Des films, ma vie et rien d'autre. Site traitant des "1001 films à voir avant de mourir" de Steven Jay Schneider. Présentation chronologique des films en fonction de mon histoire personnelle. Vous n'y trouverez, ni résumés, ni critiques de films mais des idées, des émotions, des bribes de vie, suscitées par cette randonnée au cœur des 1001 films. Attention, je suis un divulgâcheur.
23 mars 2023
298. Scott : Thelma & Louise
21 mars 2023
297. Cameron : Terminator 2 : Judgment Day
Juste pour me contredire : Le nouveau cyborg T-1000, une coche plus haute que le T-800 incarné par Arnold, est fait de métal liquide semblable à du mercure. Les formes époustouflantes qu'il prend vaut le visionnement du film à lui tout seul.
Oscars 1992. Quatre statuettes mineures : son, effets spéciaux (2), maquillage.
Une belle plongée au cœur de l'œuvre de Cassavetes. Ça ne se veut pas une biographie exhaustive. Seulement quelques éléments biographiques essentiels mais surtout une description et une analyse de chacun de ses 11 films. Pour les passionnés de Cassavetes qui, comme moi, n'ont pas eu le courage de se lancer dans la brique de Ray Carney, Cassavetes vs Cassavetes.
08 mars 2023
296. Vigo : L'Atalante
L'Atalante ou Les amants de la Seine (titre que j'ai piqué ailleurs). L'autre titre, Le chaland qui passe, est une chanson de Lys Gauty qu'on intègre à la partition de Maurice Jaubert.
L'Atalante, l'unique long métrage de Jean Vigo mort à 29 ans, un mois avant sa distribution en salle. Son moyen métrage, Zéro de conduite, le classait déjà parmi les meilleurs réalisateurs de son époque. Vigo, 25 ans auparavant, préfigure la Nouvelle Vague.
L'Atalante, c'est d'abord une merveille esthétique. Oublions l'histoire (simple) et les dialogues (peu intéressants), tout Atalante est d'abord dans le traitement de l'image. Beaucoup de prises de vue inédites, par exemple des acteurs qui entrent carrément dans la caméra, des contreplongées vertigineuses. Mais surtout des images inoubliables comme celle de Juliette, marchant sur la péniche, tel un fantôme.

Une femme, deux hommes, dix chats, une péniche et une histoire d'amour.
Une histoire d'amour simple : on se marie, la femme s'ennuie, la femme fugue puis l'on se retrouve dans une belle scène d'amour.
Mais entre les deux amoureux, il y a le père Jules, interprété par l'immense Michel Simon. Un personnage comme un chien dans un jeu de quilles. D'où vient cet énergumène qui casse toutes les conventions ? Sa cabine, à bord de la péniche, un vrai capharnaüm, est une porte ouverte sur le monde. Un monde que le père Jules fait miroiter à Juliette qui en sort toute chamboulée. Quitter la péniche et courir Paris deviennent alors une nécessité pour Juliette jusqu'à ce que le père Jules la trouve et la ramène à la péniche afin de reprendre l'histoire d'amour où elle l'avait laissée.
Jean Vigo. Un cinéma singulier par Pierre Lherminier
La première moitié de cet essai est consacrée à la vie très courte (34 ans) du père de Jean Vigo (vie très courte aussi, 29 ans) : Eugène Bonaventure Vigo mieux connu sous son d'anarchiste, Miguel Almereyda. Et surtout, ne continuez pas à propager l'idée qu'il a choisi ce nom parce que c'était l'anagramme de Y a la merde ! Il n'en fut rien.
La deuxième moitié : biographie et description de la réalisation des 4 œuvres de Vigo : À propos de Nice (CM), La natation par Jean Taris (CM), Zéro de conduite (MM) et L'Atalante (LM).
02 mars 2023
295. Demme : The Silence of the Lambs
On a beaucoup de sympathie pour l'agent Starling mais son enquête ne fait pas le poids face à l'histoire d'Hannibal Lecter. Un personnage et un acteur, Anthony Hopkins, qu'on ne voit qu'une fois par décennie. Alors le dépeceur transsexuel, malgré toute l'horreur qu'il traine dans son sillage, on s'en balance un peu. On veut du Hannibal et du Hopkins et on en aura.
Après Silence of the Lambs, on retrouvera Hannibal Lecter dans Hannibal (2001) de Ridley Scott, dans Red Dragon (2002) de Brett Ratner et dans Hannibal Rising (2007) de Peter Webber.
Seule parmi les hommes. L'agent Starling est bien seule dans ce monde d'hommes qui, sauf son patron, ne ratent aucune occasion de lui faire jouer son rôle de femelle à prendre : la Belle et les Bêtes...
Un seul homme, à part la figure paternelle de son supérieur Crawford, est digne d'intérêt ; le monstrueux psychopathe Hannibal Lecter qui semble être tombé amoureux ou éprouver des sentiments pervers (choix cornélien, je choisis le premier) pour Starling.
Dans les répliques célèbres, on n'oubliera jamais : " Un agent du recensement est passé à la maison. J'ai mangé son foie avec des haricots au beurre et une bouteille de chianti. "
Le gadget du montage parallèle à la fin du film nous rappelle les belles années du cinéma muet. Ça tombe à plat parce que le montage émotionnel n'est pas au même niveau.
L'agent Starling dit que le tueur responsable de cette série de meurtres est probablement un homme blanc (parce qu'on tue habituellement dans son groupe ethnique), âgé entre 30 et 40 ans. Toutes les enquêtes criminelles qui veulent atteindre un taux élevé de réussite utilise cette technique de profilage. Malheureusement, dans notre monde chagrin, le mot profilage est banni parce qu'on y accole toujours le qualificatif de racial.
Soyons un peu cynique. Comment se sortir de ce dilemme (efficacité vs image de racisme). En sous-main, on continue de faire les enquêtes en utilisant les techniques du profilage (probabilités) et on développe, en parallèle, un super programme de communications qui nie cette pratique pour faire face aux médias. Tout le monde est content : les criminels sont arrêtés et la communauté est heureuse d'avoir fait disparaître ce comportement tellement disgracieux.
20 février 2023
294. Renoir : La gGande illusion
Au beau mitan de cette période équivoque, Renoir réalise un grand film humaniste, pacifiste et transnational. "Les frontières, c'est une invention des hommes. La nature, elle s'en fout." (Rosenthal-Dalio)
Ce film, à sa sortie, devint un événement politique. Les foules accoururent pour voir ce film anti-guerre qui semait l'espoir. Mais le gouvernement d'Hitler interdit illico la diffusion de ce film dans lequel Allemands et Français fraternisaient. (Je pense au film Joyeux Noel de Christian Carion). De l'autre côté de l'Atlantique, Franklin Roosevelt défendit le film en disant que tout démocrate devait le voir.
Love Story : La relation entre Rauffenstein-Von Stroheim et Boieldieu-Fresnay est exagérément pathétique. La scène de la mort de Boieldieu nous plonge en plein mélodrame. Renoir transpose-t-il une expérience vécue lors de la première guerre ?
Séquence émouvante : Les prisonniers ébahis et silencieux à l'apparition d'un de leur co-détenu déguisé en femme.
Censure : Le baiser de Jean Gabin et de Dita Parlo (l'ennemie allemande) ne retrouvera sa place que dans la nouvelle version de 1958.
Venise 1937. La meilleure contribution artistique
19 février 2023
293. Marshall : Pretty Woman
Dans la mythologie grecque, Pygmalion, c'est ce sculpteur chypriote, voué au célibat, qui sculpte une femme, Galatée, dont il tombe amoureux.
Transposé dans notre monde, c'est l'homme riche ou intellectuel qui tombe amoureux d'une jeune femme pauvre économiquement ou culturellement et dont la tâche est de l'élever à son niveau.
