08 octobre 2012

234. Levinson : Good Morning, Vietnam



Film américain réalisé en 1987 par Barry Levinson
Avec Robin Williams (Adrian Cronauer), Forest Whitaker, Tung Thanh Tran, Chintara Sukapatana, Bruno Kirby, J.T. Walsh

Tous les grands drames sur le Vietnam ayant été tournés (The Deer Hunter, Apocapypse Now, Full Metal Jacket, etc.), on suppose qu'il était temps d'en tirer une comédie. Une sorte de MASH de la guerre du Vietnam. Avec Robin Williams à la barre, on ne risquait pas de s'ennuyer. 

Alors, le Robin nous fait tout un jeu de stand-up comique assis dans une cabine de radio. Mais après une heure de ce jeu, le film s'écrase lamentablement. Ce n'est surtout pas la bluette autour de sa relation amoureuse avec une Vietnamienne et de son amitié naïve avec un jeune Viêt-Cong qui va sauver le film.

Ça se regarde bien une deuxième fois pour mieux saisir toute la portée des blagues en cascade de Williams - évidemment, à voir en version originale, parce que le doublage français est nul à chier.
 
La personnalité du D.J. est inspirée d'Adrian Cronauer qui a animé une émission de radio à Saïgon en 1965-66. Mais, selon ce dernier, seulement 45% de la performance de Williams est ressemblante. On le croit parce que ce Cronauer est un républicain fini qui a appuyé  les campagnes des deux Bush.

Numéro prouesse : le montage de l'interview avec Richard Nixon qui répond à des questions sur sa vie sexuelle. On se délecte tous de ce coup-de-pied au cul à Tricky Dicky. À tourner en boucle.

On retient, pour son ironie décapante, la chanson de Louis Armstrong, What a Wonderful World.

Robin Williams a fait des sacrés numéros de pitre dans sa carrière mais sa prestation qui m'a le plus ébranlé est celle de Walter Finch dans Insomnia de Christopher Nolan. On le voit, en contre-emploi, joué le rôle d'un criminel. Williams, en tueur en série, ça donne des frissons.

Visionné, la première fois, le 12 septembre 1988 au cinéma à Paris
Mon 234ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 1er avril 2023

04 octobre 2012

233. Wenders : L' Ami américain



Film allemand réalisé en 1977 par Wim Wenders
Avec Dennis Hopper (Ripley), Bruno Ganz (Zimmermann), Lisa Kreuzer, Gérald Blain et petits rôles de méchants à trois réalisateurs : Samuel Fuller, Nicholas Ray et Jean Eustache.
Adaptation par Wim Wenders du roman de Patricia Highsmith, Ripley's Game, publié en 1974.

Ne cherchez pas le roman policier de Patricia Highsmith dans ce film, vous ne l'y trouverez pas. En lieu et place de l'intrigue policière vous y verrez le développement d'une improbable amitié entre un encadreur de tableaux de Hambourg (Ganz) et un malfrat de New York (Hopper). 

On met du temps à croire à cette amitié parce qu'on cherche à comprendre le drame policier et ce faisant on passe à côté du film. Puis, lors de la séquence du train et des suivantes, on comprend le titre du film et on se laisse toucher par cette amitié.

Un propos formaliste que je trouve agaçant : l'utilisation intempestive du rouge - on comprend que le héros souffre de leucémie aigue mais on n'est pas obligé de transformer le décor en flacons d'hémoglobine pour autant.

À mon grand plaisir, la ville s'invite comme personnage : New York et ses sempiternelles (sic) tours jumelles ; le quartier de la Défense à Paris que j'ai découvert en 1977, la même année que Wenders y tournait ses séquences un peu stéréotypés de lieu froid et impersonnel ; le port de Hambourg qu'on ne voudrait pas comme arrière-cour.

Légende urbaine florissante à l'époque : dans le film, Ripley (Hopper) dit à Zimmermann (Ganz) qu'il travaille au retour des Beatles à Hambourg, Celle ville les avait accueillis pendant deux ans au début de leur carrière.

À la fin du film, Dennis Hopper commence à murmurer la ballade I Pity the Poor Immigrant de Bob Dylan qui résume bien le caractère de Ripley (Hopper) :
I pity the poor immigrant
Who wishes he would've stayed home
Who uses all his power to do evil
But in the end is always left so alone.

Visionné, la première fois, le 17 juillet 1988 au Cinéma Denfert à Paris
En congé sabbatique à Paris de juin à décembre 1988, j'habitais dans le 15ème près de la Tour Montparnasse - un six-mois paradisiaque pour un cinéphile avec mon amoureuse, Lucie. J'ai vu exactement 100 films durant cette période dont 17 sont sur la liste des 1001 films de Schneider. Mon cinéma préféré était le St-André-des-Arts où fut projetée une intégrale Bergman que je n'ai pas ratée.
Mon 233ème  film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 1er avril 2023

03 octobre 2012

232. Jewison : Moonstruck


Éclair de lune

Film américain réalisé en 1987 par Norman Jewison
Avec Cher, Nicolas Cage, Olympia Dukakis, Vincent Gardenia, Danny Aiello, Fedor Chaliapin Jr.

Une légère comédie romantique qui me touche un peu à cause de cette plongée au cœur de la vie italienne dans le quartier Brooklyn qui me rappelle quelques scènes familiales de mon enfance mi-italienne.

J'aime les images de New York. Depuis qu'elles sont tombées, je cherche les tours jumelles dans tous les films tournés à New York. Ici, très présentes - même sur l'affiche du film.

J'aime les performances de Cher-la-Belle et de Nicolas Cage-la-Bête. Le premier titre du film n'était-il pas The Bride and the Wolf.

J'aime les extraits de La Bohème avec Renata Tebaldi en Mimi.
 
J'aime tous les rôles secondaire, particulièrement, celui de Chaliapin en vieux, naviguant dans le grand âge (plus de 90 ans) et qui n'en a rien à cirer de cette famille toxique et qui lui  préfère sa promenade avec ses cinq chiens - non tirare.

Pratique non connue de ma parenté italienne : Un carré de sucre dans le champagne...ouache...pour le rabaisser au niveau de l'horrible asti spumante, je suppose. Chez nous, lors des fêtes, les enfants pouvaient boire du vin. Il était coupé de 7up ou de coca...Ça améliorait nettement l'horrible piquette produite par mon grand-oncle de Montréal.
 
La pleine lune.... Était-ce vraiment nécessaire ?

Cette phrase qui résume  tout ce que je déteste du cinéma hollywoodien obsédé par les ratings : "The opening title sequence was originally played on the score from La Bohème opera but was changed to the Dean Martin track That's amore as the preview drew negative test audience reaction. Many shifted uncomfortably on their seats thinking that they had been lured into an art film."

Oscar 1987. Trois statuettes : Cher, actrice. Olympia Dukakis, actrice de soutien et scénario.
Berlin 1988. Ours d'argent à Norman Jewison

Visionné, la première fois, le 21 avril 1988 au cinéma Berri à Montréal
Mon 232ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 31 mars 2023


11 septembre 2012

231. Lyne : Fatal Attraction



Film américain réalisé en 1987 par Adrian Lyne
Avec Glenn Close (Alex Forrest), Michael Douglas (Dan Gallagher), Anne Archer (Beth Gallagher), Ellen Hamilton Latzen (Ellen Gallagher, 8 ans - rare présence au cinéma d'une petite fille non déguisée en petite fille)

On sait qu'Adrian Lyne a l'habitude d'en beurrer épais et il ne nous prive pas de sa tartinade pour ce film, mais il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas voir un excellent thriller dans ce Fatal Attraction ; probablement parce qu'on a tous, à un moment ou à un autre dans notre vie, joué dans ce film, tant les affres de la dépendance affective sont choses courantes. 

Impossible dans ces circonstances où le film vient faire une incursion dans notre mémoire émotionnelle de ne pas sentir poindre les flèches de l'anxiété.

Des gens sont montés aux barricades du combat contre la misogynie - soyons sérieux, ce film illustre d'abord la dépendance affective pathologique, qui elle, est bien portante chez les deux sexes.

Comptez sur Lyne pour bousiller son film en nous entraînant, dans les dernières séquences, dans un film d'horreur à la Friday the 13th. Triste

Glenn Close y joue le rôle de sa carrière - une performance époustouflante dans le rôle d'une "bunny boiler" - je vous laisse le plaisir de découvrir la définition de ce terme qui prend son origine dans ce film.

Un autre film dans le même genre que je préfère est Play Misty for Me (1971) de Clint Eastwood avec Eastwood et Jessica Walter. C'était  le premier film d'Eastwood - bien avant que Clint ne se mette à  parler à des chaises vides.

Dans Crimes and Misdemeanors, Woody Allen nous entraîne encore dans ce scénario mais, au grand dam de toute  morale, le personnage trucide la maîtresse dès ses premières velléités de venir briser le cocon familial de son amant. Ce film est un sacré coup de feu dans la morale traditionnelle - on peut faire exécuter quelqu'un sans finalement en éprouver ni remords, ni culpabilité et s'en tirer sans conséquences judiciaires.

Tiré des trivia de IMDB : "According to Glenn Close, people still come up to her to tell her "thanks, you saved my marriage!"

Visionné, la première fois, le 9 février 1988 à la télévision à Montréal
Mon 231ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 31 janvier 2023

27 août 2012

230. Allen : Hannah and Her Sisters



Film américain réalisé en 1986 par Woody Allen
Avec Woody Allen, Mia Farrow, Dianne Wiest, Barbara Hershey, Michael Caine, Carrie Fisher, Max von Sydow

Je ne sais pas pour vous mais, pour moi, il me semble que j'aurais préféré faire l'impasse sur notre hypochondriaque préféré (dont j'aime beaucoup la prestation, par ailleurs) en  le coupant au montage et en ne gardant et développant que le labyrinthe des relations amoureuses de nos trois beautés désespérées. 

C'était une belle occasion de faire un film de Woody Allen sans Woody Allen. À toutes les fois qu'il apparaît à l'écran, on a l'impression d'entrer dans une séquence de stand-up comique complètement dissonant par rapport au drame en développement.

Ne faisons pas trop la bouche fine : j'aime beaucoup ce film en particulier le personnage joué par Michael Caine qui bafouille entre deux relations amoureuses - l'histoire que j'aime dans ce film.

