17 juillet 2024

396. Cukor : Adam's Rib

1001 films : Adam's Rib
Madame porte la culotte


Film américain réalisé en 1949 par George Cukor
Avec Spencer Tracy (Adam), Katharine Hepburn (Amanda), Judy Holliday, Tom Ewell, Francis Attinger
Chanson de Cole Porter, Farewell Amanda
Inspirée d'une histoire vécue par deux conjoints avocats qui représentaient chacun un membre du couple qui voulait divorcer. L'histoire dit que les avocats divorcèrent pour épouser leur client respectif.

Malgré les titres misogynes, un film à l'aube du féminisme. À l'opposé de la femme modèle américaine des années 50 qui restaient à la maison pour s'occuper du ménage, Amanda, en pré-féministe, est diplômée en droit de l'université Yale : elle fume, elle boit, elle conduit une automobile, elle a son propre métier.

Évidemment dans cette guerre des sexes, on a droit à tous les stéréotypes misogynes. Mais Amanda les fait tous volés en éclats. Même son mari, Adam, qui semblaient ouverts à l'égalité des sexes finit par tomber dans ses préjugés lorsqu'il perd son procès face à sa femme, ce qu'il trouve blessant au plus haut point.

Ceci se passe en 1949. On est surpris par les prises de position féministes d'Amanda, bien à l'avant-garde par rapport à la montée, aux USA, du mouvement féministe des années 1970.

La fin banale enlève du lustre à cette excellente histoire ; ''Il n'y a pas de différence entre un homme et une femme sauf, comme on dit en France, une petite différence.''

Remarquable : Cukor ne traite jamais le féminisme avec dérision.

Finelement, on ne peut pas dire qui porte la culotte ou la petite culotte.


Sixième film des neuf tournés par le couple Tracy-Hepburn de 1942 à 1967.
Pas connu 
à l'époque du film, ils étaient mariés ce qui rend le film encore plus réaliste.

Visionné, la première fois, le 19 décembre 2006 sur DVD à Montréal
Mon 396ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

15 juillet 2024

395. Hawks : His GIrl Friday

1001 films de Schneider : His Girl Friday
La Dame du vendredi

Film américain réalisé en 1940 par Howard Hawks
Avec Cary Grant, Rosalind Russell, Ralph Bellamy, Gene Lockhart, Porter Hall, Ernest Truex
D'après la pièce Front Page de Ben Hecht et Charles MacArthur.

Probablement, le film le plus volubile de l'histoire du cinéma. Un véritable roller-coaster.  C'est un feu roulant de dialogues à vous faire demander grâce. Des mots, encore des mots. C'est vrai que le sujet principal se passe dans le milieu de la presse. Mais peut-on respirer un peu ?

Ce film, c'est une prouesse au niveau des dialogues et de l'implication physique exténuante des deux acteurs vedettes, Cary Grant et Rosalind Russell.

Les dialogues sont à feux roulants sans jamais s'arrêter. Le summum de la cacophonie - puisqu'il s'agit souvent de cela - vers la fin du film, lorsque les deux protagonistes parlent en même temps dans deux téléphones différents. En V.O., la lecture adéquate des sous-titres est presqu'impossible.

Une guerre des sexes aux centaines de réparties : la guerre des sexes logorrhéique.

Ah oui ! Il y a une histoire qui tourne autour de la presse et des scoops qu'il faut sortir au détriment d'un grand tremblement de terre en Chine ou des menaces de guerre d'Hitler.

Critique. Cahiers du Cinéma. Janvier 1963. Numéro 139.
Les 300 premiers numéros des Cahiers du Cinéma sur Archive.org

Visionné, la première fois, le 17 décembre 2006 sur DVD à Montréal
Mon 395ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


12 juillet 2024

394. Rapper : Now, Voyager

1001 films de Schneider : Now, Voyager
Une Femme cherche son destin


Film américain réalisé en 1942 par Irving Rapper
Avec Bette Davis (Charlotte), Paul Henreid (Jerry), Claude Rains, Gladys Cooper, Bonita Granville, Janis Wilson (Tina)

Bette Davis dans un de ses grands rôles en jeune femme bafouée par sa mère mais qui réussit à s'en sortir grâce à la rencontre d'un amour défendu : elle est célibataire, il est marié.

Il est agréable, même si c'est un peu forcé la note, de voir Bette Davis passer de vilain petit canard à une séduisante dame du monde.


Beaucoup d'utilisation de la cigarette entre les deux amoureux - on peut facilement comprendre la symbolique de cette pratique.

Une fin mélodramatique à cette histoire d'amour défendu : ''Oh, Jerry, don't let's ask for the moon, We have the stars.'' On pourrait comprendre cela par On peut trouver le bonheur sans avoir un homme dans son lit. Sortez les mouchoirs.

Malgré le code Hayes, l'amour entre une femme célibataire et un homme marié.

La signification du titre demeure ambiguë. Il est tiré d'un poème de Walt Whitman. Il pourrait suggérer que toute femme introvertie peut s'émanciper et devenir une grande dame.

