09 mai 2022

266. Scott : Top Gun



Film américain réalisé en 1986 par Tony Scott
Avec Tom Cruise, Kelly McGillis, Tim Robbins, Val Kilmer, Tom Skirrit, Meg Ryan 
et Testostérone.

C'est une aberration qu'un tel film puisse se trouver dans la liste des 1001 films de Schneider.

Top Gun qui veut nous décrire cette école de pilotes de haut niveau est un show aérien (de très beaux plans de vol) entrecoupé à l'occasion de relations interpersonnelles d'une banalité abyssale et de batailles de coqs dans les répétitives scènes de vestiaire. Pour en rajouter une couche dans l'insignifiance, pourquoi pas une séquence de Beach volleyball avec beaux mecs en bedaine huileuse.

Comment Kelly McGillis, si merveilleuse dans Witness de Peter Weir, l'année précédente, a-t-elle pu accepter un rôle si humiliant ? Supposément doctorante en astrophysique, elle a plutôt l'air de sortir d'un fashion show. Tom Cruise a l'air d'un pré-ado à côté d'elle.

Revoir ce film 30 ans plus tard fut assez pénible. D'autant plus que je suis en train de finir l'intégrale (43 films) Bergman commencée il y a deux ans avec mon copain Jean-Pierre. Prochain film : la version longue de Fanny et Alexandre, puis Après la Répétition et, pour conclure, Sarabande. Ma plus belle aventure cinéphilique à ce jour. Je sais déjà, qu'un jour, je récidiverai.

Oscars 1987. Une statuette pour la meilleure chanson originale : Take my Breath Away

Visionné, la première fois, le 1er mai 1989 sur VHS à Montréal
Mon 266ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

Mis à jour le 27 avril 2023

18 avril 2022

265. Stevens : Giant



Quelle horreur que cette affiche allemande, totalement hors-sujet. 
Le machismo à son sommet.

Film américain réalisé en 1956 par George Stevens
Avec Elizabeth Taylor (Leslie Benedict), Rock Hudson (Bick Benedict), James Dean (Jeff Rink), Carroll Baker (Luz Benedict), Dennis Hopper, (Jordan Benedict). Fran Bennett
Adapté du roman éponyme d'Edna Ferber.

En gros, le vieux Texas de l'élevage extensif contre le nouveau Texas de l'exploitation pétrolière. Les grandes familles traditionnelles qui se relèguent l'exploitation de génération en génération contre les nouveaux riches arrogants du pétrole qui vont s'imposer sur les scènes sociale et politique.

 

James Dean en nouveau riche du pétrole devant la maison (mansion) de l'éleveur traditionnel

Jeff Rink, dont les initiales J.R. nous envoient directement chez la famille Ewing de la série Dallas dont le plus détestable membre était connu sous le nom de J.R., au cœur de la compagnie Ewing Oil.

Ce film, c'est un peu pour le Texas ce que Gone With the Wind fut pour la Georgie, le racisme contre les Noirs étant remplacé par le racisme contre les Latinos qu'on appelle péjorativement les wetbacks (référence au mode illégal de passage de la frontière américaine en traversant le Rio Grande).

Incongruence : Leslie Benedict qui défend les Latinos du Texas, fortement discriminés, alors qu'elle vient d'une riche famille du Maryland qui a des serviteurs Noirs.

À travers mes lectures de mes vieux Cahiers du Cinéma, ceci de Louis Marcorelles : Giant laisse loin derrière lui tous les balbutiements des films antiracistes tournés précédemment à Hollywood. Il honore l'homme Stevens. 

TROISIÈME ET DERNIER FILM DE JAMES DEAN

Il décédera dans un accident d'automobile deux semaines après la conclusion du tournage. Il ne verra jamais le film.

La prestation de James Dean est remarquable, ce qui ne fait que souligner la faible performance de Rock Hudson lorsque les deux sont confrontés.

La plus belle prestation de Dean : la scène durant laquelle Jeff Rink refuse qu'on lui rachète le petit bout de terrain que la sœur Bick Benedict lui a laissé en héritage. 

Lecture cinéphilique. Le Paris de François Truffaut par Philippe Lombard. 
Un Paris disparu. Symbolisé par la démolition du Gaumont Palace, le plus grand cinéma du monde avec ses 6000 places, en avril 1973 à peu près au même moment où l'on démolissait les Halles.

Gaumont Palace, place de Clichy

Oscars 1957. Une statuette pour la réalisation. 

