13 juillet 2023

318. Demme : Philadelphia



Film américain réalisé en 1993 par Jonathan Demme
Avec Tom Hanks, Denzel Washington, Antonio Banderas, Roberta Maxwell, Buzz Kilman, Joanne Woodward, Jason Robards

Procès pour discrimination contre un sidéen. Occasion, pour le grand public, de se confronter avec ses préjugés, ses peurs, ses fantasmes sur la question homosexuelle. Un film convenu rempli de bonnes intentions. Beaucoup de moraline. Un classique : l'avocat homophobe (Washington) qui défend le sidéen et qui, touché par le combat de son client, voit son homophobie se fragilisée puis disparaître.

Pourquoi Philadelphie ? C'est là qu'a été acceptée la constitution américaine, la Loi suprême des États-Unis, le 17 septembre 1787 dont un amendement stipule que tous sont égaux devant la loi.

De superbes airs d'opéra dont quatre sont interprétés par Maria Callas. Le plus émouvant et celui qui occupe une longue séquence la veille du dernier jour du procès :  La Mamma morta de l'opéra Andrea Chénier d'Umberto Giordano. Callas accompagne aussi Denzel Washington au retour à la maison avec O Nome Tutelar tiré de l'opéra La Vestale de Gaspare Spontini. Si vous n'êtes pas gagné à l'opéra après ces deux airs, vous êtes perdus pour la Musique. Il vous reste Mr Sandman interprétée par The Flirtations lors du party gay.

Encore de la musique : la très belle chanson de Bruce Springsteen en ouverture du film. 

On a certainement voulu ménager le public, on ne montrant pas la terrible déchéance physique que devaient affronter les sidéens avant l'arrivée de la nouvelle pharmacopée.

Après trois ans de covid, on comprend très bien la peur des non infectés lorsqu'ils rencontrent des infectés (se souvenir que dans les années 1980, on parlait de la peste gay). À l'époque du film, on trouvait ce comportement pratiquement discriminatoire alors que l'on sait, après la Covid, que c'est un comportement tout à fait des plus sanitaires. D'accord, on ne peut pas attraper le sida par le toucher ou la proximité des flux respiratoires - mais à l'époque, on pouvait avoir des doutes compréhensibles sur un virus dont on ne connaissait que dalle.

Oscars 1994. Deux statuettes : acteur pour Tom Hanks, musique pour la chanson originale Streets of Philadelphia par Bruce Springsteen.
Berlin 1994 : Ours d'argent pour Tom Hanks

Visionné, la première fois, le 14 aout 1994 sur VHS 
à Montréal.
Mon 318ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider




12 juillet 2023

317. Zemeckis : Forrest Gump



Film américain réalisé en 1994 par Robert Zemeckis
Adaptation du roman de Winston Groom
Avec Tom Hanks, Robin Wright, Gary Sinise, Mykelti Williamson, Sally Field Rebecca Williams, Michael Conner Humphreys

Tout un festival de souvenirs. La boite de chocolats est gigantesque.

Ce que j'aime de ce film, c'est que j'ai l'âge de Forrest Gump et, dans certaines situations de ma vie, presque son Q.I. Il est né, comme moi, dans les années 40, ce qui nous permet de revisiter les années politiques et culturelles des années 50, 60 et 70 avec une trame musicale conséquente. Une revisite tout ce qu'il y a de plus conforme avec l'image nostalgique qu'on a de cette période. 

Image stéréotypée, évidemment. Un exemple : l'imagerie hippie - la très grande majorité des jeunes n'ont jamais adopté ce comportement. Dans le quartier ouvrier où j'habitais, Limoilou à Québec, on se faisait traiter de tapettes, mon ami André et moi, parce qu'on portait des sandales et qu'on avait les cheveux longs. Alors, les hippies, on les voyait à la télé mais certainement pas dans les usines du quartier.

Parmi la multitude de répliques amusantes, celle concernant l'armée est la plus hilarante. Forrest lors de sa formation militaire : ''Ici, je me sens comme un poisson dans l'eau.'' Autrement dit, l'armée c'est une gang de tarés.

L'origine du déhanchement d'Elvis, quelle belle trouvaille !

Zemeckis reprend à son compte la technique utilisée par Woody Allen dans Zelig (1983) : l'introduction du personnage dans de réelles séquences d'actualités télévisées. Amusant mais du déjà-vu.

Oscars 1995. Six statuettes : film, réalisateur, scénario, acteur à Tom Hanks, effets spéciaux visuels, montage.

Visionné, la première fois, le 26 juillet 1994 au cinéma de la Place Versailles à Montréal.
Mon 317ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


10 juillet 2023

316. Allers et Minkoff : The Lion King




Film américain réalisé en 1994 par Roger Allers et Rob Minkoff
Parmi les voix : James Earl Jones, Matthew Broderick, Jeremy Irons, Rowan Atkinson, Whoopi Goldberg

Au cinéma avec ma fille Sandrine qui venait d'avoir 3 ans, debout pendant tout le film; ça restera à jamais comme une des plus belles séances de cinéma de ma vie de cinéphile.
 
Je ne reverrai pas ce film que j'ai vu peut-être 40 fois avec ma fille lorsqu'elle avait 3-4-5 ans.

Un gros hit qui me crée beaucoup de nostalgie, Can You Feel the Love Tonight, la chanson-thème chantée par Elton John. 

On peut dire que le Roi Lion a enterré Bambi dans la production lacrymale de Disney.

En 2013, jeune adulte, ma fille a interprété une des hyènes, lors d'une production du Roi Lion par les étudiants de l'Université de Montréal.  La boucle était bouclée.