Chemin de traverse : Dans la trame sonore du film, on reconnait un passage de la symphonie numéro 6 dite Pathétique de Tchaïkovski. C'est ce même passage qui jouait sur le tourne-disque de la maison familiale au moment où mon père faisait un infarctus des suites duquel il mourut, 3 mois plus tard, à l'âge de 46 ans, j'avais 17 ans. Cette musique est marquée à jamais du sceau de cette perte.

Oscars 1943. Une statuette pour la musique (Max Steiner)

Visionné, la première fois, le 15 décembre 2006 sur DVD à Montréal
Mon 394ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

11 juillet 2024

393. Crichton : The Lavender Hill Mob

1001 films de Schneider : The Lavender Hill Mob 
De l'or en barres


Film britannique réalisé en 1951 par Charles Crichton
Avec Alec Guinness, Stanley Holloway, Sid James, Alfie Bass, Marjorie Fielding
Musique de Georges Auric.

Une comédie policière empreinte d'humour britannique mais surtout lente à se développer. Je n'ai pas ri, ni même souri - je ne comprends pas grand chose à l'humour britannique.

Le casse du siècle par quatre zigotos : le vol de 212 lingots d'or mais surtout comment en faire des produits vendables. 

On a droit à une belle poursuite d'autos de police dans les rues de Londres.

Séquence hallucinante : les deux comparses qui descendent la Tour Eiffel par l'escalier en colimaçon à la poursuite d'écolières qui se sont procurées, par mégarde, des répliques de la Tour en or massif.

Panorama de Paris en 1951 vu de Monrmartre.

Une présence furtive (10 secondes) d'Audrey Hepburn qui n'a pas vraiment encore commencé sa carrière au cinéma.

Oscars 1953. Une statuette pour le scénario
Venise 1951. Meilleur scénario.

Critique. Cahiers du Cinéma. Février 1952. Numéro 9. Des sourires et des hommes par Jean-José Richer.
Les 300 premiers numéros des Cahiers du Cinéma sur Archive.org

Visionné, la première fois, le 15 décembre 2006 sur DVD à Montréal
Mon 393ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

10 juillet 2024

392. Stevens : Swing Time

1001 films de Schneider : Swing Time
Sur les ailes de la danse


Film américain réalisé en 1936 par George Stevens
Avec Ginger Rogers, Fred Astaire, Victor Moore, Helen Broderick, Eric Blore

On peut oublier l'histoire. Ce qui est marquant dans ce film, ce sont les numéros de danse et de musique, prétextes à cette histoire qui emprunte tous les stéréotypes du théâtre de boulevard.

Ce qui est marquant aussi c'est qu'on nous fait attendre 28 minutes avant le premier numéro musical.

Parmi les chansons, on retiendra The Way You Look Tonight qui deviendra un standard qui trouve encore de nouveaux interprètes (Brian Ferry, par exemple).

Le plus fameux numéro est Bojangles of Harlem avec Astaire qui revêt un blackface et qui danse avec des clones de lui-même projetés en arrière-scène.


Bill ''Bojangles'' Robinson a été considéré, dans les années 1920, comme le meilleur danseur de tous les temps. Toute sa carrière se déroula dans les théâtres newyorkais. La chanson Mr. Bojangles chantée par Sammy Davis jr est une performance qu'il ne faut pas manquer (YouTube). Chantée par Dylan, en plus classique, c'est pas mal non plus - d'accord la voix est un peu défaillante.

J'adore la séquence  de l'hiver à New Amsterdam, tournée en studio. À mettre dans un catalogue sur l'art kitsch. 

Oscars 1937. Une statuette pour la chanson The Way You Look Tonight

Visionné, la première fois, le 14 décembre 2006 sur DVD à Montréal. 
Mon 392ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

08 juillet 2024

391. Sandrich : Top Hat

1001 films de Schneider : Top Hat 
Le Danseur du dessus


Film américain réalisé en 1935 par Mark Sandrich
Avec Fred Astaire, Ginger Rogers, Edward Everett Horton, Helen Broderick, Eric Blore
Musique d'Irving Berlin.

Du théâtre de boulevard en mode mineur. Toujours la même formule basée sur un malentendu.

Le grand intérêt de ce film, ce sont les performances du couple Astaire-Rodgers (trois numéros de danse) et la musique de Berlin. La chanson Cheek to Cheek est devenu un grand standard de la musique ball-room.

La pièce chorégraphique Top Hat est un joyeux moment dans un scénario assez ennuyant.

Il faut voir Venise tournée en studio : le summum du kitsch. 

C'est le quatrième des dix films interprétés par Astaire et Rogers.

Pour moi, ce fut une découverte du couple Astaire-Rodgers. Je ne connaissais pas ce type de cinéma. Il faut dire que je n'avais pratiquement aucune connaissance du cinéma d'avant 1950 avant d'entreprendre ma quête des 1001 films de Schneider.

Visionné, la première fois, le 11 décembre 2006 sur DVD à Montréal
Mon 391ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

07 juillet 2024

390. Méliès : Le Voyage dans la Lune

1001 films de Schneider : Le Voyage dans la Lune 


Film français réalisé en 1902 par Georges Méliès
Avec Georges Méliès (le savant Barbenfouillis), Bleuette Bernon (la Lune), les danseuses du corps de ballet du Châtelet, les acrobates des Folies-Bergère (les Sélénites)

Premier film de la liste des 1001 films de Schneider. 

