Des films, ma vie et rien d'autre. Site traitant des "1001 films à voir avant de mourir" de Steven Jay Schneider. Présentation chronologique des films en fonction de mon histoire personnelle. Vous n'y trouverez, ni résumés, ni critiques de films mais des idées, des émotions, des bribes de vie, suscitées par cette randonnée au cœur des 1001 films. Attention, je suis un divulgâcheur.
JAvec Jean Gabin, Dita Parlo, Pierre Fresnay, Erich von Stroheim, Marcel Dalio, Julien Carette,
1937.
Le Front populaire est au pouvoir. Les classes sociales sont-elles finalement abolies ?
Les bottes du nazisme piétinent d'impatience pour venger la défaite de 14-18. Mais les Français, et bien d'autres, détournent la tête.
Au beau mitan de cette période équivoque, Renoir réalise un grand film humaniste, pacifiste et transnational. "Les frontières, c'est une invention des hommes. La nature, elle s'en fout." (Rosenthal-Dalio)
Alors, oui, un film d'espoir mais bâti sur des illusions.
1. Des prisonniers pensent que la guerre finira bientôt (on est en 1914!)
2. On pense que ce sera la der des der
3. L'amitié judéo-britanno-russo-franco-allemande transcende la guerre. On est presque heureux dans ce camp de prisonniers. On est souvent à la fête. Imaginez, même Erich von Stroheim, qui a toujours incarné les Allemands les plus honnis, est un directeur de camp sympathique.
En 1945, suite à la découverte des camps de la mort, la gauche et les résistants ne pardonneront pas à Renoir de nous avoir présenté ce camp de prisonniers.
4. Mais la plus grande des illusions c'est ce camp de prisonniers qui est une oasis, un mirage qui nous cache le plus grand carnage guerrier de l'histoire.
Ce film, à sa sortie, devint un événement politique. Les foules accoururent pour voir ce film anti-guerre qui semait l'espoir. Mais le gouvernement d'Hitler interdit illico la diffusion de ce film dans lequel Allemands et Français fraternisaient. (Je pense au film Joyeux Noel de Christian Carion). De l'autre côté de l'Atlantique, Franklin Roosevelt défendit le film en disant que tout démocrate devait le voir.
Love Story : La relation entre Rauffenstein-Von Stroheim et Boieldieu-Fresnay est exagérément pathétique. La scène de la mort de Boieldieu nous plonge en plein mélodrame. Renoir transpose-t-il une expérience vécue lors de la première guerre ?
Séquence émouvante : Les prisonniers ébahis et silencieux à l'apparition d'un de leur co-détenu déguisé en femme.
Censure : Le baiser de Jean Gabin et de Dita Parlo (l'ennemie allemande) ne retrouvera sa place que dans la nouvelle version de 1958.
Chemin de traverse
La grande illusion de quelques millions de Québécois : L'élection du Parti Québécois en novembre 1976 qui devait mener le Québec à l'indépendance. Cinquante sept ans plus tard, le Québec attend toujours pour obtenir un siège à l'ONU.
Le Canadien-français est une ethnie en voie de disparition sous le regard indifférent de la communauté internationale. Seul un Québec souverain pourrait empêcher cette disparition.
Venise 1937. La meilleure contribution artistique
Visionné, la première fois, le 7 février 1991 à la télévision à Montréal.
Mon 294ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Avec Julia Roberts, Richard Gere, Ralph Bellamy, Jason Alexander, Laura San Giacomo
Dans la mythologie grecque, Pygmalion, c'est ce sculpteur chypriote, voué au célibat, qui sculpte une femme, Galatée, dont il tombe amoureux.
Transposé dans notre monde, c'est l'homme riche ou intellectuel qui tombe amoureux d'une jeune femme pauvre économiquement ou culturellement et dont la tâche est de l'élever à son niveau.
George Bernard Shaw a traité de ce thème dans sa pièce de théâtre, Pygmalion, créée en 1912. Le propos est une gageure prise entre deux gentlemen sur la capacité de faire une lady d'une pauvre vendeuse de fleurs.
Depuis Shaw, une pléthore de Pygmalion au cinéma et dans les séries télévisées. Arrêtez de rabâcher ce sujet, la cour est pleine.
On regarde cette comédie romantique et on ne peut pas faire abstraction que le raz-de-marée MeToo est passé depuis et que les relations hommes-femmes ont subi une sacrée mise à jour. Alors les acoquinements prostituée-homme d'affaires n'ont plus tout à fait la cote, si on peut dire.
Pour plonger dans le monde du métier d'une escorte (mot doux pour prostituée), lire Putain de Nelly Arcan, cette jeune québécoise dont on s'est moqué à l'émission québécoise Tout le monde en parle et qui s'est suicidée le 24 septembre 2009 à l'âge de 36 ans.
Alors que reste-t-il de ce film qui a eu de beaux jours au box-office à notre époque où regarder une femme un peu pesamment peut vous apporter votre lot de subpoenas. Évidemment, j'exagère...Faire du Ricky Gervais est encore possible, j'ose espérer.
Une comédie romantique parsemée de clichés gros comme l'enseigne d'Hollywood : la prostituée au cœur d'or, champagne et fraises, la baignoire pleine de mousse sous laquelle se cache une jeune femme, le snobisme de Beverly Hills, l'homme d'affaires véreux qui se convertit, une fin en conte de fée.
