12 septembre 2022

275. Welles : Touch of Evil

 1001 films de Schneider : Touch of Evil
Titre français : La Soif du Mal (on dirait un titre de Guy des Cars)

Sur la liste des 1000 meilleurs films de They Shoot Pictures...
31ème rang


Film américain réalisé en 1958 par Orson Welles
Avec Charlton Heston (Vargas), Orson Welles, Janet Leigh, Dennis Weaver (fameux pour sa prestation dans Duel de Spielberg), Akim Tamiroff, Joseph Calleia, Marlene Dietrich, Zsa Zsa Gabor (courte séquence de danse). 

Oubliez l'intrigue emberlificotée. L'image : là réside un chef-d'œuvre historique.
Le film noir atteint son Walhalla. Tous les éléments du film noir sont exploités à leur extrême limite. Plus un film noir, ne pourra résister à certains emprunts.

Un plan-séquence anthologique : la scène initiale. Un plan-séquence de 3,5 minutes tourné à l'aide d'une grue, en plongée puis au niveau du sol, qui suit le déroulement de 2 actions en parallèle : le couple vedette du film (le détective mexicain Vargas et son épouse) traversant la frontière et l'événement dramatique qui déclenche la chasse au coupable.

Intrigue : presqu'aussi incompréhensible que The Big Sleep (1946) d'Howard Hawks. Seulement, vers la fin, fait-elle du sens.

De quel côté de la frontière USA-Mexique sommes-nous ? Welles nous promène d'un côté et de l'autre continuellement. La frontière de cette époque était une véritable passoire. On est loin du mur d'Obama (eh oui, 160 km construit sous son administration) et de Trump (plus de 600 km).

Dialogue chouette... 

Quinlan (Orson Welles, sous 25 kilos de maquillage et de prosthétique) : Come on, read my future for me.

Tanya (Marlène Dietrich, maquillée en mexicaine) : You haven't got any.

Quinlan: Hmm? What do you mean?

Tanya: Your future's all used up.

Hitchcock plagie Welles ?
Hitchcock reprend des éléments importants des séquences du motel de Touch of Evil pour les intégrer dans Psycho.
D'abord, le personnage féminin interprétée par Janet Leigh dans les deux films. On ne peut pas croire à une coïncidence.
Le personnage, s'installant, comme seule cliente, dans un motel sur une route peu fréquentée depuis la construction de l'autoroute.
Le gardien du motel, à l'instar d'Anthony Perkins dans Psycho, présente des comportements pour le moins inquiétants.
Attaque de la cliente dans sa chambre avec des conséquences, heureusement différentes, pour l'épouse de Vargas. Mais Janet Leigh ne perd rien pour attendre, Hitchcock y verra.

Aucune nomination aux Oscars ?  C'est ce qu'on appelle un lynchage idéologique.
Visionné, la première fois, le 18 novembre 1989, à la télévision, à Montréal.
Mon 275ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

AUJOURD'HUI, MON PREMIER MILLIONNIÈME CLICS.

09 septembre 2022

274. Minnelli : The Band Wagon

1001 films de Schneider : The Band Wagon
Titre français : Tous en scène !

Sur la liste des 1000 meilleurs films de They Shoot Pictures...
230ème rang



Film américain réalisé en 1953 par Vincente Minnelli
Avec Fred Astaire, Cyd Charisse, Oscar Levant, Nanette Fabray, Jack Buchanan.

'' Un des classiques incontestés de la comédie musicale hollywoodienne '' Jacques Lourcelles in Dictionnaire du cinéma.

En regardant ce film, on se met à regretter les grands spectacles '' musique et danse '' de Lloyd Bacon des années 30, 42nd Street par exemple. On se met à regretter les grandes heures de Fred Astaire, ici sur le déclin, qui est aussi un des thèmes du film. On se met à regretter que la comédie musicale n'est pas fait un pas de plus vers sa modernisation. Qu'attendait-on pour dépoussiérer ces vieilles lunes ?

De mon côté, mon amour pour la comédie musicale commencera avec West Side Story (1961).

Il y a quelques moments magiques dans ce film dont Dancing in the Dark, Charisse et Astaire, dansant au clair de lune dans Central Park. On peut aussi trouver magique, les jambes de Cyd Charisse...

Le titre du film est emprunté à une comédie musicale d'Howard Dietz et Arthur Schwartz qui a eu ses heures de gloire (260 représentations) à Broadway en 1931. Seules quatre chansons de la comédie originale ont été retenues pour le film de Minnellli.

La plus célèbre des chansons du film, That's Entertainment (Schwartz et Dietz) , a été retenu à titre de chanson-thème de la série hollywoodienne That's Entertainment (1974) qui résume les grands moments musicaux du cinéma hollywoodien. À voir absolument. Une deuxième partie sortira en 1976 puis une troisième en 1994. 

Visionné, la première fois, le 29 octobre 1989, à la télévision, à Montréal.
Mon 274ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


22 août 2022

273. Tornatore : Cinéma Paradiso

 1001 films de Schneider : Cinema Paradiso

Sur la liste des 1000 meilleurs films de They Shoot Pictures...
267ème rang



Film italien réalisé en 1988 par Giuseppe Tornatore
Avec Philippe Noiret (Alfredo) , Salvatore Cascio (Toto), Jacques Perrin (Toto adulte), Roberta Lena (Lia) Antonelle Attili, Enzo Cannavale, Isa Danieli.

Vingt-cinq victoires dont l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, sur 18 listes du site Icheckmovies. com, 53ème meilleur film de tous les temps sur le site IMDB. Et moi qui reste en rade.

Qu'est-ce qu'il a bien pu se passer dans la société de cette époque pour que tant de gens tombent en pamoison devant ce petit film construit autour de la nostalgie ? Moi aussi, j'avais bien aimé ce film-bonbon lors de sa sortie. Film thérapeutique ? Il venait peut-être panser de vieilles blessures de mon enfance. 

Sur le plan documentaire, ce film nous fait revivre la fin des cinémas de petites villes et de quartiers qui avaient atteint leur apogée, en Occident, dans les années 50 et qui allaient disparaitre dans les années 1980, mis à mort par le VHS qui avait déjà à son tableau de chasse, Beta.

Mais, revu plus de trente ans plus tard, le côté cucu-la-praline me saute en pleine face. Ce  n'est presque plus regardable cette avalanche de nostalgie bienveillante enveloppée de la musique sirupeuse de Morricone. 

Si vous visionnez la director's cut, vous allez voir une partie du scénario qui a été retranchée : la rencontre entre Toto adulte (Jacques Perrin) et Lia adulte (Brigitte Fossey, disparue du film au montage de la version courte) au moment où l'on démolit le Cinema Paradiso. Sortez vos mouchoirs pour pleurer.....de rire, tant le mélodrame atteint un sommet d'insignifiance. 

Pour un regard nostalgique sur l'Italie des années 50, courez voir Nous nous sommes tant aimés de d'Ettore Scola . C'eravamo tanto amati : un des plus beaux titres de films.

Dans le livre 1001 Movies You Must See Before You Die, on a le sacrilège de faire un parallèle avec les Les Quatre Cent Coups de Truffaut. Hola ! Retournez à vos écrans.

La séquence finale du montage de tous les baisers des films censurés par le curé de l'époque vaut le déplacement. J'ai reconnu 14 acteurs et actrices. 

Visionné, la première fois, le 24 septembre 1989, au cinéma Berri sur la rue St-Denis à Montréal.
Mon 273ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

06 août 2022

272. Cameron : Aliens

1001 films de Schneider : Aliens
Titre français : Aliens : Le Retour

Sur la liste des 1000 meilleurs films de They Shoot Pictures...
347ème rang


Film américain réalisé en 1986 par James Cameron.
Avec Sigourney Weaver (Ripley), Michel Biehn, Paul Reiser, Lance Henriksen (androïde Bishop), Carrie Henn (Newt, l'enfant), Bill Paxton, William Hope, Jenette Goldstein (Vasquez), Al Matthews, Mark Rolston, Ricco Ross, Colette Hiller.

Avait-on vraiment besoin d'une suite au magistral Alien de Ridley Scott (1979) ? Bien sûr que non à moins qu'on enferme le cinéma dans le créneau du divertissement à odeur de pop corn. 

N'aurait-on pas pu laisser la belle au bois dormant (Ripley, réveillée 57 ans plus tard) continuer son roupillon pour l'éternité ? Bien non, il fallait exploiter cette première œuvre jusqu'à l'écœurement. La bêtise finale étant le quatrième rejeton, Alien Resurrection (Jean-Pierre Jeunet, 1997).

Il y a peu d'exemples dans l'histoire du cinéma de réussites dans le développement de suites. Le plus bel exemple de réussite étant Le Parrain. Et la saga la plus catastrophique étant celle de La Planète des singes qui s'étend sur 5 productions de 1968 à 1973. 

Dans Aliens, ''an inflated sci-fi horror action movie (Pauline Kael)'' tous les stéréotypes des films d'action sont reproduits. Celui qui me fatigue le plus parmi ces stéréotypes, c'est le méchant parmi les gentils qui est près à les sacrifier pour des gains scientifiques ou monétaires. Plus capable de voir ce stéréotype, surtout que ce méchant est détecté dès les premières séquences. 

Ça me fait penser à Peter Lorre, le comédien à la gueule de psychopathe. 


Dès qu'on le voit dans un film, on la le goût de crier aux acteurs, attention, arrêtez de chercher le tueur, Peter Lorre. est là.

Mes deux personnages préférés :
D'abord, Bishop, l'androïde, interprété par Lance Henriksen que j'avais beaucoup aimé au début de la série Millennium de Chris Carter (X-Files).
Vasquez (Jenette Goldstein), un très beau modèle de super-woman. 

Visionné, la première fois, le 23 septembre 1989, sur VHS, à Montréal 
Mon 272ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

25 juillet 2022

271. Kaufman : The Right Stuff

 1001 films de Schneider : The Right Stuff
Titre français : L'Étoffe des héros
Mon titre français : L'Étoffe d'un héros : Chuck Yeager. Il n'apparaît même pas sur l'affiche.

Sur la liste des 1000 meilleurs films de They Shoot Pictures...
860ème rang


Film américain réalisé par Philip Kaufman en 1983.
Scénario tiré du roman éponyme de Tom Wolfe.
Avec Sam Shepard  (Chuck Yeager), Scott Glenn (Alan Shepard, 1er américain dans l'espace), Ed Harris (John Glenn, 1er américain en orbite), Dennis Quaid, (Gordon Cooper) Fred Ward (Gus Grissom), Barbara Hershey (Glennis Yeager), Veronica Cartwright, (Betty Grissom), Pamela Reed (Trudy Cooper).

Sans contredit, l'un des grands films des années 80 même si je suis agacé par plusieurs passages de comédies loufoques qui semblent présents seulement pour dédramatiser le sujet, aspect infantilisant que nous retrouvons régulièrement dans les films dramatiques américains.

Deux parties dans ce film.
1. De loin, la plus poignante et la plus émouvante, la partie sur les pilotes d'essai. Le travail, dans l'ombre, de ces pilotes d'essai qui poussent à bout leur machine pour en extirper toutes leurs possibilités. Un coût humain effarant : on parle de 23% de chance de trouver la mort dans un accident d'avion dans une carrière qui s'étendrait sur 20 ans. Une chance sur deux de devoir s'éjecter du cockpit.
Cette partie emprunte des éléments au Western : région semi-désertique, solitude du cow-boy sur son cheval mais aussi dans sa machine volante, Sam Shepard en Gary Cooper moderne, la bar Pancho (Happy Bottom Riding Club) en réplique de saloon.

2. Le projet Mercury : une comédie chaotique qui essaie de nous faire oublier que ces valeureux astronautes était destinés à des missions-suicides. J'ai trouvé difficile d'apprécier cette partie après la sobriété de la première partie. De mon point de vue, l'aspect comique du scénario le débilite. Pour les pilotes d'essai qui ont refusé de participé à ce projet, Mercury était qualifié de Ham in the Can (le nom du chimpanzé qui fit le premier vol était Ham, acronyme de Holloman Aerospace Medical Center). Tout pilote  '' qui s'y embarquait n'était plus un pilote mais un animal de laboratoire truffé, du cerveau au rectum, d'électrodes médicales. '' (Tom Wolfe).

Je lis rarement le livre dont l'on s'inspire pour faire un film. Mais, dans ce cas, j'ai fait exception. L'œuvre de Tom Wolfe est absolument incontournable.

Chuck Yeager fut le dernier survivant des personnages de ce film jusqu'à son décès, à l'âge de 97 ans, le 7 décembre 2020.

Visionné, la première fois, le 11 septembre 1989, à la télévision, à Montréal 
Mon 271ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.





01 juillet 2022

270. Kubrick : Full Metal Jacket

1001 films de Schneider : Full Metal Jacket

Sur la liste des 1000 meilleurs films de They Shoot Pictures...
568ème rang


Film américain de Stanley Kubrick réalisé en 1987.
Avec Matthew Modine (Joker), Arliss Howard (Cowboy Evans), Vincent D'Onofrio (Gomer Pyle), R. Lee Ermey (Gunnery Sergeant), Adam Baldwin (Animal Mother), Dorian Harewood (Eightball)

Première partie 
Cours préparatoire à la guerre.
Travaux pratiques : Au Vietnam.
Pré-requis : Laisser son cerveau et son ego à la maison. 
Avertissement : les instructeurs ont été identifiés comme étant le chaînon manquant dans l'évolution humaine.
L'entrainement pour devenir un marine. Je suis totalement surpris de voir qu'il n'y avait pas de sélection pour entrer dans un tel corps d'élite. S'il y avait eu une sélection, toute la première partie aurait manqué d'intérêt en l'absence de Gomer Pyle, le souffre-douleur de Gunnery Sergeant. Y avait-il ou non sélection à l'entrée de ce corps d'élite à l'époque de la guerre du Vietnam ? Je vous laisse faire la recherche.

Deuxième partie
Avait-on vraiment besoin de ce 60 minutes de guerre du Vietnam après les Apocalypse Now, Deer Hunter et Platoon ? NON. 



Une scène anthologique insoutenable, ''near-pornographic'' (Pauline Kael)
Seule performance connue de Ngoc Le : 
la Sniper qui, mortellement blessée, inlassablement, dit ''shoot me''. 

Visionné, la première fois, le 17 août 1989 sur VHS à Montréal
Bon, enfin, je viens de m'acheter un lecteur de cassette VHS. Une nouvelle ère cinéphilique commence.
Mon 270ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

15 juin 2022

269. Donen : On the Town

1001 films de Schneider : On the Town
Titre français : Un Jour à New York

Sur la liste des 1000 meilleurs films de They Shoot Pictures...
986ème rang



Comédie musicale américaine réalisée en 1949 par Stanley Donen et Gene Kelly.
Inspirée du ballet Fancy Free de Jerome Robbins et de Leonard Bernstein, qu'on allait retrouver douze ans plus tard dans West Side Story.
Avec Gene Kelly, Frank Sinatra, Betty Garrett, Ann Miller, Jules Munshin, Vera-Ellen

Onze productions musicales dont New York, New York, musique de Leonard Bernstein.  À ne pas confondre avec la chanson-thème du film de Martin Scorsese, New York New York, chantée pas Liza Minnelli et popularisée par Frank Sinatra.

Grande nouveauté. Hollywood sort de ses studios et se risque à tourner la plupart des scènes dans les rues de New York. Un vrai guide touristique de New York.

Les hommes en blanc, les femmes en couleurs.

Tout à fait surprenant de voir les filles de '49 se comporter si librement, 20 ans avant le women's lib. La conductrice de taxi harcelant le pauvre Sinatra qui a l'air de sortir de sous les jupes de sa mère est une prouesse féministe digne de mention.

Une belle séquence chant et danse dans le Musée d'Histoire Naturelle vaut le détour. Mais pour l'ensemble, à sortir de la prochaine édition des 1001 films de Schneider.

Un Oscar pour la meilleure musique.
Visionné, la première fois, le 10 juin 1989 à la télévision à Montréal
Mon 269ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.