George Bernard Shaw a traité de ce thème dans sa pièce de théâtre, Pygmalion, créée en 1912. Le propos est une gageure prise entre deux gentlemen sur la capacité de faire une lady d'une pauvre vendeuse de fleurs.
Depuis Shaw, une pléthore de Pygmalion au cinéma et dans les séries télévisées. Arrêtez de rabâcher ce sujet, la cour est pleine.
On regarde cette comédie romantique et on ne peut pas faire abstraction que le raz-de-marée MeToo est passé depuis et que les relations hommes-femmes ont subi une sacrée mise à jour. Alors les acoquinements prostituée-homme d'affaires n'ont plus tout à fait la cote, si on peut dire.
Pour plonger dans le monde du métier d'une escorte (mot doux pour prostituée), lire Putain de Nelly Arcan, cette jeune québécoise dont on s'est moqué à l'émission québécoise Tout le monde en parle et qui s'est suicidée le 24 septembre 2009 à l'âge de 36 ans.
Alors que reste-t-il de ce film qui a eu de beaux jours au box-office à notre époque où regarder une femme un peu pesamment peut vous apporter votre lot de subpoenas. Évidemment, j'exagère...Faire du Ricky Gervais est encore possible, j'ose espérer.
Une comédie romantique parsemée de clichés gros comme l'enseigne d'Hollywood : la prostituée au cœur d'or, champagne et fraises, la baignoire pleine de mousse sous laquelle se cache une jeune femme, le snobisme de Beverly Hills, l'homme d'affaires véreux qui se convertit, une fin en conte de fée.
Malheureusement, la fin en conte de fée nous empêchera de voir Pretty Woman II : Vivien Goes to College
J'ai aimé la séquence à l'opéra où l'on présente La Traviata. Évidemment, Vivian (Roberts) et Violetta sont deux âmes sœurs.
11 février 2023
292. Lynch : Blue Velvet
Les deux premières minutes : une petite merveille qui est un clin d'œil à Hitchcock Comme Hitchcock dans Psycho, il nous plonge dans un drame qu'il abandonne illico pour partir en direction d'un autre drame, autrement plus crapuleux. On pense à Psycho.
Pastiche d'un film noir dans lequel Tintin (Jeffrey) et Milou (Sandy) se seraient invités.
Certains ont dit que la scène de viol était l'équivalent de l'horreur pour les années 1980 de la scène de la douche de Psycho le fut pour les années 1960.
J'ai été assez surpris de voir Isabella Rossellini se prêter à de telles scènes de nudité et de violences sexuelles. Il faut admirer la capacité de persuasion de Lynch pour avoir réussi à lui faire interpréter un tel rôle hors-norme dans le cinéma américain. Isabella Rossellini ''My most personally frightening work''. C'est la performance de Marylin Monroe dans Some Like It Hot qui lui a donné le courage de faire ce film.
En regardant ce film, on voit déjà les prémisses de sa série Twin Peaks (30 épisodes en 1990-1991) qui annoncera une nouvelle ère de la série télévisée. Merveilleuse série qui, malheureusement, dans les derniers épisodes, s'empêtre les guibolles dans un salmigondis d'onirisme et d'ésotérisme.
Dennis Hopper, un des inoubliables psychopathes du grand écran, le frère jumeau de Gary Oldman dans Léon (avec Jean Reno et Natalie Portman). À côté d'eux, Jack Torrance de Shining a l'air d'un animateur de pastorale.
Cahiers du Cinéma : Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1987
07 février 2023
291. Almodovar : Femmes au bord de la crise de nerfs
Mon 291ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
28 janvier 2023
290. Levinson : The Natural
Bon, le film n'a rien à voir avec l'histoire d'Eddie Waitkins sauf pour la tentative de meurtre contre lui par une fan désaxée. Absolument rien dans le film ne correspond au joueur Eddie Waitkins, sauf le fait qu'il frappait de la gauche.
Passons à autre chose.
Le film, c'est une grande bluette bourrée de stéréotypes et d'invraisemblances. Je lis la description du film dans le livre de Schneider. Rien dans ce texte ne peut justifier la présence de ce film dans cette liste.
L'underdog qui devient un héros fut le sujet d'une quantité phénoménale de films. J'aime bien mais mettez-y plus de subtilités. C'est vrai qu'on ne peut pas toujours refaire le Seigneur des Anneaux.
Dès le début, au moment où Roy Hodds (Redford) arrive dans l'abri des joueurs et qu'il est suprêmement méprisé par les entraineurs, on sait que la machine à fabriquer un héros est en marche. Ajoutez à cela, une gang de faux-culs qui essaient de manipuler les matchs pour s'enrichir en utilisant la bombe Kim Basinger pour soudoyer le héros. Ils essaient de nous rejouer le scandale des Black Sox de 1919. Des membres de l'équipe des White Sox de Chicago, qu'on va appeler les Black Sox à cause du scandale, avaient intentionnellement fait perdre leur équipe cette année-là.
Les maudits ralentis dans les films de sport. Pus capable !!!
On veut nous faire croire que c'est une sorte d'histoire de Chevaliers de la Table Ronde : à d'autres.
Deux beaux personnages joués par Barbara Hershey (une ombre noire) et Glen Close, en ange protectrice (elle a l'air tellement jeune, pourtant à 37 ans).
20 janvier 2023
289. Fleming : Gone With the Wind
Autant en emporte le vent
Film américain réalisé en 1939 par Victor Fleming
Aussi à la réalisation : George Cukor et Sam Wood
Avec Vivien Leigh (Scarlett), Clark Gable (Rhett Butler), Leslie Howard, Olivia de Havilland (Mélanie), Thomas Mitchell, Barbara O'Neil, Evelyn Keyes, Ann Rutherford, George Reeves, Hattie McDaniel.
D'abord, vous dire que je me suis vraiment ennuyé lors du premier visionnement de ce film. Ce gros gâteau à la crème chantilly est à des années-lumière du cinéma que j'aime. Mettre côte à côte Gone With the Wind et Cris et Chuchotements de Bergman, c'est mesurer le gouffre infranchissable entre ces deux types de cinéma.
Passons maintenant à ce deuxième visionnement, 32 ans plus tard.
J'y cherche mon plaisir et je le trouve dans cette superproduction (Jacques Lourcelles dit une œuvre mammouth) qui met en scène le Sud et qui nous présente la guerre de Sécession du point de vue des Confédérés, considérés de nos jours comme les galeux de l'Histoire. Il est rare que l'Histoire soit écrite par les perdants. Profitons-en.
J'adore le personnage de Scarlett O'Hara, un personnage féminin hors du commun qui casse les stéréotypes féminins bien représentés par sa cousine Mélanie (Olivia de Havilland). C'est toute une prouesse d'avoir pu ébranler, laminer, Rhett Butler (Clark Gable) le mâle alpha par excellence.
Deux parties d'inégales valeurs.
Des scènes inoubliables, comme celle durant laquelle Scarlett prend soin des blessés qui semblent peu nombreux jusqu'à ce qu'un zoom-out nous montre une quantité innombrable de blessés étendus au sol, à perte de vue. On a le souffle coupé. On sait, alors, que les Confédérés ont perdu la guerre.
La traversée d'Atlanta en flammes (on a utilisé les décors de King Kong comme matériau de combustion) de Scarlett, Rhett, Mélanie et son bébé est une prouesse technique qui nous en met plein la vue.
La deuxième partie. Boum ! on tombe dans un mélodrame banal qui se traine, parsemé de morts pour augmenter la production lacrymale.
Mais la fin est plutôt inattendue. Quand Rhett Butler quitte finalement Scarlett, on s'attendrait à un plan du mari s'éloignant du manoir et disparaissant à l'horizon suivi d'un plan final d'une Scarlett en larmes.
Mais non ! Et j'adore cette fin du film auquel le cinéma hollywoodien ne nous avait pas préparés.
Jamais fait, ce qui est un peu une honte pour un cinéphile : Voir Gone With the Wind au cinéma.
Ce n'est pas une perte de temps de visionner le film de David Hinton, The Making of a Legend : Gone With the Wind. Là où on apprend que le grand réalisateur de ce film c'est David O. Selznik qui s'est impliqué à tous les niveaux.
Oscars 1940. Huit statuettes : film, actrice à Vivien Leigh, actrice de soutien à Hattie McDaniel (première afro-américaine à gagner un Oscar), réalisation, scénario, caméra, direction artistique, montage.
10 janvier 2023
288. Kramer : The Defiant Ones
Film à grosse morale sur les relations interraciales. Avec nos yeux d'aujourd'hui, pas mal naïf. Mais on est en 1958 et les manifestations pour les droits civiques des Noirs n'en sont qu'à leurs balbutiements. Dans ce contexte, ce film est courageux ; imposant une vision progressiste des rapports interraciaux que la société de l'époque n'était certainement pas prête à voir. En tout cas, pas encore prête pour accorder l'Oscar du meilleur acteur à Sidney Poitier qui était en nomination. Par ailleurs, l'Europe était prête : ours d'argent au Festival de Berlin.
Cara Williams, en fermière abandonnée par son mari, vivant seule dans une ferme, avec son look de vamp et son comportement de séductrice, est un personnage totalement hors-contexte. Certainement, une commande des producteurs.
Une source certaine d'inspiration pour le film de Norman Jewison In the Heat of the Night, tourné neuf ans plus tard. Un noir et un blanc liés involontairement par un même objectif. Dans un film, c'est une chaîne dans l'autre, c'est une enquête. À la fin des deux films, les deux personnages ont développé un lien affectif certain.
Cette question des relations dramatiques entre les Noirs et les Blancs du sud américain n'avait aucun écho dans ma ville de Québec des années 50 et 60. Je ne me souviens pas d'avoir vu un seul Noir dans le quartier de mon enfance. Limoilou était uniformément composé de Blancs francophones catholiques. Quelques Anglais y habitaient mais complètement intégrés. Ma parenté maternelle d'origine italienne s'était totalement intégrée au point que l'italien n'était jamais parlé à la maison. À cette époque, il y avait moins de 1000 Italiens à Québec et une seule épicerie digne de ce nom, sur la rue St-Jean. Par ailleurs, mes cousins de Montréal, habitant la Petite Italie, ont tous appris l'italien en plus de l'anglais, Montréal des années 50 oblige.
La question noire ne se posait pas non plus à Montréal. Il y avait bien une communauté noire anglophone dans le quartier St-Henri mais, pas de conflits majeurs avec la communauté blanche de ce quartier.
Montréal était si loin des conflits raciaux américains que le club de baseball les Royaux de Montréal furent choisis par les Dodgers de Los Angeles (alors Brooklyn) pour y intégrer le premier Noir dans le baseball professionnel nord- américain : Jackie Robinson.
Oscars 1959. Scénario et caméra
Berlin 1958. Ours d'argent à Sidney Poitier
Visionné, la première fois, le 5 mai 1990 à la télévision à Montréal
Mon 288ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
09 janvier 2023
287. Scorsese : Raging Bull
1001 films de Schneider : Raging Bull
Un film que ne voulait pas faire Scorsese mais c'était sans compter l'entêtement de Robert de Niro qui avait été emballé par la lecture de la biographie de Jake LaMotta pendant le tournage du Parrain II. Une rencontre était dessinée pour ces trois fils d'immigrants italiens.
La séquence du générique, en noir et blanc, où l'on voit De Niro sur un ring, seul, bougeant sur la musique de l'Intermezzo de Cavaliera Rusticana de Pietro Mascagni va droit au cœur. La table est mise pour un parcours émotionnel très chaotique.
Ce qui m'a vraiment déconcerté lors du premier visionnement, c'était à quel point, la boxe, n'était pas le sujet principal de ce film. Bon, c'est vrai qu'on a notre content de boucherie sur le ring quoiqu'on en avait eu déjà assez avec les Rocky I et II. Mais, la boxe, finalement, n'est qu'un à-côté. Si on devait faire un film sur un grand boxeur de cette époque, c'est Sugar Ray Robinson qui en serait le héros, pas Jake LaMotta qui fut défait cinq fois sur six par Robinson.
En fait, c'est un film sur une personnalité auto-destructrice dont la jalousie amoureuse va tout détruire sur son passage. Deux heures à essayer de trouver un aspect sympathique à ce gars. : impossible.
La dernière partie du film, dans laquelle LaMotta fait du stand-up comique, me rappelle par son atmosphère glauque, peuplé de losers, les prestations de Dustin Hoffman dans le film Lenny, film biographique sur Lenny Bruce, un autre grand perdant.
Premier rôle de Cathy Moriarty qui a 20 ans. Celle qu'on surnomma, plus tard, la Bronx Girl joue le rôle de la femme de LaMotta, surnommé le Bronx Bull.
Le vieux LaMotta : 20kg de plus pour De Niro qui, d'après Pauline Kael, ressemble à une marionnette boursoufflée. Je crois que ce qui est boursoufflé c'est le commentaire de Kael.
28 décembre 2022
286. Crichton : A Fish Called Wanda
Film américain réalisé en 1988 par Charles Crichton
Avec John Cleese, Jamie Lee Curtis, Kevin Gline, Michael Palin
O.k., un film rigolo. Beaucoup de séquences absurdes (l'absurde, en comédie, c'est toujours la solution de la facilité) qui demandent à devenir des scènes cultes mais elles n'y arriveront pas. Bon, d'accord, la séance de torture aux frites à la Monty Python est inoubliable avec la dégustation de poissons.
Est-ce un film marquant pour autant ? Pour moi, non. J'avais tout oublié de ce film lors de ce deuxième visionnement. Alors qu'attend la gang à Schneider pour l'envoyer en touche. Espérons que ce sera le cas lors de la prochaine édition. Je pense au merveilleux film québécois de Claude Justra, Mon Oncle Antoine, qui attend toujours sur les lignes de côté.
C'est la première fois, en 286 films, que je remets en question la sélection des 1001 films et ce sera la dernière, sinon, si on s'embarque dans cette attitude, on n'en finira jamais. Mais, j'avais le goût de le faire une fois ; voilà c'est fait pour la première et la dernière fois.
Un film pour les nostalgiques des Monty Python.
Oscars 1989. Acteur de soutien à Kevin Kline
Visionné, la première fois, le 7 avril 1990, sur VHS à Montréal
Mon 286ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
20 décembre 2022
285. Frears : Dangerous Liaisons
Un intermède dans le film. D'une beauté fulgurante : Ombra Mai Fu, l'air d'ouverture de l'opéra Serse d'Haendel interprété par le sopraniste castrat (sans testostérone, sa voix n'a jamais mué) Paulo Abel Do Nascimento.
Oscars 1989. Trois statuettes : Scénario, direction artistique, costumes.
Césars 1990. Meilleur film étranger
Visionné, la première fois, le 6 avril 1990 sur VHS à Montréal
Mon 285ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
09 décembre 2022
284. Ivens : Une Histoire de vent
Documentaire réalisé en 1988 par Joris Ivens et Marceline Loridan
Avec Joris Ivens
Le documentariste néerlandais, Joris Ivens, 90 ans, va en Chine à la poursuite du vent et de son souffle, lui, qui est asthmatique.
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| Joris Ivens dans le vent |
Son dernier film (il décédera 1 an après celui-ci) se présente comme une excitante envolée au pays de la magie; le vent tant recherché se manifestera après l'intervention d'une vieille paysanne chinoise que l'accompagnateur chinois d'Ivens traite de sorcière.
On voit une image de la Chine à vélo dans un nuage de pollution; dans dix ans, cette Chine aura disparu sauf pour la pollution.
Ces documentaires dont le réalisateur est l'acteur principal sont souvent agaçants (je pense à Agnès Varda que j'aime bien, par ailleurs) mais, celui-ci, eh bien oui, il est souvent agaçant.
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Visionné, la première fois, le 2 avril 1990, à la télévision à Montréal
Mon 284ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
07 décembre 2022
283. Hitchcock : Frenzy
28 novembre 2022
282. Sheridan : My Left Foot: The Story of Christy Brown
Le scénario classique du citron qui se transforme en limonade. On ne fait pas de films avec des sujets handicapés qui ne s'en sortent pas. Les handicapés qui font de bons sujets de films sont ceux qui deviennent une sorte d'héros par leur résilience et leur courage. Ce que fut Christy Brown (Dublin, 1932-1981), écrivain (My Left Foot, 1954) et artiste-peintre. Le film s'arrête sur une image de bonheur, sa rencontre amoureuse avec une infirmière qu'il épousera en 1972. La suite de sa vie sera une lente descente aux enfers jusqu'à son décès en 1981. Comme quoi les limonades redeviennent quelquefois des citrons.
Une belle plongée dans l'Irlande des années d'après-guerre sans aucun contexte politique, par contre. En regardant l'environnent urbain, on pense à la série Call the Midwife, chroniques de la vie de sages-femmes vivant dans une communauté religieuse dans l'est ouvrier de Londres des années 1950. Série qui a débuté en 2012 et toujours active. Les interventions très réalistes (impressionnantes) d'accoucheuses dans une histoire beaucoup trop mélodramatique - sortez vos mouchoirs, je devrais dire vos boites de mouchoirs. Malgré cela, j'ai beaucoup aimé.
Daniel Day-Lewis, à 65 ans, n'a que 30 films à son tableau, 21, si on enlève les prestations mineures. C'est, probablement, ce qui fait qu'il soit un comédien si exceptionnel. Il choisit ses scénarios et ses réalisateurs.
Lecture cinéphilique : Marilyn Monroe. La Biographie par Donald Spoto. Là, où on apprend que le plus grand psychanalyste des États-Unis, Ralph Greenson, est indirectement responsable de la mort de Marilyn Monroe en l'ayant approvisionner de barbituriques et de sédatifs en plus d'imposer un contrôle psychologique et physique pendant 2 ans. Il ne fut jamais inquiété pour son emprise maléfique sur sa cliente. Qu'il brûle en enfer éternellement!
Oscars 1990. Deux statuettes : l'acteur à Daniel-Day Lewis et l'actrice de soutien à Brenda Fricker.
21 novembre 2022
281. Reiner : When Harry Met Sally...
Film américain réalisé en 1989 par Rob Reiner
Avec Meg Ryan, Billy Crystal, Carrie Fisher, Bruno Kirby
Mon 281ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.
17 novembre 2022
280. Allen : Crimes and Misdemeanors
Il me fait plaisir, ici, en traitant de ce film, de dénoncer le lynchage que subit Woody Allen depuis quelques années. Les lâches, qui ont peur de perdre de juteux contrats, je parle ici des acteurs, ont abandonné Allen à la moindre fake news à propos de supposées conduites pédophiliques. Conduites, il est encore important de le souligner, qui ont été jugées inexistantes par l'enquête de deux commissions auprès de l'enfance newyorkaises.
Une idée géniale : reliées les péripéties du scénario avec des extraits de films des années 1940.
À ne pas confondre avec True Crimes and Misdemeanors. The Investigation of Donald Trump par Jeffrey Toobin
Lecture cinéphilique
Soit dit en passant. Autobiographie par Woody Allen. Comme les derniers mots d'un condamné à mort par le lynchage médiatique
Cahiers du Cinéma : Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1990






