Malheureusement, la fin en conte de fée nous empêchera de voir Pretty Woman II : Vivien Goes to College
J'ai aimé la séquence à l'opéra où l'on présente La Traviata. Évidemment, Vivian (Roberts) et Violetta sont deux âmes sœurs.
Gere : Je t'offre un appartement, une auto et un budget, c'est quand même mieux que faire le trottoir sur Hollywood Boulevard
Roberts : Ce n'est qu'un point de vue de géographie.
Lecture cinéphilique
Ingmar Bergman. Carnets 1955-2001
J'aurais voulu que ces 1055 pages fussent son journal intime. Mais il n'en est rien, à l'exception de trop rares passages. Il s'agit, en fait, du développement des scénarios de plusieurs de ses films et de productions qui ne verront pas le jour.
Cette phrase, quand même : " Si je pouvais former un souhait, ce serait le suivant : laissez-moi écrire, filmer, mettre en scène des pièces tant que j'en ai la force et délivrez-moi de toutes mes possessions '' (février 1976)
Et pour me faire plaisir : '' Lorsque je vois des histoires de rêves dans les livres, je saute toujours le passage, car cela me semble sans intérêt. '' (8 aout 1974)
Visionné, la première fois, le 1er décembre 1990 sur VHS à Montréal
Depuis un mois, préparation de l'auto-édition du premier tome de Parcours d'un cinéphile, constitué des 100 premières entrées publiées entre le 10 janvier 2007 et le 5 octobre 2008. Toutes les entrées ont été remises à jour en février 2023.
Mon 293ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Avec Isabella Rossellini, Kyle MacLachlan (Jeffrey) , Dennis Hoper, Laura Dern (Sandy), Hope Lange, Dean Stockwell, George Dickerson
Les deux premières minutes : une petite merveille qui est un clin d'œil à Hitchcock Comme Hitchcock dans Psycho, il nous plonge dans un drame qu'il abandonne illico pour partir en direction d'un autre drame, autrement plus crapuleux. On pense à Psycho.
Pastiche d'un film noir dans lequel Tintin (Jeffrey) et Milou (Sandy) se seraient invités.
Certains ont dit que la scène de viol était l'équivalent de l'horreur pour les années 1980 de la scène de la douche de Psycho le fut pour les années 1960.
J'ai été assez surpris de voir Isabella Rossellini se prêter à de telles scènes de nudité et de violences sexuelles. Il faut admirer la capacité de persuasion de Lynch pour avoir réussi à lui faire interpréter un tel rôle hors-norme dans le cinéma américain. Isabella Rossellini ''My most personally frightening work''. C'est la performance de Marylin Monroe dans Some Like It Hot qui lui a donné le courage de faire ce film.
En regardant ce film, on voit déjà les prémisses de sa série Twin Peaks (30 épisodes en 1990-1991) qui annoncera une nouvelle ère de la série télévisée. Merveilleuse série qui, malheureusement, dans les derniers épisodes, s'empêtre les guibolles dans un salmigondis d'onirisme et d'ésotérisme.
Dennis Hopper, un des inoubliables psychopathes du grand écran, le frère jumeau de Gary Oldman dansLéon (avec Jean Reno et Natalie Portman). À côté d'eux, Jack Torrance de Shining a l'air d'un animateur de pastorale.
Musique
La chanson thème Blue Velvet est un standard du début des années 1950.
La trame sonore est d'Angelo Badalamenti, compositeur de la fameuse trame sonore de Twin Peaks. Julee Cruise interpète des chansons de Badalamenti et de Lynch dans son album Floating Into the Night : envoûtant.
Cahiers du Cinéma : Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1987
Visionné, la première fois, le 27 octobre 1990 sur VHS à Montréal
Ce jour, décès de Jacques Demy à 59 ans et d'Ugo Tognazzi à 68 ans.
Mon 292ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Avec Carmen Maura, Maria Barranco, Rossy de Palma, Julieta Serrano, Antonio Banderas
Finalement, de l'excellent vaudeville.... mais du vaudeville, quand même : mélodrame et comédie. Le burlesque s'invite aussi.
Le vaudeville qui a fait (qui fait encore ?) les beaux jours des théâtres d'été au Québec. Parce que l'été, ce sont les vacances et ce n'est surtout le temps de se casser la tête avec du théâtre plus exigeant. Imaginez Huis-clos de Sartre présenté au Théâtre des Cigales ! Bide total au niveau de l'assistance. Parallèle à faire avec les lectures de vacances au bord de la mer : du Musso mais pas du Houellebecq.
Je déteste le vaudeville qu'on appelle aussi le théâtre de boulevard, alors je me sens terriblement en porte-à-faux avec cette pléthore de critiques dithyrambiques.
Cet Almodovar, c'est du Feydeau qui aurait abusé de psychotropes : grand spectacle garanti.
Amoldovar a dit s'inspirer de La Voix humaine de Cocteau. Faire un vaudeville de cette œuvre dramatique, non on ne peut pas aller là.
Une formidable prestation de Carmen Saura en personnage hystérique au bord de la crise de nerfs.
Titre et affiche du film rendent compte à la perfection de ce que nous allons voir.
Mais ce qui me reste du film, c'est Rossy de Palma, au visage échappée d'une toile de Modigliani, qui passe une grande partie du film, endormie.
Yeux bleus (portrait de Madame Jeanne Hébuterne) (1917)
Jeanne Hébuterne, peintre et modèle, amante de Modigliani qui s'est suicidée le lendemain de la mort de celui-ci. Elle avait 21 ans. (1920)
Venise 1988. Prix pour le scénario et pour la meilleure actrice à Carmen Maura
Lecture cinéphilique.
Je commence l'énorme ouvrage Cassavetes par Cassavetes par Ray Carney. Lecture en vue de ma prochaine intégrale d'un cinéaste avec mon copain Jean-Pierre : Cassavetes. Nous venons de terminer l'œuvre complète de Bergman (43 films).
Visionné, la première fois, le 27 juillet 1990 sur VHS, à Montréal Mon 291ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Avec Robert Redford, Robert Duvall, Glen Close, Kim Basinger, Wilford Brimley, Barbara Hershey.
Adaptation du roman éponyme de Bernard Malamud. Histoire très peu inspirée de la vie du joueur de baseball, Eddie Waitkus, surnommé The Natural.
Bon, le film n'a rien à voir avec l'histoire d'Eddie Waitkins sauf pour la tentative de meurtre contre lui par une fan désaxée. Absolument rien dans le film ne correspond au joueur Eddie Waitkins, sauf le fait qu'il frappait de la gauche.
Passons à autre chose.
Le film, c'est une grande bluette bourrée de stéréotypes et d'invraisemblances. Je lis la description du film dans le livre de Schneider. Rien dans ce texte ne peut justifier la présence de ce film dans cette liste.
L'underdog qui devient un héros fut le sujet d'une quantité phénoménale de films. J'aime bien mais mettez-y plus de subtilités. C'est vrai qu'on ne peut pas toujours refaire le Seigneur des Anneaux.
Dès le début, au moment où Roy Hodds (Redford) arrive dans l'abri des joueurs et qu'il est suprêmement méprisé par les entraineurs, on sait que la machine à fabriquer un héros est en marche. Ajoutez à cela, une gang de faux-culs qui essaient de manipuler les matchs pour s'enrichir en utilisant la bombe Kim Basinger pour soudoyer le héros. Ils essaient de nous rejouer le scandale des Black Sox de 1919. Des membres de l'équipe des White Sox de Chicago, qu'on va appeler les Black Sox à cause du scandale, avaient intentionnellement fait perdre leur équipe cette année-là.
Les maudits ralentis dans les films de sport. Pus capable !!!
On veut nous faire croire que c'est une sorte d'histoire de Chevaliers de la Table Ronde : à d'autres.
Deux beaux personnages joués par Barbara Hershey (une ombre noire) et Glen Close, en ange protectrice (elle a l'air tellement jeune, pourtant à 37 ans).
Visionné, la première fois, le 29 juin 1990, sur VHS, à Montréal
Il y avait à cette époque une équipe de baseball à Montréal surnommée les Expos. En 1969, pour la première fois de l'histoire de la ligue majeure de baseball américaine, une équipe s'installe en dehors des USA. Ce club ne réussira jamais à atteindre les séries de championnat avant sa relocalisation à Washington en 2005.
Un grand moment : Lors d'une partie des Expos où l'on voit sur le grand écran du stade, ma conjointe avec, dans ses bras, notre Sandrine de 2 ans
Mon 290ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Film américain réalisé en 1939 par Victor Fleming Aussi à la réalisation : George Cukor et Sam Wood Avec Vivien Leigh (Scarlett), Clark Gable (Rhett Butler), Leslie Howard, Olivia de Havilland (Mélanie), Thomas Mitchell, Barbara O'Neil, Evelyn Keyes, Ann Rutherford, George Reeves, Hattie McDaniel.
D'abord, vous dire que je me suis vraiment ennuyé lors du premier visionnement de ce film. Ce gros gâteau à la crème chantilly est à des années-lumière du cinéma que j'aime. Mettre côte à côte Gone With the Wind et Cris et Chuchotements de Bergman, c'est mesurer le gouffre infranchissable entre ces deux types de cinéma.
Passons maintenant à ce deuxième visionnement, 32 ans plus tard.
J'y cherche mon plaisir et je le trouve dans cette superproduction (Jacques Lourcelles dit une œuvre mammouth) qui met en scène le Sud et qui nous présente la guerre de Sécession du point de vue des Confédérés, considérés de nos jours comme les galeux de l'Histoire. Il est rare que l'Histoire soit écrite par les perdants. Profitons-en.
J'adore le personnage de Scarlett O'Hara, un personnage féminin hors du commun qui casse les stéréotypes féminins bien représentés par sa cousine Mélanie (Olivia de Havilland). C'est toute une prouesse d'avoir pu ébranler, laminer, Rhett Butler (Clark Gable) le mâle alpha par excellence.
Deux parties d'inégales valeurs.
La première partie. La plus formidable, est une œuvre épique.
L'histoire de Scarlett, à la recherche d'un amour impossible, ne semble être qu'un prétexte pour nous présenter le Sud et sa destinée tragique lors de la Guerre de Sécession.
Des scènes inoubliables, comme celle durant laquelle Scarlett prend soin des blessés qui semblent peu nombreux jusqu'à ce qu'un zoom-out nous montre une quantité innombrable de blessés étendus au sol, à perte de vue. On a le souffle coupé. On sait, alors, que les Confédérés ont perdu la guerre.
La traversée d'Atlanta en flammes (on a utilisé les décors de King Kong comme matériau de combustion) de Scarlett, Rhett, Mélanie et son bébé est une prouesse technique qui nous en met plein la vue.
La deuxième partie. Boum ! on tombe dans un mélodrame banal qui se traine, parsemé de morts pour augmenter la production lacrymale.
Mais la fin est plutôt inattendue. Quand Rhett Butler quitte finalement Scarlett, on s'attendrait à un plan du mari s'éloignant du manoir et disparaissant à l'horizon suivi d'un plan final d'une Scarlett en larmes.
Mais non ! Et j'adore cette fin du film auquel le cinéma hollywoodien ne nous avait pas préparés.
Rhett quitte Scarlett mais sans avoir auparavant administré à cette dernière une des plus célèbres répliques de cinéma. Au moment de son départ, Scarlett demande à Rhett ce qu'elle deviendra sans lui. Rhett lui répond : '' Frankly, my dear, I don't give a damn. ''
Au lieu de s'effondrer comme on s'y serait attendu (quoique non, Scarlett est une battante pas ordinaire), elle se retourne vers Tara, le manoir, et décide de reprendre en mains sa destinée en disant que demain est un autre jour. Suivi du thème musical célèbre.
La dernière séquence avec le thème musical de Tara
Jamais fait, ce qui est un peu une honte pour un cinéphile : Voir Gone With the Wind au cinéma.
Ce n'est pas une perte de temps de visionner le film de David Hinton, The Making of a Legend : Gone With the Wind. Là où on apprend que le grand réalisateur de ce film c'est David O. Selznik qui s'est impliqué à tous les niveaux.
Oscars 1940. Huit statuettes : film, actrice à Vivien Leigh, actrice de soutien à Hattie McDaniel (première afro-américaine à gagner un Oscar), réalisation, scénario, caméra, direction artistique, montage.
Visionné, la première fois, le 26 juin 1990 à la télévision à Montréal
Mon 289ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Avec Sidney Poitier, Tony Curtis, Theodore Bikel, Charles McGraw, Lon Chaney Jr., Cara Williams
Film à grosse morale sur les relations interraciales. Avec nos yeux d'aujourd'hui, pas mal naïf. Mais on est en 1958 et les manifestations pour les droits civiques des Noirs n'en sont qu'à leurs balbutiements. Dans ce contexte, ce film est courageux ; imposant une vision progressiste des rapports interraciaux que la société de l'époque n'était certainement pas prête à voir. En tout cas, pas encore prête pour accorder l'Oscar du meilleur acteur à Sidney Poitier qui était en nomination. Par ailleurs, l'Europe était prête : ours d'argent au Festival de Berlin.
Cara Williams, en fermière abandonnée par son mari, vivant seule dans une ferme, avec son look de vamp et son comportement de séductrice, est un personnage totalement hors-contexte. Certainement, une commande des producteurs.
Une source certaine d'inspiration pour le film de Norman Jewison In the Heat of the Night, tourné neuf ans plus tard. Un noir et un blanc liés involontairement par un même objectif. Dans un film, c'est une chaîne dans l'autre, c'est une enquête. À la fin des deux films, les deux personnages ont développé un lien affectif certain.
Cette question des relations dramatiques entre les Noirs et les Blancs du sud américain n'avait aucun écho dans ma ville de Québec des années 50 et 60. Je ne me souviens pas d'avoir vu un seul Noir dans le quartier de mon enfance. Limoilou était uniformément composé de Blancs francophones catholiques. Quelques Anglais y habitaient mais complètement intégrés. Ma parenté maternelle d'origine italienne s'était totalement intégrée au point que l'italien n'était jamais parlé à la maison. À cette époque, il y avait moins de 1000 Italiens à Québec et une seule épicerie digne de ce nom, sur la rue St-Jean. Par ailleurs, mes cousins de Montréal, habitant la Petite Italie, ont tous appris l'italien en plus de l'anglais, Montréal des années 50 oblige.
La question noire ne se posait pas non plus à Montréal. Il y avait bien une communauté noire anglophone dans le quartier St-Henri mais, pas de conflits majeurs avec la communauté blanche de ce quartier.
Montréal était si loin des conflits raciaux américains que le club de baseball les Royaux de Montréal furent choisis par les Dodgers de Los Angeles (alors Brooklyn) pour y intégrer le premier Noir dans le baseball professionnel nord- américain : Jackie Robinson.
Jackie Robinson a joué une année pour les Royaux de Montréal, en 1946, avant d'être transféré aux Dodgers de Brooklyn, devenant ainsi le premier joueur Noir à franchir la barrière raciale dans les ligues majeures américaines.
Oscars 1959. Scénario et caméra Berlin 1958. Ours d'argent à Sidney Poitier
Visionné, la première fois, le 5 mai 1990 à la télévision à Montréal Mon 288ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Film américain réalisé en 1980 par Martin Scorsese
Avec Robert de Niro, Cathy Moriarty, Joe Pesci, Frank Vincent, Nicholas Colasanto
Un film que ne voulait pas faire Scorsese mais c'était sans compter l'entêtement de Robert de Niro qui avait été emballé par la lecture de la biographie de Jake LaMotta pendant le tournage du Parrain II. Une rencontre était dessinée pour ces trois fils d'immigrants italiens.
La séquence du générique, en noir et blanc, où l'on voit De Niro sur un ring, seul, bougeant sur la musique de l'Intermezzo de Cavaliera Rusticana de Pietro Mascagni va droit au cœur. La table est mise pour un parcours émotionnel très chaotique.
Ce qui m'a vraiment déconcerté lors du premier visionnement, c'était à quel point, la boxe, n'était pas le sujet principal de ce film. Bon, c'est vrai qu'on a notre content de boucherie sur le ring quoiqu'on en avait eu déjà assez avec les Rocky I et II. Mais, la boxe, finalement, n'est qu'un à-côté. Si on devait faire un film sur un grand boxeur de cette époque, c'est Sugar Ray Robinson qui en serait le héros, pas Jake LaMotta qui fut défait cinq fois sur six par Robinson.
En fait, c'est un film sur une personnalité auto-destructrice dont la jalousie amoureuse va tout détruire sur son passage. Deux heures à essayer de trouver un aspect sympathique à ce gars. : impossible.
La dernière partie du film, dans laquelle LaMotta fait du stand-up comique, me rappelle par son atmosphère glauque, peuplé de losers, les prestations de Dustin Hoffman dans le film Lenny, film biographique sur Lenny Bruce, un autre grand perdant.
Premier rôle de Cathy Moriarty qui a 20 ans. Celle qu'on surnomma, plus tard, la Bronx Girl joue le rôle de la femme de LaMotta, surnommé le Bronx Bull.
Le vieux LaMotta : 20kg de plus pour De Niro qui, d'après Pauline Kael, ressemble à une marionnette boursoufflée. Je crois que ce qui est boursoufflé c'est le commentaire de Kael.
Oscars 1981. Deux statuettes : acteur à Robert de Niro et montage
Cahiers du Cinéma. Dans la liste des dix meilleurs films de l'année 1981
Visionné, la première fois, le 28 avril 1990 à la télévision, à Montréal
Mon 287ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Film américain réalisé en 1988 par Charles Crichton Avec John Cleese, Jamie Lee Curtis, Kevin Gline, Michael Palin
O.k., un film rigolo. Beaucoup de séquences absurdes (l'absurde, en comédie, c'est toujours la solution de la facilité) qui demandent à devenir des scènes cultes mais elles n'y arriveront pas. Bon, d'accord, la séance de torture aux frites à la Monty Python est inoubliable avec la dégustation de poissons.
Est-ce un film marquant pour autant ? Pour moi, non. J'avais tout oublié de ce film lors de ce deuxième visionnement. Alors qu'attend la gang à Schneider pour l'envoyer en touche. Espérons que ce sera le cas lors de la prochaine édition. Je pense au merveilleux film québécois de Claude Justra, Mon Oncle Antoine, qui attend toujours sur les lignes de côté.
C'est la première fois, en 286 films, que je remets en question la sélection des 1001 films et ce sera la dernière, sinon, si on s'embarque dans cette attitude, on n'en finira jamais. Mais, j'avais le goût de le faire une fois ; voilà c'est fait pour la première et la dernière fois.
Un film pour les nostalgiques des Monty Python.
Oscars 1989. Acteur de soutien à Kevin Kline
Visionné, la première fois, le 7 avril 1990, sur VHS à Montréal Mon 286ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Film américano-britannique réalisé en 1988 par Stephen Frears
Avec John Malkovich, Glenn Close, Michelle Pfeiffer, Keanu Reeves et Uma Thurman à dix-huit ans.
Adapté du roman Les Liaisons dangereuses (1782) par Pierre Choderlos de Laclos
Pour paraphraser Marivaux. Les Jeux de l'Amour et de la Manipulation.
Préparez-vous à deux heures de marivaudages au temps des perruques et des gorges pigeonnantes. Il y en a qui, comme moi, que ça pourrait exaspérer.
Pour paraphraser Céline. Voyage au bout d'une relation amoureuse inattendue. Pfeiffer et Malkovich dans un des grands rôles de leur vie.
Madame de Merteuil (Glenn Close) est la victime d'une liaison qui lui est fatale. Dernier plan : son visage barbouillé de rouge. C'est la chute après une vie de manipulations, de conspirations et de perfidies.
Sujet connexe : Glenn Close, après sa prestation dans Liaison fatale, disaient que des hommes l'arrêtaient dans la rue pour la remercier d'avoir sauvé leur mariage.
Un intermède dans le film. D'une beauté fulgurante : Ombra Mai Fu, l'air d'ouverture de l'opéra Serse d'Haendel interprété par le sopraniste castrat (sans testostérone, sa voix n'a jamais mué) Paulo Abel Do Nascimento.
Oscars 1989. Trois statuettes : Scénario, direction artistique, costumes. Césars 1990. Meilleur film étranger
Visionné, la première fois, le 6 avril 1990 sur VHS à Montréal Mon 285ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Documentaire réalisé en 1988 par Joris Ivens et Marceline Loridan Avec Joris Ivens
Le documentariste néerlandais, Joris Ivens, 90 ans, va en Chine à la poursuite du vent et de son souffle, lui, qui est asthmatique.
Joris Ivens dans le vent
Son dernier film (il décédera 1 an après celui-ci) se présente comme une excitante envolée au pays de la magie; le vent tant recherché se manifestera après l'intervention d'une vieille paysanne chinoise que l'accompagnateur chinois d'Ivens traite de sorcière.
On voit une image de la Chine à vélo dans un nuage de pollution; dans dix ans, cette Chine aura disparu sauf pour la pollution.
Ces documentaires dont le réalisateur est l'acteur principal sont souvent agaçants (je pense à Agnès Varda que j'aime bien, par ailleurs) mais, celui-ci, eh bien oui, il est souvent agaçant.
Premier film de Joris Ivens réalisé en 1911 à l'âge de 13 ans. Visible sur YouTube, sous-titré en néerlandais
Visionné, la première fois, le 2 avril 1990, à la télévision à Montréal Mon 284ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Film britannique réalisé en 1972 par Alfred Hitchcock
Avec Jon Finch, Barry Foster, Barbara Leigh-Hunt, Anna Massey, Alec McCowen, Alfred Hitchcock (Spectator at Opening Rally)
Commençons par la fin. Inspecteur : ''Mr Rusk, you're not wearing your tie''
Il est beaucoup question de cravates dans ce film considéré comme le plus violent et le plus sexuel de la filmographie d'Hitchcock.
Ouverture : travelling en plongée sur la Tamise qui se termine sur les quais où un ministre, devant une foule de curieux (Hitchcock en chapeau melon), promet de dépolluer la Tamise. En 1972, on est au début des actions sur la protection de l'environnement, dix ans après la publication de Silent Spring par Rachel Carson qui sonna l'alarme à propos de la dégradation accélérée de l'environnement en pointant l'utilisation effrénée des pesticides, le plus célèbre étant le DDT.
Depuis 50 ans, Barbara Leigh-Hunt fait probablement des cauchemars quand elle voit cette photo
L'épouse du commissaire se spécialise en gastronomie française au grand dam de ce dernier. Son Pieds de porc à la mode de Caen m'a rappelé une désagréable expérience gastronomique lors d'un séjour à Caen. Achetées le matin même au marché de Caen, les Tripes à la mode de Caen ont échoué rapidement dans le vide-ordure. Pourtant, je suis amateur de rognons, de ris de veau, de cervelle, mais les tripes, non.
Un grand film d'Hitchcock sous-estimé. Considéré comme un des films qui a fait sauter les limites de la censure concernant la violence et le sexe.
Visionné, la première fois, le 22 mars 1990 à la télévision à Montréal
Mon 283ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Film britanno-irlandais réalisé en 1989 par Jim Sheridan
Avec Daniel Day-Lewis (Christy Brown), Brenda Fricker (mère de Christy), Ray MacAnally (père), Fiona Shaw (thérapeute)
Le scénario classique du citron qui se transforme en limonade. On ne fait pas de films avec des sujets handicapés qui ne s'en sortent pas. Les handicapés qui font de bons sujets de films sont ceux qui deviennent une sorte d'héros par leur résilience et leur courage. Ce que fut Christy Brown (Dublin, 1932-1981), écrivain (My Left Foot, 1954) et artiste-peintre. Le film s'arrête sur une image de bonheur, sa rencontre amoureuse avec une infirmière qu'il épousera en 1972. La suite de sa vie sera une lente descente aux enfers jusqu'à son décès en 1981. Comme quoi les limonades redeviennent quelquefois des citrons.
Une belle plongée dans l'Irlande des années d'après-guerre sans aucun contexte politique, par contre. En regardant l'environnent urbain, on pense à la série Call the Midwife, chroniques de la vie de sages-femmes vivant dans une communauté religieuse dans l'est ouvrier de Londres des années 1950. Série qui a débuté en 2012 et toujours active. Les interventions très réalistes (impressionnantes) d'accoucheuses dans une histoire beaucoup trop mélodramatique - sortez vos mouchoirs, je devrais dire vos boites de mouchoirs. Malgré cela, j'ai beaucoup aimé.
Daniel Day-Lewis, à 65 ans, n'a que 30 films à son tableau, 21, si on enlève les prestations mineures. C'est, probablement, ce qui fait qu'il soit un comédien si exceptionnel. Il choisit ses scénarios et ses réalisateurs.
Lecture cinéphilique : Marilyn Monroe. La Biographie par Donald Spoto. Là, où on apprend que le plus grand psychanalyste des États-Unis, Ralph Greenson, est indirectement responsable de la mort de Marilyn Monroe en l'ayant approvisionner de barbituriques et de sédatifs en plus d'imposer un contrôle psychologique et physique pendant 2 ans. Il ne fut jamais inquiété pour son emprise maléfique sur sa cliente. Qu'il brûle en enfer éternellement!
Oscars 1990. Deux statuettes : l'acteur à Daniel-Day Lewis et l'actrice de soutien à Brenda Fricker.
Visionné, la première fois, le 17 mars 1990 au cinéma de la Place Desjardins à Montréal
Mon 282ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Traduction du titre anglais : Quand Harry rencontrait Sally...
Film américain réalisé en 1989 par Rob Reiner Avec Meg Ryan, Billy Crystal, Carrie Fisher, Bruno Kirby
Du Woody Allen en mode mineur.
Une relation amoureuse bancale qui a fait le pain et le beurre d'Allen
Un film qui a bien plus mal vieilli que les films d'Allen dont il s'est inspiré.
Erreur importante de casting : Meg Ryan, 28 ans, avec son visage poupin, a l'air d'une ado de 16 ans sortant d'un casting pour la Belle au Bois dormant. Elle n'a rien à voir avec Billy Crystal, 41 ans, qui a l'air d'être revenu de tout. Carrie Fisher aurait dû hériter du rôle de Sally.
Emprunts au cinéma d'Allen : générique en noir et blanc, musique rétro (Louis Armstrong, Frank Sinatra), les lieux de Manhattan, références cinématographiques (Casablanca, Bergman...), clin d'œil à l'hypocondrie d'Allen.
Scène culte : L'orgasme simulé de Sally dans un restaurant. Et la voisine (la mère du réalisateur) qui demande au serveur de lui servir la même chose. Séquence qui explique en grande partie la présence de ce film dans la liste des films à voir dont celle de Schneider.
Image nostalgique entrevue dans le film : Les deux tours du World Trade Center aperçues à travers l'arche du Washington Square Park. C'était le monde d'hier comme dirait l'écrivain autrichien Stefan Zweig.
C'était le monde d'hier
Visionné, la première fois, le 18 janvier 1990, sur VHS, à St-Sauveur-des-Monts dans les Laurentides. Mon 281ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Avec Martin Landau (Judah Rosenthal,) Woody Allen (Cliff Stern) , Anjelica Huston, Alan Alda (Lester, beau-frère de Cliff), Mia Farrow, Jerry Orbach (frère de Judah), Claire Bloom, Joanna Gleason.
Directeur photo : nul autre que le grand Sven Nykvist, le directeur photo de 20 films de Bergman. Deux Oscars pour Cris et chuchotements et Fanny et Alexandre, deux films de Bergman.
Il me fait plaisir, ici, en traitant de ce film, de dénoncer le lynchage que subit Woody Allen depuis quelques années. Les lâches, qui ont peur de perdre de juteux contrats, je parle ici des acteurs, ont abandonné Allen à la moindre fake news à propos de supposées conduites pédophiliques. Conduites, il est encore important de le souligner, qui ont été jugées inexistantes par l'enquête de deux commissions auprès de l'enfance newyorkaises.
Le film, donc.
Un premier récit : un ophtalmologiste empêtré dans une histoire d'adultère qui s'avère devenir une '' liaison fatale '', bonjour Glen Close. La solution de cette affaire n'est pas banale. Et, malgré les imprécations de son père qui lui disait, enfant, que Dieu voit tout, l'ophtalmo se rend compte que Dieu souffre d'ophtalmie et que la culpabilité, finalement, est optionnelle.
Deuxième récit : Woody Allen personnifie, comme à son habitude, un merveilleux et hilarant loser.
''The last time I was inside a woman was when I visited the Statue of Liberty''
Jouant la corde de l'intellectuel condescendant vis-à-vis un beau-frère, apparemment, superficiel et arriviste, il subit une implacable défaite en perdant, au profit de celui-ci, l'amour de sa vie, personnifiée par Mia Farrow. La suite du film qui se poursuit bien au-delà des 107 minutes confirmera l'échec de cette histoire d'amour, mais cette fois-ci, non plus entre les deux personnages mais entre les deux acteurs : Woody Allen et Mia Farrow.
Une idée géniale : reliées les péripéties du scénario avec des extraits de films des années 1940.
À ne pas confondre avec True Crimes and Misdemeanors. The Investigation of Donald Trump par Jeffrey Toobin
Lecture cinéphilique Soit dit en passant. Autobiographie par Woody Allen. Comme les derniers mots d'un condamné à mort par le lynchage médiatique
Cahiers du Cinéma : Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1990
Visionné, la première fois, le 31 décembre 1989 au cinéma de la Place Desjardins à Montréal.
Mon 280ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Avec Stéphane Audran (Babette), Bodil Kjer (Philippa), Birgitte Federspiel (Martine) , Jarl Kulle (dans cinq films de Bergman), Bibi Andersson (dans 11 films de Bergman), Jean-Philippe Lafont.
Sept anciens acteurs de Dreyer apparaissent dans ce film.
Adaptée de la nouvelle Le Diner de Babette de Karen Blixen
Si ce n'était pas si cucu-la-praline, je dirais que ce film est un bouillon de poulet pour l'âme : amour, foi et gastronomie.
Les chants luthériens, parsemés tout au long du film, participent à sa beauté.
Babette nous refait, à sa façon, La Dernière Cène avec, à la fin, la rédemption pour tous.
Les sept services du menu de Babette qui s'avère avoir été une cheffe d'un grand restaurant parisien avant qu'elle dut fuir la France suite à l'implication de son mari dans la Commune de 1871.
1. Potage à la tortue. Sherry Amontillado
2. Blinis Demidoff (crêpes servies avec du caviar et de la crème sûre). Champagne Veuve Clicquot.
3. Cailles en sarcophage. Clos de Vougeot
4. Salade d'endives
5. Savarin au rhum avec figues et fruits glacées. Champagne
6. Assiette de fromages et de fruits. Sauternes
7. Café. Cognac Grande Champagne
Au milieu du festin, comme il l'avait fait lors du repas de Noël dans Fanny et Alexandre de Bergman, quatre ans auparavant, Jarl Kulle se lève et prononce un discours,
Lecture cinéphilique Lumière vives, Chroniques de cinéma 1947-1949 par René Lévesque, éventuel premier ministre du Québec de 1976 à 1985. Au sortir de la guerre où il avait été correspondant de guerre pour l'armée américaine (il participa à la libération du camp de Dachau avec les troupes du général Patton), Lévesque se fit critique de cinéma pour un hebdomadaire québécois Le Clairon. Des critiques comme je les aime avec des chemins de traverse et des prétextes pour parler de sujets plus grands que le film critiqué.
Oscars 1988. Meilleur film en langue étrangère.
Cannes 1987. Prix spécial du jury.
Visionné, la première fois, le 17 décembre 1989 sur VHS à Montréal.
Mon 279ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Film américano-britannique réalisé en 1989 par Tim Burton
Avec Michael Keaton (Batman), Jack Nickolson (Joker), Kim Basinger (Vicki Vale), Robert Wuhl (Alex Knox), Pat Hingle, Billy Dee Williams, Jack Palance,
Tim Burton dans l'Obs d'octobre 2022 : '' Revu aujourd'hui, mon Batman a l'air d'une comédie romantique.,''
Le triomphe de ce film est à l'origine de la super-héros-mania actuelle. Je commence à en avoir bien marre de tous ces films de super-héros (et on remet ca avec les super-héroïnes, en produisant la même histoire avec des acteurs féminins) à la trame répétitive et convenue.
Et si Marvel, un jour, après avoir empoché suffisamment de milliards de dollars, nous surprenait en produisant des films inspirés de gens ordinaires : un gardien de garage souterrain, une employée de Walmart, un vendeur d'autos usagés, un homme, une femme.
Batman, le justicier insécure, est un personnage tout en retenu à côté du flamboyant Joker. Tout l'écran à Nicholson qui nous ramène Jack Torrance (The Shining) en dix fois plus tordus. Pauvre Keaton.
Joker qui vandalise les toiles du musée : un avant-goût de nos jokers écocologiques (pas de fautes, ici) d'aujourd'hui qui, pour avoir 15 minutes de gloire, nous font croire qu'ils se préoccupent vraiment de choses sur lesquelles ils auraient de la difficulté à écrire 10 lignes intelligentes.
Vicky Vale, la journaliste interprétée par Kim Basinger, a été un personnage introduit par Bob Kane, l'auteur de la bande dessinée. Ce personnage a été inspiré par sa rencontre avec une jeune actrice hollywoodienne peu connue à l'époque (fin des années 40), Norma Jean Baker aussi connue sous le nom de Marilyn Monroe.
Gotham City, le portrait du Manhattan du début des années 80.
Je me souviens, lors de mon premier voyage à New York à l'automne 1982, en sortant du tunnel Lincoln reliant New Jersey à Manhattan, avoir aperçu comme première image de New York, gisant sur le bas-côté, une voiture désossée, criblées de balles. Bonjour Gotham.
Le Manhattan d'aujourd'hui est méconnaissable par rapport à cette époque, une des plus sombres de son histoire.
Coup d'envoi de la fantastique campagne publicitaire pour ressusciter Manhattan en 1977.
Cette campagne publicitaire pour attirer les touristes s'inscrivait dans le développement d'une nouvelle idéologie du développement urbain qui se répandait en Amérique du Nord et qui peut être résumée par cette imprécation : Haro sur les banlieues. Revenez habiter la ville-centre où se trouve la vraie vie urbaine avec ses institutions culturelles, ses cinémas, ses restaurants, la convivialité de la vie de quartier. Greenwich : un village au cœur d'une mégalopole.
Étant professeur de géographie urbaine au Collège (niveau Classes terminales) de Maisonneuve à Montréal dans les années 1980, j'ai souvent organisé, des excursions à New York pour mes étudiants.
Le premier Batman au cinéma adapté du personnage créé en 1939 par Bob Kane. Film de 1943 réalisé par Lambert Hillyer. Une série de 15 épisodes en 4 heures 20 minutes.
Mais on peut remonter plus loin dans le temps. The Bat Whispers film réalisé en 1930 par Roland West. Le premier plan en plongée sur un gratte-ciel de New York a été repris par Tim Burton.
Pourquoi pas remonter plus loin ! The Bat film réalisé en 1926 par Roland West dont il fera un remake en 1930.
Oscars 1990. Direction artistique
Visionné, la première fois, le 16 décembre 1989 sur VHS à Montréal. Mon 278ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
Film américain réalisé en 1989 par Steven Soderbergh Avec Andie MacDowell (Ann), James Spader (Graham), Peter Gallagher (John), Laura San Giacomo (Cynthia)
Un début canon pour Soderbergh qui se mérite la Palme d'or du festival de Cannes avec ce premier film. Difficile de comprendre que c'est ce même réalisateur qui a fait les trois Ocean's Eleven. C'est vrai qu'il avait dit lors de la réception de la Palme d'or à Cannes en 1989 : ''Well, I guess it's all downhill from here.''
Un quatuor, empêtré dans le mensonge, mais surtout embourbé dans leur vie sexuelle, plus ou moins problématique.
À son psychologue, Ann, coincée dans un mariage sans vie, dit : ''I think that sex is overrated''. On peut penser, sans trop se tromper, que ce sont les personnes qui ne pratiquent pas ou mal la chose qui nous sortent une pareille réflexion. C'est comme si une personne végane nous disait ''Beef is overrated.''
J'adore le petit dialogue qui termine le film quand Ann vient s'asseoir sur la véranda à côté de Graham.
Ann : I think it's gonna rain
Graham : It is raining
Ann : Yeah.
Écrit en huit jours, tourné en cinq semaines avec un budget de 1,2 millions de dollars avec des acteurs peu connus, ce film, par sa consécration à Cannes, lancera le cinéma indépendant dans le marché grand public.
Cannes 1989. Palme d'or, prix de la critique internationale, meilleur acteur à James Spader
Visionné, la première fois, le 26 novembre 1989 au cinéma Le Dauphin, à Montréal
Mon 277ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider