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08 octobre 2024

415. Wilder : The Lost Weekend


Le Poison

Film américain réalisé en 1945 par Billy Wilder. 
Avec Ray Milland (Don Birman), Jane Wyman (Helen St-James), Phillip Terry, Howard Da Silva, Doris Dowling
Tiré du roman de Charles Jackson.

Le long weekend de la descente aux enfers d'un alcoolique. Un premier film hollywoodien sur l'alcoolisme.

Ouverture : Vue aérienne de New York, panoramique à droite, travelling avant jusqu'à la fenêtre d'un appartement puis entrée dans l'appartement. À quelques mouvements de caméra près, Hitchcock a utilisé cette séquence pour l'ouverture de Psycho.

Un bel extrait de La Traviata. C'est le célèbre Libiamo ne' lieti calici (Buvons dans ces joyeuses coupes). Une vraie torture pour Birman mais qui lui donnera l'occasion de rencontrer sa future amoureuse, Helen St-James, l'infirmière de service.

Certaines scènes sont carrément insupportables quand Birman atteint les bas-fonds de son alcoolisme dans le département des alcooliques d'un hôpital public (Bellevue) où certains patients sont atteints de trelirium tremens.

Séquence célèbre : Birman qui descend la 3ème avenue pendant des heures (on ne peut pas s'empêcher de penser au Voleur de bicyclette) afin de mettre au clou sa machine à écrire dans un ''pawnshop'', tous fermés à cause du Yom Kippour - ce qui contribuera au stéréotype que ce sont les Juifs pratiquent ce commerce.

Définition de l'alcoolisme tirée du film : ''Un verre c'est trop et 100 c'est pas assez''

La dernière séquence du film confirme l'adage : ''Alcoolique un jour, alcoolique toujours''
Il est curieux de voir plusieurs critiques dirent que la fin est un peu trop optimiste, trop hollywoodienne. Ils n'ont certainement pas vu la bouteille suspendue à l'extérieur de la fenêtre de Birman lors de la dernière séquence, qui est la même, inversée, que celle de l'ouverture.

Retour à la réalité : Dans le livre, Birman sombre dans l'alcoolisme parce qu'il n'est pas capable d'accepter son homosexualité..

Anecdote : Le gangster Frank Costello a offert 5 millions de dollars à la Paramount pour qu'elle brûle le négatif.

Oscars 1946. Quatre statuettes : film, réalisation à Billy Wilder, acteur à Ray Milland, scénario à Charles Brackett et Billy Wilder
Cannes 1946. Meilleur film et meilleur acteur.

Visionné, la première fois, le 26 janvier 2007 sur DVD à Montréal
Mon 415ème film de la liste des 1001 films du livre de Schneider

17 février 2013

247. Wilder : Sunset Boulevard


Boulevard du crépuscule

Film américain réalisé en 1950 par Billy Wilder
Avec Gloria Swanson, William Holden, Erich von Stroheim, Nancy Olson, Cecil B. DeMille, Buster Keaton

Hollywood par Hollywood. 418 plans qui jettent un éclairage glauque sur le cinéma selon Hollywood.

Si vous vous intéressez quelque peu à l'histoire du cinéma, ce film est un incontournable. Sunset Boulevard dépeint crûment le naufrage dans les abysses de la mémoire des 30 ans du cinéma muet. 

La présence silencieuse et furtive à une table de bridge de Buster Keaton, l'un des plus grands créateurs de cette époque, n'en est-il pas l'exemple le plus probant. Et que dire d'Erich von Stroheim, ce monument mégalomaniaque de la réalisation des années 20 qui n'a jamais franchi la barrière du parlant, sauf pour jouer les méchants allemands et qui interprète le rôle du majordome silencieux. Et Gloria Swanson, grande vedette du muet, qui n'a plus jamais atteint une telle gloire après l'arrivée du parlant sauf dans ce film-tombeau.

Cette idée de tombeau me fait penser à la dernière partie de Citizen Kane : Norma Desmond, à l'instar de Kane, est seule dans son château, abandonnée et ignorée de tous.

Une phrase du film qui le résume: "A silent movie queen still waving proudly to a parade which had long since passed her by" On pense tout de suite au titre du grand livre sur le cinéma muet de Kevin Brownlow, The Parade's Gone By...

Sur YouTube, Gloria Swanson en entrevue au The Dick Cavett Show du 3 août 1978. Elle parle du désastreux tournage de Queen Kelly (extrait présenté dans Sunset) dirigé par nul autre que Erich von Stroheim. Vers la fin de l'entrevue, un moment émouvant lorsque madame Swanson frissonne en entendant l'animateur lui dire qu'on avait déjà utilisé des films muets pour créer un incendie dans un film en tournage, les bandes d'alors étant hautement inflammables.  Au passage, dans la même émission, entrevue avec Janis Joplin, deux mois avant son décès.

On retrouve cette image sur la page couverture du 
premier numéro des Cahiers du cinéma d'avril 1951

Oscars 1951. Trois statuettes: décor, musique et scénario
Cahiers du Cinéma. Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1951

Visionné, la première fois, le 15 décembre 1988 au cinéma à Paris
Mon 247ème film visionné de la  liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 8 avril 2023

13 novembre 2009

149. Wilder : Some Like It Hot


   Affiche originale

Affiche polonaise de 1987
Certains l'aiment chaud
En fait, la traduction correcte devrait être : Certains aiment le Jazz Hot

Film américain réalisé en 1959 par Billy Wilder
Avec Marilyn Monroe, Tony Curtis, Jack Lemmon, George Raft, Joe E. Brown

Encore un bon film américain que je n'ai pas su aimer à l'époque. Il faut savoir que les années 1970 ont été pour moi une décennie de cinéphilie intense orientée presque exclusivement sur le cinéma d'auteur et le cinéma du monde (non américain).

Je me souviens avoir vu ce film avec un œil goguenard, sans vraiment être intéressé par cette comédie burlesque interprétée par des acteurs qui me laissaient indifférents, si, si même la "gorgeuse" Marilyn, que je trouvais d'une telle insipidité. Encore une fois, un rôle de nunuche. Pauvre petite, marquée au fer rouge du machisme masculin, à jamais ancrée dans des rôles de plantureuse blonde insignifiante.

Je viens de revoir ce film. Mon commentaire demeure. Je ne sais toujours pas aimer ce type de cinéma américain probablement parce que j'en ai trop vu. Pour moi, ça demeure du gros burlesque qui peut, à l'occasion me faire sourire, mais qui, au grand jamais, ne me fera crier au génie. Au 15ème rang des meilleurs films du 20ième siècle ! je rêve ou quoi. Je le reculerais dans la liste de 200 ou 300 rangs. Mais malgré tout cela, quelques séquences anthologiques : le spot qui déshabille Marilyn dans le plus habillé des stripteases, le tango entre Daphnée (Jack Lemmon) et Osgood (Joe E. Brown) et la réplique qui clôture le film.

Lecture cinéphilique en cours
J'adore, de temps à autre, faire une plongée dans ma collection des Cahiers du Cinéma dont je possède les 400 premiers numéros. J'aime bien relire intégralement un des Cahiers "jaune"; la collection "jaune" s'étend jusqu'au numéro 159 - octobre 1964.
Lecture intégrale du numéro 50 (août-septembre 1955) des Cahiers du Cinéma.
Des textes de Roberto Rossellini, François Truffaut, André Bazin, Jean Epstein, Abel Gance et un long texte sur la mort de Jean Vigo. Du bonbon, tout ça.

Betsy Blair et Ernest Borgnine dans Marty de Delbert Mann

Oscars 1960 : Costumes

Visionné, la première fois, le 10 juin 1977 à la télévision à Montréal
En fait, je devais être dans l'appartement d'Annie à Longueuil (banlieue Rive Sud de Montréal). Nous nous préparions à faire le plus gros voyage de notre vie : rien de moins que le tour de la Méditerranée en auto. Il fallait être totalement ignorant des problèmes géopolitiques de cette partie du globe pour croire une telle chose possible. Ah! la naïveté des jeunes voyageurs qui permet d'ouvrir des fenêtres sur d'autres ailleurs. Mais, quand même, deux semaines à parcourir l'Algérie.
Mon 149ème film des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022