21 juin 2024

380. Ramis : Groundhog Day

1001 films de Schneider : Groundhog Day
Le Jour de la marmotte ou Un Jour sans fin


Film américain réalisé en 1993 par Harold Ramis`
Avec Bill Murray (Phil), Andie MacDowell, Chris Elliott

Phil, le météorologiste hargneux et méprisant, est condamné à revivre toujours la même journée tant qu'il ne deviendra pas une meilleure personne.

Il se réveille chaque matin à la musique de I Got You Babe de Sonny and Cher., ce qui semblerait assez agréable si le commentateur ne venait pas couper la chanson pour annoncer les festivités entourant le jour de la marmotte. En effet, c'est la journée où dans un village au nom imprononçable (Punxsutawney en Pennsylvanie), la marmotte sortira de son trou pour prédire si l'hiver est fini (la marmotte ne voit pas son ombre parce que le ciel est nuageux) ou bien s'il durera encore six semaines dans le cas d'une journée ensoleillé.


Cet événement stupide (je suis d'accord avec Phil le hargneux) a lieu le 2 février de chaque année dans certaines petites villes du Canada et des États-Unis dans le but d'attirer l'attention médiatique et les touristes. Au Québec, c'est à Val-d'Espoir, près de Percé, qu'a lieu cette pratique. Mais Fred la marmotte est décédé en 2023 aux grands désespoirs des organisateurs de cette festivité.

Bill Murray joue un de ses plus beaux rôles de composition.

Critique. Cahiers du Cinéma. Juillet-Aout 1993. Numéro 470

Visionné, la première fois, le 1er janvier 2006 à la télévision à Montréal. 
Mon 380ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


20 juin 2024

379. Hitchcock : North by Northwest

1001 films de Schneider : North by Northwest
La Mort aux trousses


Film américain réalisé en 1959 par Alfred Hitchcock
Avec Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason, Jessie Royce Landis, Martin Landau

Un scénario tout ce qu'il y a de plus embrouillé. Du meurtre dans l'immeuble des Nations Unies jusqu'à la poursuite sur l'une des statues du mont Rushmore, un scénario inénarrable tant il y a de retournements : espionnage, contre-espionnage à la pelle. Prenons cela comme un divertissement plutôt qu'un film dramatique à la Vertigo ou à la Psycho.

Plusieurs séquences célèbres dont la plus connue : le guet-apens au cœur des terres agricoles de l'Illinois illustré dans le poster du film. Cette séquence, tournée en 133 plans, est parfaite. Le suspense atteint un niveau  insurpassable. Hitchcock nous prouve, une fois de plus, qu'il est le maitre du suspense.

Autre séquence remarquable : la poursuite sur le mont Rushmore. Il faut voir les personnages se promener à travers les têtes des présidents américains. Je n'ai jamais rien vu de tel dans le cinéma américain.

Sculpture du Mont Rushmore
Quatre présidents : Washington, Jefferson, Théodore Roosevelt, Lincoln
Trump rêvait d'y faire sculpter sa tronche de mégalomane.

Au sujet du titre, North by Northwest est la direction prise par les personnages de l'histoire : de New York vers Rapid City dans le Dakota du Sud.  La vraie direction est West-North-West.

La maison de l'espion Vandamm est une réplique de l'architecture des maisons conçues par Frank Lloyd Wright.


La scène de la couchette dans le train. Comment Hitch a contourné la censure : dernier plan du film, le train entrant dans le tunnel.

Grandes prestations pour Cary Grant, Eva Marie Saint et Martin Landau à vous donnez des frissons.

Lors d'un voyage dans l'Ouest américain à l'été 2004, nous nous sommes arrêtés au mont Rushmore et sommes allés dans la cafétéria où les acteurs d'Hitchcock ont joué.


Critique. Cahiers du Cinéma. Décembre 1959. Numéro 102. La concierge et le bucheron par Luc Moullet. Décembre 1978. Numéro 295. La Mort aux trousses par Marc Sator.
Les 300 premiers numéros des Cahiers du Cinéma sur Archive.org

Visionné, la première fois, le 26 février 2004 à la télévision à Montréal. 
Mon 379ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

27 mai 2024

378. Scorsese : Goodfellas

1001 films de Schneider : Goodfellas
Les Affranchis


Film américain réalisé en 1990 par Martin Scorsese
Tiré de Wiseguy. Life in a Mafia Family de Nicholas Pileggi.
Avec Robert de Niro, Ray Liotta, Joe Pesci, Lorrain Bracco, Paul Sorvino, Frank Sivero

Le Parrain, version Scorsese. Ce petit-fils d'immigrant sicilien ne traite pas des hautes sphères de la Mafia tel que l'a fait Coppola. Il s'intéresse plutôt aux ouvriers du crime organisé. 

''D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours désiré être un gangster'', cette phrase dite par Henry (Ray Liotta#) au début du film nous annonce le topo.

Une virée dans le  monde criminel de Brooklyn sur trois décennies : les années 50, 60 et 70, le tout accompagné d'une anthologie des chansons de cette époque de Tony Bennett à Sid Vicious.

On ne fait pas plus psychopathe que Tommy (Joe Pesci).

Je suis le petit-fils d'un immigrant du nord de l'Italie, de Lucca plus précisément, bien loin des familles mafieuses de la Sicile. Mais ça n'empêchait pas les gens de penser que je pouvais avoir un quelconque lien avec la Mafia, à la blague évidemment. 

Oscars 1991. Une statuette à Joe Pesci pour l'acteur en second rôle
Venise 1990. Trois prix dont le Lion d'argent.
Cahiers du Cinéma 1990. Parmi les 10 meilleurs films.

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 435. Septembre 1990.

Visionné, la première fois, le 1er février 2004 à la télé à Montréal. 
Mon 378ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

26 mai 2024

377. Jackson : Heavenly Creatures

1001 films de Schneider : Heavenly Creatures
Créatures célestes
.


Film néozélandais réalisé en 1994 par Peter Jackson
Avec Melanie Lynskey (Pauline), Kate Winslet (Juliet), Sarah Peirse, Diana Kent, Clive Morrison Simon O'Connor

Inspiré d'un fait divers qui eut lieu en 1954 à Christchurch en Nouvelle Zélande : l'amour saphique entre deux jeunes filles qui se termine par le meurtre d'une des deux mères par sa propre fille.

La relation amoureuse entre les deux jeunes filles crée tout un émoi dans la petite société bourgeoise de Christchurch.

La compagnie WETA qui a produit toute la scénographie du Seigneur des Anneaux, a produit l'univers des personnages de glaise fabriqués par Juliet. Tous ces personnages sont animés et en grandeur nature. Un avant-goût de l'œuvre de Tolkien au cinéma.

Les amateurs d'opéra vont y trouver leur plaisir, l'idole de Pauline étant le ténor Mario Lanza qu'on entend chanter tout au long du film. Que j'ai détesté ce chanteur à l'époque de mon adolescence. 

Les deux copines vont voir ce film réalisé en 1951 par Richard Thorpe


L'idole de Juliet, étant Orson Welles, on a droit à quelques séquences de The Third Man réalisé en 1949 par Carol Reed.

C'est le premier film de Kate Winslet qui a 19 ans.

Cameo de Peter Jackson en clochard.

Venise 1994. Lion d'argent

Visionné, la première fois, le 17 janvier 2004 à la télévision à Montréal. 
Mon 377ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.



24 mai 2024

376. Sokurov : L'Arche russe

 1001 films de Schneider : L'Arche russe


Film russe réalisé en 2002 par Alexander Sokurov
Avec 2000 acteurs et figurants.

D'abord ce qui fait la célébrité de ce film : un seul plan de 95 minutes tourné sur disque dur et transféré en 35 mm. 

C'est le festival de la Steadicam.

Tout le tournage se passe dans les salles du Musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg au temps des tsars dans lesquelles circule un observateur européen qui dialogue avec ce qui semble apparemment être le réalisateur.

L'observateur circule dans les 35 salles du Musée dans lesquelles se retrouvent des personnages de l'époque tsariste. N'y cherchez pas d'histoire, il n'y en a pas.

Mais la prouesse technique, l'Ermitage et les foules (plus de 1000 figurants) habillées en costume d'époque font de ce film un incontournable de votre culture cinématographique.


Visionné, la première fois, le 1er novembre 2003 sur VHS à Montréal. 
Mon 376ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


21 mai 2024

375. Petersen : Das Boot

1001 films de Schneider : Das Boot
Le Bateau



Film allemand réalisé en 1981 par Wolfgang Petersen
D'après le roman de Lothar G. Buchheim
Avec Jurgen Prochnow, Herbert Gronemeyer, Klaus Wennemann, Hubertus Bengsch

Pas vraiment indiqué pour les claustrophobes. Tout le film, sauf quelques courts passages, se passe à l'intérieur d'un sous-marin : un U-Boat de la Seconde guerre mondiale.

Le réalisateur ne traite pas du conflit guerrier. Il s'attache à nous montrer l'enfer de la vie dans le sous-marin U96 à la poursuite des cargos transatlantiques qui viennent approvisionner l'Angleterre. 

Un travail de caméra impressionnant dans un espace si exigu - un vrai festival de steadycam.

Beaucoup de scènes angoissantes dont celle où le sous-marin s'enfonce de plus en plus dépassant, de loin, la norme acceptable. Entendre le bruit des boulons qui sautent sous la pression est une expérience hautement angoissante pour les marins dont les visages se crispent de peur. 

''Pourrons-nous sortir un jour d'ici''. Pourtant ça avait bien commencé dans un café de La Rochelle où l'équipage fêtait au champagne sa dernière nuit sur terre. Sur les 40 000 soldats allemands qui combattirent dans un sous-marin, 10 000 seulement rentrèrent chez eux. Ces sous-marins méritaient bien leur appellation de cercueil de fer.

J'ai vu la version du réalisateur  : 3h28 plutôt que celle sortie en salle de 2h.29.  Une heure de plus de claustrophobie.

Oscars 1983. Fait incroyable, ce film étranger a été nominé six fois pour l'obtention d'un Oscar. Malheureusement, aucune statuette pour Das Boot

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 333. Mars 1982. La ''qualité allemande '' par Yann Lardeau

Visionné, la première fois, le 19 aout 2003 sur VHS à Montréal. 
Mon 375ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

15 mai 2024

374. Altman : Short Cuts

1001 films de Schneider : Short Cuts
Les Américains


Film américain réalisé en 1993 par Robert Altman
Adapté de plusieurs œuvres de Raymond Carver
Avec une pléthore de vedettes dont Andy MacDowell, Jack Lemmon, Julianne Moore, Jennifer Jason Leigh, Lili Taylor, Robert Downey Jr, Tim Robbins, Lily Tomlin, Tom Waits, Lyle Lovett, Frances McDormand.

Ce film est l'illustration parfaite de ce qu'est un film choral : un ensemble de sous-intrigues qui s'entrecroisent sans qu'aucune d'elles ne domine.

C'est une plongée dans la vie quotidienne d'une dizaine de familles (22 personnages et Suzy, le chien) de Los Angeles dont les destinées, parfois, s'entremêlent. C'est la vie mode d'emploi comme dirait Georges Perec.

Ces histoires, montées en parallèle, n'ont ni début, ni fin. En fait, elles pourraient se poursuivre indéfiniment. C'est un tremblement de terre de magnitude 7,4 qui annonce la fin du film et, pour une fois, nous montre toutes ces familles vivant la même expérience.

Des scènes marquantes : la mort du petit Casey, le suicide de sa voisine, les trois copains qui préfèrent continuer à pêcher plutôt que de déclarer à la police la découverte d'un cadavre dans la rivière.

Mon couple préféré : Lily Tomlin et Tom Waits. 

C'est impressionnant de voir une telle quantité d'acteurs connus réunis sur ce plateau de cinéma. 

Le nu intégral de Julianne Moore est assez saisissant et tout à fait inattendu dans un film américain. Quand Altman lui a proposé le rôle avec des scènes de nudité, elle lui a dit qu'elle était une vraie rouquine.

Venise 1993. Quatre prix dont celui du Lion d'or.

Critique. Cahiers du Cinéma. Janvier 1994. Numéro 475

Visionné, la première fois, le 5 aout 2003 à la télé à Montréal. 
Mon 374ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

03 mai 2024

373. Kubrick : Dr. Strangelove

1001 films de Schneider : Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb.
Docteur Folamour


Film britannique réalisé en 1964 par Stanley Kubrick
Avec Peter Sellers, George C. Scott, Sterling Hayden, Keenan Wynn, Slim Pickens, Peter Bull

Tout ça à la fois : une comédie noire, une satire politique, une farce à suspense et une fable visionnaire.

Tourné en 1963, une année après la crise des missiles de Cuba, ce film nous amène, sur un ton badin, au cœur de ce que serait une attaque nucléaire. Un film antimilitariste. 

Une triple interprétation géniale par Peter Sellers : en officier de la RAF, en président des USA et en savant fou qui ne peut s'empêcher de saluer le président des USA d'un salut nazi en l'appelant mein fuhrer.

On est mal à l'aise devant ce film. On y cherche la comédie (ce que certaines scènes confirment) mais en fait on se trouve devant un sérieux plaidoyer antimilitariste qui ne fait pas rire.

La question que pose le film : est-on à l'abri d'une erreur technique ? L'auteur Peter George dont s'est inspiré Kubrick dit : Si le système est sûr à 99,99% des cas, avec une chance moyenne donnée, et compte tenu qu'il y a 365 jours dans l'année, il y aura un incident dans trente ans. (Two Hours to Doom, publié en 1958.)

Une scène inoubliable, le pilote d'un B-52, chevauchant un missile comme s'il faisait une performance de rodéo.

En octobre 1962, les États-Unis et l'URSS sont venus à un cheveu de déclencher la guerre nucléaire. Je me souviens des exercices qu'on nous faisait faire en cas de conflit nucléaire. Les sirènes sonnaient et nous devions quitter l'école en courant pour se rendre chez-soi pour y faire quoi? Les plus nantis se faisaient construire des abris antiatomiques, pour les autres, il ne restait qu'à attendre et souhaiter que leur ville ne soit pas dans la ligne de mire des missiles balistiques intercontinentaux de l'URSS.

Une vision des années 50 : Un abri antiatomique au fond de votre jardin

Une maison anti-nucléaire située à 14 mètres sous terre.

Les abris antiatomiques de New York

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 155. Mai 1964. Homo ludens par Jean Narboni
Les 300 premiers numéros des Cahiers du Cinéma sur Archive.org

Visionné, la première fois, le 16 juin 2003 à la télévision à Montréal. 
Mon 373ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.




01 mai 2024

372. Wachowski : The Matrix

 1001 films de Schneider : The Matrix


Film américain réalisé en 1999 par Andy et Larry Wachowski.
Avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss, Hugo Weaving, Gloria Foster, Joe Pantalino

Les humains sont la peste. La Matrice, une intelligence artificielle qui conduit le monde, est supposément en être l'antidote. Heureusement, il y a un sauveur, Néo (anagramme de One) - un nouveau Jésus-Christ qui va nous sortir de là. Mais, en fait, l'histoire n'est pas aussi simple. Bienheureux, ceux qui s'y retrouvent dans cet embrouillamini entre réalité et monde virtuel.

Ce n'est pas le cinéma que j'aime. Je ne suis pas un amateur de science-fiction. J'y trouve mon plaisir dans les trouvailles technologiques et mon ennui dans le scénario.

Renommé pour ses séances de combat habilement chorégraphiées mais surtout par la technique de la balle évitée (flow-mo) qui a nécessité l'utilisation de 120 appareils photographiques.

Les frères Wachowski ont dit qu'ils voulaient tourner un film d'action intellectuel - comprenne qui pourra.

Oscars 2000. Quatre statuettes : montage, son, effets spéciaux, effets spéciaux pour le son.

Visionné, la première fois, le 27 mai 2003 sur VHS à Montréal. 
Mon 372ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

18 avril 2024

371. Nakata : Ring

1001 films de Schneider : Ring


Film  japonais réalisé en 1998 par Hideo Nakata
Avec Nanako Matsushima, Miki Nakatani, Hiroyuki Sanada, Yuko Takeushi, HItomi Sato
D'après le roman Ring de Koji Suzuki publié en 1991.

Une histoire de fantômes autour d'une vidéocassette maudite : qui la regarde mourra sept jours plus tard. L'histoire consiste à défaire ce qui semble être une légende urbaine mais qui s'avérera, au final, contenir des éléments de vérité.

C'est une fascinante introduction à l'utilisation de la vidéocassette dont l'espérance de vie fut, en fait, assez courte - deux décennies. 