Oscars 1995. Deux statuettes : Chanson et musique

Visionné, la première fois, le 7 juillet 1994 au cinéma de la Place Versailles à Montréal avec ma fille Sandrine qui venait d'avoir 3 ans.
Mon 316ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

09 juillet 2023

315. Spielberg : Schindler's List



Film américain réalisé en 1983 par Steven Spielberg
Avec Liam Neeson, (Oscar Schindler), Ben Kingsley (le contremaitre), Ralph Fiennes (le directeur du camp), Caroline Goodall, Jonathan Sagall, Embeth Davidtz, Malgoscha Gebel, Shmulik Lev, Mark Ivanir, Béatrice Macol

Après avoir vu ce film, on a le goût de se coucher en rond et de pleurer. Pleurer des larmes de rage sur l'ignominie des comportements nazis.

Mais pleurer aussi de gratitude sur le comportement d'un rare allemand qui a beaucoup risqué pour sauver 1100 Juifs en les faisant travailler dans son usine, les sauvant par le fait même des fours crématoires.

Oscar Schindler a reçu le titre de Justes parmi les Nations en 1967. Les Justes parmi les Nations, sont des non-juifs qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs de la Shoah.

Le directeur du camp de travail (Ralph Fiennes) dit à peu près en ces mots : '' Les Juifs ont mis 600 ans pour faire Cracovie telle qu'on la connaît. À partir de ce jour, on va effacer cette présence de 600 ans.'' En une phrase, l'idéologie de la solution finale juive.

Un petit manteau rouge (seule couleur du film) qui apparaît de temps à autre, comme le fil rouge de la psychanalyse, illustre le cheminement qu'ont dû suivre 6 millions de Juifs vers les fours crématoires.

Une scène mémorable : les femmes qui, après avoir été tondues et dépouillées de leur vêtement, sont poussées dans ce qu'elles croient être une chambre à gaz et qui s'avère, après des minutes d'angoisse, être une simple salle de douches qui propulsent de l'eau et non pas du Zyklon B.

Surprenant d'entendre chantée Billie Holiday dans le contexte de ce film. Elle chante God Bless the Child, mais il me semble que Strange Fruit aurait été plus appropriée.

En 1993, les descendants des Juifs de Schindler (6000) étaient plus nombreux que le nombre de Juifs qui vivaient en Pologne (4000)

Oscars 1994. Sept statuettes : film, réalisateur, scénario, direction artistique, photographie, montage et musique à John Williams.
Césars 1994. Meilleur film étranger

Visionné, la première fois, le 19 avril 1994 au cinéma de la Place Desjardins à Montréal.
Mon 315ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


07 juillet 2023

314. Kieslowski : Trois couleurs : Rouge



Film franco-polonais réalisé en 1994 par Krzysztof Kieslowski
Avec Irène Jacob (Valentine), Jean-Louis Trintignant (le juge), Frédérique Feder, Jean-Pierre Lorit, Samuel Le Bihan

Que c'est une belle rencontre, rare au cinéma, que celle de la jeune femme Valentine et du vieux juge à la retraite. Quelle belle idée que celle du vieux juge qui rêve de la jeune femme qui a 50 ans dans son rêve. 

Kieslowski, avec son escarcelle de hasards et de coïncidences, nous fait vivre des moments magiques. Évidemment, le deus ex machina arrange bien les choses à la fin : les méchants périssent et les bons survivent pour notre plus grand plaisir. Aussi, parmi les rescapés de la catastrophe finale, des personnages des deux autres films de la trilogie. Gros déficit de crédibilité mais, on s'en fout, on en retire une jouissance certaine.

Césars 95. Musique à Zbigniew Preisner.

Visionné, la première fois, le 10 avril 1994 au cinéma Berri à Montréal.
Mon 314ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

06 juillet 2023

313. KIeslowski : Trois couleurs : Bleu



Film franco-polonais réalisé en 1993 par Krzysztof Kieslowski
Avec Juliette Binoche, Benoit Régent, Florence Pernel, Charlotte Véry, Hélène Vincent, Philippe Volter, Claude Duneton, Hughues Quester, Emmanuelle Riva, Florence Vignon, Daniel Martin.

Comment dire ? Un film sur-fait comme on dit d'une scène qu'elle est sur-jouée ? À certains moments, l'expression ''dramatique-pompier'' me vient à l'esprit surtout lors de l'entrée tonitruante de la musique (merveilleuse, par ailleurs) couplée avec un plan noir qui nous annonce une progression dans la dramaturgie. 

Beaucoup de coïncidences et de hasards, on est bien dans du Kieslowski. Après avoir vu le Décalogue et la Double vie de Véronique, j'avoue que j'en suis gavé.

Psycho 101. Les phases de deuil. Le personnage de Binoche s'en passent carrément. Après une pensée suicidaire, cette femme, en pleine possession de ses moyens (comment peut-on après un tel traumatisme ?), réorganise sa vie en effaçant son passé qui lui reviendra par bribes. Déficit de crédibilité. Difficile de comprendre que la perte d'une enfant de 5 ans ait si peu de place dans le deuil d'une maman qui n'en a que pour la perte de son mari. 

À lire ce qui précède, on a le goût de s'éloigner en courant de cette production. Non Non Non : la musique de Zbigniew Preisner (surtout le Chant pour l'Unification de l'Europe) et la caméra de Slavomir Idziak devraient vous scotcher à ce film ainsi que la performance, en toute sobriété, de Juliette Binoche.

Ah! revoir Emmanuelle Riva....

On en est rendu là. Appréciation du film par GPT4 (première et dernière fois que je fais cet exercice ). '' Dans l'ensemble, "Trois couleurs : Bleu" est un film visuellement époustouflant qui plonge dans les thèmes complexes du deuil et de la libération personnelle. Cependant, son rythme délibéré, sa narration discrète et sa nature abstraite peuvent empêcher certains téléspectateurs de se connecter pleinement aux personnages et au cœur émotionnel du récit.''

Venise 1993. Trois prix. film, actrice à Juliette Binoche, photographie à Slavomir Idziak
Césars 1994. Trois prix : actrice à Juliette Binoche, son, et montage.

Visionné, la première fois, le 29 octobre 1993 au cinéma de la Place Desjardins à Montréal.
Mon 313ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


312. Belvaux : C'est arrivé près de chez-vous



Film belge réalisé en 1992 par Rémy Belvaux
Autres réalisateurs : André Bonzel, et Benoit Poelvoorde.
Avec Benoit Poelvoorde, Rémy Belvaux, André Bonzel, Vincent Tavier

Film inclassable. Tout le film mériterait d'être décrit tant on est abasourdi par les séquences qui se suivent passant de l'horreur à la scène bon enfant comme dans les deux premières séquences.

Un reality show (caméra à l'épaule (bonjour Michel Brault) et en son direct) comme un coup de poing sur la gueule. On ne peut qu'en sortir bouleversé de ce film qui, commençant par des scènes à la limite du supportables, déboule irrémédiablement dans l'horreur la plus totale. À côté de ce film, Natural Born Killers a l'air d'une comédie romantique.

Ceci étant dit, les séquences, la plupart improvisées, entres les meurtres, on s'en passerait bien tant elles tombent dans la banalité. Mais on comprend qu'il s'agit d'inscrire l'horreur comme appartenant à la vie quotidienne.

Benoit Poelvoorde, un rôle d'enfer, au propre comme au figuré, lancera sa carrière avec ce film.

Un coup de chapeau à Michel Brault (1928-2013), l'inventeur de la caméra à l'épaule, invité à ce titre à travailler avec Jean Rouch. Une perle que je vous invite à visionner : Les raquetteurs, co-réalisé avec Gilles Groulx (un autre grand de l'époque ONF 1950-1960). On estime que c'est la première utilisation de la caméra à l'épaule de l'histoire du cinéma. Cette technique inondera le champ cinématographique de la décennie 60, surtout chez les tenants de la Nouvelle Vague.

Cannes 1992. Deux prix pour les trois réalisateurs.

Visionné, la première fois, le 31 aout 1993 sur VHS à Montréal.
Mon 312ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

08 juin 2023

311. Spielberg : Jurassic Park



Film américain réalisé en 1993 par Steven Spielberg
Avec Sam Neill, Laura Dern, Jeff Goldblum, Richard Attenborough, Bob Peck, Martin Ferrero et les enfants Tim (Joseph Mazzello) et Lex (Ariana Richards) 
D'après le roman de Michael Crichton.

Finalement, c'est Jaws au parc Jurassique.

L'arrivée, en sourdine, du gros méchant Tyrannosaure est, sans aucun doute, le meilleur moment du film. Pour le reste, un film-catastrophe ''as usual''.

Le professeur de mathématiques interprété par Jeff Godblum essaie bien de nous expliquer la théorie du chaos mais il faudra encore attendre avant d'y comprendre quoi que ce soit tant il s'emberlificote dans sa démonstration.

Pour un professeur de Géographie comme moi qui enseignait les Sciences de la Terre, on a une dette énorme à Spielberg qui a rendu le terme jurassique accessible à tous nos étudiants. Enfin, je pouvais parler des trois périodes de l'ère secondaire Trias, Jurassique et Crétacé sans avoir l'air de sortir d'un mauvais film de science-fiction.

Oscars 1994. Trois statuettes pour les effets spéciaux.

Visionné, la première fois, le 8 juillet 1993 au cinéma Le Berri à Montréal.
Mon 311ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

07 juin 2023

310. Kieslowski : Dekaloog


Le Décalogue

Film polonais, en dix épisodes, réalisé en 1988 par Krzysztof Kieslowski
Coscénariste mais, en fait, le vrai concepteur de cette œuvre : Krzysztof Piesiewicz.
Artur Barcis est l'acteur  que l'on retrouve dans tous les épisodes. Le personnage de Barciś observe les transgressions des personnages principaux et en constatent les conséquences.

Décalogue Un. Un seul Dieu tu adoreras.
Le professeur d'informatique qui, en 1988, prédit à ces étudiants l'arrivée éventuelle de GPT-4.
Mais ce même professeur qui calcule la résistance de la glace de l'étang sur laquelle son fils va patiner mais qui a oublié un paramètre : Dieu sous les traits d'un SDF qui entretient continuellement un feu de bois en bordure de la surface glacée déjouant ainsi les calculs électroniques du professeur et conduisant à la catastrophe.

Décalogue Deux. Tu ne commettras point de parjure.
Un médecin fait renaître l'enfant qu'il a perdu pendant la Seconde guerre mondiale en trompant l'épouse d'un patient dont la survie aurait entraîné l'avortement de l'enfant portée par l'épouse, enfant provenant d'une relation avec un alpiniste. Un peu tordu, le scénario.

Décalogue Trois. Tu respecteras le jour du Seigneur.
Le jour du Seigneur (Noël), une ex-amante désespérée fait tout pour revoir son ex-amant, au moment des festivités de la veille de Noël. Difficile de faire plus émouvant et plus désespéré. Avec le merveilleux Daniel Olbrychski, le chef d'orchestre allemand dans le film choral Les uns et les autres de Claude Lelouch.

Décalogue Quatre. Tu honoreras ton père et ta mère.
Dans ce récit, on aurait le goût de dire que le père et la mère doivent honorer leur enfant. C'est vraiment un tour de force que l'auteur ait réussi a nous faire accepter la pédophilie comme une chose qui va de soi. Avec notre morale contemporaine, on aurait le goût de rejeter ce récit ce qui serait une bien grande perte pour l'histoire du cinéma.

Décalogue Cinq. Tu ne tueras point.
Toujours, ces grands ensembles gris et délabrés de la Varsovie de l'ère communiste. Un meurtre des plus sordides suivi de la peine capitale toute aussi sordide. L'exécution finale me rappelle la même scène (remplacez pendaison par guillotine) qui termine le film de Claude Lelouch, La vie, l'amour, la mort. qui est un plaidoyer contre la peine capitale.

Décalogue Six. Tu ne seras pas luxurieux.
Un classique du voyeurisme dont le dénouement peut surprendre ; la colère habituelle de la victime, se transformant en compassion pour l'intrus. 

Décalogue Sept. Tu ne voleras pas
Un arrache-coeur. Une mère à qui on dénie son enfant et qui préfère tout perdre (et son enfant et sa propre mère) plutôt que se faire enlever son enfant.

Décalogue Huit. Tu ne mentiras pas
Le plus faible de la série. On ne s'attache pas à cette histoire un peu déroutante d'une enfant pas sauvée mais finalement sauvée de l'enfer nazi.

Décalogue Neuf. Tu ne convoiteras pas la femme d'autrui
Bon, bien, le mec, il ne peut pas convoiter qui que ce soit, étant impuissant. Belle épisode sur le lien amoureux au-delà de l'œuvre de chair.

Décalogue Dix. Tu ne convoiteras pas le bien d'autrui.
En ouverture, un concert de City Death, groupe punk qui, en quelques lignes, s'attaquent à la plupart des 10 commandements abordés dans les précédents épisodes.
Une histoire de collection de timbres, thème qui a mal vieilli à l'air des courriels. Qui collectionne les timbres aujourd'hui ? Je n'ai pas entendu, depuis des décennies, parler de collectionneurs de timbres. Les timbres, c'est mon enfance des années 1950 où beaucoup de mes amis les collectionnaient. Tout ça est tombé dans l'oubli avec le passage à la vie adulte.

Le Décalogue : une tournée impressionnante de tous les aspects de l'âme (à défaut d'autres mots) humaine.

Venise 1989. Prix FIPRESCI.

Honneur spécial. Fait partie de la liste des 45 films jugés importants par le Saint-Siège

Décalogue 1. Visionné, la première fois, le 6 janvier 1993 à la télévision à Montréal.
Décalogue 2. Visionné, la première fois, le 11 janvier 1993 à la télévision à Montréal.
Décalogue 3. Visionné, la première fois, le 20 janvier 1993 à la télévision à Montréal
Décalogue 4. Visionné, la première fois, le 25 janvier 1993 à la télévision à Montréal.
Décalogue 5. Visionné la version longue, la première fois, le 19 novembre 1988 au cinéma à Paris.
Décalogue 6. Visionné, la première fois, le 6 février 1993 à la télévision à Montréal.
Décalogue 7. Visionné, la première fois, le 26 mai 1991 au cinéma Ouimetoscope à Montréal.
Décalogue 8. Visionné, la première fois, le 26 mai 1991 au cinéma Ouimetoscope à Montréal.
Décalogue 9. Visionné, la première fois, le 30 août 1989 au Festival des Films du Monde à Montréal.
Décalogue 10. Visionné, la première fois, le 15 mars 1993 à la télévision à Montréal.

Mon 310ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


03 juin 2023

309. Jordan : The Crying Game


Le Cri des larmes

Film britannique réalisé en 1992 par Neil Jordan
Avec Forest Whitaker (Jody), Miranda Richardson (June), Stephen Rea (Fergus), Jaye Davidson (Jil), Adrian Dunbar, Breffni McKenna, Joe Savino Jim Broadbent.

Un des plus célèbres films sur la personne transgenre (trans woman dans ce cas) qui suscite toujours la controverse aujourd'hui. Mais une chose est certaine Jil (Jay Davidson) est un des personnages les ''pure-hearted'' et les plus courageux de l'histoire du cinéma LGBTQ.

When a Man Loves a Woman interprétée par Percy Sledge, à l'amorce du film, nous envoie dans un monde complètement hors-sujet par rapport au déroulement de l'action de l'heure suivante. Puis, dans la deuxième moitié du film, la chanson nous rattrape si on remplace woman par trans woman.

Crying Game chantée par Boy George, une des plus célèbres trans woman.

Dans une scène de bar entre Jil et Fergus, White Cliffs of Dover, chantée en arrière-fond. Cette chanson populaire qui se voulait un appel à l'espoir en Angleterre pendant la Seconde guerre mondiale me touche énormément. Et pourquoi donc ? Je n'en ai pas la moindre idée. Mon enfance, peut-être, mon père et moi, dans la cour arrière de la maison, s'échangeant des balles de baseball comme dans Field of Dreams ? J'aime bien les chemins de traverse mais là j'étire un peu la sauce.

Jody, prisonnier, à Fergus, son gardien : Un scorpion agit toujours selon sa nature... sous-entendant malgré sa propre survie. Fergus, en prison, raconte la même histoire à Jil, son amoureuse transgenre, à la conclusion du film.  Le lien avec  le film, je le cherche encore. 

Finalement, on se demande bien ce que vient faire cette histoire de l'IRA dans cette magnifique histoire d'amour entre un hétérosexuel et une trans woman.

J'ai demandé a ChatGpt4 de faire la critique de ce film. Excellent résultat. Mais, comme toutes les critiques de film, ça m'ennuie au plus haut point. C'est pour ça que j'ai fait ce site de cinéma pour parler des films autrement que du point de vue des critiques.

Oscars 1993. Meilleur scénario

Visionné, la première fois, le 9 mars 1993 au cinéma Le Parisien à Montréal.
Mon 309ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

15 mai 2023

308. Clouzot : Les Diaboliques



Film français réalisé en 1955 par Henri-Georges Clouzot
Avec Simone Signoret, Véra Clouzot, Paul Meurisse, Charles Vanel, Jean Brochard, Pierre Larquey, Michel Serrault 
Une curiosité : On retrouve Johnny Hallyday en élève (non crédité au générique)
D'après le roman Celle qui n'était plus du couple le plus célèbre du roman policier : Pierre Boileau et Thomas Narcejac

Hitchcock a dû mourir d'envie en visionnant cette histoire d'un meurtre banal qui se termine dans l'horreur le plus complet. Il faut dire qu'il avait essayé d'obtenir les droits de ce roman mais il a été battu au poteau par Clouzot.

Cette histoire n'a pas pris une ride - personne ne peut deviner son dénouement et surtout pas sa transformation en histoire d'horreur. Tout ça sur un fond de France d'après-guerre avec ses bâtiments, gris de carbone. Un film en gris et blanc.

Tiré du journal Le Monde du 29 janvier 1955 : '' Les amateurs de berceuses digestives devront trouver autre chose. On sort de là les nerfs à vif et le cœur quelque peu chahuté. Il ne serait même pas étonnant que des spectatrices tombassent en pâmoison lors des dernières séquences...''

Le dénouement de l'histoire dans la dernière réplique qu'on a le goût de partager mais il faut respecter  ce qui suit :
Dans les crédits de la fin du film cet anti-divulgacheur (traduction québécoise d'anti-spoiler)
Ne soyez  pas 
DIABOLIQUES !
Ne détruisez pas l'intérêt que pourraient prendre vos amis à ce film
Ne leur racontez pas ce que vous avez vu
Merci pour eux.

Johnny Hallyday, derrière Simone Signoret, au temps de Jean-Philippe Smet,

Visionné, la première fois, le 9 janvier 1993 à la télévision 
à Montréal.
Mon 308ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

07 mai 2023

307. Campion : The Piano


La Leçon de piano

Film australo-zélandais réalisé en 1993 par Jane Campion
Avec Holly Hunter (Ada), Harvey Keitel, Sam Neill, Anna Paquin (Flora).

Un ovni débarque sur la planète cinéma.
Une histoire d'amour et de piano à l'époque victorienne chez les Maoris de la Nouvelle-Zélande réalisée par une Néo-zélandaise qui deviendra la première réalisatrice à remporter la Palme d'or du festival de Cannes.

Une inoubliable première séquence.
Dans une mer en furie, le débarquement sur une plage d'une femme (Ada) et de sa fille (Flora) à dos d'homme. Elles y seront abandonnées avec leur ameublement dont la pièce la plus incongrue est un piano dans un caisson de bois. Elles devront dormir sur la plage en attendant d'être rejoint par le futur mari de la femme accompagné d'une dizaine de Maoris.

Dans une campagne néo-zélandaise en friche qu'un colon anglais (Neill) essaie de transformer en terre agricole, une improbable histoire d'amour entre sa femme muette (Hunter) et un Anglais (Keitel) intégré à la communauté maorie, dont il porte les marques faciales. 

Cette histoire reproduit le stéréotype de la femme glacée qui fondra au contact de la libido exorbitante de son amant ; on pourrait aussi dire la société victorienne qui arrive à la vie au contact de la société maorie.

Aux côtés de cette histoire amoureuse qui se déroule autour d'un piano, une communauté maorie hirsute et complètement en rupture avec la société des colons anglais. La communauté wokiste devrait éviter de voir ce film qui risquerait de lui faire beaucoup de peine au même titre que Tintin au Congo.

Une performance inoubliable de la petite Anna Paquin dont le personnage traverse le film comme un ange bienveillant (d'ailleurs, elle porte souvent des ailes sur son dos).

Flora (Anna Paquin)

Chemin de traverse personnel.
1. Un enfant de six ans est mis au piano chez les Sœurs du couvent St-Fidèle à Québec. Ça dure deux ans. 
2. Un enfant de 9 ans est remis au piano. Pendant que je faisais les maudites gammes, je regardais, avec envie, mes copains jouer au hockey dans la rue. Ça dure 1 an. 
3. Un enfant de 12 ans est re-remis au piano. Pendant que je me cassais la tête sur une pièce de Schuman, je rêvais d'être gardien de but pour les Red Wings de Détroit, Terry Sawchuk étant mon idole. Ça dure 1 an.  
4. Résultat final. Après quatre années de piano, la seule pièce retenue, l'incontournable Für Elise de Beethoven au grand désespoir des quelques auditeurs consentants. 

Oscars 1994. Trois statuettes : actrice à Holly Hunter, actrice dans un second rôle à Anna Paquin et scénario à Jane Campion
Cannes 1993. Lion d'or et meilleure actrice à Holly Hunter.
Césars 1994. Meilleur film étranger

Visionné, la première fois, en 1993 au cinéma Desjardins à Montréal.
Mon 307ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


03 mai 2023

306. Demy : Lola



Film français réalisé en 1961 par Jacques Demy`
Avec Anouk Aimée (Lola), Marc Michel (Roland), Jacques Harden (Michel), Alan Scott (Frankie), Élina Labourdette, Annie Duperoux (Céline)
Caméra : Raoul Coutard. Musique : Michel Legrand

1961. Bienvenue dans le cinéma de la Nouvelle Vague.
Pour mémoire, la Nouvelle vague c'est : tournage en extérieurs, noir et blanc, pas ou peu de décors, une caméra légère qui est hyperactive, acteurs débutants qui souvent déclament, pellicule sensible, attrait pour l'Amérique.

On a tout ça dans Lola, premier film de Jacques Demy, qui contient en gestation Les parapluies de Cherbourg et Les demoiselles de Rochefort

Mais ce film ne fait pas le poids avec les films contemporains de ses collègues (pensons à Hiroshima mon amour ou bien À bout de souffle ou encore à L'année dernière à Marienbad, pour ne nommer que ceux-là). 

Mais Demy est ailleurs. Il fait plus léger. Il fait comédie musicale sans chanson ou presque et sans danse ou presque.

Lola est un film qui respire la vie et le bonheur et qui se termine, clin d'œil hollywoodien, dans une Cadillac blanche qui s'éloigne, emportant les amants (Lola et Michel) enfin réunis malgré toute improbabilité laissant en rade Roland, l'amoureux abandonné qui s'en va noyer sa peine à Cherbourg pour y rencontrer, Catherine Deneuve. On le retrouvera en marchant de diamants dans Les Parapluies de Cherbourg, chantant J'ai déjà aimé une femme qui s'appelait Lola.

Lola, un clin d'oeil à Lola Montès, le personnage du film éponyme de Max Ophuls, auquel le film est dédié.

Pédophilie ?
Une relation qui lorgne du côté de la pédophilie sans en être dans cette relation entre Frankie, marin américain en permission, amant temporaire de Lola, et la jeune Céline, à peine 14 ans. Rien que du beau et du bien dans cette relation qui me fait penser à ce même type de relation dans Les dimanches de Ville d'Avray de Serge Bourguignon, tourné l'année suivante. Fin dramatique pour cette  relation entre Pierre et la jeune Madeleine, on n'est pas dans un film de Demy.

La Cadillac Eldorado 1955 stationné en face du cabaret Eldorado où performe Lola.

Cahiers du Cinéma. Un des 10 meilleurs films de l'année 1961.

Visionné, la première fois, le 8 décembre 1992 à la télévision à Montréal.
Mon 306ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider





01 mai 2023

305. Sluizer : L'Homme qui voulait savoir



Film franco-néerlandais réalisé en 1987 par George Sluizer
D'après le roman du néerlandais Tim Krabbé, L'Oeuf d'or, publié en 1984.
Avec Bernard-Pierre Donnadieu, Gene Bervoets (Rex Hofman), Johanna ter Steege, (Saskia), Gwen Eckhaus

Il m'arrive souvent, l'âge aidant, de ne plus me rappeler le contenu, le sujet, l'histoire d'un film que j'ai déjà vu. Pire, il m'arrive, parfois, de visionner un film croyant ne jamais l'avoir vu et découvrant, avec horreur, après quelques séquences que je l'avais déjà vu, quelques années auparavant. 

Pour justifier ce comportement et éviter d'accabler ma mémoire vieillissante, j'ai fini par accepter ce genre de comportement en me disant que ces films ne méritaient pas qu'ils s'inscrivent durablement sur mon disque dur.

Il est inutile de préciser que L'Homme qui voulait savoir ne fait pas partie de cette catégorie de films, il ne risquait pas d'échapper à ma mémoire. Avoir vu ce film, je mettrais, entre autres,  Funny Games dans cette même catégorie de films, marque à jamais tout cinéphile.

J'appréhendais de revoir ce film. Mais, connaissant déjà la fin (qui est votre pire cauchemar - claustrophobes en danger), j'ai pu me focaliser sur l'histoire de l'élaboration mécanique d'un concept par un professeur de chimie, tout ce qu'il y a de plus respectable.

Au deuxième visionnement, ce n'est plus la fin qui me terrorise mais la froideur du bien nommé monsieur Lenorme qui élabore son plan infernal méticuleusement et efficacement.

L'homme qui voulait savoir, Rex Hofman, qui ne peut se détacher de Saskia, son amie disparue depuis trois ans, finalement, saura.

Le réalisateur a utilisé la passion du cyclisme de l'auteur du roman, Tim Krabbé, pour nous faire participer, par l'entremise de la radio, à la 17ème étape du Tour de France de 1984 qui se déroule entre Grenoble et l'Alpe d'Huez. Luis Herrera gagnera cette étape alors que Laurent Fignon remportera le Tour devant Bernard Hinault et Greg Lemond. 

Visionné, la première fois, le 21 juillet 1992 en VHS à Montréal.
Deux jours plus tard, décédera Arletty.
Mon 305ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

30 avril 2023

304. Kieslowski : La Double vie de Véronique



Film franco-polonais réalisé en 1991 par Krzysztof Kieslowski
Avec Irène Jacob dans le rôle des deux Véronique.

1988-1994, ce sont les années Kieslowski. 
Six films importants plus la série Dekalog, dix films pour la télévision. Impressionnante séquence arrêtée brutalement par son décès en 1996. 

Le film : Une même Véronique existe à deux moments et en deux lieux différents. On pourrait être tristement prosaïque en supposant que ce sont deux jumelles identiques séparées à la naissance mais le film nous amène, heureusement, dans un tout autre univers beaucoup plus complexe et envoutant.

La première partie (40 minutes), Veronika à Cracovie, est enlevée et intrigante ce qui ne se transpose pas dans la deuxième partie, Véronique à Paris.

On dirait que tout s'écrase dans la deuxième partie (60 minutes), on a peine à croire à toutes ces coïncidences et à tous ces hasards dans un scénario beaucoup moins intéressant. Pour tout dire, on s'ennuie un peu de la première Véronique. 

Une performance inoubliable d'Irène Jacob que l'on retrouve dans toutes les séquences. 

Ce qui me touche beaucoup c'est la relation très affectueuse entre les pères et leur Véronique, en manque de leur mère, décédée durant leur enfance.

Beau moment dramatique de la première partie: l'interprétation par Irène Jacob (doublée par la soprano polonaise Elzbieta Towarnicka) d'un chant composé par Zbigniew Preisner sur les paroles du second chant du Paradis de Dante Alighieri.


Beau moment dramatique

15 juillet 1966 naissance d'Irène Jacob; 23 novembre 1966, naissance des deux  marionnettes personnifiant les deux Véronique. Y a-t-il un lien ?

C'est, à Paris, en novembre 1988, que j'ai découvert Kieslowski : une œuvre terrible Tu ne tueras point. Puis le mois suivant, au cinéma L'Entrepôt dans Montparnasse, j'ai vu trois de ses premiers films : L'Amateur (1979), Le Hasard (1981) et No End (1985).

Cannes 1991. Deux prix pour le film. Meilleure actrice à Irène Jacob

Visionné, la première fois, le 4 juillet 1992 en VHS à Montréal.
Mon 304ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


16 avril 2023

303. Stone : JFK


Film américain réalisé en 1991 par Oliver Stone
Un casting d'enfer : Kevin Costner (juge Garrison), Gary Oldman (Oswald), Joe Pesci, Jack Lemmon, Walter Matthau, Donald Sutherland, Kevin Bacon, Tommy Lee Jones, Sissy Spacek, Vincent D'Onofrio, Laurie Metcalf, Beata Pozniak, 

Le meurtre le plus célèbre de tous les temps revu et corrigé dans ce docudrame d'Oliver Stone. Le mot important de la phrase, c'est docudrame - des faits historiques mêlés à des éléments de fiction ; ce qui entache largement la crédibilité d'un tel film.

Ceux qui vivaient à ce moment-là se souviennent tous où ils étaient et ce qu'ils faisaient au moment où ils ont appris la mort de Kennedy. J'étais dans la salle d'attente d'un ophtalmologue sur la rue St-Jean à Québec, je venais de sortir du collège que je fréquentais, le Collège Universitaire Garneau.

Les deux seules enquêtes gouvernementales :
1964. La Commission Warren. Un seul tireur, Oswald, donc pas de conspiration. Cette enquête baclée : ''gazoline to paranoia''. 
1979. Le Comité restreint de la Chambre sur les assassinats. Plus d'un tueur donc probablement une conspiration. Impossible de connaitre l'autre ou les autres tueurs donc impossible de découvrir le contenu de cette conspiration.

En dehors de ces deux enquêtes, des dizaines de théories ont été révélées sans jamais déboucher sur aucune adhésion collective. J'adore ce titre : Vincent QuivyQui n'a pas tué John Kennedy?

La plus sérieuse des enquêtes est celle présentée dans le film d'Oliver Stone : celle du procureur de la Nouvelle-Orléans, Jim Garrison. On peut la retrouver dans son bouquin de 1988 : On the Trail of the Assassins : My Investigation and Prosecution of the Murder of President Kennedy.

JFK : une docufiction qui vous bombarde littéralement de faits pendant 205 minutes (director's cut). À certains moments, on est carrément groggy par le montage à la mitraillette qui nous embrume plus qu'autre chose. On reste pantois devant cette montagne d'informations qui met en pièces le rapport Warren mais qui, finalement, n'aboutira à aucune inculpation.

Curiosité : C'est Jim Garrison, lui-même, qui interprète le rôle du président de la commission Warren, Earl Warren.

Selon les Archives nationales américaines, ce sont désormais 97% des cinq millions de pages du dossier qui sont accessibles à tous. La vérité se cache-t-elle dans les 3% restant qui seront rendus publics en 2029. On peut raisonnablement penser que les documents qui compromettraient le gouvernement américain dans cet assassinat ont été détruits depuis longtemps. Tiens, encore un complot !

Oscars 1992. Deux statuettes : Montage et cinématographie.

Visionné, la première fois, le 28 juin 1992 en VHS à Montréal.
Mon 303ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

302. Holland : Europa, Europa


Titre allemand : Hitlerjunge Salomon (Le Jeune hitlérien Salomon)

Film franco-allemand-polonais réalisé en 1990 par Agnieszka Holland 
Avec Marco Hofschneider, André Wilms, Ashley Wanninger, Klaus Abramowsky, Michèle Gleizer, Delphine Forest, René Hofschneider, Julie Delpy.

À 97 ans, vient de mourir en Israël, le 2 février 2023, Salomon Perel dont la vie, sous Hitler, d'abord décrite dans son autobiographie, I Was Hitler Youth Salomon, a été adaptée par Agnieszka Holland sous le titre Europa Europa.

Comment être un juif de 16 ans et réussir à passer à travers l'enfer hitlérien en faussant son identité et par une accumulation totalement incroyable de coïncidences. Il y a du Candide de Voltaire dans ce personnage.

Le père de Salomon qui, face à l'antisémitisme violent qu'il subit en restant en Allemagne, puis en Pologne sous occupation nazie, dit qu'il ne peut rien arriver de tragique à sa famille. Encore et toujours, dans les films traitant de la Shoah, cet aveuglément involontaire des Juifs face à la montée lente mais inexorable du génocide. Il était impossible pour les Juifs d'imaginer qu'un État puisse projeter d'exterminer tout un peuple, l'exemple de l'extermination massive des Arméniens au début du siècle n'étant pas encore connu.

La contribution française à la production du film : Julie Delpy 8 minutes et 18 secondes. Faible contribution mais elle est sur toutes les affiches du film. On a même eu le culot de produire cette affiche pour le marché français.
Ajoutez un titre insignifiant et on a un concurrent pour le concours de l'affiche de cinéma la plus hors-contexte. 



Moment mémorable : Salomon qui traverse le ghetto de Lodtz en tramway dont les vitres sont badigeonnées pour éviter aux Allemands de voir l'horreur de la vie dans le ghetto. Salomon, tant bien que mal, arrive à apercevoir les cadavres qu'on empile et peut-être même entrevoir sa mère.

Visionné, la première fois, le 20 juin 1992 en VHS à Montréal.
Mon 302ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

01 avril 2023

301. Singleton : Boyz n the Hood


La Loi de la rue

Film américain réalisé en 1991 par John Singleton
Avec Hudhail Al-Amir, Laurence Fishburne, Lloyd Avery Cuba Gooding Jr, Ice Cube, Mia Bell, Morris Chestnut, Angela Bassett, 

Prologue du film : ''One out of every 21 Black American males will be murdered in their lifetime. Most will die at the hands of another Black male.'' 

Cette phrase est suivie du symbole routier STOP. Ordre qui ne sera pas suivi comme on sait.

Trente ans plus tard, les meurtriers et les victimes noirs sont, en proportion, huit fois plus importants que chez les Blancs.
 
Malgré toutes les campagnes de Black Lives Matter qui pointent du doigt les meurtres de Noirs par des policiers Blancs ou Noirs, ce sont, quand même, les Noirs qui tuent des Noirs aux États-Unis. Mais les médias n'abordent jamais ce sujet. Mais les films n'abordent jamais ce sujet. C'est dire, à quel point, Boyz n the Hood est courageux d'identifier les vrais problèmes que vivent les Noirs dans leur quartier.

De nos jours, quand on réalise un film sur la question noire, c'est toujours pour souligner leur position de victime dans l'Histoire : esclavage, lynchage, discrimination, luttes civiques. Qui aura le courage d'aborder les questions sociales vécues par la communauté noire ? Par exemple, qui osera aborder la question de la démission de l'homme noir dans le milieu familial ? Qui osera aborder la question des gangs de rue ? Qui osera parler de responsabilité ?

Année après année, c'est toujours le même film qui repasse : les Noirs en tant que victime de l'Histoire. Et les Blancs, les larmes aux yeux, ont des tonnes de compassion à distribuer et un énorme mépris pour leurs ascendants qui ont pu participer à de telles exactions comme si, dans les mêmes circonstances et à cette même époque, ils se seraient comportés différemment. 

Boyz in the Hood, ce presque documentaire, est toujours d'actualité et devrait donner naissance à une pléthore de films sur le sujet. Il existe, en effet, plusieurs films qui abordent les problèmes sociologiques de la communauté noire (Bill Duke, Mario van Peebles, les premiers films de Spike Lee) mais ce ne sont jamais ces films qui atteignent des cotes de grande popularité et qui se retrouvent aux Oscars.

Aux Oscars : BlacKkKlansman (2018) de Spike Lee (on s'ennuie de son Do the Right Thing) et Black Panther (2018) de Ryan Coogler (la revanche des perdants de l'Histoire) et Marvel remet ça avec Black Panther : Wakanda Forever du même Coogler (2022). De victime à conquérant : il me semble qu'il y aurait une place entre les deux pour des films comme Boyz in the Hood.

Séquences surprenantes et courageuses de la part du réalisateur : démontrer la violence d'un policier noir contre des Noirs. On sort du manichéisme bon noir - méchant blanc. 

J'aime bien aussi la remarque d'un personnage féminin qui dit qu'à la télé, on présente quotidiennement la violence dans des lieux à l'autre bout du monde, alors qu'ils ne parlent jamais de nos gamins qui meurent dans les rues de nos quartiers.

Auto-édition du deuxième tome (films 101 à 200) du Parcours d'un cinéphile.

Visionné, la première fois, le 17 juin 1992 en VHS à Montréal.
Mon 301ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

29 mars 2023

300. Caro et Jeunet : Delicatessen



Film français réalisé en 1991 par Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet
Avec Pascal Benezech, Dominique Pinon, Marie-Laure Dougnac, Jean-Claude Dreyfus, Karin Viard, Rufus, une présence surprenante de Howard Vernon et le grand champion des rôles de figurant, Dominique Zardi, en conducteur de taxi.

Je ne pensais jamais que, pour un film, je pourrais mettre dans la même phrase les mots comédie et fin du monde. Pourtant, c'est bien l'originalité de cette œuvre hors-norme de nous présenter cette cour des miracles dans un parfum de fin de civilisation.

Un immeuble délabré au milieu de nulle part et une dizaine de locataires tous plus ou moins cinglés. Parmi cette horde, le personnage interprété par Dominique Pinon, un clown à la retraite, casse la baraque. Par ses trucs de magicien et ses bouffonneries, il apporte une humanité qu'on croyait disparue dans ce monde en ruine. 

Le rire tarde à venir tant on a la tête à l'apocalypse mais il vient un moment où on est complètement submergé par l'amoncellement de scènes loufoques et là, bien, on commence à rire, soulagé d'échapper à la fin du monde.

Une belle séquence : le duo violoncelle (Marie-Laure Dougnac)-scie musicale (Dominique Pinon)..

Une séquence d'anthologie : la salle de bain transformée en bombe à eau. 

Il est difficile de croire que c'est ce même réalisateur (Jeunet) qui a réalisé Le fabuleux destin d'Amélie Poulain.

Césars 1992. Première œuvre, scénario, décor et montage

Visionné, la première fois, le 20 avril 1992 en VHS à Montréal.
Mon 300ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 8 juin 2023

24 mars 2023

299. Franju : Les Yeux sans visage



Film français réalisé en 1959 par Georges Franju
Avec Alida Valli, Pierre Brasseur, Édith Scob, Juliette Mayniel, Béatrice Altariba, François Guérin, Alexandre Rignault, Claude brasseur.
Tiré de l'unique roman de Jean Redon, Les yeux sans visage, paru en 1959.

Film gothique

Le personnage de Christiane Génissier, interprétée par Édith Scob est devenu une icône indétrônable des films d'épouvante. Vous n'oublierez jamais Édith Scob, frêle beauté évanescente, avec ou sans masque.

L'horreur est partout dans ce film. Seules quelques scènes de police stéréotypées nous permettent de retrouver une certaine quiétude.

L'horreur est présente dès la première séquence. Dans la deux-chevaux de Louise (Valli), un étrange personnage est camouflé sur le banc arrière. Le ton est donné. À partir de là, l'horreur ne fait que croitre jusqu'à la scène de l'enlèvement du visage de la pauvre Edna Gruber (Mayniel). Mais l'angoisse perdure, après cette sauvagerie, parce que l'on sait que la recherche de victimes est toujours à l'ordre du jour. Louise, dans sa Deuche, telle une charrette fantôme, est aux aguets. Angoisse...

Lors de la présentation au festival d'Édimbourg, on dit que 7 membres du jury ont tourné de l'œil lors de l'opération du visage. Ce qui fit dire à Franju qu'il comprenait maintenant pourquoi les Écossais portaient des jupes.

Un passage autour de la 70ème minute (scènes à l'hôpital) qui se voulait peut-être un moment de tension dramatique produit, au contraire, une chute dans la progression dramatique ; pour la première fois, l'on s'ennuie. On se demande qui dort au gaz : le monteur ? le scénariste ? le réalisateur ?

Nostalgie :  la deux chevaux (la Deuche) d'Alida Valli. Auto unique en son genre : moteur de tondeuse à gazon, les portes avant qui s'ouvrent à l'envers, les fenêtres à panneaux, les chaises de jardin, une suspension de carrosse pour bébés mais elle a sa place, à jamais, dans l'histoire de l'automobile.

 Citroën 2CV AZLP 1958. Fin de la production en 1990 

Visionné, la première fois, le 18 mars 1992 à la télévision à Montréal.
Mon 299ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

Mis à jour le 8 juin 2023