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03 mai 2024

373. Kubrick : Dr. Strangelove


Docteur Folamour

Film britannique réalisé en 1964 par Stanley Kubrick. 8.3
Avec Peter Sellers, George C. Scott, Sterling Hayden, Keenan Wynn, Slim Pickens, Peter Bull

Tout ça à la fois : une comédie noire, une satire politique, une farce à suspense et une fable visionnaire.

Tourné en 1963, une année après la crise des missiles de Cuba, ce film nous amène, sur un ton badin, au cœur de ce que serait une attaque nucléaire. Un film antimilitariste. 

Une triple interprétation géniale par Peter Sellers : en officier de la RAF, en président des USA et en savant fou qui ne peut s'empêcher de saluer le président des USA d'un salut nazi en l'appelant mein fuhrer.

On est mal à l'aise devant ce film. On y cherche la comédie (ce que certaines scènes confirment) mais en fait on se trouve devant un sérieux plaidoyer antimilitariste qui ne fait pas rire.

La question que pose le film : est-on à l'abri d'une erreur technique ? L'auteur Peter George dont s'est inspiré Kubrick dit : Si le système est sûr à 99,99% des cas, avec une chance moyenne donnée, et compte tenu qu'il y a 365 jours dans l'année, il y aura un incident dans trente ans. (Two Hours to Doom, publié en 1958.)

Une scène inoubliable, le pilote d'un B-52, chevauchant un missile comme s'il faisait une performance de rodéo.

En octobre 1962, les États-Unis et l'URSS sont venus à un cheveu de déclencher la guerre nucléaire. Je me souviens des exercices qu'on nous faisait faire en cas de conflit nucléaire. Les sirènes sonnaient et nous devions quitter l'école en courant pour se rendre chez-soi, pour y faire quoi? Les plus nantis se faisaient construire des abris antiatomiques, pour les autres, il ne restait qu'à attendre et souhaiter que leur ville ne soit pas dans la ligne de mire des missiles balistiques intercontinentaux de l'URSS.

Une vision des années 50 : Un abri antiatomique au fond de votre jardin

Une maison anti-nucléaire située à 14 mètres sous terre.

Les abris antiatomiques de New York

Visionné, la première fois, le 16 juin 2003 à la télévision à Montréal. 
Mon 373ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.




01 juillet 2022

271. Kubrick : Full Metal Jacket


Film américain de Stanley Kubrick réalisé en 1987.
Avec Matthew Modine (Joker), Arliss Howard (Cowboy Evans), Vincent D'Onofrio (Gomer Pyle), R. Lee Ermey (Gunnery Sergeant), Adam Baldwin (Animal Mother), Dorian Harewood (Eightball)

Première partie 
Cours préparatoire à la guerre.
Travaux pratiques : Au Vietnam.
Pré-requis : Laisser son cerveau et son ego à la maison. 
Avertissement : les instructeurs ont été identifiés comme étant le chaînon manquant dans l'évolution humaine.
L'entrainement pour devenir un marine. Je suis totalement surpris de voir qu'il n'y avait pas de sélection pour entrer dans un tel corps d'élite. S'il y avait eu une sélection, toute la première partie aurait manqué d'intérêt en l'absence de Gomer Pyle, le souffre-douleur de Gunnery Sergeant. Y avait-il ou non sélection à l'entrée de ce corps d'élite à l'époque de la guerre du Vietnam ? Je vous laisse effetuer la recherche.

Deuxième partie
Avait-on vraiment besoin de ces 60 minutes de guerre du Vietnam après les Apocalypse Now, Deer Hunter et Platoon ? NON. 


Une scène anthologique insoutenable, ''near-pornographic'' (Pauline Kael)
Seule performance connue de Ngoc Le : 
la sniper qui, mortellement blessée, inlassablement, demande ''shoot me''. 

Cahiers du Cinéma. Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1987

Visionné, la première fois, le 17 août 1989 sur VHS à Montréal
Bon, enfin, je viens de m'acheter un lecteur de cassette VHS. Une nouvelle ère cinéphilique commence.
Mon 271ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Mis à jour le 3 mai 2023

30 juin 2012

227. Kubrick : The Shining


L'Enfant lumière

Film britannique réalisé en 1980 par Stanley Kubrick
Avec Jack Nicholson (Jack Torrance) , Shelley Duvall (Wendy), Danny Lloyd (Danny).
La caméra (John Alcott) est le 4ème élément de ce quatuor.
Adaptation avec beaucoup de liberté du livre éponyme de Stephen King publié en 1977. Pas content le monsieur King de cette adaptation. En 1997, il fit, avec l'aide du réalisateur Mick Garris, une adaptation télévisée plus fidèle de son bouquin.

Première séquence. Vue d'hélico : l'auto de Jack serpentant dans un grandiose paysage de l'Ouest américain. Quand on revoit ce film, cette séquence, bucolique au premier visionnement, devient tout à coup chargé d'horreur; expérience semblable en revoyant Funny Games lors de la séquence initiale dans la voiture en direction de la maison de campagne.

La séquence-choc. Le moment où Wendy, après nous, découvre que Jack a perdu la raison. Le supposé roman que son mari rédige depuis des semaines se résume à la répétition de la même phrase sur des centaines de feuilles. Les fautes de frappe (les failles dans l'armure du surmoi) indique que le passage à l'acte est proche.



Une grande performance. La "Steadicam" qui court derrière Danny qui dévale plein gaz les corridors de l'hôtel sur sa voiture à pédales.

Sur le jeu des acteurs. Mis à la torture par Kubrick (peut-on imaginer recommencer la même scène 160 fois - un record paraît-il), j'aime beaucoup cette remarque de Pauline Kael : "Shelley Duvall's performance becomes stronger as the films goes on, and she looks more like a Modigliani than ever." Par contre, la performance de Nicholson me semble un peu trop chargé, tombant trop facilement dans la caricature du "crazy man". Pour mettre les acteurs dans le bain, Kublick leur fit visionner Eraserhead, Rosemary's Baby et The Exorcist.

Je suis complètement scié. Je viens de voir sur IMDB que Stephen King a contribué à 143 adaptations pour le cinéma ou la télévision. Assez incroyable, non ? Avoir décrit un personnage qui a le syndrome de la page blanche parlait peut-être de ses angoisses d'écrivain débutant, Shining étant seulement son 3ème roman, mais il semble qu'il a plutôt bien surmonté ce problème. 

Bon, je vous épargne les multiples théories farfelues entourant le mystère de la chambre 237. Toutes théories, fascinantes, par ailleurs.

Visionné, la première fois, le 12 septembre 1987 à la télévision à Montréal
Mon 227ème film visionné de la liste du livre des 1001 films de Schneider
Mis à jour le 22 avril 2023

14 septembre 2008

99. Kubrick : A Clockwork Orange


Orange mécanique

Film anglais réalisé en 1971 par Stanley Kubrick
Avec Malcolm McDowell, Patrick Magee, Michael Bates, Warren Clarke

Je sais, je sais, je prends du retard dans le revisionnement de mes 1001 films. Au lieu de deux par semaine, j'en suis rendu à un à toutes les deux semaines. À ce rythme, j'aurai passé à travers la liste en 2042!!!, bien au-delà de ma date de préemption. Déjà, à deux films par semaine, j'ose pas calculer. Mais, comme on dit dans les colonies de vacances, la beauté de la montagne réside dans le sentier qui y mène.

Deux événements me retardent :
d'abord mon palmarès du 20ème siècle que je bichonne depuis 18 mois mais, aussi, ma nouvelle passion cinéphilique, la série Eclipse de Criterion qui nous offre des films inaccessibles de grands réalisateurs. J'ai été accroché tout de suite par cette série lors de leur première production : les premiers films de Bergman .


Crisis (1946)
Port of Call (1948)
Thirst (1949)
To Joy (1949)
Torment (réalisé en 1944 par Alf Sjoberg sur un scénario de Bergman)




Ah oui! LE FILM
Pas une ride! Quel visionnaire ce Kubrick.
Était classé, à sa sortie, film de science-fiction; est maintenant un drame social et 
politique.
Un personnage, Frank Alexander, dit : "Les gens sont prêts à sacrifier une partie de leur liberté pour avoir un peu plus de sécurité" parlant du traitement anti-violence subi par Alex(andre Delarge). Commentaire qui s'applique au Londres actuel à propos de l'omniprésence des caméras de surveillance afin de contrer le terrorisme; dans l'indifférence générale.

Je me souviens avoir assez mal supporté les scènes de viol et de violence d'autant plus que j'avais invité ma sœur cadette à une soirée ciné sympa. Trente-cinq ans après, elle m'en parle encore.

Alex Delarge : un des personnages les plus horribles de l'histoire du cinéma. Rapidement, comme ça, je pense à des équivalents : Harry Powell (Robert Mitchum) dans The Night of the Hunter, Max Cady (Robert De Niro) dans Cape Fear

Ce personnage a suscité tant d'aversion que même Roger Ebert du Chicago Tribune considéré comme un des plus grands critiques américains avait perdu tout sens critique à la sortie de ce film : "You know there's something wrong with a movie when the last third feels like the last half" (de mauvaise foi, le Roger, but what a line!). À mettre en parallèle avec la critique de Jean-Louis Bory : "C'est assez phénoménal. Deux heures et quart qui vous durent cinq minutes, à force d'intelligence et de rapidité musclée." (Tiré de La lumière écrit. À quand tout Bory sur le net. Allez Nouvel Obs., un peu de considération pour la communauté, numérisez vos archives.)

Dissonance cognitive extrême entre les actes d'ultraviolence et la musique : Beethoven (Ode à la Joie....tu parles), Rossini, la chanson Singin' in the Rain. Quelle perversion de nous obliger à associer les deux!

L'origine probable du titre du film : Anthony Burgess, l'auteur du roman adapté par Kubrick, a vécu en Malaisie. En malais, le mot "orang" signifie homme (entre autre, orang-outan = homme de la jungle). Orange mécanique = homme mécanique, ce qu'Alex est devenu après son traitement thérapeutique (sic).

Venise 1972. Prix des critiques italiens

Visionné, la première fois, en septembre 1973 au cinéma Le Dauphin à Québec
Bref intermède entre la fin de mon contrat à Jeunesse Canada Monde durant lequel j'ai vécu dans mes valises pendant 12 mois et mon premier voyage outre-atlantique (Espagne et Maroc) avec retour à Montréal, à jamais.
Mon 99ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 25 janvier 2023

15 novembre 2007

57. Kubrick : 2001 : A Space Odyssey



Film anglais réalisé en 1968 par Stanley Kubrick
Avec Keir Dullea, Gary Lockwood, William Sylvester et Douglas Rain, la voix de l'ordinateur HAL (Heuristic Algorithmic Computer).
Si vous ajoutez une lettre à chacune des lettres, vous obtenez IBM. Un hasard, paraît-il.

Quarante ans et pas une ride. Je sais, je me répète (voir Rosemary's Baby).
Encore plus que le film de Polanski, ce film est complètement à l'abri du temps.
Une des façons, que j'estime infaillible, de vérifier la modernité de certains films anciens, c'est de les visionner avec ma fille de 16 ans. Il doit réussir à franchir les trois étapes suivantes :
Première étape : elle voit le film au complet.
Deuxième étape : elle est totalement accaparée par le film.
Troisième étape : elle est agacée par mes fréquents commentaires sur le film.
Si ces trois étapes sont franchies, je suis certain que le film a vaincu l'outrage des ans.

Le plus grand film de science-fiction EVER.
Cet extrait d'une critique de Bernard Eisenschitz des Cahiers du cinéma (no. 209, février 1969) explique la phrase précédente : "...l'effet du film est certainement d'endormir le sens critique, de nous plonger dans une euphorie. Le tournoiement des satellites à la musique de J. Strauss provoque un sentiment de confort, de bien-être, culminant dans la précision de l'introduction d'une astronef de forme oblongue dans l'orifice central d'un satellite!!!"

Voir ce film à peine deux semaines après le premier pas sur la Lune de Neil Armstrong nous a complètement dévastés. Le saut de paradigme était trop grand. Nous étions sans voix pour parler de ce film. On voulait tout comprendre alors que tout nous échappait. Arthur C. Clarke a dit à ce propos : "If you understand 2001 completely, we failed. We wanted to raise far more questions than we answered."
Stupeur et tremblements

À la fin du film, alors que nous sommes complètement sous le choc, apparaît cette image que nous voyons par l'entremise des yeux du vieil Homme mourant à son ancien Monde pour laisser la place au nouvel Homme des étoiles.

Revu récemment, la stupeur et les tremblements ont disparu. Le scénario est plus facile à comprendre et le monolithe ne fait plus aussi peur. On se fabrique une métaphore à laquelle l'on croit fermement.

Le monolithe, c'est au choix : Dieu, une découverte technologique majeure qui fait faire un bond à l'humanité, une balise qui montre la direction de l'évolution humaine ou un gros parallélépipède noir mis dans le film par Kubrick pour embêter tout le monde pendant des lunes...

Toutes les réponses à vos interrogations soulevées par le film se retrouvent dans le roman, 2001, l'odyssée de l'espace, rédigé parallèlement à la réalisation du film par Arthur C. Clarke.

À lire dans la collection omnibus : Arthur C. Clarke, 2001-3001. Les odyssées de l'espace. On y retrouve la nouvelle à l'origine de la présence du monolithe, La sentinelle, publiée en 1951.

Oscars 1969. Effets visuels.

Visionné, la première fois, le 7 août 1969 au cinéma de Ste-Foy à Québec
Dans l'actualité du 7 aout 1969 : "Le premier équipage américain à se poser sur Mars - dans les années 80 - passera d'un mois à six semaines sur la surface de cette planète" a révélé le Dr. Thomas O. Paine, directeur de la NASA. Paine est décédé depuis 1992 et pas encore l'ombre d'un astronaute dans le voisinage de Mars. (Journal l'Action, Québec)
Mon 57ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 17 janvier 2023