Une petite merveille de 14 minutes, très long pour l'époque alors que les films duraient l'espace d'une bobine, environ 2 minutes.

Considéré comme le premier film de science-fiction et un des premiers films de fiction. À son époque, le cinéma était surtout documentaire. On ne l'utilisait pas pour créer du divertissement jusqu'à l'arrivée de Méliès.

Sur YouTube, j'ai visionné une version avec la belle musique de David Short interprétée par le Bill Brass Quintet.

On retrouve tout le Méliès magicien : surimpressions, fondues enchainées, accélérés, escamotage d'objets.

La navette dans l'œil de la lune est une des plus célèbres images de l'histoire du cinéma.

Visionné, la première fois, le 7 décembre 2006 sur DVD à Montréal
Mon 390ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.



04 juillet 2024

389. Griffith : Orphans of the Storm

1001 films : Orphans of the Storm
Les Deux orphelines


Film américain réalisé en 1921 par D.W. Griffith
Avec Lilian Gish (Henriette), Dorothy Gish (Louise), Jospeh Schildkraut, Frank Losee, Katherine Emmett, Lucille La Verne
Adaptation de la pièce Les Deux orphelines d'Adolphe-Philippe D'ennery.

La destinée malheureuse de deux orphelines au tournant de la Révolution française mais, ne vous inquiétez pas, il y a une fin hollywoodienne.

Au temps du muet, une superproduction mélodramatique de deux heures trente de Griffith : décors impressionnants, costumes à foison, centaines de figurants. Son 505ème film, excusez du peu. Pas de réalisations importantes dans ses 16 derniers films.

Forme : la caméra est encore fixe. On retrouve différents types de plan. J'ai même vu un début de panoramique et un travelling arrière. Les raccords sont, assez souvent, complètement ratés.

Dans le prologue du film ; même si le film se passe pendant la Révolution française, un avertissement nous prévient du danger du bolchévisme. Visionnaire, ce Griffith, à peine 4 ans après la révolution d'octobre 1917, déjà il percevait que cette révolution comme celle de 1789 allait conduire au totalitarisme. Les Révolutions mangent leurs petits.

Lilian Gish, renommée comme étant The First Lady of American Cinema et sa sœur Dorothy illuminent cette histoire illustrant le conflit entre l'aristocratie et les Sans-culottes.

Dorothy et Lilian Gish

De très belles scènes, dont celle du balcon, où Henriette reconnait sa sœur (aveugle) dans la rue mais est empêchée de la rejoindre.

Visionné, la première fois, le 6 décembre 2006 sur DVD à Montréal. 
Mon 389ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


03 juillet 2024

388. Browning : Freaks

1001 films de Schneider : Freaks
La Monstrueuse parade ou L'Amour chez les monstres


Film américain réalisé en 1932 par Tod Browning
D'après le roman Spurs de Tod Robbins
Avec Wallace Ford, Leila Hyams, Olga Baclanova (Cléopatre), Roscoe Ates, Henry Victor, Harry Earles (Hans)

En novembre 2006, j'ai acheté le livre 1001 films  à voir avant de mourir de Steven Jay Schneider. J'ai fait la compilation des films que j'avais déjà vus de ce livre : 387.  Je décide alors de voir les 613 films manquants. Freaks est le premier film de ma quête des 1001 films de Schneider. Donc, à partir de maintenant, beaucoup de films d'avant les années 1960. Cette quête se terminera le 25 avril 2012 par Hill 24 Doesn't Answer de Thorold Dickinson.

Prologue du film : un texte pour temporiser nos réactions face au film qui nous présente une variété très impressionnante de monstres professionnels. Ce film serait impossible à produire de nos jours. Déjà, à cette époque, le producteur a coupé du tiers la durée du film tant il aurait pu susciter des protestations des critiques et du public.


Ce devait être un film d'horreur mais finalement, les monstres nous devenant sympathiques, c'est devenu un film d'amour qui tourne mal. Une fin hollywoodienne a été ajoutée, voilà où se trouve l'horreur.

Les dialogues, assez superficiels, nous aident à prendre une distance avec les images horrifiantes de la troupe du cirque.

On aura droit, quand même, à une scène d'horreur durant laquelle les monstres attaquent Cléopâtre la trapéziste qui finira ses jours comme sujet d'horreur dans les shows du cirque ambulant.

Une séquence digne d'anthologie : la fête de mariage entre Cléopâtre et Hans, le nain (en fait, une petite personne). Toute la troupe monstrueuse du cirque assiste à la fête.

Les séquences avec les sœurs siamoises sont touchantes d'ingénuité.


Fellini est le seul autre réalisateur que je connaisse qui a utilisé plusieurs personnes difformes dans ses films.

Critique. Cahiers du cinéma. Mars 1969. Numéro 210. Humain, trop humain par Jean-Pierre Oudart. Mai 1978. Numéro 288. Tod Browning et Freaks par Jean-Claude Biette
Les 300 premiers numéros des Cahiers du Cinéma sur Archive.org

Visionné, la première fois, le 6 novembre 2006 sur DVD à Montréal. 
Mon 388ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

01 juillet 2024

387. Burton : Edward Scissorhands

1001 films de Schneider : Edward Scissorhands
Edward aux mains d'argent


Film américain réalisé en 1990 par Tim Burton
Avec Johnny Depp (Edward), Winona Ryder, Dianne Wiest,  Anthony Michael Hall, Vincent Price

Une œuvre étrange, le conte de fée modernisée, loin des standards hollywoodiens, qui se passe dans une banlieue floridienne qu'on dirait en carton-pâte. 

Touchante prestation de Johnny Depp, déguisé en humanoïde aux mains de ciseaux qui excelle comme coiffeur pour dames et pour chiens. Edward excelle aussi en sculpteur de buis. La magie opère vraiment quand on voit toutes ses sculptures. 


On a l'impression souvent d'être dans un prequel de Barbie pour ce qui est de la direction artistique : toutes ces maisons aux couleurs pastel.

C'était la dernière présence à l'écran de Vincent Price (89 ans) après 210 performances.

La représentante des produits Avon interprétée par Dianne Wiest me rappelle mon enfance quand la madame passait à la maison une ou deux fois par année. La blague que tout le monde faisait c'était de lui répondre lorsqu'elle sonnait à la porte : ''Avon besoin de rien''

Cahiers du Cinéma 2000. Fait partie de la liste des 10 meilleurs films de l'année.

Visionné, la première fois, le 16 aout 2006 sur VHS à Montréal. 
Mon 387ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

30 juin 2024

386. Emmerich : Independence Day

 1001 films de Schneider : Independence Day


Film américain réalisé en 1996 par Roland Emmerich
Avec Bill Pulman, Mary McDonnell, Mae Whitman, Jeff Goldblum, Will Smith

E.T. n'est pas le gentil petit bonhomme de Spielberg.
Un classique de film-catastrophe avec des effets visuels époustouflants. Il est réaliste de penser que des envahisseurs venus de l'espace ne veuillent pas faire copain-copain, L'histoire de l'humanité nous a assez démontré que les envahisseurs veulent imposer leur monde à celui des envahis ce qui prend souvent des allures de génocide, de génocide culturel tout au moins.

Pourquoi dis-je un classique? C'est qu'il faut toujours qu'il y ait de l'humour pour faire baisser la vapeur. Il faut toujours qu'il y ait des petites histoires plus intimes en parallèle avec le chaos total. Et ce sont encore les Américains qui vont sauver la planète. Ce qui en fait un film à tiroirs.

Des séquences d'anthologie : la destruction de la Maison blanche, du Capitole, de l'Empire State building. Images prémonitoires de l'attaque du 11 septembre 2001.

Enfin, le film nous fait pénétrer dans la mystérieuse Zone 51 : lieu mythique pour tous les ufologues. Lieu où se trouveraient des soucoupes volantes et des aliens. Le gouvernement américain a toujours démenti que cette base militaire est relié à quoique ce soit d'extra-terrestre. 


Oscars 1997
. Une statuette pour les effets visuels

Visionné, la première fois, le 5 juillet 2006 sur VHS en vacances à Rodanthe, North Carolina
Mon 386ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


29 juin 2024

385. Redford : Ordinary People

1001 films de Schneider : Ordinary People
Des gens comme les autres


Film américain réalisé en 1980 par Robert Redford qui passe derrière la caméra
Avec Donald Sutherland, Mary Tyler Moore, Judd Hirsch, Timothy Hutton, Elizabeth McGovern.
D'après le roman de Judith Guest.

L'histoire d'une famille typique des banlieues américaines aux prises avec des problèmes de communication : incapacité pour chacun des membres de la famille (père, mère et fils) d'exprimer leurs sentiments.

Pourtant, des émotions il y a en dans cette famille qui a perdu un de leur fils lors d'un accident de bateau et dont le fils survivant s'est retrouvé en institut psychiatrique après une tentative de suicide.

Ce film, c'est le déroulement d'un exercice de catharsis pour le fils et pour le père. La mère, incapable de cette catharsis, quittera le foyer familial laissant le père et le fils, réconciliés.

Un mot à propos de la thérapie suivie par le fils. Ce sont les moments les plus forts du film même si je ne suis pas d'accord avec l'approche de l'analyste qui est souvent, à fond, dans son contre-transfert. On est loin de l'approche psychanalytique. 

Débuts remarquables d'Elizabeth McGovern.

Oscars 1981. Quatre statuettes : film, réalisation, scénario, acteur de second rôle à Timothy Hutton.

Critique. Cahiers du Cinéma. Avril 1981. Numéro 322. L'art d'être acteur par Louis Skoreck. 

Visionné, la première fois, le 27 juin 2006 sur VHS à Montréal
Mon 385ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.



28 juin 2024

384. Jarmusch : Stranger than Paradise

1001 films de Schneider : Stranger than Paradise

Film américain réalisé en 1984 par Jim Jarmusch
Avec John Lurie, Eszter Balint, Richard Edson

D'abord la forme : un plan suivi d'un écran noir puis, un autre plan suivi d'un autre écran noir, un concept qui s'étend sur toute la durée du film. On comprend qu'un jeune réalisateur indépendant veuille casser la trame habituelle des films d'Hollywood mais, disons, qu'après le dixième plan, on a compris, on pourrait nous surprendre avec un autre concept.

Une histoire, en fait pas d'histoire, de losers : deux newyorkais et une hongroise qui débarque de Hongrie. Des outsiders de la vie, L'univers de Jarmusch est un monde vide qui nous montre l'envers du rêve américain.

De New York à Floride en passant par l'Ohio en hiver, on se balade dans un monde vide de sens. La seule trame qui réunit les différentes parties du film c'est la passion pour les gageures sur les courses de chevaux.

Vu de 2024, on n'en revient pas de l'omniprésence de la cigarette. Fumait-on vraiment de telles quantités de cigarettes, il y a 40 ans. Eh bien oui, j'en étais la preuve vivante.

Cannes 1984. Caméra d'or

Visionné, la première fois, le 23 juin 2006 sur VHS à Montréal
Mon 384ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.



26 juin 2024

383. Malick : Days of Heaven

1001 films de Schneider : Days of Heaven
Les Moissons du ciel


Film américain réalisé en 1978 par Terrence Malick
Avec Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard, Linda Manz.
Nestor Almendros, le cameraman de Rohmer et de Truffaut, est à la caméra ce qui lui méritera un Oscar.

Une histoire qui se passe dans les années 1910 dans les champs de blé du Texas après avoir débuté, pour un court instant, dans les fonderies de l'Est industriel.

Une bonne partie du film prend la forme d'un documentaire à la Kevin Burns : travail en usine, la récolte de la moisson de blé, l'invasion de sauterelles. L'histoire y prend difficilement sa place.

Une pure merveille quand à l'aspect visuel. Des images dignes des plus grands westerns. On pense souvent à John Ford.

C'est une vision nostalgique d'un passé qui a marqué l'histoire des États-Unis, celui qui a précédé la première guerre mondiale qui souligna l'entrée définitive des USA sur la scène internationale.

Au début du film, une série de photographies nous plonge dans le monde du début du siècle.
Ce photomontage filmique est composé de photographies de Lewis Hine, un des grands noms du documentaire photographique.

J'adore ce passage de la célèbre critique américaine, Pauline Kael : ''the film is an empty Christmas tree : you can hang all your dumb metaphors on it.''

Tourné en partie dans la colonie huttérite de Lethbridge, Alberta.

Oscars 1979. Cinématographie à Nestor Almendros
Cannes 1979. Meilleur réalisateur

Visionné, la première fois, le 9 septembre 2006 à la télévision à Montréal. 
Mon 383ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

24 juin 2024

382. MIIKE : Audition

1001 films de Schneider : Audition
Supprimé en 2005. Rajouté en 20008

Film japonais réalisé en 1999 par Takashi Miike
Avec Ryo Ishibashi (Aoyama), Eihi Shlina, (Asami) Tetsu Sawaki.

Suite à Ring, Audition nous montre qu'il faut compter dorénavant sur le cinéma japonais dans le genre film d'horreur.

Le titre Audition concerne la partie du film durant laquelle un ami d'Aoyama organise une fausse audition pour un film qui n'existe pas afin de permettre à celui-ci de choisir une belle jeune fille en vue d'un remariage.

Alors que les deux tiers du film se présente comme une belle histoire d'amour en devenir entre Aoyama, la jeune fille choisie lors de la fausse audition, et Asami, le dernier tiers nous plonge dans l'horreur sanglant, Asami s'avérant être une psychopathe de haut niveau.

Visionné, la première fois, le 4 juin 2006 à la télévision à Montréal. 
Mon 382ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

23 juin 2024

381. Shelton : Bull Durham

1001 films de Schneider : Bull Durham 
Duo à trois


Film américain réalisé en 1988 par Ron Shelton
Avec Kevin Costner, Susan Sarandon, Tim Robbins

Bull Durham : Sexe et baseball, plutôt sexe, finalement. 

Sexe et baseball. D'abord ceci : Ball Four de Jim Bouton, publié en 1970. C'est une bombe qui éclate dans le milieu du baseball majeur. Un ancien lanceur des ligues majeures de baseball dévoile les dessous peu reluisants de certains joueurs de baseball qui s'adonnent à diverses pratiques de voyeurisme sexuel. Jim Bouton a été trainé dans la boue pendant de nombreuses années à cause de ses révélations. Imaginez des joueurs de baseball qui s'entassent sur le toit d'un hôtel pour reluquer les femmes dans l'immeuble voisin ou bien qui font des trous dans l'abri des joueurs pour voir l'entre-jambe des femmes assises derrière l'abri. 

Maintenant, Bull Durham. Le doublage en français est une horreur. Les termes de baseball sont tout à fait à côté de la plaque. Il existait déjà au Québec des termes français du baseball, il fallait s'en inspirer. Encore mieux, le film aurait dû être doublé au Québec.

Bull Durham, c'est une comédie légère, très légère, qui ne mérite certainement pas de faire partie des 1001 films de Schneider, Quand on pense que de nombreux films sont rejetés du palmarès lors des différentes éditions du bouquin mais pas celui-là, c'est à s'arracher les cheveux. On a supprimé Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain en 2010 mais pas Bull Durham, c'est un non-sens.


Visionné, la première fois, le 12 avril 2006 sur VHS à Montréal. 
Mon 381ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

21 juin 2024

380. Ramis : Groundhog Day

1001 films de Schneider : Groundhog Day
Le Jour de la marmotte ou Un Jour sans fin


Film américain réalisé en 1993 par Harold Ramis`
Avec Bill Murray (Phil), Andie MacDowell, Chris Elliott

Phil, le météorologiste hargneux et méprisant, est condamné à revivre toujours la même journée tant qu'il ne deviendra pas une meilleure personne.

Il se réveille chaque matin à la musique de I Got You Babe de Sonny and Cher., ce qui semblerait assez agréable si le commentateur ne venait pas couper la chanson pour annoncer les festivités entourant le jour de la marmotte. En effet, c'est la journée où dans un village au nom imprononçable (Punxsutawney en Pennsylvanie), la marmotte sortira de son trou pour prédire si l'hiver est fini (la marmotte ne voit pas son ombre parce que le ciel est nuageux) ou bien s'il durera encore six semaines dans le cas d'une journée ensoleillé.


Cet événement stupide (je suis d'accord avec Phil le hargneux) a lieu le 2 février de chaque année dans certaines petites villes du Canada et des États-Unis dans le but d'attirer l'attention médiatique et les touristes. Au Québec, c'est à Val-d'Espoir, près de Percé, qu'a lieu cette pratique. Mais Fred la marmotte est décédé en 2023 aux grands désespoirs des organisateurs de cette festivité.

Bill Murray joue un de ses plus beaux rôles de composition.

Critique. Cahiers du Cinéma. Juillet-Aout 1993. Numéro 470

Visionné, la première fois, le 1er janvier 2006 à la télévision à Montréal. 
Mon 380ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


20 juin 2024

379. Hitchcock : North by Northwest

1001 films de Schneider : North by Northwest
La Mort aux trousses


Film américain réalisé en 1959 par Alfred Hitchcock
Avec Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason, Jessie Royce Landis, Martin Landau

Un scénario tout ce qu'il y a de plus embrouillé. Du meurtre dans l'immeuble des Nations Unies jusqu'à la poursuite sur l'une des statues du mont Rushmore, un scénario inénarrable tant il y a de retournements : espionnage, contre-espionnage à la pelle. Prenons cela comme un divertissement plutôt qu'un film dramatique à la Vertigo ou à la Psycho.

Plusieurs séquences célèbres dont la plus connue : le guet-apens au cœur des terres agricoles de l'Illinois illustré dans le poster du film. Cette séquence, tournée en 133 plans, est parfaite. Le suspense atteint un niveau  insurpassable. Hitchcock nous prouve, une fois de plus, qu'il est le maitre du suspense.

Autre séquence remarquable : la poursuite sur le mont Rushmore. Il faut voir les personnages se promener à travers les têtes des présidents américains. Je n'ai jamais rien vu de tel dans le cinéma américain.

Sculpture du Mont Rushmore
Quatre présidents : Washington, Jefferson, Théodore Roosevelt, Lincoln
Trump rêvait d'y faire sculpter sa tronche de mégalomane.

Au sujet du titre, North by Northwest est la direction prise par les personnages de l'histoire : de New York vers Rapid City dans le Dakota du Sud.  La vraie direction est West-North-West.

La maison de l'espion Vandamm est une réplique de l'architecture des maisons conçues par Frank Lloyd Wright.


La scène de la couchette dans le train. Comment Hitch a contourné la censure : dernier plan du film, le train entrant dans le tunnel.

Grandes prestations pour Cary Grant, Eva Marie Saint et Martin Landau à vous donnez des frissons.

Lors d'un voyage dans l'Ouest américain à l'été 2004, nous nous sommes arrêtés au mont Rushmore et sommes allés dans la cafétéria où les acteurs d'Hitchcock ont joué.


Critique. Cahiers du Cinéma. Décembre 1959. Numéro 102. La concierge et le bucheron par Luc Moullet. Décembre 1978. Numéro 295. La Mort aux trousses par Marc Sator.
Les 300 premiers numéros des Cahiers du Cinéma sur Archive.org

Visionné, la première fois, le 26 février 2004 à la télévision à Montréal. 
Mon 379ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

27 mai 2024

378. Scorsese : Goodfellas

1001 films de Schneider : Goodfellas
Les Affranchis


Film américain réalisé en 1990 par Martin Scorsese
Tiré de Wiseguy. Life in a Mafia Family de Nicholas Pileggi.
Avec Robert de Niro, Ray Liotta, Joe Pesci, Lorrain Bracco, Paul Sorvino, Frank Sivero

Le Parrain, version Scorsese. Ce petit-fils d'immigrant sicilien ne traite pas des hautes sphères de la Mafia tel que l'a fait Coppola. Il s'intéresse plutôt aux ouvriers du crime organisé. 

''D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours désiré être un gangster'', cette phrase dite par Henry (Ray Liotta#) au début du film nous annonce le topo.

Une virée dans le  monde criminel de Brooklyn sur trois décennies : les années 50, 60 et 70, le tout accompagné d'une anthologie des chansons de cette époque de Tony Bennett à Sid Vicious.

On ne fait pas plus psychopathe que Tommy (Joe Pesci).

Je suis le petit-fils d'un immigrant du nord de l'Italie, de Lucca plus précisément, bien loin des familles mafieuses de la Sicile. Mais ça n'empêchait pas les gens de penser que je pouvais avoir un quelconque lien avec la Mafia, à la blague évidemment. 

Oscars 1991. Une statuette à Joe Pesci pour l'acteur en second rôle
Venise 1990. Trois prix dont le Lion d'argent.
Cahiers du Cinéma 1990. Parmi les 10 meilleurs films.

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 435. Septembre 1990.

Visionné, la première fois, le 1er février 2004 à la télé à Montréal. 
Mon 378ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

26 mai 2024

377. Jackson : Heavenly Creatures

1001 films de Schneider : Heavenly Creatures
Créatures célestes
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Film néozélandais réalisé en 1994 par Peter Jackson
Avec Melanie Lynskey (Pauline), Kate Winslet (Juliet), Sarah Peirse, Diana Kent, Clive Morrison Simon O'Connor

Inspiré d'un fait divers qui eut lieu en 1954 à Christchurch en Nouvelle Zélande : l'amour saphique entre deux jeunes filles qui se termine par le meurtre d'une des deux mères par sa propre fille.

La relation amoureuse entre les deux jeunes filles crée tout un émoi dans la petite société bourgeoise de Christchurch.

La compagnie WETA qui a produit toute la scénographie du Seigneur des Anneaux, a produit l'univers des personnages de glaise fabriqués par Juliet. Tous ces personnages sont animés et en grandeur nature. Un avant-goût de l'œuvre de Tolkien au cinéma.

Les amateurs d'opéra vont y trouver leur plaisir, l'idole de Pauline étant le ténor Mario Lanza qu'on entend chanter tout au long du film. Que j'ai détesté ce chanteur à l'époque de mon adolescence. 

Les deux copines vont voir ce film réalisé en 1951 par Richard Thorpe


L'idole de Juliet, étant Orson Welles, on a droit à quelques séquences de The Third Man réalisé en 1949 par Carol Reed.

C'est le premier film de Kate Winslet qui a 19 ans.

Cameo de Peter Jackson en clochard.

Venise 1994. Lion d'argent

Visionné, la première fois, le 17 janvier 2004 à la télévision à Montréal. 
Mon 377ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.



24 mai 2024

376. Sokurov : L'Arche russe

 1001 films de Schneider : L'Arche russe


Film russe réalisé en 2002 par Alexander Sokurov
Avec 2000 acteurs et figurants.

D'abord ce qui fait la célébrité de ce film : un seul plan de 95 minutes tourné sur disque dur et transféré en 35 mm. 

C'est le festival de la Steadicam.

Tout le tournage se passe dans les salles du Musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg au temps des tsars dans lesquelles circule un observateur européen qui dialogue avec ce qui semble apparemment être le réalisateur.

L'observateur circule dans les 35 salles du Musée dans lesquelles se retrouvent des personnages de l'époque tsariste. N'y cherchez pas d'histoire, il n'y en a pas.

Mais la prouesse technique, l'Ermitage et les foules (plus de 1000 figurants) habillées en costume d'époque font de ce film un incontournable de votre culture cinématographique.


Visionné, la première fois, le 1er novembre 2003 sur VHS à Montréal. 
Mon 376ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.


21 mai 2024

375. Petersen : Das Boot

1001 films de Schneider : Das Boot
Le Bateau



Film allemand réalisé en 1981 par Wolfgang Petersen
D'après le roman de Lothar G. Buchheim
Avec Jurgen Prochnow, Herbert Gronemeyer, Klaus Wennemann, Hubertus Bengsch

Pas vraiment indiqué pour les claustrophobes. Tout le film, sauf quelques courts passages, se passe à l'intérieur d'un sous-marin : un U-Boat de la Seconde guerre mondiale.

Le réalisateur ne traite pas du conflit guerrier. Il s'attache à nous montrer l'enfer de la vie dans le sous-marin U96 à la poursuite des cargos transatlantiques qui viennent approvisionner l'Angleterre. 

Un travail de caméra impressionnant dans un espace si exigu - un vrai festival de steadycam.

Beaucoup de scènes angoissantes dont celle où le sous-marin s'enfonce de plus en plus dépassant, de loin, la norme acceptable. Entendre le bruit des boulons qui sautent sous la pression est une expérience hautement angoissante pour les marins dont les visages se crispent de peur. 

''Pourrons-nous sortir un jour d'ici''. Pourtant ça avait bien commencé dans un café de La Rochelle où l'équipage fêtait au champagne sa dernière nuit sur terre. Sur les 40 000 soldats allemands qui combattirent dans un sous-marin, 10 000 seulement rentrèrent chez eux. Ces sous-marins méritaient bien leur appellation de cercueil de fer.