Un grand casting pour cette histoire qu'Allen développe en "feel-good movie". Max von Sydow - encore un clin d'œil d'Allen à son maître Bergman - mais il  me semble sous-employé.

Oscars 1987. Trois statuettes : scénario, acteur de soutien à Michael Caine, actrice de soutien à Dianne Wiest

Visionné, la première fois, le 3 janvier 1988 au cinéma Ouimetoscope à Montréal
Le Ouimetoscope (fondé par Léo-Ernest Ouimet) fut la première salle de cinéma permanente au Canada. Elle fut inaugurée le 1er janvier 1906 sur la rue Ste-Catherine au coin de la rue Montcalm.


La 2ème mouture du Ouimetoscope que j'ai fréquenté dans les années 1980. 
Il sera transformé prochainement en condos de luxe - êtes-vous surpris?

Mon 230ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 22avril  2023

14 août 2012

229. Brooks : Broadcast News


J'ose à peine vous donner le titre français. Pleure pas, t'es en direct.

Film américain réalisé en 1987 par James L. Brooks
Avec Holly Hunter (Jane), William Hurt (Tom), Albert Brooks (Aaron)

Beaucoup de critiques ont haché menu ce film. Pourtant, après un 4ème visionnement, je continue à beaucoup aimé ce film même si je suis d'accord avec la plupart de ces critiques. Mais, comme j'ai toujours préféré l'approche émotionnelle à l'approche rationnelle quant à l'évaluation des films, ce porte-à-faux se produit régulièrement. Je pense, entre autres, à Terms of Endearment  du même James Brooks, un film à faire brailler dans les chaumières.
 
Quand je regarde un film, ce que je sens c'est ce qui compte, l'analyse filmique passe au second rang. Je sais que ce que je sens est vrai et authentique alors que mon analyse...bof...des analyses, il y en a plein les pages de revues de cinéma et des blogs et, en général, je trouve ça plutôt rasoir - assez ennuyant à lire.

Alors Broadcast News ?  J'aime beaucoup les trois personnages fortement typés et le triangle amoureux qui n'est pas s'en rappeler celui de Crimes and Misdemeanors de Woody Allen, film tourné deux ans plus tard (Vous souvenez-vous de l'intellectuel (joué par Allen) qui se fait voler sa flamme par son frère, apparemment belle coquille vide, comme Tom?). L'amour n'y retrouve pas ses petits dans ce film où le travail occupe toute la place tant est palpitante cette éternelle course vers les "deadlines".

C'était l'époque où l'anchorman des journaux télévisés du début de soirée était la prima donna du réseau : Peter Jennings (décédé en 2005) à ABC, Tom Brokaw à NBC et Dan Rather à CBS. Terminée cette époque; les cotes d'écoute des journaux télévisés sont actuellement en bas de la ligne de flottaison  et plongent de plus en plus vite vers les abîmes année après année. 

Émouvant : dernière apparition de Peter Jennings à World News Tonight
Il décédera 3 mois plus tard

Deux grands jeux d'acteur par Holly Hunter et William Hurt. Mais, c'est surtout la prestation de ce dernier qui m'a fasciné. Il interprète parfaitement ce "beau gosse, rien dans la tronche" tout en demeurant dans les limites de la crédibilité. 

Berlin 1988. Ours d'argent pour l'actrice Holly Hunter

Visionné, la première fois, en 1988 au cinéma à Montréal 
Mon 229ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 31 mars 2023

18 juillet 2012

228. Malle : Au revoir, les enfants



Film français réalisé en 1987 par Louis Malle
Avec Gaspard Manesse (Quentin), Raphaël Fejto (Bonnet),
Francine Racette (la mère de Quentin), Philippe Morier-Genoud (le père Jean)

Scénario basé sur des faits vécus par Louis Malle, à 11 ans, dans un collège qui a abrité des Juifs au temps de l'Occupation. Le dénouement du film relève de la fiction.

Attention : déboulonnage de chef-d'œuvre
Je suis embêté après avoir revu ce film. Je n'ai pas du tout retrouvé ce qui a pu susciter tant d'emballement de ma part à l'époque et aussi de la part de  la communauté cinéphilique.

Le traitement que Malle fait de la vie en pensionnat n'a vraiment rien d'original. Plusieurs films, dont Zéro de conduite de Vigo ou If de Lindsay Anderson, pour ne nommer que ceux-là, avaient déjà, avec une approche moins académique, traité de ce sujet avec brio. Malle n'apporte rien de nouveau. 

Quant à la question de l'utilisation des pensionnats catholiques pour y cacher des jeunes de la communauté juive pendant l'Occupation, je suppose que ça méritait d'être le sujet d'un film. Mais n'y a-t-il pas une certaine complaisance dans ce film envers une image surannée de "vieille France" ? 

Malle n'évite pas le piège de la nostalgie. Comme si le passé, comme c'est le cas pour tous les souvenirs d'enfance, était remaquillé.  Il faut dire que c'est souvent le cas pour les sujets autobiographiques sur lesquels les auteurs ont tendance à manquer de distance critique.

