18 février 2024

364. Verhoeven : Total Recall

1001 films de Schneider : Total Recall


Film américain réalisé en 1990 par Paul Verhoeven
Avec Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone, Rachel Ticotin, Ronny Cox, Michael Ironside
D'après la nouvelle de Philip K. Dick, We Can Remember it for You Wholesale.

Total Recall est une compagnie qui vous permet de réaliser vos rêves. Doug Quaid (Arnold) décide de se payer un voyage sur Mars qui occupe ses rêves depuis des années. Mais lorsque la machine se détraque, Quaid se réveille, agent secret à l'emploi d'une rébellion sur Mars. Est-ce la réalité ou est-ce un rêve ? - malheureusement, vous n'aurez pas de réponse à cette question.

Bon film de science-fiction même si on est quelquefois perdu entre rêve et réalité. On retrouve la touche du réalisateur de Robocop. On est inondé de séquences de bataille au détriment des relations interpersonnelles. 

La dernière réplique résume un peu l'incertitude dans laquelle on baigne pendant tout le film : rêve ou réalité. Quaid demande à Melina (Ticotin) si tout cela n'est qu'un rêve. Elle lui répond : ''alors dépêche-toi de m'embrasser avant de te réveiller.''

Oscars 1991. Une statuette pour les effets visuels.
Visionné, la première fois, en 2002 sur VHS à Montréal. 
Mon 364ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


07 février 2024

363. Wadleigh : Woodstock

 1001 films de Schneider : Woodstock

Film américain réalisé en 1970 par Richard Wadleigh
Assistant à la direction : Martin Scorsese
Avec 25 interprètes dont les plus célèbres : Joan Baez, Joe Cocker, Carlos Santana, Jimi Hendrix, Jerry Garcia, Janis Joplin, Jefferson Airplane, The Who, Johnny Winter.

Un absent de taille: Bob Dylan. Suite à son accident de moto en 1966, il avait quitté New York pour s'installer dans la région de Woodstock. Depuis trois ans, il n'avait donné aucune prestation artistique et ne s'était montré nulle part. Il vivait reclus avec sa famille. Devant la multitude qui allait envahir sa région, il préféra fuir en Angleterre où il donnera un concert au festival de l'île de Wight, deux semaines après le festival de Woodstock.

Le festival a lieu du 15 au 18 aout 1969 sur la ferme de Max Yasgur à Bethel dans l'état de New York, au sud-ouest de la ville de Woodstock. En 2017, le site a été enregistré dans le National Register of Historic Places. 

Conçu pour recevoir 50 000 personnes, c'est finalement 500 000 personnes qui envahiront le site pendant trois jours. Cet événement est considéré comme l'apothéose du mouvement hippie.

J'ai visionné la director's cut qui dure 3h.44. Un montage qui, en plus de montrer les performances des artistes, nous promène à l'intérieur du site pour illustrer l'expérience vécue par quelques-uns parmi ce demi-million de spectateurs.

Les participants qui répondent aux questions de l'interviewer nous donnent une vision complète de ce qu'était les éléments caractérisant le mouvement hippie : l'amour libre, la paix sur terre, la drogue, les communes, la musique rock, le nudisme et les cheveux longs 

On a l'impression que tous les participants à ce festival ont le même âge; pas de cheveux gris dans cette multitude. Pas de Noirs non plus, sauf sur scène.

Le clou du festival : l'interprétation de l'hymne national américain par Jimi Hendrick. Un grand classique de la musique rock.

Un emmerdement de première : une grande partie du film nous présente deux images concomitantes sur le même plan.

Oscars 1971. Meilleur documentaire.

Visionné, la première fois, le 19 avril 2001 sur VHS à Montréal. 
Mon 363ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


05 février 2024

362. Scott : Gladiator

 1001 films de Schneider : Gladiator


Film britanno-américain réalisé en 2002 par Ridley Scott
Avec Russell Crowe, Joaquin Phoenix, Connie Nielsen, Oliver Reed, Richard Harris, Derek Jacobi, Djimon Hounsou, David Schofield

Premier péplum hollywoodien depuis La Chute de l'empire romain d'Anthony Mann tourné en 1964. Grande fresque historique qui ne nous fait pas oublier que Ben-Hur, tourné en 1959, demeure le champion dans cette catégorie. Mais il fallait un rappel de cette époque et Gladiateur nous y ramène d'une façon fulgurante.

N'y cherchez pas une vérité historique à part la tyrannie de l'empereur Commode ; peu d'éléments véridiques dans cette histoire. Ce gladiateur (Crowe) n'a jamais existé et Commode (Phoenix) n'est pas mort au centre de l'arène du Colisée à la suite d'un combat singulier avec le gladiateur. Plus prosaïquement, il est mort, à 31 ans, étranglé par l'esclave de sa maitresse Marcia.

Les séquences de combat, au début du film, nous permettent de voir les différentes armes utilisées par les troupes romaines (on espère que, là, la réalisation colle à la vérité historique). On rigole en voyant la manœuvre d'auto-défense qu'on appelle la tortue très popularisée par la bande dessinée Astérix. Obélix adorait pourfendre cette tortue.

La reconstitution en image de synthèse du Colisée est magnifique. On ne peut que pleurer en voyant ce qu'il reste aujourd'hui de ce Colisée qu'on a mutilé à les travers les âges en l'utilisant comme carrière de marbre.

La musique qui accompagne la première scène est sublime. On dirait du Howard Shore. Beaucoup d'autres passages musicaux sont tout aussi sublimes.

Un certain critique (Bernard Achour) a parlé de ce gladiateur comme d'un soldat Ryan en jupette.

Oscars 2001. Cinq statuettes : film, acteur, costume, son, effets visuels

Visionné, la première fois, le 1er avril 2001 sur VHS à Montréal. 
Mon 362ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


04 février 2024

361. Lee : Tigre et dragon

1001 films de Schneider : Tigre et dragon


Film réalisé en 2000 par Ang Lee
Avec Michelle Yeoh, Chow Yun-Fat, Zhang Ziyi, Chen Chang
Scénario de James Schamus d'après le livre de Du Lu Wang.

Je vais dire comme les Anglais, les films d'arts martiaux ne sont pas ma tasse de thé. Mais celui-ci m'a complètement séduit. La chorégraphie des combats, empruntant à la magie (et aux câbles dissimulés), sont d'une grande beauté et fait, pour moi, tout l'intérêt du film. Les auteurs de cette chorégraphie avaient déjà fait valoir leur talent dans le film Matrix en 1999.

Me tape un peu sur les nerfs, la quantité importante de dictons style Tout est illusoire, seul compte l'élan du cœur. On nous en sert un peu trop, surtout par la bouche du grand maître Li Mu Bai (Chow Yun-Fat).  C'est une pratique que l'on retrouve souvent dans les films qui se passent en Chine et aussi dans les film d'arts martiaux. Ça fait un peu biscuit chinois.

La bataille dans l'auberge (la jeune fille contre cinquante méchants) est une prouesse de mise en scène. C'est un rappel de la bataille de saloon obligatoire dans tout western qui se respecte.  On ne se fatigue pas de la regarder.

Les passages au violoncelle sont exécutés par le grand Yo Yo Ma.

Oscars 2001. Quatre statuettes : meilleur film en langue étrangère, direction artistique, photographie, musique.

Visionné, la première fois, le 31 mars 2001 au cinéma Quartier Latin à Montréal. 
Mon 361ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

03 février 2024

360. Wong Kar-Wai : In the Mood for Love

1001 films de Schneider : In the Mood for Love
Les silences du désir 


Film hongkongais réalisé en 2000 par Wong Kar-Wai
Avec Maggie Cheung (madame Chan), Tony Leung Chiu-way (monsieur Chow)

Hong Kong 1962. Chronique d'une liaison avortée.

Un homme et une femme dont les conjoints sont amants dérivent lentement vers une liaison amoureuse qui n'aura pas lieu. Jamais l'on ne sait ou devine ce qui les mène vers le refus de vivre cet amour. C'est ce qui fait la beauté de ce film.

Dans les extras accompagnant le dvd, on retrouve deux séquences abandonnées qui auraient diminué le film : une scène d'amour et la séquence hollywoodienne où les deux amants se retrouvent à la fin du film dans un temple d'Angkor.

Les robes de madame Chan sont éblouissantes. Elles suivent toutes le modèle cheongsam : haut col et ouverture sur le côté de la cuisse.

Le thème musical est envoutant. Bizarrement, il y a aussi des standards latinoaméricains interprétés par Nat King Cole. On ne voit pas ce que ce type de chansons a à voir avec le Hong Kong de 1962. Elles étaient probablement populaires à cette époque. Pour ma part, elles me faisaient penser aux nuit endiablées de Montréal des années 40 avec Alys Roby en haut de l'affiche.

Déjà, des personnages évoquent les problèmes qu'apportera la cession de Hong Kong à la Chine en 1997 en prévoyant le quitter.

On se demande ce que vient faire la séquence où l'on voit le Général de Gaulle défiler dans les rues de la capitale du Cambodge sous l'acclamation de centaines de milliers de Cambodgiens.

La chambre d'hôtel où se rencontrent les amants porte le numéro 2046, titre du film que Wong Kar-Wai tournera quatre ans plus tard. Les deux acteur s'y retrouvent avec leur même nom de personnage, une sorte de suite à In the Mood for Love.

Cannes 2000. Meilleur acteur et Grand prix technique
Césars 2001. Meilleur film étranger
Cahiers du Cinéma 2000. Parmi les dix meilleurs films de l'année.

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 551. Novembre 2000

Visionné, la première fois,  le 20 mars 2001 au cinéma du Quartier Latin à Montréal. 
Mon 360ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider



23 janvier 2024

359. Ruiz : Trois vies et une seule mort

 1001 films de Schneider : Trois vies et une seule mort


Film français réalisé en 1996 par Raoul Ruiz
Avec Marcello Mastroianni, Anna Galiena, Marisa Paredes, Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni, Arielle Dombasle, Féodor Atkine, 

Rohmer qui aurait fumé un gros joint. 

Un début tout à fait surréaliste à vous arracher les cheveux en quête de sens.

Pour simplifier ce qui ne peut l'être, disons que c'est l'histoire d'un homme qui souffre de personnalités multiples (4, rien que ça). Avec cette idée, en toile de fond, l'histoire commence à faire du sens.

Retenons de ce film, une performance extraordinaire de Marcello Mastroianni. On dirait un film hommage à ce grand comédien qui devait décéder quelques mois après la sortie du film.

Quelques passages en référence au livre de Carlos Castaneda, Le Voyage à Ixtlan : les leçons de Don Juan. Ce livre des années 1970 a fait bien des ravages dans les colonies hippies de l'époque. On ne jurait que par son personnage vedette, Don Juan, chaman de sa profession, qui devait ouvrir les portes de notre inconscient pour vous amener vers la Vérité. Plus d'un, dont je suis, en lisant ce livre, tout en fumant un joint, ont fait un beau voyage. Nous ramener ce livre en 1996, ça fait un peu dissonant comme feraient dissonances les chemises à fleurs, le symbole Peace, les communes et autres artefacts de l'époque hippie.

Un gros plus : Paris en fond de scène.

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 502. Mai 1996.

Visionné, la première fois, le 2 janvier 2001 sur VHS à Montréal. 
Mon 359ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

20 janvier 2024

358. Altman : The Player

1001 films de Schneider : The Player 
Le Meneur


Film américain réalisé en 1992 par Robert Altman
Avec Tim Robbins, Greta Scacchi, Fred Ward, Whoopi Goldberg, Peter Gallagher, Vincent D'Onofrio, Dean Stockwell, Sydney Pollack, Lyle Lovett.
Scénario de Michael Tolkin d'après son roman éponyme. 
La présence de 65 personnalités du cinéma qui n'ont qu'un rôle de figurant. J'en connais 27. 

Pour une fois, la traduction française du titre est plus fidèle à l'esprit du film que le titre anglais. Parce que c'est bien l'harceleur anonyme (le corbeau) qui mène le directeur de production là où il veut l'amener : accepter son scénario avec un happy ending, au grand soulagement du directeur de production.

Un film qui se penche, cyniquement, sur la machine d'Hollywood. Autour de cette intrigue principale, on voit comment sont fabriqués les films hollywoodiens : d'abord des stars, un peu de sexe, un peu de violence puis, surtout, un happy ending. Comble d'ironie, le film d'Altman se termine par un happy ending avec ce morceau de dialogue qui aurait du devenir célèbre : ''What took you so long?''  ''Traffic was a bitch!''

Le plan-séquence d'ouverture de 8 minutes nous inonde de dialogues qui tournent autour du cinéma à Hollywood. C'est un vrai tourbillon de personnages (une vingtaine) qui s'entrecroisent en dialoguant sur le cinéma. Certains considèrent ce plan-séquence d'ouverture parmi les plus célèbres, le meilleur étant celui de Touch of Evil d'Orson Welles.

Cannes 1992. Tim Robbins, meilleur acteur et Robert Altman, meilleur réalisateur

Visionné, la première fois, le 1er janvier 2001 sur VHS à Montréal. 
Mon 358ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


19 janvier 2024

357. Lee : The Ice Storm

1001 films de Schneider : The Ice Storm
La Tempête de glace


Film américain réalisé en 1997 par Ang Lee
Avec Kevin Kline, Joan Allen, Sigourney Weaver, Christina Ricci, Tobey Maguire, Elijah Wood, Katie Holmes
D'après le roman de Rick Moody, The Ice Storm

Les jeux de l'amour et du hasard dans une banlieue de New York en 1973, en deux versions parallèles : adolescents en quête de leurs premières expériences sexuelles et couples mariés à la dérive. La tempête de verglas, à la fin du film, comme une malédiction, mettra un terme aux incartades des personnages, pour le moment, du moins.

Le film se passe autour de la Thanksgiving Day qui est le moment familial le plus rassembleur de l'année. On a même droit à des extraits de la parade Macy's sur la 5ème avenue à travers les fenêtres d'un appartement. 

En fond de scène, le Watergate et la gueule de Nixon. À un moment donné, une adolescente porte une cagoule à l'effigie de Tricky Dick, expression utilisée à l'époque pour le caractériser. Autre formule caractérisant Nixon : ''Would you buy a used car from this man ?''

Beaucoup de jeunes acteurs (Maguire, Ricci, Wood, Holmes) deviendront célèbres.

Chemin de traverse : Le titre du film et les dernières séquences de celui-ci m'ont renvoyé à la tempête de verglas qui a plongé la région montréalaise dans l'obscurité pendant 8 jours en janvier 1998. Sans  chauffage, on a réussi, grâce à notre foyer à bois, à demeurer dans notre maison centenaire au cœur du quartier Notre-Dame de Grâce.

Cannes 1997. James Schamus, meilleur scénario

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 522. Mars 1998

Visionné, la première fois, le 25 novembre 2000 à la télévision à Montréal. 
Mon 357ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


18 janvier 2024

356. Anderson : Boogie Nights

1001 films de Schneider : Boogie Nights
Nuits endiablées
Film supprimé de la liste en 2011 mais rajouté en 2013


Film américain réalisé en 1997 par Paul Thomas Anderson
Avec Mark Wahlberg, Burt Reynolds, Luis Guzman, Julianne Moore, Heather Graham, Philip Seymour Hoffman, William H. Macy, John C. Reilly, Alfred Molina

Une plongée vertigineuse dans le cinéma porno du tournant des années 1980 (1978-1983). Anderson tourne en ridicule ce type de cinéma et ses différents participants. 

On a droit à l'étalage de toute la mode de cette époque : danse en ligne, vêtements clinquants, disco, cocaïne, sexe débridée d'avant la période du sida, sans oublier le miroir au-dessus du lit. Ajouter à cela 33 chansons de l'époque et vous avez un tableau du début des années 1980.

La montée rapide et la chute tout aussi rapide d'un acteur porno, Dirk Diggler, personnifié  par Mark Wahlberg, dont une des activités du début de carrière était de poser comme modèle pour les dessous de Calvin Klein.

Une séquence hilarante  : en plein milieu d'une scène de baise, l'arrêt du tournage afin de changer le magasin de la caméra.

Dernier plan : une prothèse pénienne de 30 centimètres, ce qui résume ainsi le peu d'envergure du cinéma porno bas de gamme qui allait prendre son envol avec l'arrivée de la vidéocassette. 

Je me rappelle du club vidéo près de chez-moi qui dédiait une pièce spécialisée pour les cassettes de porno, appelées aussi XXX. C'est assez délirant de constater que tout ça n'aura vécu que 20 ans, l'espace d'une génération.

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 522. Mars 1998

Visionné, la première fois, le 2 juillet 2000 sur VHS à Montréal. 
Mon 356ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


355. Singer : The Usual Suspects

1001 films de Schneider : The Usual Suspects
Suspects de convenance


Film américain réalisé en 1995 par Bryan Singer
Avec Gabriel Byrne, Kevin Spacey, Stephen Baldwin, Benicio del Toro, Giancarlo Esposito, Chazz Palminteri, Pete Postlethwaite, Suzy Amis, Kevin Pollack
Scénario de Christopher McQuarrie

La première réaction après avoir vu ce film c'est de le revoir à nouveau afin de comprendre ce qu'on a vu. À mettre dans le même lot, Memento de Christopher Nolan. 

Une histoire machiavéliquement complexe doublée d'un montage tout aussi complexe qui vise, on en a l'impression, à frustrer le spectateur. Si vous aimez les puzzles, ce film est pour vous.

L'entourloupette de la fin est totalement inattendue et improbable, ce qui en fait probablement le point marquant de ce film.

Oscars 1996. Deux statuettes : second rôle à Kevin Spacey et scénario à Christopher McQuarrie.
Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 494. Septembre 1995.

Visionné, la première fois, le 21 juin 2000 sur VHS à Montréal. 
Mon 355ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


17 janvier 2024

354. Fincher : Fight Club

1001 films de Schneider : Fight Club 


Film américain réalisé en 1999 par David Fincher
Avec Edward Norton, Brad Pitt, Helena Bonham Carter, Meat Loaf, Zach Grenier, Richmond Arquette
Scénario d'après le roman de Chuck Palahniuk

Ce film est une bombe. Dans cet univers aux portes de l'apocalypse, on ne se sent pas bien durant tout le film. 

Le Fight Club, d'abord un club où, pour aucune raison, on se tape sur la gueule, devient un groupe de terroristes qui s'amusent à détruire les symboles de la société de consommation. La chute des tours, à la fin du film, est un mauvais présage de ce qui se passera deux ans plus tard au cœur de Manhattan. Ceci s'ajoute à l'horreur déjà présent tout au long de ce film.

Un bon film pour adolescents révoltés contre la société de consommation. 

La citation du film : ''La capote est la pantoufle de vair de notre génération'' dixit le personnage joué par la seul femme du film, (Helena Bonham Carter). À mettre en parallèle avec le projectionniste (Pitt) qui s'amuse à intercaler une image de pénis dans le film Cendrillon.

Le personnage principal (Norton) souffre d'insomnie. Avec ce film, il risque de nous entrainer dans sa pathologie si on n'y est pas déjà, comme moi. On peut légitimement penser que son insomnie sévère lui apporte des hallucinations dont le personnage de Tyler (Pitt) est la création. Une sorte d'alter ego qui fait monter à la conscience toutes ses récriminations contre la société de consommation. Ce n'est qu'une hypothèse proposée par ce film polysémique.

Prouesse : Meat Loaf, affublé de glandes mammaires, qui participe à un groupe de discussion d'hommes qui ont le cancer des testicules.

Critique. Cahiers du Cinéma. Novembre 1999. Numéro 540

Visionné, la première fois, le 26 mai 2000 sur VHS à Montréal. 
Mon 354ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider



21 décembre 2023

353. Jonze : Being John Malkovich

1001 films de Schneider : Being John Malkovich
Dans la peau de John Malkovich


Film américain réalisé en 1999 par Spike Jonze
Avec John Cusack, Cameron Diaz, Catherine Keener, John Malkovich, Ned Bellamy, Charlie Sheen
Scénario de Charlie Kaufman.

Un film comme un kaléidoscope. 
Aucun sens à trouver ou bien polysémique, c'est selon votre disposition. Moi, j'ai arrêté de chercher un sens à peu près au moment où John Malkovich devient multiple. Je me suis juste laissé porter par les images jusqu'à la fin sans y chercher quelque signification, quelle qu'elle soit.

Un portail situé au  septième étage et demi (on pense à la voie neuf et trois-quarts de la gare dans Harry Potter) d'un immeuble de Manhattan permet de vivre quinze minutes dans la tête de John Malkovich avant d'être éjecté sur le bord d'une autoroute du New Jersey.

Une œuvre de marionnettes époustouflante. Je suis certain que vous n'avez jamais rien de tel. Ma dernière expérience de marionnettes a été celle vue dans un petit théâtre de la ville de Takayama au Japon en 2016. C'était une belle prestation mais en-deçà de celles vues dans Being John Malkovich.

Takayama en hiver

Une Cameron Diaz méconnaissable.

Caméos de Johnny Depp et de Brad Pitt.

Venise 1999. Deux prix mineurs

Lecture cinéphilique. Le Ruisseau des Singes, autobiographie de Jean-Claude Brialy. Une tempête de name-dropping. À part la partie consacrée sur sa vie jusqu'à 18 ans, très peu d'introspection. Tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil. Pas un mot sur son homosexualité avant la page 414 sur un récit qui en contient 419. 
Visionné, la première fois, le 6 mai 2000 sur VHS à Montréal. 
Mon 353ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

06 décembre 2023

352. Night Shyamalan, M. : The Sixth Sense

1001 films de Schneider : The Sixth Sense


Film américain réalisé e 1999 par M. Night Shyamalan
Avec Bruce Willis, Haley Joel Osment, Toni Collette, Olivia Williams, Trevor Morgan

Si vous aimez les histoires de fantômes, vous serez bien servis. 

Mais c'est pas sûr que vous allez pardonner au réalisateur de vous avoir mené en bateau. La finale du film peut être ressenti comme une gifle pour vous sortir de votre ébahissement ou de votre ennui, c'est selon. Et vous aurez perdu beaucoup de temps à essayer, inutilement,  de diagnostiquer les comportements du petit Cole - merveilleuse interprétation de Haley Joel Osment.

Heureusement, il y a quelques scènes mémorables. Celle, entre autres, de la découverte (grâce à Cole) par un père dont la fille vient de mourir que c'est sa propre femme qui a tué leur fille en l'empoisonnant  quotidiennement.

Celle, également, de la maman de Cole (Toni Colette) qui reçoit, par l'entremise des dons de Cole, une inespérée gratification de la part de sa mère, décédée depuis longtemps.

Il y a de belles choses dans ce film, la moindre n'étant pas le personnage interprété tout en subtilités par Bruce Willis, psychiatre fantôme, déambulant dans le royaume des vivants et que seule Cole peut voir. 

Ce film est tout un embrouillamini où chacun cherche son corps, vivant ou mort.

Pour une rare fois, je vais proposer un film en lieu et place de The Sixth Sense dans la liste de Schneider. Hier, j'ai vu Opening Night de John Cassavetes, une œuvre magistrale sur le théâtre et le métier de comédien plus précisément de comédienne vieillissante. 

Critique. Cahiers du Cinéma. Janvier 2000. Numéro 542. Le Sixième Sens est le premier film intello chiant de l'année. Par Olivier Joyard.

Visionné, la première fois, le 29 avril 2000 sur VHS à Montréal. 
Mon 352ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider





04 décembre 2023

351. Wang : Smoke

1001 films de Schneider : Smoke
Nicotine

Film américain réalisé en 1995 par Wayne Wang
Sur un scénario du romancier américain Paul Auster
Avec Harvey Keitel, Forest Whitaker, Stockard Channing, William Hurt, Harold Perrineau, 

À partir d'un bureau de tabac situé au coin de la 3ème rue et de la 7ème avenue à Brooklyn, une série d'histoires qui ont toutes à voir avec le personnage central, Auggie (Keitel) le tenancier du bureau de tabac.

Sympathique mais une coche plus basse que sa suite Face in the Blue qui, lui, aurait mérité de faire partie des 1001 films de Schneider à sa place.

Deux moments intéressants :
1. Paul (William Hurt) qui feuillette le cahier de photographies que lui présente Auggie. Il est estomaqué de voir que ce sont toutes des photos qui ont le même plan : le bureau de tabac. En fait, il s'agit d'un concept élaboré par Auggie. Tous les jours à 8 heures du matin, il photographie le bureau de tabac à partir du coin de la 3ème rue et de la 7ème avenue. Ces 4000 clichés, Auggie les appelle la mémoire de son quartier. Le moment fort arrive quand Paul, un peu ennuyé de visionner tous ces clichés apparemment semblables, découvrent sa femme déambulant sur le trottoir, elle qui est décédé il y a seulement quelques mois d'une balle perdue lors d'un échange de coups de feu.

2. Le conte de Noël qui clôture le film, accompagné d'une chanson bouleversante de Tom Waits, Innocent When Your Dream. 


La suite
Face in the Blue (La Tabagie en folie).
La même année Wang et Auster tournent une suite à Smoke.

En fait, un film plus intéressant que Smoke qui mériterait d'être dans les 1001 films de Schneider plutôt que ce dernier. C'est pour cela que je m'y attarde plus longtemps.

Un quartier de New York : Brooklyn. Un lieu : une tabagie (un bureau de tabac pour les Français) qu'on appellerait, en québécois, un dépanneur ou kombini, en japonais. Des personnages : le typique melting pot américain dont le film est le sujet principal. Face in the Blue, c'est le multiculturalisme dans un dé à coudre.

Ce qui fait l'intérêt du film, c'est la rencontre d'une multitude de personnages, plus insolites les uns que les autres, qui nous démontre que la diversité ethnique est un passage obligé pour le monde urbain, pour le pire (formation de ghetto identitaire) ou le meilleur (la main tendue entre les groupes d'origine ethnique différente).  Le film met ses jetons sur le meilleur.

En vrac : 
Madonna en télégramme chantant. Y a pire comme télégramme.

Lou Reed qui monologue sur des sujets pas très intéressants.

Jim Jarmusch qui épilogue sur le plaisir de la nicotine tout en fumant sa dernière cigarette avec des extraits d'un film de guerre dans lequel Richard Conte  emprunte des cibiches.

Le personnage de Jackie Robinson qui tente de convaincre le propriétaire de la tabagie de ne pas la mettre en vente. Joueur étoile des Dodgers de Brooklyn qui fut le premier noir à entrer dans les ligues majeures de baseball après son passage dans le club-ferme des Royaux de Montréal.
Jackie Robinson. 3907 boulevard St-Laurent à Montréal

Le déménagement des Dodgers de Brooklyn à Los Angeles à l'hiver 1958 est considéré comme un immense traumatisme par le gens de Brooklyn.  Ebbets Field, le terrain sur lequel évoluaient les Dodgers, est démoli le 28 février 1960 pour faire place à un complexe d'habitation. 
 Pour ajouter l'insulte à l'injure, la boule de démolition est déguisée en balle de baseball. 

L'équipe des Dodgers était l'équipe favorite de mon père. Je me souviens, étant enfant, (je parle ici des années 50) l'avoir vu écouter des matchs  diffusés à la radio que seul le poste de radio de l'auto pouvait capter. Je le revois encore couché sur la banquette avant cherchant la meilleure fréquence de diffusion.

Il est beaucoup question de gaufres belges dans ce film. 

Pour le film Smoke

Berlin 1995. Ours d'argent pour le film. Prix spécial du jury pour Harvey Keitel

Critique. Cahiers du Cinéma. Décembre 1995. Numéro 497.

Visionné, la première fois, le 16 avril 2000 à la télévision à Montréal. 
Mon 351ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider



11 novembre 2023

350. Trier : Breaking the Waves

1001 films de Scheider : Breaking the Waves
L'amour est un pouvoir sacré


Film danois réalisé en 1996 par Lars von Trier
Avec Emily Watson (Bess), Stellan Skarsgard (Jan), Katrin Cartlidge, Jean-Marc Barr, Adrian Rawlins

Rencontre improbable entre une femme menue un peu schizophrénique (elle dialogue avec Dieu) mais tellement attachante et un homme, travailleur sur une plate-forme pétrolière, à la carrure imposante. Ensemble, attachés amoureusement, ils peuvent vaincre toutes les vagues.

Quand, à la suite de son décès, l'on demande au médecin traitant si Bess était névrotique ou psychotique, il répond qu'elle était tout simplement bonne, sacrifiant sa vie pour son mari (Jan.).  Trier fait un lien avec un conte de fées écossais intitulé Le Cœur d'or écrite par Violet Jacob et publié en 1904.

Emily Watson porte ce film à bout de bras. Un personnage, porté par la foi dans l'amour, qui flotte au-dessus de ce monde religieux misogyne.

Le grand dénuement de la campagne écossaise nous rappelle les paysages de Bergman tournés à l'ile Faro avec, en toile de fond, l'effroyable froideur de la religion presbytérienne connue aussi sous le nom de Kirk, religion officielle de l'Écosse depuis 1921.

Chacun des chapitres est introduit par une chanson des années 1970, époque du film. Mon coup de cœur va à Suzanne, chanson composée et interprétée par Leonard Cohen. Suzanne, c'est tout simplement, la femme d'un de ses amis qui habitaient près de l'eau (le fleuve St-Laurent)  dans le Vieux-Montréal. Un autre chapitre est introduit par une chanson à faire pleurer, A Whiter Shade of Pale de Procol Harum.

Cannes 1996. Gagnant du grand prix du jury et de la Palme d'or.
Césars 1997. Meilleur film étranger.

Critique. Cahiers du Cinéma. Octobre 1996. Numéro 506

Visionné, la première fois, le 10 avril 2000 sur VHS à Montréal. 
Mon 350ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider




09 novembre 2023

349. Fincher : Se7en

 1001 films de Schneider : Se7en

Film américain réalisé en 1995 par David Fincher
Avec Morgan Freeman (Somerset), Brad Pitt (Mills), Kevin Spacey, Gwyneth Paltrow

Un tueur en série s'amuse à relier chacun de ses meurtres à un péché capital. La finale du film, qui est la mise en scène du péché de la colère, est un coup de génie.

L'enquête est menée par deux détectives, l'un à sept  jours (voir titre) de la retraite (Freeman) et l'autre en début de carrière (Pitt) : un stéréotype dans les films d'enquête policière.

Mise en scène dans un décor qui rappelle Blade Runner ou Taxi Driver : un New York dégradée pluvieux, celui des années 1970-1980. Toute la direction artistique est aussi glauque que les crimes commis. 

Une séquence qui détonne : celle du souper chez Mills auquel Somerset a été invité par la femme de Mills (Paltrow). Ça se veut un intermède avec un peu d'intimité. Où on apprend que le couple a loué un appartement au-dessus du métro qui secoue l'appartement à chacun de ses passages. Pour justifier leur choix, Mills dit que le l'agent de location ne leur faisait visiter l'appartement que pendant des séquences de cinq minutes (entre les passages du métro, probablement). 

Kevin Spacey en tueur en série, on ne fait pas mieux. 

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 499. Février 1996. ...un film, glauque, nihiliste et déprimant... Par Bill Krohn.

Visionné, la première fois, le 7 avril 2000 sur VHS à Montréal. 
Mon 349ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

27 octobre 2023

348. Denis : Beau travail

1001 films de Schneider : Beau travail


Film français réalisé en 1999 par Claire Denis
Avec Denis Lavant (Galoup, le narrateur), Michel Subor (Commandant Bruno Forestier), Grégoire Colin (Sentain), et treize autres personnages de légionnaires
Adaptation de la nouvelle Billy Budd d'Herman Melville qui, elle, se passe sur un bateau.

Une section de la Légion étrangère française stationnée à Djibouti. Ce rassemblement d'une quinzaine de soldats d'origine diverse fait ses exercices d'entrainement quotidien dans un décor de mer et de désert - merveilleuses images d'Agnès Godard.

L'histoire transposée de Billy Budd (un adjudant, Galoup, qui envoie à la mort un de ses soldats, Sentain) semble périphérique à la description de la vie quotidienne des légionnaires : entrainement,  tâches ménagères, travaux inutiles pour maintenir la discipline, soirées à la discothèque pour rencontrer les filles du pays.

Juste avant les crédits de fin, l'adjudant Galoup (Denis Lavant) casse son armure de légionnaire et se découvre dans une danse de tous les diables.

Dénouement ouvert. Qu'advient-il de Galoup, expulsé de la Légion étrangère ?

Grosse discussion à la sortie du film sur son contenu implicitement homosexuel. Vous savez, quoi, on s'en fout. Ce film, c'est une perle et probablement le meilleur film de Claire Denis.

Cette phrase de Galoup : ''Sentain devait avoir un défaut dans sa cuirasse. On transporte toujours une poubelle au fond de soi. C'est ma théorie.''

Denis Lavant, un Michel Simon contemporain.

En 2004, j'ai eu la chance  de voir Denis Lavant au théâtre l'Usine C de Montréal dans une pièce de Bernard-Marie Koltès, La Nuit juste avant les forêts. Un soliloque de près de deux heures. Une de mes plus grandes expériences théâtrales à vie.

Césars 2001. Meilleur photographie

Critique. Cahiers du Cinéma. Avril 2000. Numéro 545.

Visionné, la première fois, le 5 février 2000 au Cinéma Ex Centris à Montréal. 
Mon 348ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

24 octobre 2023

347. Almodovar : Tout sur ma mère

1001 films de Schneider : Tout sur ma mère


Film espagnol réalisé en 1999 par Pedro Almodovar
Avec Cecilia Roth, Marisa Paredes, Candela Pena, Antonia San Juan, Penelope Cruz, Rosa Maria Sarda, Fernando Fernan Gomez, Fernando Guillen, Toni Canto, Eloy Azarin

Au début du film, on visionne un extrait du film de Joseph L. Mankiewicz, All About Eve, dont le titre peut porter à confusion puisqu'il est question d'un personnage qui s'appelle Eve. En fait, le titre pourrait aussi s'énoncer comme suit : All About Women puisque Ève en est la souche.

On pourrait aussi utiliser ce titre pour le film d'Almodovar puisqu'il n'y a qu'un sujet traité dans ce film : les femmes dans tous leurs états. Mère, actrice, prostituée, religieuse, lesbienne, diva, transexuelle. Pas d'hommes dans ce film sinon morts ou atteint de démence sénile.

Le film d'Almodovar est un hommage (pour céder à la mode du wokisme, on dirait aujourd'hui une femmage) à toutes les femmes.

Des extraits de la pièce de Tennessee Williams, Un Tramway nommé Désir, interprétées par Marisa Paredes et Candela Pena entrecoupent, à quelques reprises, le déroulement de l'histoire de Manuela (Cecilia Roth) qui est à la recherche du père de son enfant, récemment décédé dans un accident d'auto le jour anniversaire de ses 17 ans. Cet accident d'auto n'est pas sans rappeler une scène identique dans Opening Night (1977) de John Cassavetes : une jeune fille poursuivant l'idole de sa vie (interprétée par la grandiose Gena Rowlands), s'accrochant à la voiture avant de se faire happer par une autre voiture.

L'aspect mélodramatique de ce film pourrait en rebuter certains dont je fais partie : les coïncidences, il ne faut pas trop en abuser, ce que fait Almodovar. Il voulait probablement réhabiliter le mélodrame, ce qu'il réussit, vu les prix obtenus.

Oscars 2000. Meilleur film en langue étrangère
Césars 2000. Meilleur film étranger
Cannes 1999. Prix de la mise en scène.

Visionné, la première fois, le 27 novembre 1999 au cinéma Ex-Centris à Montréal. 
Mon 347ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider




16 octobre 2023

346. Hitckcock : Marnie

1001 films de Schneider : Marnie
Pas de printemps pour Marnie

Film américain réalisé en 1964 par Alfred Hitchcock
Avec Tippi Hedren, Sean Connery, Diane Baker, Martin Gabel, Louise Latham
D'après le roman éponyme de Winston Graham, publié en 1961.

En plus du film d'Hitchcock adapté pour le cinéma, Marnie a été adapté pour la scène en 2001 et pour l'opéra par l'English National Opera en 2017 et le Metropolitan Opera en 2018 avec Isabel Leonard dans le rôle titre.

Un  film policier qui se veut freudien et qui se traine en longueur. Des dialogues chargées d'explications qui embrouillent plus qu'ils n'éclairent et le pauvre Sean qui se transforme en psychanalyste de pacotille.

Un critique : ''Une intrigue qui coagule plutôt qu'elle ne s'épaissit''.

Caché sous ce scénario, le comportement possessif pathologique d'Hitchcock pour sa comédienne, Tippi Hedren. 

Pas de scènes de suspense si l'on excepte celle du vol du coffre-fort. Pensant qu'elle est seule pour effectuer son délit, Marnie découvre, avec horreur, qu'il y a une femme de ménage qui s'active dans la pièce d'à-côté. Elle tente alors, en enlevant ses chaussures, de s'échapper de la scène mais, malencontreusement, un soulier tombe au sol - la femme de ménage ne réagit pas - elle est sourde. Une merveille du suspense à la Hitchcock.

C'est beaucoup pour la blonde Marnie : cleptomanie, peur du rouge et des orages électriques, frigidité, viol (nullement explicite, à moins que ma copie n'ait été censurée), tentative de suicide, pédophilie, rejet parental. N'en rajoutez plus, la cour du psychanalyste est pleine.

Les surimpressions, très nombreuses, sont en général assez merdiques.

Les coffres-forts du film me rappellent celui que mon père avait fait installer au sous-sol de la maison et dans lequel il enfermait les baptistères des enfants et quelques autres papiers importants. Ce coffre-fort, qui ne contenait pas un rond, provenait de l'idée de mon père d'ouvrir une franchise américaine de coffres-forts personnels à Québec - faillite sur toute la ligne.

Cahiers du Cinéma 1964. Un des dix meilleurs films de l'année.

Critique. Cahiers du Cinéma. Février 1965. Numéro 163. Il l'a dit, s'il l'a dit, t'es fini, t'es pris. Par Michel Delahaye.

Visionné, la première fois, le 17 novembre 1999 à la télévision à Montréal. 
Mon 346ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


02 octobre 2023

345. Myrick et Sanchez : The Blair Witch Project

 1001 films de Schneider : The Blair Witch Project


Film américain réalisé en 1999 par Daniel Myrick  et Eduardo Sanchez
Avec Heather Donahue, Joshua Leonard, Michael C. Williams

Bienvenue dans l'univers du faux documentaire et du genre found footage. Ce genre fait croire que le document présenté, perdu, a été retrouvé par des gens étrangers à la production du document. Une technique souvent utilisée dans les films d'horreur, par exemple dans Cloverfield (2008) ou Paranormal Activity (2007).

Tout l'intérêt du film réside dans la terreur instillée, par petites doses, par l'inadéquation des personnages dans un milieu inconnu : perte d'orientation, peurs nocturnes, hallucinations auditives et phénomènes étranges. La totale pour un film d'horreur.

Un deuxième visionnement est sans intérêt à moins de s'intéresser aux techniques de tournage qui sont étonnantes et brillantes. L'utilisation d'une caméra 16mm et d'un caméscope donne un rendu réaliste hors-norme, on pourrait presque dire jusqu'à la nausée. C'est ce qui en fait un film d'horreur exceptionnel.