Visionné, la première fois, le 28 avril 1989 à la télévision à Montréal
Mon 265ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider.

Mis à jour le 27 avril 2023


15 avril 2022

264. Minnelli : Gigi



Film américain réalisé en 1958 par Vincente Minnelli
Ave Leslie Caron, Maurice Chevalier, Louis Jourdan, Hermione Gingold, Eva Gabor, Jacques Bergerac.
Adaptation du roman Gigi de Colette.

Comment ai-je fait pour passer deux heures à ingurgiter cette immense pâtisserie dont le scénario est d'une incomparable niaiserie.

Oscar du meilleur film. Meilleur que Vertigo ? (en nomination seulement pour la direction artistique et le son) Meilleur que Touch of Evil ?

D'accord, un banquet pour les yeux, mais un banquet indigeste. Les décors, surchargés, hyper-colorés sont un sommet de kitsch. 



Hollywood sort rarement de ses studios, ici on fait exception. Le plus grand intérêt du film, c'est Paris revampée 1900.

À 70 ans, Maurice Chevalier nous fait son éternel numéro de vieux beau. Il nous pousse une chansonnette douteuse, Thank Heaven for Little Girls, pépinière pour la prochaine génération de dragueurs. Ce qui explique que ce film est, à tort, accusé de pédophilie.  

Je suis un amateur de comédies musicales mais je ne réussis pas à trouver de qualités à celle-ci : la composition musicale est minimaliste, aucun numéro de danse alors qu'on avait une danseuse de ballet classique en Leslie Caron.

Oscars 1959. Neuf statuettes ??? : Film, réalisation, scénario, caméra, direction artistique, montage, costumes, musique et chanson.

Visionné, la première fois, le 18 avril 1989 à la télévision à Montréal
Mon 264ème film de la liste des 1001 films du livre de Schneider

Mis à jour le 27 avril 2023

11 avril 2022

263. Pollack : Out of Africa


Souvenirs d'Afrique

Film américain réalisé en 1985 par Sydney Pollack
Avec Meryl Streep, Robert Redford, Klaus Maria Brandauer, Michael Kitchen
D'après une œuvre autobiographique de Karen Blixen, qui avait emprunté le nom de Isak Denisen pour sa publication en 1934. Y ajouter des parties de la biographie de Blixen écrite par Judith Thurman.

Une fois n'est pas coutume, le titre français correspond mieux au contenu du film.

Souvenirs d'Afrique : en effet, ce film a l'allure d'une grande carte postale qui nous arrive d'une époque révolue où l'Afrique était une grande machine à produire du rêve exotique.

L'histoire, par ailleurs véridique, nous semble un grand prétexte pour nous présenter un cinérama de beaux paysages et de la plus belle faune terrestre. C'était la belle époque (entre guillemets...) du colonialisme bon teint où les autochtones jouaient le rôle de figurants agréables et bon enfant.

On peut être sûr d'une chose. Le Kenya n'était pas cette caricature à l'époque de la Grande guerre, l'ajout de quelques Massaï n'y changeant rien.

Scène burlesque :  Robert Redford lavant les cheveux de Meryl Streep avec le Kilimandjaro en arrière-plan.

Sent-on dans ce film les premiers éléments de la naissance d'une certaine forme de nationalisme ? Difficile à trouver. 

Notre sensibilité face aux extinctions animales a évolué. Dans une des premières scènes, on voit le personnage joué par Redford débarquer d'un wagon ferroviaire une caisse contenant de grandes défenses d'éléphant. Cette image ne passe plus, de nos jours, sans un haut-le-coeur.

Oscars 1986. Sept statuettes : film, réalisation, scénario, caméra, direction artistique, son et musique. Il est difficile d'imaginer que ce film ait été en nomination pour 11 Oscars et qu'il en ait remporté sept, dont celui de meilleur film. Meryl Streep y obtient sa 6ème nomination en route pour 21, un record de tous les temps. 

Visionné, la première fois, le 1er avril 1989 à la télévision à Montréal
Mon 263ème film de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 27 avril 2023



10 avril 2022

262. Nichols : Who's Afraid of Virginia Woolf ?


Qui a peur de Virginia Woolf ?

Film américain réalisé en 1966 par Mike Nichols
Adaptation de la pièce d'Edward Albee créée en 1962
Avec Elizabeth Taylor, Richard Burton, George Segal, Sandy Dennis

Ce film : La Mère de toutes les chicanes conjugales. 
Votre dernière confrontation avec votre conjoint-e vous apparaîtra comme une promenade au parc à côté de l'ouragan Taylor-Burton. Taylor, une prestation époustouflante - un maelstrom. 

Pour vous mettre dans l'ambiance : 
George : You're a monster
Martha : I'm loud. I'm vulgar but I am not a monster. 

Cette descente dans les bas-fonds du couple est suivie d'une remontée réparatrice à la fin de la nuit infernale. Mais l'aube ne nous annonce pas la fin de ce scénario. On n'est pas naïf, on sait bien que ce conflit conjugal a encore de beaux jours devant lui. Même si 100% des critiques me contrediraient, j'aime imaginer que c'est peut-être pour cela que Martha (Taylor), dans une dernière réplique, dit qu'elle a peur de Virginia Woolf, jeu de mots pour Méchant Loup. 

Le couple, invité à être spectateur de cette magistrale entreprise de démolition d'un couple, voyait se dérouler devant lui ce qui l'attendait possiblement dans quelques années. 

Le titre est une transposition de la comptine Who's Afraid of the Big Bad Woolf? tiré du film Three Little Pigs de Dysney (1933) 

Après le mot END : Exit Music. C'était une pratique coutumière dans les années 50 d'accompagner les spectateurs vers l'extérieur de la salle avec une musique d'ambiance. À cette époque les crédits étant au début du film, il n'y avait pas de passage en douceur entre l'ambiance du film et la réalité extérieure. 

De nos jours, les crédits sont à la fin du film. Très peu de spectateurs profitent du moment des crédits (qui peuvent durer des plombes, j'avoue) pour temporiser le choc entre la réalité filmique et la vie réelle. Pourtant, je trouve essentiel ce moment qui permet de continuer à vivre dans le film et qui, comme dans un sas, nous permet de revenir lentement à la vie. Je suis toujours le dernier à sortir de la salle.

Les producteurs, quelquefois, pour récompenser des gens comme moi, ajoutent à la toute fin des crédits quelques extras dont je suis le seul, avec ma fille que j'ai convertie à cette pratique, à profiter. 

Pour Virginia Woolf, deux choses :
Film : The Hours réalisé par Stephen Daldry en 2002. Adaptation du roman Mrs Dalloway.
Littérature : Une Chambre à soi.

Oscars 1967. Cinq statuettes : actrice à Elisabeth Taylor, actrice de soutien à Sandy Dennis, caméra, direction artistique, costumes

Visionné, la première fois, le 28 mars 1989 à la télévision à Montréal
Mon 262ème film de la liste des 1000 films du livre de Schneider
Mis à jour le 25 avril 2023

06 avril 2022

261. Fleming : The Wizard of Oz


Le Magicien d'Oz

Film américain réalisé en 1939 par Victor Fleming.
Sans être mentionnés au générique, cinq autres réalisateurs ont contribué : George Cukor, Mervyn LeRoy, Norman Taurog, Richard Thorpe et King Vidor.
Avec Judy Garland, Frank Morgan, Ray Bolger, Bert Lahr, Jack Haley, Billy Burke, Margaret Hamilton.

La Grosse Machine Hollywoodienne en action. Vingt-deux personnes ont écrit le scénario et les dialogues. Une de celles-ci fut Herman Mankiewicz (celui qui est le sujet du film Mank), célèbre pour avoir rédigé le scénario de Citizen Kane, dont on a attribué, erronément, toute la réussite à Orson Welles.

C'était un livre tout simple à l'origine. The Wonderful World of Oz écrit par L. Frank Baum et publié en 1900. Un livre pour enfants avec un succès équivalent à Harry Potter. Ce livre fut suivi par 14 autres publications jusqu'en 1920.


Une belle prouesse cinématographique : la première partie dans la réalité du Kansas de 1930 en sépia suivie de la partie fantastique en technicolor, récemment inventé.

Je vous ne cacherai pas que j'ai préféré la première partie de ce Kansas de l'époque du Dust Bowl avec ses fermes en déshérence, ses terres agricoles partant en poussière et la tornade, comme le doigt de Dieu descendant sur la Terre, toujours prête à laminer un coin de pays. Le Kansas, au 6ème rang des États pour la fréquence des tornades.

Wizard of Oz, film d'horreur. Film d'horreur derrière la caméra.
Maltraitance de Judy Garland depuis qu'elle a signé avec MGM un contrat de 7 ans à l'âge de 13 ans. Louis Mayer, trouvant que Judy avait trop de graisse de bébé, développa un programme de nutrition qui l'affamait en plus de lui fournir des médicaments pour lui faire perdre du poids : amphétamine, benzédrine, etc. Elle développera une dépendance aux narcotiques qu'elle ne pourra jamais réussir à se débarrasser et qui a causé sa mort précoce à l'âge de 47 ans.

Tin Man : le premier titulaire du rôle, Buddy Edsen, a du quitter la production à cause d'une maladie respiratoire causée par la poudre d'aluminium utilisée comme maquillage. Ses poumons étaient tapissés d'aluminium.
Pour son remplaçant, Jack Haley, on a plutôt utilisé de la pâte d'aluminium avec des problèmes médicaux semblables à ceux de son prédécesseur.

Over the Rainbow. Aucun concert sans cette chanson durant toute sa carrière

Deux Wizard of Oz qui méritent un coup d'œil :
Wizard of Oz réalisé par Larry Semon en 1925. Présence d'Oliver Hardy en Tin Man.
Journey Back to Oz, dessin animé réalisé par Hal Sutherland en 1974 avec Liza Minnelli, fille de Judy Garland, qui donne sa voix à Dorothy.

Oscars 1940. Deux statuettes : musique et chanson

Visionné, la première fois, le 22 mars 1989 à la télévision à Montréal
Mon 261ème film visionné des 1001 films du livre de Schneider.
Mise à jour le 23 avril 2023

25 février 2022

7 autres moments de cinéma

Sept autres grands moments de cinéma, pour moi.

26. Nathalie Wood dans la dernière séquence du film Splendor in the Grass d'Elia Kazan quand elle récite le poème de Wordsworth en regardant l'amour de sa vie qui l'a quittée à jamais.

https://youtu.be/YOmqJn2I8Mc?t=31
  

27. Le regard de Romy Schneider au photographe de plateau (Jacques Dutronc) dans une scène impossible à oublier du film de Andrzej Zulawski, L'important c'est d'aimer.






28. The Bridges of Madison County de Clint Eastwood. La séquence déchirante de la séparation définitive des deux amants

29. Titanic, descente du canot sans sons avec musique seulement

29. Le Seigneur des Anneaux. Le discours de Sam à la fin deuxième film.

30.  Le Seigneur des Anneaux. La Communauté de l'Anneau. Dernière séquence du film. Sam rejoint Frodon sur le canot

31. La dernière séquence de Rome, ville ouverte de Roberto Rossellini. Anna Magnani abattu en poursuivant le camion dans lequel les Allemands amènent son amant.



29 avril 2017

260. Bergman : La Honte



Film suédois réalisé en 1969 par Ingmar Bergman.
Avec Liv Ullman, Max von Sydow, Gunnar Bjornstrand.

Surprise ! Bergman tourne un film de guerre. 
Mais, c'est la guerre selon Bergman, c'est-à-dire ramenée sur le front de la scène conjugale.

Une vraie étude de laboratoire.

On voit, chez l'homme surtout, le déroulement des modifications comportementales induites par la guerre : peur, terreur, lâcheté, désensibilisation et puis, finalement, déshumanisation. La femme, observatrice de cette dégradation émotionnelle chez son mari, vivra la honte.

Les effets spéciaux ne sont peut-être pas à la hauteur de Saving Private Ryan mais leur efficacité est indéniable.

Un des films les plus noirs, les plus pessimistes, les plus déprimants que j'aie vu. On touche le fond fangeux de l'âme humaine.

Liv Ullman dans La Honte

Tourné dans l'île de Faro où Bergman a habité à partir de 1967 jusqu'à son décès en 2007. Faro (111kilomètres carrés pour 500 habitants) est une des îles de l'archipel de Gotland.
Bergman tourna six films sur l'île de Faro : À travers le miroir (1961), Persona (1966), L'heure du Loup (1968), La honte (1968), Une passion (1969) et Scènes de la vie conjugale (1972).



L'ancienne demeure de Bergman sur l'île Faro convertie en musée.

Visionné, la première fois, le 12 mars 1989, à la télévision à Montréal.
Mon 260ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 21 avril 2023






17 avril 2017

259. Levinson : Rain Man.



Film américain réalisé en 1988 par Barry Levinson
Avec Dustin Hoffman et Tom Cruise.

Un grand frère, autiste, et son petit frère, jeune chromé arriviste.

Tout le film autour de cette rencontre improbable. Le petit frère à la recherche du magot lié à la prise en charge de son frère dysfonctionnel.  Puis, graduellement, l'affection s'installe malgré tout. La recherche du magot cède la place à la recherche de l'événement qui a déclenché cette pathologie chez son aîné.

Un petit moment d'anthologie dans ce film quand le cadet découvre que ce qu'il croyait être un personnage inventé par lui, rain man, était, en fait, le nom de son grand frère, Raymond, disparu de sa vie quand il avait trois ans.

Quelle belle traversée des USA dans une superbe Buick décapotable 1949. 

La décapotable Buick Roadmaster 1949. Vendue 175,000$ en 2012

Un itinéraire très semblable à celui que j'ai emprunté en 2004 lors de mon voyage, en auto, dans l'Ouest américain : 17 000 kilomètres en 6 semaines. Montréal-San Diego. Un exploit : 3 jours à Las Vegas sans mettre un sou dans les casinos. C'était en juillet, le jour de notre arrivée à Lost Wages (où les travailleurs allaient perdre leur paye de la semaine en jouant dans les casinos), il faisait 46 degrés Celsius. Je me souviens d'avoir vu sur une horloge sur la rue principale : minuit et 100 degrés Fahrenheit (37,7 C)

Raymond ne veut pas prendre l'avion pour se rendre à L.A. parce que toutes les compagnies aériennes, sauf Qantas, ont déjà eu des accidents mortels. Les avions de ligne Qantas n'ont toujours pas eu d'accidents entraînant de décès à ce jour.

La grande critique américaine, Pauline Kael, n'a pas vraiment apprécié : "It' a piece of wet kitsch."

Oscars 1989. Quatre statuettes : film, acteur à Dustin Hoffman, réalisation, scénario.
Berlin 1989Ours d'or pour le meilleur film.

Visionné, la première fois, le 5 mars 1989, au cinéma Parisien à Montréal.
Mon 259ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 21 avril 2023

18 mai 2014

25 moments de cinéma

Dans le 700ème numéro des Cahiers du Cinéma publié en mai 2014, les rédacteurs de ces derniers ont publié les moments les plus émouvants choisis par 140 artistes du cinéma. 
Voici les miens

Vinq-cinq de mes grands moments de cinéma 

1. Mon oncle Antoine de Claude Jutras: Le père penché sur son garçon dans un cercueil  trop petit pour lui

2. Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone: Le duel final quand Henry Fonda découvre qui est vraiment le personnage de Charles Bronson.

3. Le pianiste de Roman Polanski : L'officier allemand qui demande au pianiste juif en fuite de jouer pour lui..

4. Le regard-caméra de Harriet Andersson dans Un été avec Monika de Ingmar Bergman


5. La scène finale de Melancholia de Lars von Trier

6. Nicole Kidman dans Dogville de Lars von Trier

7. Tom Hanks, momentanément sourd, sur la plage de Omaha Beach pendant le débarquement dans Saving Private Ryan de Seven Spielberg

8. Dans L'exorciste de William Friedkin, la tête de Linda Blair qui fait un tour sur elle-même. J'en ai rêvé pendant des semaines...


9. Gollum le perfide dans le Seigneur des anneaux.

10. Dans Cris et chuchotements de Ingmar Bergman, la scène de la "pièta"


11. Dans le Titanic de James Cameron, la main de Kate Winslet qui s'étampe dans la vitre arrière d'un cabriolet au moment où elle fait l'amour avec Léonardo.

12. La grisaille de Paris-en-novembre dans Les 400 coups de Truffaut

13. Dans La nuit américaine de Truffaut, le réalisateur, joué par Truffaut, qui écoute la trame musicale du film en même temps que nous voyons défiler des bouquins sur le cinéma

14. La naissance d'Alien

15. Le porte-jarretelle de Betty Boop

16. La scène de séduction dans le métro dans Shame de Steve Mcqueen

17. Le long travelling sur un bouchon de circulation dans Week-end de Godard

18. Le bistouri dans l'oeil - Un chien andalou


19. La première fois que j'ai vu  Louise Brooks. C'était dans Dans Die Büchse Der Pandora  (1925)


20. Le moment le plus "sortez vos mouchoirs"- qui me touche à chaque fois.
Dans City Light, lorsque la fleuriste prend conscience que son bienfaiteur est le petit vagabond

21. Le bruit fait par la porte du restaurant de la pension où habite monsieur Hulot dans Les vacances de monsieur Hulot

22. Dans On the Waterfront de Elia Kazan, Brando qui, déambulant avec Eva-Marie Saint, ramasse un gant qu'elle vient d'échapper (non prévu dans le scénario) et qui  l'enfile tout en continuant la scène. Un petit moment qui grandit en vous..

23. Le désespoir assumé du personnage de Giulietta Masina dans La strada de Fellini.

24. La mort de la petite fille (Setsuko) dans Le tombeau des lucioles de Isao Takahata

25. La résurrection de Inger dans Ordet de Dreyer







06 mai 2014

258. Bergman. Persona



Film suédois réalisé en 1966 par Ingmar Bergman
Avec Liv Ullman et Bibi Andersson

Je suis toujours émotivement ébranlé à chaque fois que j'aborde l'œuvre de Bergman parce que son œuvre m'accompagne depuis des décennies, disons cinq.

Régulièrement, je replonge dans son œuvre dont je ne me lasse pas et, telle une madeleine de Proust, chacun de ses films me relance vers des moments marquants de ma vie. 

Ce film illustre bien l'approche "déconstructiviste" qui a fleuri dans le cinéma des années 60. Il s'agit, en gros, de briser la chaîne narrative en introduisant différents éléments qui relèvent de la fabrication du film : pellicule perforée, amorces de film, aperçu de la caméra, etc. Un peu d'avant-garde dans la structure traditionnelle du film.

Ces images superbes de tendresse féminine ne disent rien de la cruauté sous-jacente.





Une très belle et émouvante image tirée du tournage de Persona
Tournage de Persona : Bibi Andersson, Bergman et Liv 
Bibi Andersson, Ingmar Bergman et Liv Ullman

Visionné, la première fois, le 1er mars 1989 à la télévision à Montréal
Mon 258ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 16 avril 2023

07 août 2013

257. Cukor : Gaslight


Hantise

Film américain réalisé en 1944 par George Cukor
Avec Ingrid Bergman, Charles Boyer, Joseph Cotten et Angela Lansbury, (Murder, She Wrote), 17 ans, qui pète le feu dans sa première présence au cinéma qui lui valut une nomination pour l'oscar de la meilleure actrice de soutien.

Deuxième version au cinéma en 4 ans de la pièce 5 Chelsea Lane (1939) du dramaturge britannique Patrick Hamilton.

Un sacrilège cinéphilique de la part des producteurs de MGM: ils ont essayé de se procurer toutes les copies de la première version (Gaslight sous la direction de Thorold Dickinson - 1940) afin de les détruire - coutume habituelle chez les producteurs hollywoodiens lorsqu'ils font un remake.

Je craque pour le décor - j'adore le petit parc éclairé par des lampadaires au gaz dans le brouillard londonien, en fait un composé de brouillard et de particules fines provenant de la combustion du charbon - on inventa le mot "smog" pour qualifier ce type de phénomène.

À la suite de la pièce de théâtre et surtout à la suite de la diffusion des films de Dickinson et de Cukor, le terme Gaslighting prit la signification d'une sorte d'abus mental dans lequel de fausses informations sont présentées à la victime dans l'intention de mettre en doute sa mémoire, sa perception et sa santé mentale.

Oscars 1944. Deux statuettes: une pour Ingrid Bergman, meilleure actrice et une pour la direction artistique

Visionné, la première fois, le 23 février 1989 à la télévision à Montréal
Mon 257ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 17 avril 2023

25 mai 2013

256. Berbeley : Babes in Arms



Place au rythme

Film américain réalisé en 1939 par Busby Berkeley
Avec Judy Garland (16 ans), Mickey Rooney (18 ans), Charles Winninger, June Preisser, Grace Hayes

Une comédie musicale typique des années 30 - scénario simple, chansons et danses avec une grande finale tout feu tout flamme dans un théâtre de Broadway. 

Du Busby Berkeley 100% pur "musical". Suffisamment de numéros de musique et de danse pour soutenir l'intérêt, si on aime le genre, évidemment.

Autant j'adore Judy Garland, autant Mickey Rooney m'a toujours "tombé sur les nerfs". De la difficulté avec son approche hystérique du jeu de comédien. Mais, bon, il doit avoir un sacré talent quand même puisqu'il a joué dans 337 films et qu'il est toujours actif après 87 ans de carrière (décédé en 2014). Garland, décédée à 47 ans, n'a tourné que dans 36 films.
À voir : le numéro de danse contorsionniste de June Preisser.

Une chouette chanson
"Good Morning" (1939). Musique de Nacio Herb Brown. Texte de Arthur Freed
Chantée par Judy Garland et Michey Rooney



Visionné, la première fois, le 22 février 1989 à la télévision à Montréal
Mon 256ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Retiré de la liste de Schneider depuis 2013
Mis à jour le 11 avril 2023

20 mai 2013

255. Minnelli : Meet Me in St. Louis


1001 films de Schneider : Meet Me in St. Louis



Le Chant du Missouri

Film américain réalisé en 1944 par Vincente Minnelli
Avec Judy Garland, Margaret O'Brien, Mary Astor, Lucille Bremer, Leon Aymes

Premier film enregistré sur mon premier lecteur VHS. Découverte en même temps de Judy Garland que je ne connaissais pas vraiment. Tant emballé par elle que j'enregistrerai 5 de ses films lors d'une rétrospective de ses œuvres sur le canal public américain PBS. Avec ce lecteur VHS, ma cinéphilie va passer à une vitesse supérieure.

Les USA sont pleine guerre (1944) sur le front européen et sur le front asiatique, le "body count" prend des proportions astronomiques, alors quoi de plus thérapeutique que de se remémorer le "bon vieux temps".

Un mot vient à l'esprit en regardant ce film - mièvrerie. Les cinq premières minutes du film sont un classique de ce genre : le bonheur chantant dans un décor de studio surchargé.

Je suis un grand fan de comédies musicales, mais celle-là, elle passe pas.

"There's no place like home" Judy Garland reprend là où elle avait laissé après The Wizard of Oz.

Décidément, sortir de son "trou" (à utiliser dans le sens hobbit du terme) n'est pas une chose souhaitable pour la famille moyenne américaine. 

Ce n'est pas pour rien qu'en réaction à ce repli sur soi s'est développé un genre cinématographique devenu très populaire - le "road movie" - On pourrait dire pour paraphraser Judy : There's no place like to be gone.

Bon, d'accord, je n'ai pas été touché par ce film qui semble faire l'unanimité chez les critiques comme étant un des plus merveilleux films familiaux jamais tourné. Je lui préfère, dans le genre, et de loin, It's a Wonderful Life de Frank Capra.

Meet Me in St-Louis, c'est ce rendez-vous fixé pour l'Exposition universelle de 1904. En même temps et au même endroit, eurent lieu les 3ème Jeux olympiques qui ont été disputés sur une période de 6 mois et qui furent un tel fiasco auprès du public qu'ils mirent pratiquement fin au mouvement olympique lui-même.

Oscars 1945. Statuette pour une actrice enfant à Margaret O'Brien

Visionné, la première fois, le 17 février 1989 à la télévision à Montréal
Mon 255ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 11 avril 2023

07 mai 2013

254. Cukor : Camille



Film américain réalisé en 1936 par George Cukor
Avec Greta Garbo, Robert Taylor, Lionel Barrymore
Le roman de Marguerite Gautier
Camille est le titre de l'adaptation américaine, en 1855, de la pièce La Dame aux camélias par une actrice du nom de Matilda Heron. Camille à cause de camélia.


Comme on dit en anglais : Garbo rules. Un film avec Garbo ? Un Garbo, tout simplement. Dans les années 30, elle est la reine et comme la reine Christine de Suède (qu'elle interpréta, par ailleurs), elle se retirera des feux de la scène assez jeune, à 36 ans. Christine abdiquera à 28 ans pour consacrer le reste de sa vie aux activités culturelles sur le continent européen. 

Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans ce film. Garbo ne peut pas jouer une prostituée. Sa Camille est largement au-dessus de la condition sociale de la Camille de Dumas : intelligente, sophistiquée, nuancée, altière. 

On ne retrouve pas la Dame aux camélias traditionnelle - on retrouve Garbo qui transcende ce personnage. C'est peut-être ce qui fait la force de cette adaptation.

On a beaucoup tourné cette Camille avant Garbo. Après elle, on n'ose plus. Que pourrait-on ajouter de plus à cette performance magistrale ?

O.K. tout le monde a compris; pour moi, Garbo "is the best ever".

Visionné, la première fois, le 5 février 1989 à la télévision à Montréal  
Mon 254ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 11 avril 2023

29 avril 2013

253. Pagnol : La Femme du boulanger



Film français réalisé en 1938 par Marcel Pagnol
Avec Raimu (le boulanger), Ginette Leclerc (la femme du boulanger), Fernand Charpin (le marquis), Robert Vattier, Charles Blavette, Robert Bassac
Adaptation à l'écran de la nouvelle de Jean Giono, Jean le Bleu

Je tombe toujours sous le charme des films de Pagnol, ceux des années 30, même si je les ai vus plusieurs fois. 

D'abord, pour Raimu et Charpin, puis pour les paysages des hameaux de la Provence et pour cette vieille France disparue.

À une époque, dans les années 1990, suite à mes randonnées dans les Alpes françaises et un soudain besoin de me brancher à la nature (moi, qui suis un irrémédiable urbain), je me suis passionné pour l’œuvre de Giono. En un été, j'ai lu les trois premiers tomes de ses œuvres complètes dans la Pléiade - le plus beau de mes voyages de cet été-là. 
 
On avait approché Joan Crawford pour jouer la femme du boulanger. Peut-on imaginer plus contre-emploi que ça. Heureusement, sa connaissance du français, avoisinant le degré zéro, l'écarta de ce rôle.

Ce film a tenu l'affiche plus d'un an à New York - Orson Welles qui le vit plusieurs fois décréta Raimu, le plus grand comédien de tous les temps.

Le boulanger (Raimu) : "Évidemment, toi, tu ne risques pas de devenir cocu. Ta femme a plus de poils au menton que de rose au téton."

Lecture cinéphilique.
Napoléon de Kevin Brownlow
Ce livre retrace l'épopée du Napoléon de Abel Gance, réalisé en 1925-27 qui, par un concours incroyable de circonstances, n'a jamais pu être distribué adéquatement, privant des millions de spectateurs d'une des plus grandes œuvres de l'histoire du cinéma.

Savez-vous que, depuis la première du film à l'Opéra Garnier à Paris le 7 avril 1927, il y eut 21 autres versions de ce film. Le dernier, le plus complet à 5h.31min. par Kevin Brownlow et Patrick Stanbury pour le British Film Institute

La version originale de sept heures du film fait l'objet d'un travail depuis 2008 à la Cinémathèque française. Sortie prévue : 2024 (d'après une information du 13 juin 2022).

Visionné, la première fois, le 13 février 1989 à la télévision à Montréal
Mon 253ème film visionné de la  liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 10 avril 2023

07 avril 2013

252. Ford : Rio Grande



Film américain réalisé en 1950 par John Ford
Avec John Wayne, Maureen O'Hara, Victor McLaglen, Ben Johnson, Claude Jarman Jr.

Les films de cavalerie de Ford me laissent pantois par la vacuité de leur scénario et Rio Grande, le troisième de la série, n'améliore pas les choses. Quel scénario simpliste !

J'ai beaucoup de difficultés avec les gloires de la cavalerie américaine fondées sur l'extermination des autochtones. Ça devait être dit...je me sens mieux.

On peut être un très grand réalisateur et se fourvoyer dans le choix des sujets à traiter. Vivent les westerns fordiens. Rio Grande est le dernier de la trilogie des films de cavalerie de Ford après Fort Apache (1948) et She Wore a Yellow Ribbon (1949). 

La scène initiale, après les crédits, l’une des plus belles de la filmographie de Ford, dans laquelle on voit la patrouille de retour au camp avec son contingent de soldats fourbus ou blessés.

De très belles images des "Mittens" dans Monument Valley, Utah : lieu mythique du western.


Les Sons of the Pioneers, groupe de chanteurs de westerns, fondé en 1933 par Roy Rogers, sont mis à contribution à plusieurs reprises au cours du film. Ce qui donne souvent l'impression qu'on est plus en présence de joyeux troubadours que d'un régiment sur un pied de guerre. Une belle ballade irlandaise : I'll Take You Home Again, Kathleen.

Lecture cinéphilique : The Story of Film par Mark Cousins
Je sais, en général, les histoires du cinéma sont assez imbuvables quoiqu'un de mes plus beaux moments de lecture sur le cinéma fut de lire l'Histoire du cinéma de Georges Sadoul en 6 volumes (3000 pages) que j'ai lu avidement à l'aube de ma vingtaine (quand je rêvais de m'inscrire à l'IDHEC de Paris). Mais quelle frustration ce fut de lire la description de tous ces films sans avoir accès à leur visionnement. À refaire avec YouTube en support- non je n'en ai pas le courage. Mais me les procurer ? 

Pour revenir à Cousins, il s'intéresse à l'histoire des innovations quant au langage cinématographique. Ce n'est pas exhaustif, il choisit quelques réalisateurs par période, les plus innovateurs, et s'intéressent à ce qu'ils apportent de nouveau. Pour tout cinéphile, un passage obligé.

Visionné, la première fois, le 7 février 1989 à la télévision à Montréal
Mon 252ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 10 avril 2023