J'ai vu la version du réalisateur  : 3h28 plutôt que celle sortie en salle de 2h.29.  Une heure de plus de claustrophobie.

Oscars 1983. Fait incroyable, ce film étranger a été nominé six fois pour l'obtention d'un Oscar. Malheureusement, aucune statuette pour Das Boot

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 333. Mars 1982. La ''qualité allemande '' par Yann Lardeau

Visionné, la première fois, le 19 aout 2003 sur VHS à Montréal. 
Mon 375ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

15 mai 2024

374. Altman : Short Cuts

1001 films de Schneider : Short Cuts
Les Américains


Film américain réalisé en 1993 par Robert Altman
Adapté de plusieurs œuvres de Raymond Carver
Avec une pléthore de vedettes dont Andy MacDowell, Jack Lemmon, Julianne Moore, Jennifer Jason Leigh, Lili Taylor, Robert Downey Jr, Tim Robbins, Lily Tomlin, Tom Waits, Lyle Lovett, Frances McDormand.

Ce film est l'illustration parfaite de ce qu'est un film choral : un ensemble de sous-intrigues qui s'entrecroisent sans qu'aucune d'elles ne domine.

C'est une plongée dans la vie quotidienne d'une dizaine de familles (22 personnages et Suzy, le chien) de Los Angeles dont les destinées, parfois, s'entremêlent. C'est la vie mode d'emploi comme dirait Georges Perec.

Ces histoires, montées en parallèle, n'ont ni début, ni fin. En fait, elles pourraient se poursuivre indéfiniment. C'est un tremblement de terre de magnitude 7,4 qui annonce la fin du film et, pour une fois, nous montre toutes ces familles vivant la même expérience.

Des scènes marquantes : la mort du petit Casey, le suicide de sa voisine, les trois copains qui préfèrent continuer à pêcher plutôt que de déclarer à la police la découverte d'un cadavre dans la rivière.

Mon couple préféré : Lily Tomlin et Tom Waits. 

C'est impressionnant de voir une telle quantité d'acteurs connus réunis sur ce plateau de cinéma. 

Le nu intégral de Julianne Moore est assez saisissant et tout à fait inattendu dans un film américain. Quand Altman lui a proposé le rôle avec des scènes de nudité, elle lui a dit qu'elle était une vraie rouquine.

Venise 1993. Quatre prix dont celui du Lion d'or.

Critique. Cahiers du Cinéma. Janvier 1994. Numéro 475

Visionné, la première fois, le 5 aout 2003 à la télé à Montréal. 
Mon 374ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

03 mai 2024

373. Kubrick : Dr. Strangelove

1001 films de Schneider : Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb.
Docteur Folamour


Film britannique réalisé en 1964 par Stanley Kubrick
Avec Peter Sellers, George C. Scott, Sterling Hayden, Keenan Wynn, Slim Pickens, Peter Bull

Tout ça à la fois : une comédie noire, une satire politique, une farce à suspense et une fable visionnaire.

Tourné en 1963, une année après la crise des missiles de Cuba, ce film nous amène, sur un ton badin, au cœur de ce que serait une attaque nucléaire. Un film antimilitariste. 

Une triple interprétation géniale par Peter Sellers : en officier de la RAF, en président des USA et en savant fou qui ne peut s'empêcher de saluer le président des USA d'un salut nazi en l'appelant mein fuhrer.

On est mal à l'aise devant ce film. On y cherche la comédie (ce que certaines scènes confirment) mais en fait on se trouve devant un sérieux plaidoyer antimilitariste qui ne fait pas rire.

La question que pose le film : est-on à l'abri d'une erreur technique ? L'auteur Peter George dont s'est inspiré Kubrick dit : Si le système est sûr à 99,99% des cas, avec une chance moyenne donnée, et compte tenu qu'il y a 365 jours dans l'année, il y aura un incident dans trente ans. (Two Hours to Doom, publié en 1958.)

Une scène inoubliable, le pilote d'un B-52, chevauchant un missile comme s'il faisait une performance de rodéo.

En octobre 1962, les États-Unis et l'URSS sont venus à un cheveu de déclencher la guerre nucléaire. Je me souviens des exercices qu'on nous faisait faire en cas de conflit nucléaire. Les sirènes sonnaient et nous devions quitter l'école en courant pour se rendre chez-soi pour y faire quoi? Les plus nantis se faisaient construire des abris antiatomiques, pour les autres, il ne restait qu'à attendre et souhaiter que leur ville ne soit pas dans la ligne de mire des missiles balistiques intercontinentaux de l'URSS.

Une vision des années 50 : Un abri antiatomique au fond de votre jardin

Une maison anti-nucléaire située à 14 mètres sous terre.

Les abris antiatomiques de New York

Critique. Cahiers du Cinéma. Numéro 155. Mai 1964. Homo ludens par Jean Narboni
Les 300 premiers numéros des Cahiers du Cinéma sur Archive.org

Visionné, la première fois, le 16 juin 2003 à la télévision à Montréal. 
Mon 373ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.