27 avril 2010

170. Antonioni : Zabriskie Point



Film américain réalisé en 1970 par Michelangelo Antonioni
Avec Mark Frechette, Daria Halprin et, apparemment, je ne l'ai pas vu, Harrison Ford

Triste de voir un si grand réalisateur se ridiculiser.

L'Amérique a souvent cet effet chez les Européens qu'elle attire. Ils arrivent avec une telle somme d'images d'Épinal, de préjugés et de stéréotypes qu'ils mettent un temps fou à décoder adéquatement ce nouveau monde. Mais ils y arrivent tous (l'Amérique est construite sur ce melting pot) s'il y a le temps ce que Antonioni n'a pas eu, apparemment, avant de se lancer dans la réalisation de Zabriskie Point. 

Antonioni en Amérique c'est comme un Américain à Paris, au sens littéral et au sens cinématographique - An American in Paris de Vincente Minnelli.

Alors, il nous livre une belle bluette stéréotypée sur une jeunesse américaine pétrie de justice sociale et d'amour, dont les corps, caramélisés au soleil californien, sont tout droit sortis d'une pub pour chewing gum. Ah oui, j'oubliais : À bas la société de consommation, mère de tous les vices et de la dégradation de l'homo sapiens sapiens.

Évidemment, on a droit à ces grands espaces désertiques de l'Amérique qui font tant rêver l'Européen. Ce qui nous vaut de très belles séances photos - il y a un plaisir certain à se laisser porter par les séquences du désert.

Je ne sais pas si, comme on dit, Zabriskie Point dans le Death Valley National Park est le lieu le plus bas en altitude des USA, mais il est certainement le point le plus bas de la carrière d'Antonioni - facile, je sais, mais je ne pouvais pas y résister.

Pour son film, Antonioni voulait des acteurs non professionnels :
Mark Fréchette, (avec un accent puisque c'est un franco-américain) l'acteur d'un seul film, mort en prison à l'âge de 27 ans.

Daria Halprin, l'actrice d'un seul film, a vécu, après le film, en commune à Boston avec Mark Fréchette puis étudia avec Fritz Perl, le père de la Gestalt thérapie dont je fus un adepte au début des années 1980 lors de ma formation en Gestalt thérapie.

Visionné, la première fois, à la télévision à St-Antoine-sur-Richelieu en août 1980
Mon 170ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 9 mars 2023

21 avril 2010

169. Benton : Kramer vs Kramer



Film américain réalisé en 1979 par Robert Benton
Avec Dustin Hoffman, Meryl Streep, Justin Henry, Jane Alexander

Film à thèse.
Ce film résume bien les défauts que l'on retrouve dans ce type de film. Puisqu'on veut prouver telle thèse, tous les arguments sont mis dans la balance en faveur de la thèse à prouver.

Ici, il s'agit de prouver que les pères font d'excellentes mères et que, conséquemment, la garde de l'enfant à la suite à une séparation ne devrait pas aller automatiquement à la mère comme le prétendent systématiquement et, souvent, injustement, les juges.

Après une décennie (celle de 1970) de luttes pour l'émancipation féminine, il fallait bien qu'on commence à en voir les conséquences dans le monde des hommes. On a vu apparaître à cette époque un nouvel élément dans la typologie masculine - l'homme rose. Ted Kramer (Dustin Hoffmann) en esquisse quelques traits : la vie familiale avant le boulot, beaucoup de culpabilité, "je veux partager mon vécu", beaucoup de tendresse pour son ex. qui l'a plaqué là - pas de rancune chez l'homme rose, que de la compréhension.

Ce qu'on obtient : une guimauve autour d'un couple "upper middle class" de Manhattan qui se termine avec procès de divorce édulcoré et un dernier plan tout ce qu'il y a de plus hollywoodien. On s'amuse bien quand même et il est tellement mignon le petit garçon.

Performances convaincantes de Dustin Hoffmann et de Meryl Streep. On peut penser que leur situation personnelle (Hoffmann au milieu d'un divorce et Streep en deuil de la disparition de son amant, John Cazale) a teinté leur personnage.

En une phrase, Serge Toubiana résume bien le tout :
Un cinéma ringard, genre "dossiers de l'écran", mon cœur mis à nu, "cher téléspectateur, téléphonez-nous pour essayer de trouver avec nous une solution au drame que vit le personnage que sa femme a quitté, laissé en plan avec le petit." Cahiers du Cinéma numéro 311. Mai 1980

Oscars 1980. Cinq statuettes : film, réalisation, scénario, acteur à Hoffmann, actrice de soutien à Streep.

Visionné, la première fois, au cinéma à Beloeil en avril 1980
Mon 169ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 9 mars 2023

12 avril 2010

168. De Sica : Le Voleur de bicyclette


Ladri di biciclette se traduit par Voleurs de bicyclettes
Erreur de traduction et détournement de la signification du film. Le vol de bicyclettes est une entreprise (voleur, complices, recycleur, marché, etc.) qui souligne la détresse économique de l'Italie d'après-guerre. En anglais, on a compris : Bicycle Thieves.

Film italien réalisé en 1948 par Vittorio De Sica
Avec Lamberto Maggiorani, Enzo Staiola, Lianella Carell et Sergio Leone en séminariste.

Quand j'avais 8-10 ans, il m'arrivait souvent de partir en auto avec mon père qui était, alors, voyageur de commerce. On allait parcourir la campagne québécoise où il s'arrêtait dans des presbytères pour essayer de vendre aux curés des statues de plâtre fabriquées dans l'atelier - on disait "la shop" - de mon grand-père italien à Québec. (C'était avant le concile de Vatican II qui a, entre autres choses, sorti les statues des églises ce qui amena rapidement la faillite de l'entreprise de mon aïeul.) Des journées à circuler sur des petites routes de campagne dans le silence mais dans une touchante connivence.

Quand j'ai vu Le voleur de bicyclette, une vingtaine d'années plus tard, ce qui m'a le plus ému c'est la relation père-fils - dans la complicité et le silence, tout ce dimanche passé ensemble à rechercher la bicyclette volée. Un écho de ce temps enfoui au fond de ma mémoire sensorielle.

Le néo-réalisme italien à son meilleur. Ce que j'entends de cette école, c'est que l'histoire, souvent ténue, peu importante, n'est qu'un prétexte pour illustrer la société italienne, plus particulièrement les milieux défavorisés de l'après-guerre.

Le film de De Sica dont l'histoire repose sur la poursuite d'un évasif voleur de bicyclettes est, en fait, un prétexte pour montrer différents quartiers de Rome et leurs habitants sous forme de tableaux successifs, chacun illustrant un pan de la difficulté de vivre dans l'immédiat après-guerre : le mont-de-piété et ses étages de draps en consigne, le marché de pièces de bicyclette, les itinérants attirés à l'église sous une vague promesse d'y être nourris, la diseuse de bonne aventure, dernier recours contre la misère.

C'est en posant une immense affiche de Rita Hayworth annonçant Gilda de Charles Vidor que l'ouvrier se fait voler son vélo Fidès 1935.

La fin dans le style Modern Times de Chaplin mais sans l'espoir.

Oscars 1950 : Meilleur film étranger

Visionné, la première fois, le 30 mars 1980 à la télévision à St-Antoine-sur-Richelieu.
Le sous-sol de ma maison au bord de la rivière Richelieu est inondé, à cette date-là, par le débordement de la rivière causé par une embâcle formée en aval.
Mon 168ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 8 mars 2023

03 avril 2010

167. Peckinpah : Straw Dogs


Les Chiens de paille

Film britannique réalisé en 1971 par Sam Peckinpah
Avec Dustin Hoffman, Susan George, Peter Vaughan, Del Henney

Peckinpah annonce ses couleurs dès la première séquence : un gros plan sur les seins de Susan George. Attachez votre ceinture, ça va donner un grand coup. Sexe et violence c'est toujours un cocktail explosif et on n'y échappera pas. The Wild Bunch débarque sur la côte de Cornouailles en Angleterre.

Cette Amy (Susan George), c'est une vraie bombe érotique dans ce film; on se demande comment David Sumner (Hoffman), ce mathématicien freluquet, a pu séduire une telle fille surtout lorsqu'on apprend qu'elle a été largué quelques années auparavant par Charlie (Del Henney) une pure brute, pilier de taverne, comme on disait quand j'étais petit. Passer de Charlie à David, il y a comme un gouffre infranchissable et ça m'agace, ça sent trop la manipulation du scénariste.

Ce qui m'amène à la controversée scène du viol qui a fait dire à plus d'un critique que Peckinpah avait ressorti le vieux stéréotype machiste : quand elle dit non, en fait, elle dit oui. En fait, Amy n'aime pas se faire violer, si elle jouit après s'être débattue quelque peu c'est qu'elle finit par céder à son ancienne passion pour David (le violeur de la séquence). Jouissance qu'elle ne retrouve pas lors du viol subséquent par un autre membre de la bande.

Revu 30 ans plus tard, la partie la plus spectaculaire, celle de la défense du foyer par Hoffman (ce mathématicien risquerait sa vie et celle de sa femme pour sauver celle de l'idiot du village ! total bullshit comme on dit dans les chaumières) s'est affadie. D'autres, après, ont revu ce scénario et l'ont monté en catastrophe. 

J'ai été plutôt séduit par toute la partie qui précède la scène du viol - la montée de la violence larvée. Comme dit Hitchcock, une bombe sous une table qui explose, c'est la peur mais une bombe sous une table qui n'explose pas, c'est la terreur.

Visionné, la première fois, en mars 1980 à la télévision à Montréal

Mon 167èm film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 30 décembre 2022

28 mars 2010

166. Allen : Sleeper


Woody et les robots

Film américain réalisé en 1973 par Woody Allen
Avec Woody Allen et Diane Keaton

Suite du bêtisier des traductions de titre de film : Encore une traduction ahurissante du titre d'un film américain. 
Connaissez-vous un autre film dans lequel l'on retrouve le prénom de l'acteur principal dans le titre ? Imaginons Il buono, il brutto, il cattivo de Sergio Leone traduit par Clint, la brute et le truand.

Allen fut tellement en colère contre ce titre (inventé par un distributeur québécois) qu'il a fait mettre dans tous les contrats de distribution de ses films l'interdiction d'utiliser son nom dans les titres de ses films.

Un film de science-fiction de Woody Allen, il fallait s'attendre à une satire de ce type de film. On n'est pas déçu. L'histoire, vaguement inspirée d'une œuvre de H.G. Wells, The Sleeper Awakes publiée en 1910, n'est qu'accessoire. C'est plutôt l'occasion pour Allen d'aligner une pléthore de gags à la manière d'un stand-up comic.

En voici trois que j'aime bien :

Keaton : C'est incroyable, vous n'avez pas fait l'amour depuis 200 ans ?
Allen : Plutôt 204, si on compte mon mariage.

Allen : Mon cerveau est mon deuxième organe favori.

Allen : J'ai manqué deux cents ans de rendez-vous avec mon psychanalyste. Si je ne les avais pas manqués, je serais probablement presque guéri aujourd'hui. Pauvres shrinks (slang qui signifie professionnels de la santé mentale), Allen les maltraitera régulièrement dans tous ses films des années 70.

J'aime bien aussi que dans ce film l'on prenne à contre-pied les tendances à diaboliser certains comportements de masse, par exemple, le tabac et le fast food. Après de nombreuses études faites au 22ème siècle, le tabac et le fast-food sont déclarés bénéfiques pour la santé.

Autre moment jouissif : Diane Keaton imitant Marlon Brando dans A Streetcar Named Desire.

Visionné, la première fois, en mars 1980 à la télévision à Montréal
Mon 166ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à Jour le 30 décembre 2022

21 mars 2010

165. Allen : Manhattan



Film américain réalisé en 1979 par Woody Allen
Avec Woody Allen, Diane Keaton, Mariel Hemingway, Michael Murphy, Meryl Streep

Annie Hall puis Manhattan, c'est le festival New York - jamais cinéaste n'a démontré une telle passion pour cette ville.

Quelle belle entrée en matière pour Manhattan : sur le "Rhapsody in Blue" de Gershwin, 60 plans en noir et blanc de New York en 4 minutes - au 4ème plan, le titre du film sur une affiche lumineuse. En observant bien, on remarque que les tours du World Trade Center sont disparus du paysage newyorkais. 
Mais qu'on pourrait donc se passer du bavardage d'Allen pendant toute cette séquence. A pu être drôle à l'époque de la sortie du film mais d'une platitude désarmante aujourd'hui, en plus d'interférer avec la musique de Gershwin.

Un des plans les plus émouvants du film - le dernier - quand Isaac (Allen), 42 ans, découvre que Tracy (Hemingway), à 17 ans (Mariel Hemingway a réellement 17 ans, d'où ce visage qui sort à peine de l'enfance), a atteint une maturité émotionnelle qu'il ne soupçonnait pas et surtout que lui-même n'a toujours pas. D'où ce gros plan sur le visage presque enfantin d'Isaac.

Prémonition que ce film : en 1997, Allen, 62 ans, va épouser la fille adoptive de sa conjointe Mia Farrow, Soon-Yi Previn, âgée de 27 ans. Dans le film Wild Man Blues de Barbara Kopple, traitant de la vie musicale d'Allen (clarinettiste), l'on constate que la relation amoureuse entre Allen et Previn était déjà inscrite dans Manhattan.

J'adore cette réplique brise-cœur de Tracy lorsqu'Isaac lui annonce la fin de leur relation : "Now, I don't feel so good". Mariel Hemingway, 17 ans, est criante de vérité. Je me suis rejoué cette séquence une dizaine de fois.

Connaissant mon amour inconditionnel pour Bergman vous ne serez pas surpris de mon bonheur à entendre Isaac mais, en fait, Woody Allen, dire que "Bergman is the only genius in cinema today" et de mettre le cinéma suédois dans sa liste des choses qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue.

César 1980. Meilleur film étranger.

Visionné, la première fois, en janvier 1980 au cinéma Montparnasse à Paris
Court séjour de deux semaines à Paris pendant la période de Noël, marqué par l'invasion soviétique de l'Afghanistan.
Séjour un peu tristounet : froid, pluie, neige, terrasses fermées, pas vu le soleil pendant 15 jours, de quoi s'ennuyer des ciels bleus d'acier des hivers québécois... mais pas de ce qui vient avec, les -25C. Mais la météo, on s'en fout; Paris, ville que j'aime, est mille fêtes.
Mon 165ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 1er mai 2023

13 mars 2010

164. Hitchcock : Rear Window


Fenêtre sur cour

Film américain réalisé en 1954 par Alfred Hitchcock
Avec James Stewart, Grace Kelly, Thelma Ritter, Wendell Corey

Comme souvent chez Hitchcock, il ne se passe rien que du banal dans les 30 premières minutes (je pense, entre autres, à The Birds ou bien Psycho).

Fenêtre sur cour (titre plus intéressant que sa version anglophone, une fois n'est pas coutume) commence comme une histoire de célibataire endurci qui résiste, comment peut-il faire si ce n'est à cause d'un bon fond de misogynie, aux propositions de mariage de Grace Kelly, la divine. 

On surveille le moment où l'histoire va basculer vers le vrai propos du film ce qui prendra un bon 30 minutes. J'adore cette partie du scénario. Ça marche à tout coup pour moi. Comme dans The Birds, où je me prépare pendant 40 minutes à recevoir le plan où Tippi Hedren va se faire attaquer par un oiseau et permettre, enfin, à l'histoire de commencer.

Hitchcock invente le zapping : les fenêtres de l'immeuble comme autant de chaînes télévisées que James Stewart visite à tour de rôle à l'aide de sa lentille télescopique ; chacune des chaînes ou fenêtres présentant une variation sur le thème de la vie amoureuse.

On y retrouve l'un des plus beaux baisers de l'histoire du cinéma. Le visage de Grace Kelly qui plonge sur la bouche de James Stewart : divin.

Ce film me rappelle le roman de Georges Perec, La vie mode d'emploi, dans lequel Perec décrit la vie de tous les habitants d'un immeuble du 17ème arrondissement de Paris. Vous connaissez mon goût un peu pathologique pour les intégrales, listes et autres compilations, vous comprendrez pourquoi j'ai adoré ce livre d'un auteur qui a des passions semblables. Auteur au destin tragique que j'ai eu le bonheur de rencontrer chez des amis français à Montréal à peu près à l'époque de mon premier contact avec Rear Window.

Cahiers du Cinéma 
: Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1955

Visionné, la première fois, en 1979 à la télévision à Montréal
Mon 164ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 30 décembre 2022

02 mars 2010

163. Cocteau : La Belle et la bête



Film français réalisé en 1946 par Jean Cocteau
Avec Jean Marais, Josette Day, Michel Auclair, Mila Parély, Nane Germon

Jean Cocteau, le prince.
J'ai voué un culte fou à Jean Cocteau au cours de ma vingtaine. Déjà la manie des intégrales était en marche, alors j'ai tout lu Cocteau. Le refus inconscient de quitter mon enfance était possiblement le fil rouge (terme psychanalytique; ça tombe bien, ce film est inondé par la symbolique freudienne) de cette passion. En tout cas, c'est ce qui nous touche chez Cocteau - l'enfance à jamais. Ah mourir noyée dans la fontaine de jouvence !

Quel beau film ! Je m'attendais (je ne me rappelais plus de ce film que ma mémoire confondait constamment avec Peau d'âne de Jacques Demy) à une fantasmagorie en noir et blanc truffé de trucs onirico-surréalistes alors qu'on se retrouve devant un chef-d'œuvre du cinéma fantastique.

Totalement emballé par la caméra d'Henri Alekan, un des plus grands opérateurs français avec Raoul Coutard.

Un conte pour enfants ? Surtout pas. La charge érotique de ce film les laissera de glace alors que nous ferons le décompte des symboles sexuels.

La transformation de la Bête en Prince charmant est décevante. On est immédiatement en deuil de la Bête. Le prince de pacotille ne fait carrément pas le poids. En y regardant bien, la Belle semble du même avis. 

On aurait le goût de dire comme Greta Garbo après avoir visionné le film : "Rendez-nous notre Bête".

Visionné, la première fois, en 1978 à la télévision
Mon 163ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 30 décembre 2022

20 février 2010

162. Badham : Saturday Night Fever



Film américain réalisé en 1977 par John Badham
Avec John Travolta, Karen Lynn Gomey, Donna Pescow, Barry Miller, Joseph Cali

Je me souviens être aller voir ce film juste pour être raccord avec la mode de l'été 78. Le disco venait de nous exploser en pleine face et ce film en était la fusée porteuse. Ce film était partout. Ne pas l'avoir vu était d'un ringard irrécupérable. Alors, j'ai fait acte de présence. Je détestais le disco et voir ce film n'arrangea certainement pas les choses.

Je ne crois pas qu'il y ait eu une décennie au 20ème siècle qui ait accouché d'une mode musicale aussi insignifiante. Imaginez, on a eu le jazz, le blues, le folk, le rock, le punk, le rap, pouvez-vous vraiment accoler le disco à cette liste ?

Revenons au cinéma. Soyons honnête, c'est un film qui se regarde. On y retrouve des accents, en mode mineur évidemment, des films avec James Dean, tel Rebel Without a Cause de Nicholas Ray : une jeunesse perdue qui côtoie les précipices - au propre comme au figuré. Mais la comparaison s'arrête là tant la banalité du scénario est désarmante.

Cependant, comme tout ce qui touche New York m'intéresse, ce film m'a accroché, même 30 ans plus tard. C'est toujours un peu émouvant d'apercevoir dans le skyline newyorkais les tours du World Trade Center. À chaque film dont le tournage se passe à New York, je m'applique à les rechercher et je me rappelle un jour d'octobre 1979 où j'étais monté sur le toit de l'une d'elle pour y faire des photographies à utiliser dans mon cours de Géographie urbaine. Sur l'une d'elle, on peut même apercevoir (en bas à droite) la signature de l'homme-araignée, George Willig, qui l'avait escaladée deux ans auparavant.

Vue en direction du Midtown par un beau jour sans pollution.

Ce que j'aime de ce film se résume aux aperçus de différents paysages urbains : le quartier ouvrier de Bay Ridge dans Brooklyn, entrevu lors de la fameuse séquence de la déambulation de Travolta au début du film, le pont de Brooklyn avec le skyline de downtown, Greenwich Village et ses appartements pour "bobos" et le pont Verrazano-Narrows, théâtre de jeu suicidaire - réplique de la course automobile vers le précipice de Rebel Without a Cause.

Critique. Cahiers du Cinéma. Mai 1978. Numéro 288. Par Bernard Boland
Les 300 premiers numéros des Cahiers du Cinéma sur Archive.org

Visionné, la première fois, le 8 août 1978 au cinéma à Québec
Week-end passé à Québec; les seules vacances de cet été 1978, passé à rénover une maison que j'avais achetée au mois de mai. Elle était située en bordure de la rivière Richelieu dans le très joli village de Saint-Antoine-sur-Richelieu. J'avais décidé de faire une tentative de vie en milieu campagnard, moi une vraie fleur de macadam. Pas mon truc la vie en campagne. N'a duré que 4 ans puis je suis retourné à la vitesse de l'éclair au cœur de Montréal avec un balcon arrière sur ruelle et un cinéma de répertoire à 5 minutes à pied, la vraie vie, quoi.

Saint-Antoine-sur-Richelieu, à 60 kilomètres de Montréal

Ah oui, j'oubliais : le pape Paul VI casse sa pipe cette journée-là
Mon 162ème film visionné de la liste du livre de Schneider
Mis à jour le 30 décembre 2022

15 février 2010

161. Allen : Annie Hall




Film américain réalisé en 1977 par Woody Allen
Avec Woody Allen, Diane Keaton, Tony Roberts, Karol Kane, Paul Simon, Shelley Duvall
Première apparition au cinéma de Sigourney Weaver.

Annie Hall, c'est une photographie de la culture intellectuelle nordaméricaine des années 1970.

Tout un festival de références culturelles à tous les niveaux : littéraire, cinématographique, musicale, sociologique, politique. Complètement jouissif pour ceux qui, comme moi, ont côtoyé cette culture - une culture du Moi complètement obnubilée par la question sexuelle. Un Ego tout préoccupé par la gestion de ses pulsions et qui rejette en arrière-plan le politique.

Woody Allen, c'est l'Amérique qu'on aime, que j'aime, qui m'a permis de me dépêtrer de mon anti-américanisme idéologique et d'ouvrir la voie à la découverte d'un pays fascinant en entrant par la porte de New York. 

New York qui, à cette époque, est à l'agonie comme le dit un des personnages du film. La ville est en complète faillite financière, elle n'arrive plus à assurer les services de base dont elle a la charge : éducation, santé, logement social sont en déperdition. Le paysage urbain est une catastrophe. Le Bronx est rongé par les incendies. Harlem ressemble à une ville bombardée. L'insécurité et la corruption policière se nourrissent mutuellement. Enfin, on fuit cette ville.

C'est à ce moment qu'apparaît une des actions qui allaient chambarder le paysage urbain de la majorité des villes nordaméricaines. New York, pour empêcher l'exode de la classe moyenne, source majeure de son financement, lance une campagne publicitaire pour revamper la vie dans la grosse pomme. Apparaîtra alors le fameux slogan I Love New York, qu'on verra reproduit à toutes les sauces dans les décennies suivantes. Et la magie opère. On revient en ville. On redécouvre les joies de la vie urbaine tout en récupérant les 20 heures perdues chaque semaine dans les transports pendulaires entre le centre-ville et la banlieue. C'est depuis cette époque, fin des années 1970, qu'on assiste partout en Amérique du nord à la renaissance du cœur des villes.
Fin du cours de géographie urbaine.

New York que j'aime et que j'ai visité à une dizaine de reprises. New York qui a tellement changé entre ma première visite, en 1979, où l'on voyait un peu partout des autos désossés et percutées de balles en bordure de la rue (le New York de Midnight Cowboy), et la dernière fois, en juin 2009, où l'on se promenait, en toute tranquillité dans le quartier de Times Square à 1 heure du matin.

À propos du titre, un peu à côté de la plaque : "The film should be entitled "How Alvy Singer Learned to Forget Annie Hall and Keep Worrying About Himself". David Thomson, critique britannique, auteur de "Have You Seen...?"

On a l'impression de revoir, 10 ans plus tard et dans un contexte nordaméricain, un film de la Nouvelle Vague. On retrouve le même goût chez Allen de nommer ses plaisirs cinéphiliques - Bergman, Fellini, Renoir, Ophuls, etc. - comme on le faisait régulièrement chez Godard ou chez Truffaut.

Oscars 1978. Quatre statuettes : film, réalisateur, actrice pour Diane Keaton et scénario.

Visionné, la première fois, le 16 avril 1978 au cinéma à Montréal
Mon 161ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 30 décembre 2022

07 février 2010

160. Chaplin : Monsieur Verdoux



Film américain réalisé en 1947 par Charles Chaplin
Avec Charles Chaplin, Marilyn Nash, Isobel Elsom, Martha Raye, Irving Bacon, William Frawley.

Je n'aime pas ce monsieur Verdoux, hautain, pédant, méprisant ; c'est le seul personnage interprété par Chaplin que je déteste. Ses tirades de la fin du film me laissent pantois. Quand on sait que Chaplin, à juste titre, a prôné l'ouverture d'un front soviétique durant la Seconde guerre mondiale, il ne peut pas, comme il le fait à la fin du film, nous seriner son couplet "pacificard" : "Un meurtre fait un bandit, des millions, un héros (Hitler, un héros ?). Le nombre sanctifie!" N'importe quoi. C'est une belle boutade (emprunté au Bishop Beilby Porteus, un abolitionniste anglais du 18ème siècle), j'en conviens, mais comme toutes les caricatures, c'est un peu court sinon simpliste.

Mais j'aime ce film. Le scénario, vaguement inspiré de l'affaire Landru (celui qui était pour la femme au foyer, comme disait mon copain d'université, Charles), guillotiné en 1922, est d'une construction impeccable. Il nous tient en haleine pendant toute la durée du film. Par ailleurs, nullement touché par ce film, contrairement à tous les Chaplin jusqu'à Limelight.

Charlot n'est pas mort. Certaines séquences nous montrent des comportements clonés sur ceux de Charlot : la séquence de la chaloupe, par exemple. On y retrouve Charlot parachuté au beau milieu de Verdoux ; du plus mauvais goût, je trouve.

Caméo d'Edna Purviance. Elle s'était retiré du cinéma en 1927 à l'âge de 32 ans mais Chaplin l'a gardé sur sa liste de paie jusqu'à son décès en 1958. Seule autre apparition, en caméo, dans Limelight.

Visionné, la première fois, le 24 mars 1978 à la télévision à Montréal
Mon 160ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 6 mars 2023

26 janvier 2010

159. Bertolucci : Novecento




Film italien réalisé en 1976 par Bernardo Bertolucci
Avec Gérard Depardieu, Robert De Niro, Dominique Sanda, Francesca Bertini, Laura Betti, Werner Bruhns, Alida Valli, Stefania Sandrelli, Donald Sutherland, Burt Lancaster, Sterling Hayden

Par ce bel après-midi neigeux, en m'entraînant au mont Royal, j'ai écouté dans mon IPod cette chanson de Jean Ferrat, La montagne, qui nous dit qu'il est dommage que les rats des champs deviennent des rats des villes. C'était une de mes chansons fétiches au temps de ma jeunesse. En l'écoutant, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le lien avec le film de Bertolucci. Novecento c'est, ni plus ni moins, Ferrat qui fait du cinéma. Si Ferrat avait voulu faire un film sur la lutte des classes, c'est Novecento qu'il nous aurait donner à voir sans les scènes de nudité (Ah! divine Dominique Sanda) et de violence gratuite (le massacre du petit Patrizio). Ce Novecento, c'est de la pure naïveté, à des kilomètres de la réalité du monde rural de l'Italie à l'époque du fascisme.

On n'attendait certainement pas un tel film, sans nuances et accrocheur, d'un cinéaste qui nous avait donné Le dernier tango à Paris, quatre ans auparavant. Peut-être que Bertolucci, par ce manichéisme tonitruant (tous les paysans sont gentils et solidaires, tous les fascistes sont des pervers sanguinaires), nous demande tout simplement de retrouver notre cœur d'adolescent révolutionnaire : prolétaires de tous les pays, unissez-vous. N'a jamais marché ce machin.

Allez ! un peu de nostalgie... la chanson Vingt ans de Ferré : "et en cherchant son cœur d'enfant, on dit qu'on a toujours vingt ans". Buena notte Robert.

Le financement du film par le triumvirat d'Hollywood (United Artists, Paramount et 20th Century Fox) explique peut-être ses allures d'immense tarte à la crème.

Avez-vous reconnu Sterling Hayden, le personnage principal du film de Stanley Kubrick, The Killing dans le rôle du grand-père d'Olmo ?

Le fasciste Attila (Donald Sutherland), sûrement l'un des dix personnages les plus ignobles de l'histoire du cinéma. On ne peut faire pire à titre de "gros méchant loup". Sutherland a tellement été horripilé par son personnage qu'il a refusé de revoir ce film pendant de nombreuses années.

Visionné, la première fois, le 11 mars 1978 au cinéma Parisien à Montréal
Le Cinéma Parisien, situé sur la rue Sainte-Catherine ouest, qui a hébergé pendant de nombreuses années la programmation du Festival des Films du Monde, a fermé ses portes le 11 avril 2007
Mon 159ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Retiré de la liste de Schneider en 2013.
Mis à jour le 29 décembre 2022

19 janvier 2010

158. Chaplin : Modern Times



Film américain réalisé en 1936 par Charles Chaplin
Avec Charles Chaplin et Paulette Goddard

À 22 ans, le petit vagabond nous fait ses adieux en nous laissant sur une note d'espoir.



Mais non, sans auparavant, avoir jeté quelques pavés à la figure de l'industrialisation sauvage qu'il estime être responsable de ces millions de travailleurs jetés à la rue pendant la Dépression (c'est Chaplin plutôt que Charlot qui dit ça - d'ailleurs celui-là subira les foudres du maccarthysme dans les années 50 à cause justement de ce Modern Times).

Le début de Modern Times, c'est un peu Metropolis de Fritz Lang rejoué
.
À propos de la chaîne de montage qui rend fou, voir un documentaire de Louis Malle tourné en 1974, Humain, trop humain. Pénible à voir parce que tellement long mais un documentaire très percutant quant à la déshumanisation du travail à la chaîne dans l'usine de Citroën à Rennes. Un boulot lancinant et pénible qui mène tout droit à la dépression. Film sorti dans l'intéressante collection Eclipse chez Criterion. On retrouve dans ce même coffret un impressionnant documentaire de Malle de 6 heures sur l'Inde : L'Inde fantôme - un document qui n'a pas pris une ride.

Près de 10 ans après les premiers "talkies", Chaplin fait toujours de la résistance même si on sent bien que son combat contre le "parlant" est perdu. Donc, plutôt faire disparaître le vagabond plutôt que la compromission. On comprend que Charlot ne pouvait pas avoir le don de la parole - un tel personnage, probablement le plus universel de tous les temps devant Jésus-Christ et les Beatles (n'en déplaise à John Lennon), ne pouvait tout simplement pas commencer à parler anglais. Mais, avant d'abandonner le combat, pourquoi pas un dernier pied-de-nez de Charlot au cinéma bavard : la chanson en pseudo espéranto (j'y reconnais du français, de l'anglais, de l'italien, de l'espagnol et du portugais) dont l'air est emprunté à la chanson  Je cherche après Titine.

Une Noire dans le panier à salade qui emmène Charlot et la Gamine au commissariat. Des questions : combien de figurants noirs dans les films de Chaplin avant celui-ci ? Qu'est-ce qui motivait l'intégration de figurants noirs dans les films intégralement "blancs" de l'époque ?

Visionné, la première fois, le 9 mars 1978 à la télévision à Montréal

Mon 158ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022

08 janvier 2010

157. Chaplin : City Lights



Film américain réalisé en 1931 par Charles Chaplin
Avec Charles Chaplin, Harry Myers, Virginia Cherrill

Charlot fait de la résistance.
Quatre ans après la sortie du Jazz Singer d'Alan Crosland, on aurait dû s'attendre à un Charlot parlant mais il n'était pas question que ce personnage universel devienne tout à coup anglophone. Quel choc s'eut été. Il était décidé que Charlot ne parlerait jamais - plutôt le faire disparaître que de céder à l'impératif de la technologie du parlant.

Mais Chaplin ne pouvait pas s'empêcher de faire un pied-de-nez au cinéma parlant. La seule concession qu'il fait au parlant se trouve dans la première séquence du film dans laquelle les personnages (en fait, Chaplin lui-même) parlent à travers un gazou.

Un des beaux mélodrames de l'histoire du cinéma. Préparez vos mouchoirs. La première fois que j'ai vu ce film, ce fut un droit au cœur. Il faut dire que j'ai la larme facile au cinéma - des deuils de l'enfance non complétés ? C'est ce qu'on dit et j'aime bien cette explication. On a tous un enfant blessé qui dort au chaud quelque part au fond de nous.

Je dois vous faire partager cette expérience vécue par le critique de cinéma américain Roger Ebert au festival de Venise en 1972 :
"One night the Piazza San Marco was darkened, and City Lights was shown on a vast screen. When the flower girl recognized the Tramp, I heard much snuffling and blowing of noses around me; there wasn't a dry eye in the piazza. Then complete darkness fell, and a spotlight singled out a balcony overlooking the square. Charlie Chaplin walked forward, and bowed". Quel moment unique : le vagabond sur la place des Doges. J'aurais préféré être là plutôt qu'à Woodstock où je n'étais pas non plus.

D'après James Agee, romancier américain gagnant d'un prix Pulitzer, la séquence finale de la rencontre entre le vagabond et la fleuriste (pastichée par Giulietta Masina dans les Nuits de Cabiria de Fellini et par Woody Allen dans Manhattan) serait "the greatest piece of acting and the highest moment in movies.” Bon, un peu exagéré mais, par ailleurs, il est vrai que c'est une séquence très émouvante.

Curiosité : Sauriez-vous reconnaître Jean Harlow dans son dernier rôle de figurante ?

Visionné, la première fois, le 2 mars 1978 à la télévision à Montréal
Mon 157ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022

03 janvier 2010

156. Chaplin : The Gold Rush




Film américain réalisé en 1925 par Charles Chaplin 
Avec Charles Chaplin, Mack Swain, Tom Murray, Georgia Hale, Henry Bergman

Hier, j'ai vu au cinéma Beaubien à Montréal, le dernier Almodovar, Los abrazos rotos (Étreintes brisées), grande déception que ce mélo dont la fin est ratée. Restez plutôt à la maison et dégagez votre entrée qui vient de recevoir 20 centimètres de neige. En récompense, allez vous chercher les Inglorious Basterds qui vient de sortir en dvd.

Revu The Gold Rush, version de 1942 (poster ci-haut de 1941). Chaplin donne sa voix à son film. Ce n'est pas une idée fameuse. Cette voix, même si elle est de Chaplin, est agaçante. Le film se défendait très bien en muet. On a l'impression qu'il nous prend pour des tarés en "surtitrant" toutes les scènes de dialogue. Pas aimé.

Seule prise extérieure du film : la reproduction du passage du col de Chilkoot, entre la Colombie-Britannique et l'Alaska, emprunté par des dizaines de milliers de chercheurs d'or à la fin du 19ème siècle. La scène a été tournée au Sugar Bowl dans la Sierra Nevada près du Lac Tahoe en Californie. Pour tourner la scène, Chaplin a eu besoin de centaines de figurants qu'il est allé littéralement cueillir dans les rues de Sacramento.

Col de Chilkoot en 1898. La scène que Chaplin a reproduite au début de son film

Un tas de scènes d'anthologie : le bouilli de bottes, poulet à la Charlot, la tempête dans la cabine, la glissade de la cabine et, la plus fameuse, la danse des petits pains, idée empruntée à Roscoe Arbuckle (dont la carrière prit fin en 1923 à la suite à d'injustes accusations d'homicide) dans le film The Rough House.

Visionné, la première fois, le 24 février 1978 à la télévision à Québec
Mon 156ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022

26 décembre 2009

155. Weir : Picnic at Hanging Rock



Film australien réalisé en 1975 par Peter Weir
Avec Rachel Roberts, Helen Morse, Kirsty Child, Anne-Louise Lambert, Tom Llewellyn-Jones, John Jarratt

On pourrait dire de ce film que c'est une immense pâtisserie victorienne arrosée par l'imbuvable flûte de pan de Zamfir. Mais trêve de cynisme. Ce film est magnifique.

Ce film est une prouesse esthétique. Quel beau film! Une palette de couleurs étonnamment riche, des plans comme des tableaux de Renoir, des filles à faire rougir les modèles de Botticelli ou Les demoiselles d'Hamilton, une trame musicale de rêve (même si Zamfir me les casse un peu avec sa flûte de pan).


Cette photo qui n'a rien à voir avec le film résume bien l'ambiance érotique du film de Peter Weir. Pas de sexualité exposée mais un volcan érotique qui couve sous une apparence de filles bien sages élevées dans le dogmatisme de l'ère victorienne; comme cette montagne, Hanging Rock, qui est, en fait, un volcan dont la lave n'a jamais atteint la surface et que l'érosion différentielle a dégagé au cours des millénaires, phénomène géologique que l'on retrouve à l'origine du mont Royal à Montréal, voisin de mon lieu de résidence et terrain de prédilection pour mon entraînement en vue de mes treks en montagne.

Visionné, la première fois, le 27 janvier 1978 au cinéma à Montréal
Mon 155ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022

22 décembre 2009

154. Lucas : Star Wars


La guerre des étoiles
Bien traduit, ce serait Les guerres de l'Étoile.

Film américain réalisé en 1977 par George Lucas
Avec Mark Hamill, Carrie Fisher, Harrison Ford, Alec Guinness, Peter Cushing,

Le blockbuster de Noël 1977.
Comment dire ? Quand on aime visionner à multiples reprises des films tels que Cris et chuchotements de Bergman, que peut-on dire d'un tel film ? Que j'avais cédé à la mode du temps ? Que je fus emporté par l'immense publicité qui portait ce film au panthéon de la science-fiction ? J'aime bien la science-fiction mais plutôt dans le style Truffaut (Fahrenheit 451) ou Tarkovsky (Solaris) ou Kubrick (2001, Space Odyssey) mais pas vraiment dans le style guimauve de Star Wars, ce western stellaire de série B.

Par ailleurs, ce qui m'agace au plus haut point : d'où vient cette incapacité d'une pléthore de productions américaines de films catastrophes ou de films de science-fiction à supporter le tragique ? Pourquoi faut-il constamment édulcorer ce tragique de scènes ou de réparties humoristiques ?  Pourquoi faut-il constamment introduire un Han Solo dans la trame dramatique afin d'en alléger la tension ? Trêve de rhétorique. On connaît la réponse. Plaire à un maximum de spectateurs qui viennent au cinéma pour se détendre. Donc, plutôt, un film sage à grosse morale hollywoodienne édifiante : Que la force soit avec toi - un gros pop-corn avec ça ?

Post-scriptum qui n'a rien à voir :
Demain, j'atteindrai mon 940ème film visionné du livre 1001 Movies You Must See Before You Die de Steven Jay Schneider. Au programme, Funny Games version allemande de Michael Haneke. À ce moment-là, j'aurai épuisé toutes les ressources des clubs vidéo de Montréal et de la Bibliothèque nationale du Québec. Je devrai me tourner vers Amazon et Ebay pour continuer ma quête. Mais je vois déjà l'impossibilité de terminer cette liste, à court terme. Quand je pense que Roger Ebert, un des plus grands critiques de cinéma américain, n'en a vu que 943, ça me console.

En parlant de Roger Ebert, je suis en train de lire la critique qu'il fit de Star Wars en janvier 1977. Je vous jure que je ne l'avais pas lue avant d'écrire mon commentaire ci-haut. Tenez-vous bien. Ebert compare l'expérience qu'il a vécu au visionnement de Star Wars avec l'expérience qu'il a vécu en visionnant Cris et chuchotements de Bergman - I Can't Believe That !

Tirée de la même chronique, cette phrase de Roger Ebert qui explique ma "détestation " de ce film : "Star Wars effectively brought to an end the golden era of early-1970s personal filmmaking and focused the industry on big-budget special-effects blockbusters, blasting off a trend we are still living through."

Oscars 1978. Six statuettes mais pas celle pour le meilleur film qui est allée à Annie Hall de Woody Allen - yes! Direction artistique, costume, son, effets visuels, montage, musique

Visionné, la première fois, le 31 décembre 1977 au cinéma à Québec
Mon 154ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022

14 décembre 2009

153. Laloux : La Planète sauvage



Film d'animation de science-fiction franco-tchèque réalisé en 1973 par René Laloux 
Dessins de Roland Topor
Inspiré de l'œuvre de Stefan Wul, Oms en série

Un titre qui n'a rien à voir, en anglais (Fantastic Planet), non plus d'ailleurs.

On a vu dans ce film une allégorie de l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968 pour mettre un terme au Printemps de Prague. Pourquoi les films d'animation doivent-ils toujours être l'allégorie de quelque chose ? Ne peuvent-ils pas exister que pour eux-mêmes.
 

M'énerve cette entêtante et inutile quête de sens. Ne peut-on pas rester au premier degré : La planète sauvage est l'explication de la création de la planète Terre. Bon, moi ça me va comme ça : Les Oms dont le leader s'appelle Terr quitte une planète hostile pour une planète plus accueillante, inoccupée je suppose, pour créer leur propre civilisation. Pour en terminer avec l'allégorie mentionnée plus haut, se rappeler que l'œuvre de Stefan Wul dont s'inspire ce film a été écrite en 1957, 11 ans avant l'entrée des chars soviétiques à Prague.

La planète sauvage, c'est 72 minutes d'une petite merveille d'animation.

Cannes 1973 : Prix spécial du jury

Visionné, la première fois, le 6 novembre 1977 à Montréal
Mon 153ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022

07 décembre 2009

152. Minnelli : An American in Paris



Film américain réalisé en 1951 par Vincente Minnelli
Avec Gene Kelly, Leslie Caron, Oscar Levant, Georges Guétary, Nina Foch

J'avais gardé une meilleure impression de ce film. Quelle tarte à la crème ! Enlevez la musique de Gershwin et les numéros de danse de Gene Kelly, il ne reste plus grand chose à se mettre sous la dent. L'interminable (16 minutes) et assez ennuyante chorégraphie (que je suis de mauvaise foi ! il est excellent ce ballet) qui vient clore le film ne le rachète en rien, non plus que la présence de l'ineffable Georges Guétary.

La revue de cinéma Première a sélectionné ce film parmi les 20 films les plus surévalués de l'histoire du cinéma américain. D'accord

Après de belles images aériennes du Paris d'après-guerre en introduction, deux heures de Paris en carton-pâte avec le plus grand rassemblement de clichés sur Paris jamais mis en film. Un Paris comme voulaient le voir les Américains d'alors.

Le personnage du peintre interprété par Gene Kelly est un clin d'œil aux écrivains américains de la Lost Generation qui ont habité à Paris entre les deux grandes guerres. Entre autres lectures, je vous suggère Paris est une fête d'Ernest Hemingway et Tropique du Cancer d'Henry Miller, par qui tous les scandales arrivent.

Oscars 1951 : Six statuettes. Film, scénario, caméra, direction artistique, costume et musique.

Visionné, la première fois, en octobre 1977 à la télévision à Montréal
Mon 152ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022

30 novembre 2009

151. Tati : Les Vacances de monsieur Hulot



Film français réalisé en 1953 par Jacques Tati.
Avec Jacques Tati, Nathalie Pascaud (Martine)

Ça tombe bien, les nôtres de vacances, viennent de se terminer. On n'a pas pu compléter le mini-tour de la Méditerranée (Espagne-Maroc-Algérie-Tunisie-Italie) parce que nous n'avions pas fait de réservation pour le traversier Tunis-Palerme (Sicile) et que tout était complet depuis des lunes. 

Après avoir traversé l'Espagne du nord au sud et le Maroc par le Rif nous nous sommes baladés pendant 14 jours en Algérie (14 jours étant la limite de notre visa de séjour) puis retour à Paris en empruntant la route étroite et cahoteuse des montagnes du Rif (nord du Maroc) et la route qui longe la Costa del Sol en Espagne afin de nous soulager un peu des rigueurs de la vie quotidienne un peu spartiate au pays du socialisme à la Boumediene.

Retenons : Un grand coup de cœur pour l'Algérie et une affection plus particulière pour les Berbères Kabyles. Entendre Idir chanté A Vava Inouva à travers un petit transistor d'un jeune berbère assis sur les bords d'un cours d'eau encastré dans une vallée de l'Aurès fut une expérience émotionnelle bouleversante.

Donc, retour à Paris, vacances terminées. Le soir précédant le retour à Montréal, ces Vacances de monsieur Hulot.

Le facteur de Jour de fête a troqué son vélo pour une Amilcar 1924 pétaradante, annonciatrice des perturbations que subiront les vacanciers de l'Hôtel de la Plage. Tout le monde va écoper, sauf Martine, la jeune blonde imperturbable - dont la princesse Leia de Star Wars a emprunté les rouleaux sur les oreilles - spectatrice comme nous des facéties, des gaffes et des pantalonnades de Hulot.

Ni film muet, ni film parlant, un film sonore. Est-il un son plus représentatif de l'ennui qui règne dans ce type de vacances en pension complète que le bruit, fortement amplifié par Tati, que fait la porte de la salle à manger à chaque fois que quelqu'un y passe. Je vous assure, ce bruit vous poursuivra le restant de vos jours à chaque fois que vous pensionnerez à un quelconque Hôtel de la Plage, ce que je ne vous souhaite pas, évidemment, à moins d'y rejouer Hulot.

Avez-vous reconnu Jean-Sol Partre - clin d'œil au Bison Ravi - l'intello à pipe et lunettes draguant Martine à l'aide de lectures d'articles analysant la conjoncture politique à travers une grille marxiste 

Visionné, la première fois, le 10 août 1977 au cinéma à Paris
Mon 151ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022

21 novembre 2009

150. Oshima : L' Empire des sens



Film japonais réalisé en 1976 par Nagisa Oshima
Avec Tatsuya Fuji, Eiko Matsuda

C'est le début de l'été de 1977, je viens d'arriver à Paris avec le projet de faire avec Annie, un demi-tour de la Méditerranée en auto : deux mois pour parcourir France-Espagne-Maroc-Algérie-Tunisie-Italie-France. Avons loué une Simca à laquelle nous avons l'intention de mettre 10 000 kilomètres au compteur. En attendant mon amie qui n'arrivera que dans quelques jours, je me balade dans Paris. À cause du décalage horaire, je me lève tôt pour aller me promener dans les dernières échoppes des Halles qui n'ont pas encore été transférées à Rungis. J'aime bien fréquenter les cafés de l'aube, bondés de travailleurs qui viennent de finir leur nuit; la bière et les p'tits rouges de comptoir coulent à flot dans une atmosphère terriblement enfumée à six heures du matin.

J'habite le célèbre hôtel Saint-André-des-Arts (célèbre auprès de la clientèle nord-américaine, parce que bien coté dans le guide Paris on 15$ a Day, ai-je bien dit 15$ par jour ?) sur la rue du même nom au cœur du Quartier Latin à côté du mythique cinéma Saint-André-des-Arts, haut-lieu de la cinéphilie depuis les années 1950. C'est là que je verrai L'Empire des sens.

Je ne connaissais rien de ce film. Imaginez le choc ressenti. Le lieu, le cinéaste me disaient bien que je n'étais pas dans une salle de cinéma porno mais, quand même, je n'avais jamais vu de scènes sexuelles aussi explicites dans toute ma carrière de cinéphile. Cela étant, j'ai été submergé par cette histoire de passion amoureuse, non, pas amoureuse, sexuelle. C'est la radicalité du désir sexuel qui nous bouleverse, qui nous transporte au-delà des différentes exhibitions crues de la mécanique sexuelle.

Ai no corrida signifie littéralement "La corrida de l'amour". Belle métaphore qui illustre bien ce duel entre la femme et l'homme dans lequel les protagonistes échangeront leur rôle. Si, au début, l'homme se positionne comme le maître d'œuvre de la jouissance, peu à peu, cette maîtrise lui échappera au profit de la femme qui, par la multiplication des "encore" - le mot de la jouissance féminine - lui fera rendre armes et bagages et quelques éléments de sa plomberie personnelle, le trophée du toréador, si je peux me permettre de compléter la métaphore de la corrida.

Eiko Matsuda, interprète du personnage historique (puisqu'inspiré d'une affaire criminelle japonaise de 1936) Sada Abe, était une actrice non-professionnelle. Elle restera à jamais étiquetée par ce film, ce qui l'empêchera de continuer sa carrière au cinéma.

Visionné, la première fois, le 20 juin 1977 au cinéma St-André-des-Arts à Paris
Mon 150ème film visionné des films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022

13 novembre 2009

149. Wilder : Some Like It Hot


   Affiche originale

Affiche polonaise de 1987
Certains l'aiment chaud
En fait, la traduction correcte devrait être : Certains aiment le Jazz Hot

Film américain réalisé en 1959 par Billy Wilder
Avec Marilyn Monroe, Tony Curtis, Jack Lemmon, George Raft, Joe E. Brown

Encore un bon film américain que je n'ai pas su aimer à l'époque. Il faut savoir que les années 1970 ont été pour moi une décennie de cinéphilie intense orientée presque exclusivement sur le cinéma d'auteur et le cinéma du monde (non américain).

Je me souviens avoir vu ce film avec un œil goguenard, sans vraiment être intéressé par cette comédie burlesque interprétée par des acteurs qui me laissaient indifférents, si, si même la "gorgeuse" Marilyn, que je trouvais d'une telle insipidité. Encore une fois, un rôle de nunuche. Pauvre petite, marquée au fer rouge du machisme masculin, à jamais ancrée dans des rôles de plantureuse blonde insignifiante.

Je viens de revoir ce film. Mon commentaire demeure. Je ne sais toujours pas aimer ce type de cinéma américain probablement parce que j'en ai trop vu. Pour moi, ça demeure du gros burlesque qui peut, à l'occasion me faire sourire, mais qui, au grand jamais, ne me fera crier au génie. Au 15ème rang des meilleurs films du 20ième siècle ! je rêve ou quoi. Je le reculerais dans la liste de 200 ou 300 rangs. Mais malgré tout cela, quelques séquences anthologiques : le spot qui déshabille Marilyn dans le plus habillé des stripteases, le tango entre Daphnée (Jack Lemmon) et Osgood (Joe E. Brown) et la réplique qui clôture le film.

Lecture cinéphilique en cours
J'adore, de temps à autre, faire une plongée dans ma collection des Cahiers du Cinéma dont je possède les 400 premiers numéros. J'aime bien relire intégralement un des Cahiers "jaune"; la collection "jaune" s'étend jusqu'au numéro 159 - octobre 1964.
Lecture intégrale du numéro 50 (août-septembre 1955) des Cahiers du Cinéma.
Des textes de Roberto Rossellini, François Truffaut, André Bazin, Jean Epstein, Abel Gance et un long texte sur la mort de Jean Vigo. Du bonbon, tout ça.

Betsy Blair et Ernest Borgnine dans Marty de Delbert Mann

Oscars 1960 : Costumes

Visionné, la première fois, le 10 juin 1977 à la télévision à Montréal
En fait, je devais être dans l'appartement d'Annie à Longueuil (banlieue Rive Sud de Montréal). Nous nous préparions à faire le plus gros voyage de notre vie : rien de moins que le tour de la Méditerranée en auto. Il fallait être totalement ignorant des problèmes géopolitiques de cette partie du globe pour croire une telle chose possible. Ah! la naïveté des jeunes voyageurs qui permet d'ouvrir des fenêtres sur d'autres ailleurs. Mais, quand même, deux semaines à parcourir l'Algérie.
Mon 149ème film des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022

04 novembre 2009

148. Lumet : Network


Main basse sur la TV
Encore une mauvaise traduction de titre de film.
"Ce que dénonce Lumet, c'est que la télévision fait main basse sur le monde" 
Jean-Louis Bory. 22 mars 1977

Film américain réalisé en 1976 par Sidney Lumet
Avec Faye Dunaway, William Holden, Peter Finch, Robert Duvall, Beatrice Straight

Film didactique sur la "méchante" télévision.
Le hic, c'est que ça fait 30 ans que les média nous rabâchent ce thème de la poursuite des cotes d'écoute. Alors, comme on n'est plus vraiment des néophytes en la matière, on risque d'être peu ému en visionnant à nouveau ce film qui a dû, par ailleurs, certainement ébranler les consciences, à l'époque.

On a l'impression qu'on n'est jamais sorti de ce film tant la réalité actuelle du monde télévisuel dépasse outrageusement la fiction. Finalement, j'en ai tellement marre de ce sujet de la poursuite des cotes d'écoute par les grandes chaînes télé que ça gâte un peu le plaisir de revoir ce grand film qui osait aborder en profondeur cette plaie du monde des média. Ajouter à cela une dose importante et horripilante de "télévangélisation" et vous avez un film qui m'agace à plusieurs reprises.

Ceci étant dit, ça demeure une sacrée bonne analyse du milieu de la télévision avec des accents prophétiques impressionnants. Impressionné aussi par l'habileté de Lumet à toucher à tant de thèmes : le milieu de la télévision, la course aux cotes d'écoute, la psychose paranoïaque, les gauchistes américains (toutes les séquences de cette partie auraient pu carrément sauter au montage, le film y gagnant en limpidité), la libération sexuelle (Dunaway draguant le vieux Holden, savoureux), les relations extra-maritales, etc.

Le plaisir de revoir le visage de Faye Dunaway; par ailleurs, un peu décontenancé sinon choqué (sous le choc), par ce corps aux limites de l'anorexie. Un corps qui représente bien ce personnage émotionnellement vide - le cœur mangé par les "ratings".

Oscars 1977 : Quatre statuettes. Faye Dunaway (actrice), Peter Finch (acteur), Beatrice Straight (actrice dans un rôle secondaire - une statuette obtenue avec seulement 5 minutes et 40 secondes de présence à l'écran) et une statuette pour le scénario

Visionné, la première fois, le 6 février 1977 au cinéma à Montréal
Mon 148ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022

27 octobre 2009

147. Corman : The Masque of the Red Death



Film britannique réalisé en 1964 par Roger Corman 
Avec Vincent Price, Jane Asher, Hazel Court, David Weston

Je ne me souviens plus du tout de ce film qui m'apparaît très mineur, peu intéressant. Vraiment, en 1977, j'évitais ce type de film. La soirée devait être drôlement moche pour que je m'écrase devant la télé pour me taper un film d'horreur, moi qui les avais tellement en... horreur.

Allez, on se farcit à nouveau ce film. Pas toujours rose ce foutu concept de revoir tous les films de Schneider au fil de ma chronologie personnelle. (En fait, j'adore !)

Eh bien, je l'ai vu. Où avais-je la tête lorsque j'ai vu ce film en 1977 ? Enfermé dans mes préjugés contre les films d'horreur, probablement. Bon, ce n'est toujours pas le style de film que je préfère mais j'ai aimé ce film. C'est bien fait, ça rend bien le monde de Poe. Le méchant Prospero (Vincent Price) est méchant à souhait quoique son prêchi-prêcha finit drôlement par m'agacer. Mais plus près du théâtre que du cinéma, tant par le décor, la mise en scène et la déclamation de Prospero qui se prend pour un héros shakespearien.


Des influences évidentes de Hitchcock et de Bergman.

Hitchcock : La maîtresse de Prospero, Juliana (Hazel Court), qui se fait attaquer par des oiseaux noirs. Une scène onirique assez érotique dans laquelle Francesca (Jane Asher), terrorisée, pousse des cris qui sortent directement de la scène de la douche de Psycho.

Bergman : Le personnage encagoulé de la mort est une belle transposition du même personnage que l'on retrouve en joueur d'échecs dans le Septième sceau. La ressemblance entre le Septième sceau (1957) et Le masque de la mort rouge était tellement évidente pour Roger Corman qu'il retarda de quelques années la production de son film pour marquer un décalage entre les deux films.

Visionné, la première fois, le 22 janvier 1977 à la télévision à Montréal
Mon 147ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 29 décembre 2022