Sur la publication anglaise du film en dvd (quel impair!), on informe le spectateur que le distributeur n'est pas responsable des blessures et mortalités qui pourraient s'ensuivre en visionnant ce film.

Visionné, la première fois, le 13 mars 2003 sur VHS à Montréal. 
Mon 371ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.



31 mars 2024

370. Wyler : Roman Holiday

1001 films de Schneider : Roman Holiday
Vacances romaines


Film américain réalisé en 1953 par William Wyler`
Avec Gregory Peck, Audrey Hepburn, Eddie Albert, Hartley Power, Harcourt Williams
Musique : Georges Auric.

Pour une rare fois, Hollywood décide de sortir de ses studios et d'aller tourner un film en extérieurs dans les lieux mêmes où se déroule l'action, Rome dans ce cas-ci. Un gros merci à Hollywood pour le reportage touristique. Tous les éléments touristiques de Rome s'y retrouvent. On a même droit à un passage à l'intérieur du Colisée. La fontaine de Trévi s'y retrouve également mais moins majestueusement que dans la Dolce Vita.de Fellini.

Une belle intrigue où une princesse s'écarte momentanément de son rôle protocolaire habituel. Une journée au bras d'un journaliste américain, c'est un peu Cendrillon en Vespa2 dans les rues cahoteuses de Rome. Hepburn, dans ce rôle qui la mènera parmi les actrices les plus populaires, c'était un peu aussi le rêve de Cendrillon qui devient réalité.

Une fois n'est pas coutume, il n'y aura pas de happy end dans ce film hollywoodien, chacun des deux personnages retournant dans ses activités habituelles. 

En revoyant les différents sites de Rome, j'ai pu me remémorer mon séjour à Rome en 2018. Peu de choses avaient changé sauf la horde incroyable de touristes qui envahissent Rome maintenant.

On peut penser que la princesse Diana a du adoré ce film et en fit peut-être son film fétiche tant il y a de points communs entre ces deux princesses, embarrassées par leur rôle protocolaire.

On parle à quelques reprises lors des conférences de presse de la princesse d'une Fédération européenne qui serait l'idéal politique pour les pays d'Europe. Ce souhait sera réalisé en 1957 par la création de la Communauté Économique Européenne (CEE)..

Oscars 1954 : Trois statuettes pour meilleure actrice à Audrey Hepburn, meilleur scénario à Dalton Trumbo et meilleure costume à Edith Head
Trumbo, alors sur la liste noire d'Hollywood, n'était pas dans les crédits du film, Il n'a donc pas reçu le Oscar pour le meilleur scénario. Ce n'est qu'en 1993 que sa veuve reçut officiellement l'Oscar. 

Critique. Cahiers du cinéma. Numéro 34. Avril 1954. Une princesse sacrée par Jacques Doniol-Valcroze
Les 300 premiers numéros des Cahiers du Cinéma sur Archive.org

Visionné, la première fois, le 14 octobre 2002 à la télévision à Montréal. 
Mon 370ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


28 mars 2024

369. Altman : The Long Goodbye

1001 films de Schneider : The Long Goodbye
Le Privé


Film américain réalisé en 1973 par Robert Altman`
Avec Elliott Gould (Marlowe), Nina Van Pallandt (Wade), Sterling Hayden, Mark Rydell,
Adaptation libre du roman éponyme de Raymond Chandler.
La chanson, The Long Goodbye, composée par John Williams, revient constamment dans le film en leitmotiv.

Les 15 premières minutes du film autour du chat du détective Marlowe. Il aurait mérité une nomination aux Oscars pour le meilleur acteur dans un second rôle

Une des enquêtes menées par le détective Philip Marlowe concerne la disparition d'un homme célèbre qui habite Malibu Colony.

Malibu Colony est une des plus célèbres communautés gardées (accès privé) de la côte ouest américaine. Dans le passé des personnalités de la communauté artistique d'Hollywood y ont habité : Pour n'en nommer que quelques-uns, Bing Crosby, Gloria Swanson, Gary Cooper y ont eu leur domaine. Elle est toujours la chasse gardée des plus riches habitants de Los Angeles. 

Malibu Colony

La maison de madame Wade, en bord de mer, nous permet d'avoir de très belles vues du Pacifique. Une scène remarquable : le suicide de son mari dans les flots au milieu de la nuit.

Philip Marlowe (Gould) à bord de sa Lincoln Continental Convertible 1948, est un détective qui la joue à la Bogart : décontracté et revenu de tout. Il se retrouve au milieu d'une affaire qui le dépasse. Il est toujours un pas derrière les autres protagonistes jusqu'à la scène finale où il met un point final à l'affaire d'une façon désinvolte et définitive.

Visionné, la première fois, le 20 juin 2002 à la télévision à Montréal. 
Mon 369ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


23 mars 2024

368. Amenabar : Ouvre les yeux

1001 films de Schneider : Ouvre les yeux


Film franco-italo-espagnol réalisé en 1997 par Alejandro Amenabar
Avec Eduardo Noriega, Penelope Cruz, Chete Lera, Fele Martinez, Najwa Nimri

Encore un film de science-fiction qui nous amène dans un monde construit comme un labyrinthe. Tout le long du film, on s'y perd à démêler le rêve de la réalité. 

Dans le film on introduit la notion de cryogénisation. C'est l'idée de congeler votre dépouille mortelle pendant aussi longtemps que la science n'aura pas atteint la capacité d'y réintroduire la vie. Le personnage principal aurait été soumis à ce processus. C'est ce qui explique que l'on se promène continuellement dans deux réalités différentes : avant la cryogénisation et son réveil après 150 années passées dans la glace.

Parlant de réveil, la phrase Abre los ojos - Ouvre les yeux provient du réveille-matin qui utilise cette phrase pour sortir le personnage principal du sommeil.

Dans le film, on fait référence à Walt Dysney qui aurait été un des premiers humains à se faire mettre dans un congélateur. Mais, en fait, ce n'est qu'une légende urbaine : Walt Dysney a été incinéré et ses cendres reposent dans la crypte familiale dans un cimetière de Glendale, en Californie. Fait amusant, c'est quelque mois après sa mort que la Cryonics Society of California a réalisé la première cryopréservation humaine.

On ne peut pas penser à la comédie loufoque de Woody Allen, Sleeper (Woody et les robots - encore une traduction de film idiote), qui traite d'un individu qui a été cryogénisé en 1973 et qui se réveille 200 ans plus tard. 

Berlin 1998. Prix C.I.C.A.E. Mention honorable pour la mise en scène

Visionné, la première fois, le 29 mai 2002 sur VHS à Montréal. 
Mon 368ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


15 mars 2024

367. Aronofsky : Requiem for a Dream

1001 films de Schneider : Requiem for a Dream

Film américain réalisé en 2000 par Darren Aronofsky
Avec Ellen Burstyn, Jared Leto, Jennifer Connelly, Marlon Wayans, Christopher McDonald
D'après le roman éponyme de Hubert Selby Jr., publié en 1978.

Pourrait aussi être intitulé Requiem pour des camés. La descente aux enfers de quatre personnes accrochées à leur drogue. 

Une performance éblouissante d'Ellen Burstyn dont le personnage qui, pour participer à un jeu télévisé, se lance, avec l'accord de son médecin, dans la consommation d'amphétamines qui la mènera finalement à son enfermement dans un asile psychiatrique. 

Dans la même veine que Trainspotting mais, une coche en-dessous.

Visionné, la première fois, le 30 mars 2002 sur VHS à Montréal. 
Mon 367ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.



11 mars 2024

366. Jackson : The Lord of the Rings : The Fellowship of the Ring

1001 films de Schneider : The Lord of the Rings : The Fellowship of the Ring


Film néo-zélandais réalisé en 2001 par Peter Jackson
Avec Elijah Wood, Ian McKellen, Viggo Mortensen, Sean Astin, Cate Blanchett, Sean Bean, Liv Taylor,  John Rhys-Davies, Billy Boyd, Dominic Monahan, Orlando Bloom, Christopher Lee, Hugo Weaving, Ian Holm, Andy Serkis.
D'après l'œuvre de J.R.R. Tolkien

The Fellowship of the Ring est la première partie de la trilogie The Lord of the Rings. Ce qui suit concerne l'ensemble de l'œuvre. Je ne distinguerai pas chacune des parties qui font partie des 1001 films de Schneider. Les deux autres The Two Towers et The Return of the King apparaitront plus tard sur ce blog sans commentaires supplémentaires ou très succincts

D'abord, il faut dire que si j'ai vu ce film, c'était pour faire plaisir à ma fille alors qu'elle avait dix ans. Je n'avais aucune envie d'aller voir ce film. Rien dans ce film ne m'attirait - on était loin du cinéma intimiste que je préfère. Loin aussi de mes habitudes de cinéphile formées à l'époque de la Nouvelle vague.

Je fus assez déçu de mon premier visionnement. Je n'ai retenu que les grandes scènes de bataille qui me semblaient totalement écraser le scénario. Ce n'est qu'après de multiples visionnements avec ma fille que j'ai découvert toute la partie plus intime de ce film. Et je suis tombé sous le charme. Sous le charme de ces personnages qui partent vers la quête de l'impossible - aller détruire l'anneau, source de tous les pouvoirs, dans l'enfer d'une montagne éloignée - le Mordor. Il difficile de ne pas tomber sous les charmes des Hobbits qui font partie de cette quête initiatique. Un gros plus pour le couple trans-humain d'Aragorn  (Viggo Mortensen) et d'Arwen (Liv Taylor).

Je ne connaissais pas Tolkien, l'auteur de la trilogie Le Seigneur des anneaux (1955). Dans mon adolescence, je savais qu'un de ses livres, Bilbo le Hobbit, était populaire chez les amateurs du new age mais je ne m'y étais pas du tout intéressé. Ça me semblait être un livre pour enfants.

Après ces multiple visionnements, j'ai décidé de m'attaquer à la production livresque. Le Seigneur des anneaux est l'aboutissement d'une production phénoménale sur une durée de plusieurs décennies. Une dizaine de livres sont consacrés à la formation de la Terre du Milieu et de ses multiples légendes. La Terre du Milieu c'est l'espace géographique où se déroule la trilogie. Je me suis plongé dans cette œuvre avec passion sans jamais en avoir fait le tour.

Je me souviens que le prologue m'avait complètement sorti du film. J'ai eu peine à me réinstaller dans l'histoire alors que ma fille était totalement éblouie et séduite par la magie et les personnages de cette histoire.

Évidemment, il faut se procurer la version longue et ses dvd d'extras qui nous montrent les dessous d'une des plus grandes œuvres (au sens de la production) de l'histoire du cinéma.

Je viens de revoir la version longue : la magie n'opère plus. La production est toujours aussi immense mais l'histoire tombe à plat. Mettons ça sur le compte de mon éloignement de tout ce qui relève de la fantasy.

La musique d'Howard Shore est sublime. C'est une grande œuvre symphonique. Ma fille et moi avons eu la chance d'aller voir la production de cette œuvre à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts à Montréal avec Howard Shore au pupitre. Une grande expérience émotionnelle inoubliable.

L'Office du tourisme néo-zélandais a une grosse dette envers Peter Jackson. Les scènes tournées dans les Alpes néozélandaises sont tout à fait magnifiques.

Oscars 2002 : Quatre statuettes : photographie, effets spéciaux visuels, maquillage, musique (Howard Shore)

Visionné, la première fois, le 5 mars 2002 au cinéma Quartier Latin à Montréal. 
Mon 366ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

04 mars 2024

365. Nolan : Memento

1001 films de Schneider : Memento


Film américain réalisé en 2000 par Christopher Nolan
Avec Guy Pearce (Leonard), Carrie-Anne Moss, Joe Pantoliano, Mark Boone, Russ Fega, Jorja Fox

C'est la deuxième fois que je vois ce film et je n'arrive toujours pas à m'y retrouver. Le film se présente comme un puzzle psychologique mais il me manque, à chaque fois, des pièces  pour que tout ça fasse du sens.

Mais malgré un scénario difficile à démêler, on est fasciné par ce Leonard qui a perdu la faculté d'acquérir de nouveaux souvenirs (amnésie antérograde) lors d'un événement traumatisant - le meurtre de sa femme.

L'histoire du meurtre et la quête de vengeance est, finalement, moins important que la manière dont Leonard s'y prend pour contrecarrer son handicap. Ce qui me fascine et ce qui fait tout l'intérêt de ce film c'est la façon dont le personnage principal essaie de combattre son invalidité en accumulant l'information en utilisant des photos de polaroid, des post-it et des tatouages sur son corps. 

Visionné, la première fois, le 10 janvier 2002 sur VHS à Montréal. 
Mon 365ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


18 février 2024

364. Verhoeven : Total Recall

1001 films de Schneider : Total Recall


Film américain réalisé en 1990 par Paul Verhoeven
Avec Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone, Rachel Ticotin, Ronny Cox, Michael Ironside
D'après la nouvelle de Philip K. Dick, We Can Remember it for You Wholesale.

Total Recall est une compagnie qui vous permet de réaliser vos rêves. Doug Quaid (Arnold) décide de se payer un voyage sur Mars qui occupe ses rêves depuis des années. Mais lorsque la machine se détraque, Quaid se réveille, agent secret à l'emploi d'une rébellion sur Mars. Est-ce la réalité ou est-ce un rêve ? - malheureusement, vous n'aurez pas de réponse à cette question.

Bon film de science-fiction même si on est quelquefois perdu entre rêve et réalité. On retrouve la touche du réalisateur de Robocop. On est inondé de séquences de bataille au détriment des relations interpersonnelles. 

La dernière réplique résume un peu l'incertitude dans laquelle on baigne pendant tout le film : rêve ou réalité. Quaid demande à Melina (Ticotin) si tout cela n'est qu'un rêve. Elle lui répond : ''alors dépêche-toi de m'embrasser avant de te réveiller.''

Oscars 1991. Une statuette pour les effets visuels.
Visionné, la première fois, en 2002 sur VHS à Montréal. 
Mon 364ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


07 février 2024

363. Wadleigh : Woodstock

 1001 films de Schneider : Woodstock

Film américain réalisé en 1970 par Richard Wadleigh
Assistant à la direction : Martin Scorsese
Avec 25 interprètes dont les plus célèbres : Joan Baez, Joe Cocker, Carlos Santana, Jimi Hendrix, Jerry Garcia, Janis Joplin, Jefferson Airplane, The Who, Johnny Winter.

Un absent de taille: Bob Dylan. Suite à son accident de moto en 1966, il avait quitté New York pour s'installer dans la région de Woodstock. Depuis trois ans, il n'avait donné aucune prestation artistique et ne s'était montré nulle part. Il vivait reclus avec sa famille. Devant la multitude qui allait envahir sa région, il préféra fuir en Angleterre où il donnera un concert au festival de l'île de Wight, deux semaines après le festival de Woodstock.

Le festival a lieu du 15 au 18 aout 1969 sur la ferme de Max Yasgur à Bethel dans l'état de New York, au sud-ouest de la ville de Woodstock. En 2017, le site a été enregistré dans le National Register of Historic Places. 

Conçu pour recevoir 50 000 personnes, c'est finalement 500 000 personnes qui envahiront le site pendant trois jours. Cet événement est considéré comme l'apothéose du mouvement hippie.

J'ai visionné la director's cut qui dure 3h.44. Un montage qui, en plus de montrer les performances des artistes, nous promène à l'intérieur du site pour illustrer l'expérience vécue par quelques-uns parmi ce demi-million de spectateurs.

Les participants qui répondent aux questions de l'interviewer nous donnent une vision complète de ce qu'était les éléments caractérisant le mouvement hippie : l'amour libre, la paix sur terre, la drogue, les communes, la musique rock, le nudisme et les cheveux longs 

On a l'impression que tous les participants à ce festival ont le même âge; pas de cheveux gris dans cette multitude. Pas de Noirs non plus, sauf sur scène.

Le clou du festival : l'interprétation de l'hymne national américain par Jimi Hendrick. Un grand classique de la musique rock.

Un emmerdement de première : une grande partie du film nous présente deux images concomitantes sur le même plan.

Oscars 1971. Meilleur documentaire.

Visionné, la première fois, le 19 avril 2001 sur VHS à Montréal. 
Mon 363ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


05 février 2024

362. Scott : Gladiator

 1001 films de Schneider : Gladiator


Film britanno-américain réalisé en 2002 par Ridley Scott
Avec Russell Crowe, Joaquin Phoenix, Connie Nielsen, Oliver Reed, Richard Harris, Derek Jacobi, Djimon Hounsou, David Schofield

Premier péplum hollywoodien depuis La Chute de l'empire romain d'Anthony Mann tourné en 1964. Grande fresque historique qui ne nous fait pas oublier que Ben-Hur, tourné en 1959, demeure le champion dans cette catégorie. Mais il fallait un rappel de cette époque et Gladiateur nous y ramène d'une façon fulgurante.

N'y cherchez pas une vérité historique à part la tyrannie de l'empereur Commode ; peu d'éléments véridiques dans cette histoire. Ce gladiateur (Crowe) n'a jamais existé et Commode (Phoenix) n'est pas mort au centre de l'arène du Colisée à la suite d'un combat singulier avec le gladiateur. Plus prosaïquement, il est mort, à 31 ans, étranglé par l'esclave de sa maitresse Marcia.

Les séquences de combat, au début du film, nous permettent de voir les différentes armes utilisées par les troupes romaines (on espère que, là, la réalisation colle à la vérité historique). On rigole en voyant la manœuvre d'auto-défense qu'on appelle la tortue très popularisée par la bande dessinée Astérix. Obélix adorait pourfendre cette tortue.

La reconstitution en image de synthèse du Colisée est magnifique. On ne peut que pleurer en voyant ce qu'il reste aujourd'hui de ce Colisée qu'on a mutilé à les travers les âges en l'utilisant comme carrière de marbre.

La musique qui accompagne la première scène est sublime. On dirait du Howard Shore. Beaucoup d'autres passages musicaux sont tout aussi sublimes.

Un certain critique (Bernard Achour) a parlé de ce gladiateur comme d'un soldat Ryan en jupette.

Oscars 2001. Cinq statuettes : film, acteur, costume, son, effets visuels

Visionné, la première fois, le 1er avril 2001 sur VHS à Montréal. 
Mon 362ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


04 février 2024

361. Lee : Tigre et dragon

1001 films de Schneider : Tigre et dragon


Film réalisé en 2000 par Ang Lee
Avec Michelle Yeoh, Chow Yun-Fat, Zhang Ziyi, Chen Chang
Scénario de James Schamus d'après le livre de Du Lu Wang.

Je vais dire comme les Anglais, les films d'arts martiaux ne sont pas ma tasse de thé. Mais celui-ci m'a complètement séduit. La chorégraphie des combats, empruntant à la magie (et aux câbles dissimulés), sont d'une grande beauté et fait, pour moi, tout l'intérêt du film. Les auteurs de cette chorégraphie avaient déjà fait valoir leur talent dans le film Matrix en 1999.

Me tape un peu sur les nerfs, la quantité importante de dictons style Tout est illusoire, seul compte l'élan du cœur. On nous en sert un peu trop, surtout par la bouche du grand maître Li Mu Bai (Chow Yun-Fat).  C'est une pratique que l'on retrouve souvent dans les films qui se passent en Chine et aussi dans les film d'arts martiaux. Ça fait un peu biscuit chinois.

La bataille dans l'auberge (la jeune fille contre cinquante méchants) est une prouesse de mise en scène. C'est un rappel de la bataille de saloon obligatoire dans tout western qui se respecte.  On ne se fatigue pas de la regarder.

Les passages au violoncelle sont exécutés par le grand Yo Yo Ma.

Oscars 2001. Quatre statuettes : meilleur film en langue étrangère, direction artistique, photographie, musique.

Visionné, la première fois, le 31 mars 2001 au cinéma Quartier Latin à Montréal. 
Mon 361ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

03 février 2024

360. Wong Kar-Wai : In the Mood for Love

1001 films de Schneider : In the Mood for Love
Les silences du désir 


Film hongkongais réalisé en 2000 par Wong Kar-Wai
Avec Maggie Cheung (madame Chan), Tony Leung Chiu-way (monsieur Chow)

Hong Kong 1962. Chronique d'une liaison avortée.

Un homme et une femme dont les conjoints sont amants dérivent lentement vers une liaison amoureuse qui n'aura pas lieu. Jamais l'on ne sait ou devine ce qui les mène vers le refus de vivre cet amour. C'est ce qui fait la beauté de ce film.

Dans les extras accompagnant le dvd, on retrouve deux séquences abandonnées qui auraient diminué le film : une scène d'amour et la séquence hollywoodienne où les deux amants se retrouvent à la fin du film dans un temple d'Angkor.

Les robes de madame Chan sont éblouissantes. Elles suivent toutes le modèle cheongsam : haut col et ouverture sur le côté de la cuisse.

Le thème musical est envoutant. Bizarrement, il y a aussi des standards latinoaméricains interprétés par Nat King Cole. On ne voit pas ce que ce type de chansons a à voir avec le Hong Kong de 1962. Elles étaient probablement populaires à cette époque. Pour ma part, elles me faisaient penser aux nuit endiablées de Montréal des années 40 avec Alys Roby en haut de l'affiche.

Déjà, des personnages évoquent les problèmes qu'apportera la cession de Hong Kong à la Chine en 1997 en prévoyant le quitter.

On se demande ce que vient faire la séquence où l'on voit le Général de Gaulle défiler dans les rues de la capitale du Cambodge sous l'acclamation de centaines de milliers de Cambodgiens.

La chambre d'hôtel où se rencontrent les amants porte le numéro 2046, titre du film que Wong Kar-Wai tournera quatre ans plus tard. Les deux acteur s'y retrouvent avec leur même nom de personnage, une sorte de suite à In the Mood for Love.

Cannes 2000. Meilleur acteur et Grand prix technique
Césars 2001. Meilleur film étranger
Cahiers du Cinéma 2000. Parmi les dix meilleurs films de l'année.

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 551. Novembre 2000

Visionné, la première fois,  le 20 mars 2001 au cinéma du Quartier Latin à Montréal. 
Mon 360ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider



23 janvier 2024

359. Ruiz : Trois vies et une seule mort

 1001 films de Schneider : Trois vies et une seule mort


Film français réalisé en 1996 par Raoul Ruiz
Avec Marcello Mastroianni, Anna Galiena, Marisa Paredes, Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni, Arielle Dombasle, Féodor Atkine, 

Rohmer qui aurait fumé un gros joint. 

Un début tout à fait surréaliste à vous arracher les cheveux en quête de sens.

Pour simplifier ce qui ne peut l'être, disons que c'est l'histoire d'un homme qui souffre de personnalités multiples (4, rien que ça). Avec cette idée, en toile de fond, l'histoire commence à faire du sens.

Retenons de ce film, une performance extraordinaire de Marcello Mastroianni. On dirait un film hommage à ce grand comédien qui devait décéder quelques mois après la sortie du film.

Quelques passages en référence au livre de Carlos Castaneda, Le Voyage à Ixtlan : les leçons de Don Juan. Ce livre des années 1970 a fait bien des ravages dans les colonies hippies de l'époque. On ne jurait que par son personnage vedette, Don Juan, chaman de sa profession, qui devait ouvrir les portes de notre inconscient pour vous amener vers la Vérité. Plus d'un, dont je suis, en lisant ce livre, tout en fumant un joint, ont fait un beau voyage. Nous ramener ce livre en 1996, ça fait un peu dissonant comme feraient dissonances les chemises à fleurs, le symbole Peace, les communes et autres artefacts de l'époque hippie.

Un gros plus : Paris en fond de scène.

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 502. Mai 1996.

Visionné, la première fois, le 2 janvier 2001 sur VHS à Montréal. 
Mon 359ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

20 janvier 2024

358. Altman : The Player

1001 films de Schneider : The Player 
Le Meneur


Film américain réalisé en 1992 par Robert Altman
Avec Tim Robbins, Greta Scacchi, Fred Ward, Whoopi Goldberg, Peter Gallagher, Vincent D'Onofrio, Dean Stockwell, Sydney Pollack, Lyle Lovett.
Scénario de Michael Tolkin d'après son roman éponyme. 
La présence de 65 personnalités du cinéma qui n'ont qu'un rôle de figurant. J'en connais 27. 

Pour une fois, la traduction française du titre est plus fidèle à l'esprit du film que le titre anglais. Parce que c'est bien l'harceleur anonyme (le corbeau) qui mène le directeur de production là où il veut l'amener : accepter son scénario avec un happy ending, au grand soulagement du directeur de production.

Un film qui se penche, cyniquement, sur la machine d'Hollywood. Autour de cette intrigue principale, on voit comment sont fabriqués les films hollywoodiens : d'abord des stars, un peu de sexe, un peu de violence puis, surtout, un happy ending. Comble d'ironie, le film d'Altman se termine par un happy ending avec ce morceau de dialogue qui aurait du devenir célèbre : ''What took you so long?''  ''Traffic was a bitch!''

Le plan-séquence d'ouverture de 8 minutes nous inonde de dialogues qui tournent autour du cinéma à Hollywood. C'est un vrai tourbillon de personnages (une vingtaine) qui s'entrecroisent en dialoguant sur le cinéma. Certains considèrent ce plan-séquence d'ouverture parmi les plus célèbres, le meilleur étant celui de Touch of Evil d'Orson Welles.

Cannes 1992. Tim Robbins, meilleur acteur et Robert Altman, meilleur réalisateur

Visionné, la première fois, le 1er janvier 2001 sur VHS à Montréal. 
Mon 358ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


19 janvier 2024

357. Lee : The Ice Storm

1001 films de Schneider : The Ice Storm
La Tempête de glace


Film américain réalisé en 1997 par Ang Lee
Avec Kevin Kline, Joan Allen, Sigourney Weaver, Christina Ricci, Tobey Maguire, Elijah Wood, Katie Holmes
D'après le roman de Rick Moody, The Ice Storm

Les jeux de l'amour et du hasard dans une banlieue de New York en 1973, en deux versions parallèles : adolescents en quête de leurs premières expériences sexuelles et couples mariés à la dérive. La tempête de verglas, à la fin du film, comme une malédiction, mettra un terme aux incartades des personnages, pour le moment, du moins.

Le film se passe autour de la Thanksgiving Day qui est le moment familial le plus rassembleur de l'année. On a même droit à des extraits de la parade Macy's sur la 5ème avenue à travers les fenêtres d'un appartement. 

En fond de scène, le Watergate et la gueule de Nixon. À un moment donné, une adolescente porte une cagoule à l'effigie de Tricky Dick, expression utilisée à l'époque pour le caractériser. Autre formule caractérisant Nixon : ''Would you buy a used car from this man ?''

Beaucoup de jeunes acteurs (Maguire, Ricci, Wood, Holmes) deviendront célèbres.

Chemin de traverse : Le titre du film et les dernières séquences de celui-ci m'ont renvoyé à la tempête de verglas qui a plongé la région montréalaise dans l'obscurité pendant 8 jours en janvier 1998. Sans  chauffage, on a réussi, grâce à notre foyer à bois, à demeurer dans notre maison centenaire au cœur du quartier Notre-Dame de Grâce.

Cannes 1997. James Schamus, meilleur scénario

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 522. Mars 1998

Visionné, la première fois, le 25 novembre 2000 à la télévision à Montréal. 
Mon 357ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider