dont 6 par les Rolling Stones qui parsèment le film vont vous prouver le contraire.

Ce Las Vegas décrit par le film n'existe presque plus. L'ancien strip est toujours en vie mais il ne fait pas le poids avec le nouveau strip façon Disneyland avec ses différents hôtels en faux-semblant : Venise, Paris, New York, Rome antique, etc.

Il y a deux décennies, en arrivant à Las Vegas, vers midi, le thermomètre de l'auto indiquait 46C alors que le matin même dans le camping du Grand Canyon, il indiquait 16C.

À minuit sur l'horloge municipal : 100 degrés fahrenheit.

Exploit : avoir passé trois jours à Las Vegas sans avoir mis un sou dans les jeux de casino.

La ville des salaires perdus

Cahiers du Cinéma. Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1995.

Visionné, la première fois, le 3 février 1997 sur VHS à Montréal. 
Mon 329ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

09 janvier 2023

287. Scorsese : Raging Bull

1001 films de Schneider : Raging Bull

Comme un taureau sauvage

Film américain réalisé en 1980 par Martin Scorsese
Avec Robert de Niro, Cathy Moriarty, Joe Pesci, Frank Vincent, Nicholas Colasanto

Un film que ne voulait pas faire Scorsese mais c'était sans compter l'entêtement de Robert de Niro qui avait été emballé par la lecture de la biographie de Jake LaMotta pendant le tournage du Parrain II. Une rencontre était dessinée pour ces trois fils d'immigrants italiens.

La séquence du générique, en noir et blanc, où l'on voit De Niro sur un ring, seul, bougeant sur la musique de l'Intermezzo de Cavaliera Rusticana de Pietro Mascagni va droit au cœur. La table est mise pour un parcours émotionnel très chaotique.

Ce qui m'a vraiment déconcerté lors du premier visionnement, c'était à quel point, la boxe, n'était pas le sujet principal de ce film. Bon, c'est vrai qu'on a notre content de boucherie sur le ring quoiqu'on en avait eu déjà assez avec les Rocky I et II. Mais, la boxe, finalement, n'est qu'un à-côté. Si on devait faire un film sur un grand boxeur de cette époque, c'est Sugar Ray Robinson qui en serait le héros, pas Jake LaMotta qui fut défait cinq fois sur six par Robinson.

En fait, c'est un film sur une personnalité auto-destructrice dont la jalousie amoureuse va tout détruire sur son passage. Deux heures à essayer de trouver un aspect sympathique à ce gars. : impossible.

La dernière partie du film, dans laquelle LaMotta fait du stand-up comique, me rappelle par son atmosphère glauque, peuplé de losers, les prestations de Dustin Hoffman dans le film Lenny, film biographique sur Lenny Bruce, un autre grand perdant.

Premier rôle de Cathy Moriarty qui a 20 ans. Celle qu'on surnomma, plus tard, la Bronx Girl joue le rôle de la femme de LaMotta, surnommé le Bronx Bull. 

Le vieux LaMotta : 20kg de plus pour De Niro qui, d'après Pauline Kael, ressemble à une marionnette boursoufflée. Je crois que ce qui est boursoufflé c'est le commentaire de Kael.

Oscars 1981. Deux statuettes : acteur à Robert de Niro et montage
Cahiers du Cinéma. Dans la liste des dix meilleurs films de l'année 1981

Visionné, la première fois, le 28 avril 1990 à la télévision, à Montréal
Mon 287ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Mis à jour le 6 juin 2023

12 août 2009

142. Scorsese : Taxi Driver



Film américain réalisé en 1976 par Martin Scorsese 
Avec Robert De Niro, Cybil Shepherd, Jodie Foster, Harvey Keitel, Peter Boyle, Albert Brooks, Leonard Harris.

J'aime beaucoup les passerelles - en voici une.
Taxi Driver, comme une chanson de Bruce Springsteen - celle-ci par exemple, tiré de l'album Born To Run, sorti en 1975 : Backstreets (le piano du début suivi de l'orgue "dylanesque" - émouvant). Les paroles et une interprétation fabuleuse.

Ce soir-là, Springsteen c'est Travis Bickle qui a quitté son taxi pour monter sur les planches au Madison Square Garden à New York. À certains moments, on croirait vraiment voir Robert De Niro à 50 ans.

En fait, tout l'album Born to Run est le frère artistique de Taxi Driver. Deux productions artistiques, produites au même moment, qui commentent le même monde des "urbans losers".

Du même album, ces deux dernières lignes de Thunder Road, chanson qui me bouleverse tellement, et qui disent Taxi Driver
"It's a town full of losers,
And I'm pulling out of here to win."

Taxi Driver, plongeon au cœur de la période la plus noire de New York. Au moment où la ville, en faillite, ressemble à un dépotoir de toutes les détresses humaines. Dans les années 1970, New York était sale, corrompue, violente, inhabitable, le royaume des sans-abris pour lesquels on inventa une thérapie spécifique, la Greyhound Therapy (fournir à un SDF un billet d'autobus, aller seulement, pour une autre ville; Greyhound étant une compagnie d'autocars spécialisée dans le transport interurbain). C'est l'écosystème dans lequel évolue Travis Bickle, cab driver nocturne, fuyant l'insomnie et la solitude têtue.

Ce qui fait la beauté et la grandeur de ce film c'est plus son traitement que son histoire de loser cherchant la rédemption dans de quelconques actes de justicier qu'on appelle aux USA, des vigilantes.

Me touchent plus particulièrement :
1. La voix off du narrateur. Dès le début, plongée au cœur des films noirs des années 1940. Cette voix nous compromet dès le début - on va vivre et mourir avec ce personnage. Ne vous laissez pas abuser par la dernière séquence, Travis Bickle est bel et bien mort dans la chambre d'Iris.
2. Les multiples prises de vue du taxi et à partir du taxi de Travis.
3. La performance de De Niro digne des plus grands Brando.
4. Jodie Foster - "twelve and a half years old going on thirty"
5. Cybil Shepherd, une jeune Catherine Deneuve (le même glacier), qui surnage dans ce cloaque.
6. La musique de Bernard Hermann...le saxe (ouf)
7. Harvey Keitel, encore dans un rôle de tordu dans lesquels il est le meilleur.
8. Les arrière-plans truffés d'affiches de cinéma porno. Qui a déjà vu Anita : Swedish Nymphet (Les impures) avec la playmate de Playboy, Christina Lindberg ? On voit aussi l'affiche de The Texas ChainSaw Massacre.
9. Et toutes les passerelles sur lesquelles ce film ouvre : psychopathologie, urbanisme, vie nocturne, musique rock. Tous domaines que j'aime.

Cannes 1976 : Palme d'or

Lecture cinéphilique 
Un amour sans paroles de Didier Blonde.
À la recherche de Suzanne Grandais, actrice populaire du cinéma muet français, décédée dans un accident de la route le 28 août 1920 à l'âge de 27 ans.
Ce petit roman frôle le pastiche des romans de Patrick Modiano. Amour et nostalgie. Pour connaître Modiano, commencez par Rue des boutiques obscures, paru en 1978. Il se peut que vous ne soyez plus capable de vous extirper de ce monde pendant plusieurs mois. Bien fait pour vous.

Visionné, la première fois, le 4 décembre 1976 au cinéma à Montréal
Mon 142ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022