C'est vrai qu'il est difficile pour un Québécois qui a vécu son enfance dans les années 50 et 60 de voir dans ces images de pensionnat des moments heureux tant les abus sexuels qu'ont subis des dizaines de milliers de jeunes Québécois et de jeunes Autochtones de la part de religieux catholiques dans ces types de pensionnat (et les dossiers sont loin d'être clos) en ont fait des lieux maudits. 

Ces pratiques ont été reconnus dans de nombreux pays : Canada, États-Unis, Pays-Bas, Irlande...en fait, dans tous les endroits où il y avait des religieux catholiques, on devait retrouver ce type de délinquance - quid de la France ?

Vaut le détour : la séquence dans le restaurant où le jeune Quentin découvre l'antisémitisme. On pourrait ressentir une petite gêne, quand même, dans cette scène où les méchants sont les milices françaises et les gentils sont les soldats allemands, mais c'est cette ambiguïté qui donne toute la force à cette scène.

Le point d'orgue du film qui a bluffé les critiques : la dénonciation, par inadvertance, de Bonnet par Quentin - un regard qui conduit au camp de la mort.

Francine Racette qui joue le rôle de la mère de Quentin, épouse de Donald Sutherland, est née à quelques rues de chez-moi à peu près à la même époque. Elle n'a joué que dans quatre films dont celui-ci était le dernier.

Anachronisme. Ce volume, Le parfum de la dame en noir de Gaston Leroux, que Quentin trouve dans les affaires de Bonnet n'a été publié, dans la collection de la Bibliothèque verte (collection chérie de mon enfance), qu'en 1949.


Venise 1987. Cinq prix dont le Lion d'or.
Césars 1988. Sept prix : film, réalisateur, scénario, caméra, décors, montage et son.

Visionné, la première fois, le 28 décembre 1987 au cinéma de la Place Charest à Québec
Cinéma disparu qui était situé dans le quartier St-Roch à Québec, le quartier de mes origines, le plus pauvre de Québec lorsque j'y suis né. Transformé depuis quelque temps par le phénomène de la gentrification. Nouveau vocable : Nouvo St-Roch. (Misère!)
Mon 228ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 22 avril 2023

30 juin 2012

227. Kubrick : The Shining


L'Enfant lumière

Film britannique réalisé en 1980 par Stanley Kubrick
Avec Jack Nicholson (Jack Torrance) , Shelley Duvall (Wendy), Danny Lloyd (Danny).
La caméra (John Alcott) est le 4ème élément de ce quatuor.
Adaptation avec beaucoup de liberté du livre éponyme de Stephen King publié en 1977. Pas content le monsieur King de cette adaptation. En 1997, il fit, avec l'aide du réalisateur Mick Garris, une adaptation télévisée plus fidèle de son bouquin.

Première séquence. Vue d'hélico : l'auto de Jack serpentant dans un grandiose paysage de l'Ouest américain. Quand on revoit ce film, cette séquence, bucolique au premier visionnement, devient tout à coup chargé d'horreur; expérience semblable en revoyant Funny Games lors de la séquence initiale dans la voiture en direction de la maison de campagne.

La séquence-choc. Le moment où Wendy, après nous, découvre que Jack a perdu la raison. Le supposé roman que son mari rédige depuis des semaines se résume à la répétition de la même phrase sur des centaines de feuilles. Les fautes de frappe (les failles dans l'armure du surmoi) indique que le passage à l'acte est proche.



Une grande performance. La "Steadicam" qui court derrière Danny qui dévale plein gaz les corridors de l'hôtel sur sa voiture à pédales.

Sur le jeu des acteurs. Mis à la torture par Kubrick (peut-on imaginer recommencer la même scène 160 fois - un record paraît-il), j'aime beaucoup cette remarque de Pauline Kael : "Shelley Duvall's performance becomes stronger as the films goes on, and she looks more like a Modigliani than ever." Par contre, la performance de Nicholson me semble un peu trop chargé, tombant trop facilement dans la caricature du "crazy man". Pour mettre les acteurs dans le bain, Kublick leur fit visionner Eraserhead, Rosemary's Baby et The Exorcist.

Je suis complètement scié. Je viens de voir sur IMDB que Stephen King a contribué à 143 adaptations pour le cinéma ou la télévision. Assez incroyable, non ? Avoir décrit un personnage qui a le syndrome de la page blanche parlait peut-être de ses angoisses d'écrivain débutant, Shining étant seulement son 3ème roman, mais il semble qu'il a plutôt bien surmonté ce problème. 

Bon, je vous épargne les multiples théories farfelues entourant le mystère de la chambre 237. Toutes théories, fascinantes, par ailleurs.

Visionné, la première fois, le 12 septembre 1987 à la télévision à Montréal
Mon 227ème film visionné de la liste du livre des 1001 films de Schneider
Mis à jour le 22 avril 2023

Bergman : matériel de "groupie"

Ceux qui lisent ce site depuis quelque temps connaissent ma passion abyssale pour Ingmar Bergman. Alors, il était impossible que je ne fasse pas un petit pèlerinage dans certains lieux bergmaniens. Après deux semaines passées en Norvège où il a fait un temps de chien (mais les  fjords et les îles Lofoten sont quand même inoubliables), je suis descendu du nord en passant par la Suède avec comme destination Stockholm.

Bien entendu, je devais arrêter à Uppsala, très belle ville universitaire, mais surtout endroit où Bergman passa son enfance.

D'abord, cette photo de l'auteur de 1001films.org  devant la maison où Bergman passa son enfance et dont on peut voir la façade dans Fanny et Alexandre. Située en plein cœur de Uppsala.



Cinéma Slotts Biografen, fondé en 1914, encore actif aujourd'hui, où Bergman  vit son premier film. Cinéma situé sur la rue voisine de celle où il habite.


À l'aéroport d'Helsinki, en attendant mon vol pour Oslo, salutations de Greta Garbo - pure joie.


13 mai 2012

226. Spielberg : The Color Purple



Film américain réalisé en 1985 par Steven Spielberg 
Tiré du roman éponyme d'Alice Walker publié en 1982 et gagnant d'un prix Pulitzer.
Avec Whoopi Goldberg (Celie) (son 1er film), Danny Glover (Albert), Margaret Avary, Oprah Winfrey, Willard Pugh

Personnages caricaturaux (surtout Celie et Alfred) qui souffrent d'un déficit de crédibilité, ce qui rend un peu risible cette histoire qui méritait une meilleure réalisation et surtout, bon sens, un peu moins de sucre et de nanane dans la direction artistique. 

Et cette tendance, pratique que je déteste au plus au point mais tellement courante dans le cinéma "mainstream", à toujours parsemer l'histoire de farces et attrapes afin de permettre aux spectateurs de ne pas trop s'enfoncer dans la problématique douloureuse de cette histoire :  l'abus des femmes par les hommes.

Problématique résumée par cette phrase d'Albert qu'il adresse à sa femme, Celie : "T'es noire, t'es pauvre, t'es moche, t'es une femme, t'es rien".

Mais le problème avec ce film c'est qu'il correspond trop bien à cet adage de Talleyrand : Tout ce qui est exagéré est insignifiant

Bon, comme me le disent certains commentateurs de temps à autre, il est possible que je sois passé à côté de ce film. Mais de là dire, comme Roger Ebert, qu'il fut le meilleur film de l'année 1985, il y a quand même une sacrée marge.

Oscars 1986. En nomination pour 11 oscars - solde : 0 prix.

Visionné, la première fois, en octobre 1987 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 226ème visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 mars 2023

04 mai 2012

225. Wenders : Les Ailes du désir



Film franco-allemand réalisé en 1987 par Wim Wenders
Avec : Bruno Ganz (Damiel), Solveig Dommartin (Marion), Otto Sander (Cassiel), Curt Bois (Homer, le vieux poète), Peter Falk (lui-même)  
Photographie : Henri Alekan, à 78 ans, en fin de carrière (91 films dont La belle et la bête de Cocteau)

Au début du voyage, 3 questions existentielles :
1. Pourquoi suis-je moi et non pas vous?
2. Pourquoi suis-je ici et non pas là?
3. Quand le temps a-t-il commencé et où finit l'espace?

Voyez si ce film peut vous aider à réfléchir sur ces questions - y répondre ? N'y songez même pas.

Traduction littérale du titre : Des anges au-dessus de Berlin. Je préfère.

Des anges au-dessus de Berlin qui nous offrent d'extraordinaires moments de tendresse et de compassion pour des humains abandonnés, effrayés, accidentés, suicidaires, seuls : tellement émouvantes toutes ces séquences.

Revenons au titre, parce que le titre Les Ailes du désir me semble un peu contradictoire avec le thème du film : ce serait plutôt " le désir coupe les ailes". Damiel n'échange-t-il pas son immortalité pour se réincarner en humain afin de pouvoir enfin toucher et aimer Marion ? Il met ses ailes au rancart pour la belle trapéziste ce qu'on ne peut certainement pas lui reprocher. Si Paris vaut bien une messe (dixit Henri IV),  Marion vaut bien une paire d'ailes perdues.

Deux ans avant la chute du Mur - mais à ce moment-là on pensait plutôt 100 ans, 1000 ans comme la durée du 3ème Reich....

Wenders, tournant à Berlin, ne peut pas ne pas inclure plusieurs séquences du Mur dans son film. Malheureusement, tout ça c'est du chiqué. L'interdiction de filmer le Mur l'a obligé à faire ériger un faux Mur en bois. Ça fait mal quand on apprend ça après avoir vu le film - vous serez averti.

On aime Peter Falk, en tournage pour sa série télévisée, se promenant dans ce décor avec la démarche du lieutenant Colombo; on comprend maintenant pourquoi il a toujours l'air d'être à côté de ses pompes  le Colombo, mais pardi, c'est un ange réincarné, y a de quoi être un peu déjanté non?

Cannes 1987 : Prix pour le meilleur réalisateur
Cahiers du Cinéma : Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1987

Visionné, la première fois, le 24 août 1987 au Festival des Films du Monde de Montréal
Mon 225ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 mars 2023

27 avril 2012

224. Ivory : A Room with a View



Film britannique réalisé en 1985 par James Ivory
Avec Helena Bonham-Carter (Lucy) (1er rôle au cinéma), Maggie Smith, Denholm Elliott, Julian Sands (George), Simon Callow. Judy Dench, Daniel Day-Lewis (Cecil)
Tiré du roman éponyme du britannique Edward Morgan Forster

La musique divine qui accompagne les crédits du début c'est le célèbre air  O mio babbino caro (Mon cher petit papa) de l'opéra de Puccini Gianni Schicchi interprété, ici, par Kiri Te Kanawa. Quand j'entends cet air, j'ai le cœur marmelade (je n'ai pas oublié le "en"). Je pense toujours à ce clip de Maria Callas chantant cet air alors qu'elle est détruite par la dépression à la suite de sa séparation d'avec Aristote Onassis. Elle est troublante de vérité.



Bon, j'aurais le goût de dire de ce film que c'est une très belle nunucherie victorienne, spécialité du duo Merchant et Ivory. Mais bon, je ne le dirai pas parce que je suis très mal placé pour dire une telle chose moi dont le cœur chavire à chaque projection du Titanic de Cameron.

Mais quand même, tout ça est assez précieux (dans le sens de Précieuses ridicules). Mais ne boudons pas notre plaisir, les scènes à Florence et dans la campagne voisine (Fiesole) sont remarquables. En particulier, cette scène de bataille au pied de la réplique du David de Michel-Ange sur la Piazza della Signoria où un protagoniste s'écroule en sang au pied de Lucy qui tombe dans les vapes, heureusement recueillie in extremis, par George, son amoureux secret.

Cecil (Daniel-Day Lewis)

Le personnage que j'aime, Cecil, le fiancé de Lucy, interprété magnifiquement (Comment peut-il en être autrement ?)  par Daniel Day-Lewis. Il n'en a rien à cirer de ces galipettes amoureuses. Il reste sur son quant-à-soi, trouvant son plaisir à lire et à réciter des poèmes, en attendant que son homosexualité lui saute en pleine gueule et qu'il devienne, à son tour, un abonné de toutes ces facéties que sont les amours victoriennes.

La séquence "à poil dans l'étang"  (Un trois minutes de galipettes par le pasteur, George et le frère de Lucy) est un sacré coup de tonnerre dans ce film à costumes.

Oscars 1987 : Trois statuettes pour décor, costumes et meilleure adaptation à partir d'un roman

Visionné, la première fois, le 24 juillet 1987 au cinéma Laurier à Montréal
Mon 224ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 28 mars 2023

25 avril 2012

Objectif atteint : Les 1001 films du livre de Schneider ont été vus


La couverture de la première édition du livre des 1001 films de Schneider (2003)


Vu sur dvd mon 1001ème et dernier film de la liste des 1001 films de la première édition du livre de Schneider publiée en 2003

Hills 24 Doesn't Answerfilm israélien réalisé en 1955 par Thorold Dickinson.
Premier long métrage israélien après l'indépendance. On peut s'attendre à un film de propagande pro-israélien et l'on n'est pas déçu. 

Voilà, c'est fait : 1001 films vus

J'ai commencé cette intégrale le 6 décembre 2006, le jour où je me suis procuré le livre de Schneider, 1001 Movies You Must See Before You Die.
Au moment de commencer, j'avais déjà vu 417 films.

Le 418ème : D.W Griffith, Orphans of the Storm. Disons, que j'avais un sacré rattrapage à faire parmi les films muets.
Le mois suivant, le 10 janvier 2007, je commençais ce blog dont le premier objectif était de revoir tous les films du livre de Schneider par ordre chronologique - mon ordre chronologique - en y intégrant quelques aspects autobiographiques. 
Le premier film que j'ai vu de cette liste fut Blanche-Neige et les sept nains en 1957 suivi, la même année, par les Dix commandements et, l'année suivante, par Le pont de la rivière Kwaï.

Les nouveaus défis.
1. Avancer le plus rapidement possible la publication de messages concernant l'objectif premier de ce blog.
2. Compléter la liste que j'ai fabriquée il y a deux ans :  Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle. J'en  suis à 956.
3. Enfiler les intégrales après Bergman, Kurosawa, Kazan, Fassbinder, Hitchcock, Kubrick avec un changement important : ne plus écrire  de messages (pour éviter de retarder l'atteinte de mon premier objectif)  mais me limiter à mentionner les visionnements sur mon compte Twitter.
4. Sur icheckmovies, suivre quelques listes qui m'intéressent plus particulièrement : Jacques Lourcelles, Pauline Kael, Louise Brooks, Greta Garbo et les grands films muets. Il y a actuellement plus de 2000 listes sur ce site, y a de quoi faire pour l'éternité+1.
Mis à jour le 26 décembre 2022

18 avril 2012

223. Hooper : Poltergeist


La Vengeance des fantômes

Film américain réalisé en 1982 par Tobe Hooper
Avec Heather O'Rourke (décédée à 12 ans après avoir terminé Poltergeist III), JoBeth Williams, Craig T. Nelson, Oliver Robins, Dominique Dunne (assassinée par son petit ami avant la sortie du film, elle avait 22 ans) - ce qui, évidemment, a démarré la rumeur du "poltergeist curse".

Ai-je vraiment perdu deux heures de ma vie à revoir ce film?

En fait, ce film n'est qu'un prétexte pour mettre en scène les feux d'artifice des geeks de Industrial Light & Magic, le rejeton de George Lucas. ILM a participé à la production d'effets spéciaux dans 306 films ; c'était, à ce moment-là, leur 8ème production.

J'ai rarement vu un film où les réactions des personnages étaient aussi absurdes.

Exemple 1. Vous êtes à la maison, tout à coup vous vous rendez compte que les chaises se déplacent par elles-mêmes. Vous attendez patiemment que votre mari rentre du bureau pour lui faire la démonstration des chaises qui se déplacent ; en prime, vous lui montrez que votre fille de 5 ans, quand vous l'assoyez sur le plancher, se déplace de 5 mètres en 2 secondes, rigolo, non ? Déjà, il y aurait de quoi ameuter le FBI, la CIA et votre voisin emmerdeur. Mais non, après le show de chaises, tout le monde se prépare à passer une petite soirée tranquille en famille.

Exemple 2. Tout le monde fait dodo sauf papa-maman qui se fument un petit joint de pot. Puis, tout à coup, c'est la débandade : gros orages électriques (toujours au rendez-vous au bon moment, ceux-là), fiston qui se fait presque bouffé par un arbre et la petite qui disparaît, aspirée par le téléviseur. Alors, on téléphone au 911, on appelle les pompiers, le SAMU, la police, même sa belle-mère ; bien non, toute la famille se recouche et attend le jour suivant pour contacter, à  l'université du coin, une équipe de parapsychologues.

J'aimerais bien connaître le numéro de téléphone de leur pusher parce qu'ils en ont fumé du sacrament bon.

C'est ici que j'ai décroché et me suis mis sur le pilote automatique afin d'absorber, sans trop de dommages, les dialogues nuls, les explications interminables et surréalistes de la parapsychologue, les réactions toujours aussi à côté de la plaque des personnages...jusqu'au dernier plan, le plus sympa du film :  l'expulsion du téléviseur de la chambre du motel où s'est réfugiée la petite famille banlieusarde stéréotypée : papa, maman, 3 marmots, un chien (un golden retriever, le toutou préféré de la  famille de banlieue) et des poissons rouges.

Spielberg est partout dans ce film : montage, scénario, production et sa sempiternelle banlieue.

La séquence illustrée par le poster du film est digne d'anthologie.

Visionné, la première fois, le 15 mai 1987 à la télévision à Montréal
En grande préparation pour ma première grande randonnée dans les Alpes françaises : le Tour du Mont Blanc que je ferai, seul, en juin.
Mon 223ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 27 mars 2023

13 avril 2012

222. Jarmusch : Down by Law



Film américain réalisé en 1986 par Jim Jarmusch
Assistante à la direction : Claire Denis, réalisatrice française que j'aime.
Film dédié à Pascale Ogier, actrice française qui venait de mourir à 25 ans et Enzo Ungari, scénariste italien, qui venait de mourir à 36 ans.
Avec John Lurie, Tom Waits, Roberto Benigni, Nicoletta Braschi (le couple de La vita è bella), Ellen Barkin

Tom Waits à Roberto Benigni : "Buzz off"
Quand j'ai vu ce film, la première fois, cette expression que je ne connaissais pas, a parasité ma conversation pendant plusieurs semaines et devint un rolling gag avec ma gang d'amis.

Tom Waits, le d.j. en dérive dans le film :  j'en ai  été longtemps un fan dans les années 70 et 80 jusqu'à ce que je me fatigue de sa voix de plus en plus éraillée et de son hymne à l'éthylisme. Mais ses chansons pour les losers et les "multi-poqués" de ce monde sont toutes un direct au cœur.

La réponse de Benigni à Waits : "Buzz off to you too" avec l'accent italien.

Roberto Benigni : un ovni qui atterrit, suite à l'on ne sait trop quelles fausses manœuvres, en plein milieu d'un film de série noire des années 50. C'est ce qui fait tout l'intérêt de ce film, par ailleurs assez tranquille sur le plan du scénario. Est-ce que Benigni sauve ce film ou le dénature ?  C'est un peu les deux à la fois à ce qu'il me semble et c'est dommage. 

J'adore la partie du film avec Benigni (30 min. après le début du film), peu connu à cette époque, dont un personnage (Lurie) dit : "He's from outer space" mais le deuil de la première partie, sans lui, est difficile à faire, après coup. On aimerait bien revenir dans les rues de New-Orléans avec les "small time crooks" du début du film.

John Lurie (le souteneur) Tom Waits (le d.j.) et Roberto Benigni (le touriste italien)

Les films de Jim Jarmusch : "It's a sad and wonderful world" comme dirait l'italien.

Visionné, la première fois, le 1er mai 1987 au cinéma Laurier à Montréal
Mon 222ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 27 mars 2023

07 avril 2012

221. Sharman : The Rocky Horror Picture Show



Film britannique réalisé en 1975 par Jim Sharman
Avec Susan Sarandon, Tim Curry, Barry Bostwick, Meat Loaf, Richard O'Brien

Film tiré de Rocky Horror Show, comédie musicale britannique de Richard O'Brien, créée à Londres en 1973. Une sorte d'hymne aux films de série B d'épouvante et de science-fiction.

Film qui doit son extraordinaire longévité (toujours en représentation quelque part sur la planète - 25 ans à Munich) à son identité de Midnight Cult Movie.  On parle, souvent à tort, de film-culte mais celui-ci en est le prototype parfait.

Démoli par les critiques à sa sortie, ce film a dû sa survie et sa renommée au propriétaire du 8th Street Playhouse dans le quartier Greenwich à New York qui a décidé d'en faire un film interactif - incitant le public à participer à l'action en apportant des objets, en se déguisant et en ânonnant les répliques du film.

Je suis content d'avoir revu ce film sur dvd me permettant d'apprécier son contenu "comédie musicale" qui m'avait complètement échappé lors de mon premier visionnement. Il faut dire, à ma décharge, que j'étais tombé sur une projection nocturne avec tout le cirque créé par les spectateurs alors que j'allais, innocemment, voir un bon film d'horreur. J'étais sorti du film, amusé par le spectacle de la salle, mais en complète détestation de ce film. 

Voir ce film pour son aspect comédie musicale et aussi pour s'amuser à identifier les éléments stylistiques qui caractérisent le film d'horreur et aussi les nombreuses citations d'autres films. Mais, bon, on peut vraiment faire sans. Pour beaucoup, un vrai navet

American Gothic (1930) de Grant Wood
Devrait être utilisé pour en faire l'affiche du film

Visionné, la première fois, le 25 avril 1987 au cinéma Laurier de l'avenue du Parc à Montréal.
Histoire du cinéma Laurier
4 mars 1916. Inauguration du The Regent au 5115 avenue du Parc
1973. Acheté par Roland Smith, cinéphile célèbre de Montréal, et renommé Le Beaver, cinéma porno comme on s'en doute par le nom
1986. Renommé Le Laurier
Démoli en 1988. Aujourd'hui, une succursale de la librairie Renaud-Bray
Fascinant : Site sur l'histoire des cinémas de Montréal : Montreal Cinema History
Mon 221ème film visionné de  la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 26 mars 2023

05 avril 2012

220. Stone : Platoon



Film américain réalisé en 1986 par Oliver Stone
Avec Charlie Sheen, Tom Berenger (une gueule inoubliable dans ce film), Willem Dafoe, Forest Whitaker, Kevin Dillon, un jeune Johnny Depp,

Inspiré de l'histoire personnelle d'Oliver Stone qui quitta ses études à l'université Yale pour s'enrôler volontairement pour le Vietnam. Par contre, le scénario est une pure invention.

Un film sur la guerre du point de vue de Private Joe. Pas d'analyse politique, pas d'élaboration de grandes stratégies, pas de relations publiques même pas de beaux scénarios de combat : juste une bande de soldats accrochés à leur fusil comme dernier rempart contre la terreur d'un environnement - jungle et Vietnamiens - complètement inconnu.

Nous sommes en septembre 1967, la patrouille Bravo, dont fait partie Oliver Stone, est en train de perdre son âme dans cette guerre absurde et moi, du même âge que Stone, pendant ce temps, je me pavane sur le campus de l'Université Laval, à Québec, avec mes bottes de cuir et mon béret, me prenant pour Che Guevara qui, incidemment, allait mourir le mois suivant - tout ça pour dire qu'à 150 km au sud de Québec, les jeunes de mon âge étaient conscrits et risquaient leur peau au Vietnam ou le déshonneur s'ils en revenaient vivants, alors que nous, les jeunes du même âge, on se la coulait douce en jouant au révolutionnaire de salon.

Soldat Oliver Stone, 21 ans, au Vietnam, en septembre 1967

Une scène célèbre du film : celle du soldat qui enflamme une habitation vietnamienne à l'aide d'un Zippo.

Scène rappelant une action qui s'est réellement passée à Cam Ne le 3 août 1965 et qui est un des faits les plus destructeurs de l'image de cette guerre auprès des Américains

Courtesy of NYMAG.com
Courtesy of NYMAG.com
On August 3, 1965 Morley Safer joined a group of American Marines on an excursion to a small village called Cam Ne. At Cam Ne, the Marines took to destroying everything in the village, literally setting fire to the dwellings with Zippo lighters. His report had one of the most significant impacts on American public image of the war in Vietnam. What Safer did was to follow along as a mere observer with a group of men who were literally trained to search and destroy. What he managed to capture on film and write had no bias, it simply showed what American soldiers were doing in Vietnam.
Je vieillis : des scènes comme celle du commando qui terrorise un village de vieillards et d'enfants me font mal au ventre. Il me semble que je supportais plus facilement cela au temps de ma jeunesse.

Musique du film  : Samuel Barber, adagio opus11 - encore le truc de mettre une musique classique douce et lancinante sur des images de violence. Le contraste amplifie l'expérience émotionnelle. J'aime bien me faire avoir par ce truc.

Willem Dafoe : par ses rôles de figure christique  ou de psychopathe déjanté, il est un peu l'équivalent américain de Klaus Kinski.

Oscars 1987. Quatre statuettes : le film, la réalisation, le montage et le son
Berlin 1987.  Ours d'argent pour la réalisation

Visionné, la première fois, le 12 avril 1987 au Cinéma Desjardins à Montréal
Mon 220ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 25 mars 2023