La seule chose vraie du film est la petite ville (142 habitants) de Burkittsville, Maryland qui a du subir l'assaut de milliers de fans de la série des Blair Witch Project, au grand désespoir des citoyens qui ont fini par bloquer l'accès à la presque totalité du village.

Parlez-moi d'un rendement sur investissement : le film a couté 35,000$ et rapporté 250 millions$ (chiffres de 2015).

Se perdre dans le bois est probablement ma plus grande terreur. J'ai fait des milliers de kilomètres dans les montagnes très forestières de l'est des USA mais toujours sur des sentiers balisés. J'ai même guidé des groupes d'une dizaine de personnes plus d'une centaine de fois par l'entremise de mon club de randonnée, Le Mouflon. Mais toujours sur des sentiers balisés. Je n'ai jamais fait de la randonnée en dehors de ceux-ci. Même avec carte et boussole (c'était avant le GPS portable), je ne me serais jamais aventuré dans le bois. Alors j'ai bien senti la terreur vécue par les personnages du film lorsqu'ils constatent qu'ils sont bel et bien perdus.

La compagnie qui a produit ce film, Haxan Films, est dénommée à partir du film Haxan (The Witch en danois), réalisé en 1922 par Benjamin Christensen. 

Forgotten Silver (1995) de Costa Botes et Peter Jackson est un des plus fameux faux documentaire (documeteur) à propos d'un pionnier néozélandais du cinéma qui aurait été en avance sur différentes techniques cinématographiques mais qui aurait été oublié par l'histoire du cinéma.

Cannes 1999. Prix de la jeunesse - film étranger

Visionné, la première fois, le 31 octobre 1999 sur VHS à Montréal. 
Mon 345ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

25 septembre 2023

344. Vinterberg : Festen

1001 films de Schneider : Festen
Fête de famille


Film danois réalisé en 1998 par Thomas Vinterberg
Avec Ulrich Thomsen, Henning Moritzen, Thomas Bo Larsen, Paprika Steen, Birthe Neumann, Trine Dyrholm, Helle Dolleris, Therese Glahn, Klaus Bondam

D'abord un mot sur Dogme 95. Courant d'avant-garde cinématographique danois créé en 1995 par, entre autres réalisateurs,  Lars von Trier et Thomas Vinterberg. Une sorte de Nouvelle Vague danoise. Il s'agit de sortir le cinéma des ornières du cinéma commercial dominant de l'époque.

Dès le début de Festen (considéré comme le numéro un de la série Dogme 95), on voit, par le jeu de la caméra, une des grandes caractéristiques de Dogme 95. La caméra, portée à l'épaule, nous inonde de plans inédits et agréablement surprenants même si on a l'impression de voir, dans les premières scènes, une esthétique digne de mes premiers films tournés en 8mm à l'époque où je rêvais d'aller étudier à l'IDHEC (l'Institut des hautes études cinématographiques de Paris).

Autre caractéristique : Dogme 95, c'est le cinéma du Here and Now. Festen nous présente le déroulement d'une célébration qui donnera lieu à un drame familial bouleversant comme du cinéma direct.

Morale de cette histoire : Rassembler une large famille lors d'un repas fortement arrosé et vous risquez de voir quelques mines qui étaient bien enterrées refaire surface et détruire cette famille à jamais ; ce qui nous ramène à la célèbre phrase d'André Gide : Familles, je vous hais.

Je ne peux pas m'empêcher de faire une comparaison avec la grande fête familiale de Noël de Fanny et Alexandre de Bergman qui, elle, se termine dans le bonheur. Vinterberg fait d'ailleurs un clin d'œil au film de Bergman en introduisant dans sa fête une farandole comme celle de Bergman mais en plus désorganisée.

Un point me dérange dans ce film : la violence du plus jeune de la famille. On dirait vraiment qu'elle est exagérée. Cette violence, surjouée, qui attire toute l'attention, semble atténuer le drame vécu par Christian et sa sœur jumelle, tous les deux abusés par le père avec la complicité non-active de la mère.

La confession de Christian met-elle un point final au drame familial ? Je pense à cette phrase tiré de Le sang noir de Louis Guilloux : ''Quand on s'était tout dit, rien n'était vidé.''

Un superbe titre de Télérama publié le 22 décembre 2018 : Comment Festen donna au champagne de Noël 1998 un sérieux goût acide. 

Cannes 1998. Prix du jury à Thomas Vinterberg

Critique. Cahiers du Cinéma. Juin 1998. Numéro 525. Par Stéphane Bouquet.

Visionné, la première fois, le 13 octobre 1999 sur VHS à Montréal. 
Mon 344ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider



24 septembre 2023

343. Marquand : Star Wars : Episode VI - Return of the Jedi

1001 films de Schneider : Star Wars : Episode VI - Return of the Jedi
Le Retour du Jedi


Film américain réalisé en 1983 par Richard Marquand
Avec Mark Hamill (Luke Skywalker), Carrie Fisher (Princesse Leia), Harrison Ford (Han Solo), Billy Dee Williams, Anthony Daniels, Peter Mayhew, Sebastian Shaw, Ian McDiarmid, Frank Oz, James Earl Jones, David Prowse, Alec Guinness

Jabba nous donne un beau spectacle de freaks show pour débuter le film - c'est bien apprécié de donner un court congé à la force du Mal.

J'ai bien aimé la guerre des Teddy Bears, mignons et futés mais fort peu crédibles dans leur combat contre les guerriers de l'Empereur.

Si Harrison Ford pouvait arrêter de surjouer, ça ne serait pas si mal en fin de compte.

Finalement, les épisodes 4, 5 et 6, c'est beaucoup de métrage pour une histoire familiale assez simple. Mon préféré : le 6.

Oscars 1984. Effets spéciaux

Visionné, la première fois, le 8 aout 1999 sur VHS à Montréal. 
Mon 343ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider