22 août 2011

209. Allen : The Purple Rose of Cairo




Film américain réalisé en 1985 par Woody Allen
Avec Mia Farrow, Jeff Daniels, Danny Aiello

Un fantasme d'enfance : le héros qui traverse la toile pour s'adresser à moi ou, encore mieux, moi qui traverse la toile pour tuer le gros méchant qui a attaché la fille à la voie ferrée. 

Parce que des filles courtement vêtues attachées à la voie ferrée, les dessins animés de mon enfance en regorgeaient, si je puis m'exprimer ainsi. Dans les mêmes dessins animés destinés aux enfants, on voyait régulièrement, sur le côté de la route, une fille faisant du stop qui, pour attirer le client, retroussait sa jupe et v'là-t'y pas le méchant loup au volant d'une décapotable la langue pendue à terre qui s'arrêtait pour la faire monter, ça finissait, invariablement sur la voie ferrée. 

Heureusement, le héros se pointait à moins une avant l'arrivée du train pour la sauver ce qui faisait bien notre affaire parce qu'on reverrait, pour sûr, la même fille refaire du stop  le lendemain, à la même heure, au même poste. C'était drôlement plus excitant que Passe-Partout et comme éducation sexuelle, ça partait sur les chapeaux de roue.

Donc, La Rose pourpre du Caire.
Petit film amusant sans prétention. J'avais été très emballé lors de mon 1er visionnement en 1985, probablement à cause du concept - le héros qui descend de l'écran pour s'enticher d'une spectatrice et son incapacité à s'adapter à la vraie vie puisque toutes ses connaissances se limitent à celles apprises pour son rôle à l'écran. Le concept connu ajouté à un scénario un peu squelettique, eh bien, ça s'effondre quelque peu lors d'un nouveau visionnement.

Allen, faisant dans la nostalgie (le temps de la crise, les vieux cinémas d'antan, Fred Astaire chantant Cheek to Cheek, etc.), séduit toujours une large part de public. Il nous la joue quelquefois. Scénario mince + le bon vieux temps = succès public assuré. Minuit à Paris est le dernier produit de cette pratique.

Mais La Rose pourpre du Caire, c'est aussi un petit cours sur le cinéma en tant que meilleure option pour survivre à sa vie quotidienne.

Ce film est aussi un hommage amoureux d'Allen pour les pommettes saillantes de Mia d'où cette chanson-thème du film : Cheek to Cheek avec Fred Astaire et Ginger Rogers, extrait de Top Hat, film réalisé en 1935 par Mark Sandrich. 

Césars 1986. Meilleur film étranger
Cannes 1985. Prix de la critique internationale

Visionné, la première fois, au cinéma Odéon à Paris le 21 juillet 1985
Troisième visite à Paris lors d'un voyage qui me mena en Toscane (Lucca, lieu de naissance de mon grand-père maternel) et à Venise.  Mais, surtout, ce fut mon premier contact avec les Alpes françaises - total coup de foudre qui résultera en une randonnée autour du Mont Blanc à l'été 1987.
Mon 209ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 16 mars 2023

13 août 2011

208. Joffé : The Killing Fields


La Déchirure

Film britannique réalisé en 1984 par Roland Joffé
Avec Haing S. Ngor, Sam Waterston, John Malkovich, Julian Sands

The Killing Fields sont les endroits où ont été tués et enterrés les victimes du massacre perpétré par les Khmers Rouge lorsqu'ils étaient au pouvoir entre 1975 et 1979. On a trouvé 20 000 de ces sites contenant en tout 1,4 millions de victimes. L'invasion du Kampuchéa Démocratique (Cambodge) par le Vietnam a mis fin au génocide de son propre peuple par un gouvernement qui se proclamait communiste. Les dictatures communistes ont développé au cours du 20ème siècle (et ça se poursuit en Corée du Nord) la triste habitude d'exterminer leur propre citoyen.















Contrairement à ce que laisse entrevoir le titre, l'horreur khmère rouge n'occupe pas la partie importante du scénario (Environ 40 min sur 2h.21), loin s'en faut. 

J'en fus déçu lors de ce nouveau visionnement. Je me souvenais de ce film comme une grande manifestation contre les dictatures rouges qui furent les plus grandes machines à tuer du 20ème siècle. Lire à ce sujet Le livre noir du communisme.

En fait, il y deux histoires dans ce film. D'abord l'histoire (fait vécu) d'une relation amicale entre un journaliste du New York Times (Sydney Schanberg) en poste au Cambodge et un journaliste cambodgien (Dith Pran) qui lui sert de traducteur et l'histoire du séjour en camp d'internement de ce dernier puis de son évasion de ce camp.

Donc, le film sur l'horreur khmère rouge reste à faire avant que tout ça sombre dans l'oubli, enterré par la succession ininterrompu de ce type de manifestation de la grandeur de l'homme : Rwanda, Somalie, Kenya, Corée du Nord...ad nauseam.

Scénario du film tiré d'un article du New York Times Magazine écrit par Sydney Schanberg en 1980 : The Death and Life of Dith Pran.

Agaçant : on échangerait bien les parties concernant les petites misères égocentriques du journaliste américain pour un plus long passage sur le goulag khmère et la terrible aventure de Dith Pran.

Oscars 1985. Trois statuettes pour l'acteur de soutien à Haing S. Ngor, la caméra, le montage.

Visionné, la première fois, le 16 juin 1985 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 208ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 16 mars 2023

19 juillet 2011

207. Scott : Alien



Film américain réalisé en 1979 par Ridley Scott
Avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton, John Hurt, Ian Holm, Yaphet Kotto

Un vendredi soir de juin 1985, minuit, je m'aventure seul dans un cinéma presque vide pour voir Alien de Ridley Scott. 

J'aime les films de science-fiction même les plus stupides style Plan 9 from Outer Space de Ed Wood - bon, d'accord, j'exagère - mais cette merde est quand même à voir si vous voulez rigoler ; mais, pour moi, le plus hallucinant des Ed Wood demeure Glen or Glenda - laissez vos Kurosawa ou autre Tarkovsky et plongez-vous dans cette œuvre - vous ne sortirez pas indemne de cette œuvre hautement pédagogique ! Vous êtes prévenus.

J'étais prêt pour un film de science-fiction pas pour un film d'horreur tel que Alien. Alors le choc n'en fut que plus violent lors de la scène de la naissance de ce type.


Le moment de cinéma le plus effrayant que j'aie jamais vécu... des jours à m'en remettre. Je ne vous dis pas la trouille que j'avais, après la projection, en rentrant chez-moi, seul, à 3 heures du matin, tout en chantonnant. Jamais l'expression "siffler dans un cimetière" ne fut plus adéquate.

La scène de la sortie de la chose de l'estomac de Kane (John Hurt) est considérée comme le deuxième moment le plus effrayant du cinéma. Voir The 100 Scariest Movie Moments.

Autre moment frappant : Ash (Ian Holm, le Bilbo du Seigneur des anneaux) que nous croyions être un humain se trouve, en fait, être un robot - sa tronche éclatée quelques instants plus tard convaincront tous les sceptiques.

Les auteurs de It! The Terror from Beyond Space  ont accusé Scott et sa gang de plagiat. À vérifier.

La saga Alien :
Dernièrement, j'ai vu la quadrilogie (sic). Globalement, ça vaut l'effort même si l'intérêt baisse rapidement. On parle quand même de trois réalisateurs majeurs : Cameron pour Aliens, le meilleur de la suite, Fincher pour Alien3, le côté sombre de ce film me plaît beaucoup et Jeunet pour Alien : Resurrection, à oublier.

Oscars 1980. Une statuette pour les effets spéciaux

Visionné, la première fois, le 14 juin 1985 au Cinéma du Parc à Montréal
Le 23 juin, attentat terroriste sur le vol Montréal-Bombay : 323 victimes. Deux jours plus tard, je prenais le vol Montréal-Paris : plus effrayant qu'Alien.
Mon 207ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 15 mars 2023

09 juillet 2011

206. Clément : Jeux interdits




Film français réalisé en 1952 par René Clément
Avec Georges Poujouly et Brigitte Fossey.

Nostalgie d'une France qui n'est plus.

J'avais été vraiment secoué lorsque j'avais vu la longue séquence du Débarquement de Saving Private Ryan de Spieberg. On n'avait jamais vu le Débarquement présenté avec une telle horreur.

Quand j'ai revu la séquence d'ouverture du bombardement d'une colonne de réfugiés dans Jeux interdits, je me suis dit que les spectateurs de l'époque ont dû rester sur le choc pendant plusieurs minutes en voyant cette séquence. L'horreur de cette séquence est accentuée par le fait qu'elle se passe par une belle journée ensoleillée au cœur de la paisible campagne au sud de Paris. Pas un son, hormis la mitraillade.

Après cette longue séquence, la guerre disparaît complètement du film sauf quelques références lointaines à des engagés. Ceci a pu contribuer à la mauvaise réception du film par le public d'alors. 

Empruntons ce chemin de traverse. Hiroshima, mon amour avait également suscité de telles réticences à sa sortie - comment osait-on "broder" une histoire d'amour sur fond d'holocauste nucléaire.

Narciso Yepes cartonne avec sa mélodie qui était devenu au temps de ma jeunesse l'emmerdant solo de guitare que tout débutant guitariste nous gratifiait inlassablement à chacun de nos partys.

Grande prestation de Georges Poujouly. Brigitte Fossey est admirablement bien dirigée mais on ne peut pas parler de performance artistique dans son cas.

La Ponette de Doillon, c'est un peu la sœur de la Paulette de Clément.

Oscars 1953. Meilleur film en langue étrangère
Venise 1952. Lion d'or

Visionné, la première fois, le 2 juin 1985 à la télévision à Montréal.
Mon 206ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 15 mars 2023

17 juin 2011

205. Curtiz : Casablanca



Film américain réalisé en 1942 par Michael Curtiz
Avec Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Conrad Veidt, Peter Lorre, Marcel Dalio

Je trouve qu'on a tendance, surtout dans la communauté anglosaxonne, à surévaluer ce film. Quand un film devient un tel emblème, il vaut peut-être mieux ne pas le revoir et demeurer sur nos premières impressions qui, au cours des ans, ont été peaufinées cent fois par une logorrhée de stéréotypes liés à ce film.

Puis, on le revoit 25 ans plus tard et, surprise, on retombe sous le charme. Les célèbres répliques sont au rendez-vous et sont toujours aussi percutantes. Les personnages, surtout les rôles secondaires (Merveilleux Peter Lorre et Marcel Dalio, 177 films sur 50 ans de carrière, celui-ci), sont devenus quasiment des stéréotypes cinématographiques.

Si Bogart prend l'avion avec Bergman, la ferveur populaire n'est plus aussi importante et ce film ne devient jamais une légende et sort probablement de la liste des 100 meilleurs films du 20ème siècle.


La petite histoire entourant le film dit que, jusqu'à la fin, Ingrid Bergman ne savait avec qui elle allait prendre l'avion. 

Mais on connaît les désastres causés par le Code Hayes dans la production hollywoodienne. Les producteurs, eux, savaient avec qui elle allait monter dans l'avion et Curtiz n'avait d'autre choix que de se plier à cette décision. Selon le dit Code, l'adultère peut, peut-être, faire partie de la trame dramatique mais il ne peut pas, en aucun cas, être récompensé. Alors, cette fin qui a déchiré tant de cœurs ne serait, finalement, qu'une autre des manifestations du Code Hayes, responsables d'une multitude de dénouement de films? (Je viens de voir The Woman in the Window de Fritz Lang, tout est extra jusqu'à l'entourloupette imposée par le Code dans le dénouement - c'est à hurler de bêtise).

Tout ça étant dit, Casablanca est un sapré bon film et chaque visionnement ne fait que le confirmer. Mais c'est le scénario et les personnages plus que la réalisation (Flashback parisien, un vrai ovni) qui catapulte ce film aux premiers rangs de la majorité des listes.

Maintenant, les trois mots les plus populaires du cinéma américain : Play It, Sam. et non pas Play It Again, Sam qui vient du film des Marx Brothers, A Night in Casablanca tourné en 1946.

As Time Goes By, chanson composée en 1933 par Herman Hupfeld pour la comédie musicale Everybody's Welcome.

Frissons garantis : dans le café, le chant improvisé de La Marseillaise par les clients qui vient enterrer Wacht am Rhein (Un chant ayant eu parmi le peuple allemand un statut non-officiel d'hymne national) entonné par les nazis.

Oscars 1944. Trois statuettes : le film, la réalisation et le scénario

Visionné, la première fois, le 17 mars 1985 à la télévision à Montréal
Mon 205ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 15 mars 2023

19 mai 2011

204. Lynch : The Elephant Man



Film américano-britannique réalisé en 1980 par David Lynch
Avec John Hurt, Anthony Hopkins, Anne Bancroft, John Gielgud, Wendy Hiller

J'aurais préféré entrer dans le monde de Lynch par Eraserhead que par cet académique The Elephant Man.

Eraserhead, que je ne verrai que 22 ans plus tard, me jettera carrément à terre. Tant qu'à rouler dans la sciure aussi bien en profiter pour faire le lien avec Freaks (1933) de Tod Browning auquel nous ramène constamment John Merrick, l'éléphant en question, qui n'aurait pas déparé cette sacrée gang d'amochés. Freaks, à voir toutes affaires cessantes, un kilomètre au-dessus de ce bienveillant The Elephant Man.

Joseph Merrick (1862-1890), citoyen anglais 

Un lien entre Eraserhead et The Elephant Man : le monde industriel. Dans les deux films, Lynch s'attarde à nous plonger dans le paysage urbain de la révolution industrielle, le Coke Town : fumées, vapeurs, voies ferrées, machineries inquiétantes, un maximim de pollution et pas un arbre à l'horizon et tout ça en noir et blanc.


Film globalement surévalué.  En fait, Lynch nous présente une histoire improbable d'un personnage de foire qui, tout à coup, se met à parler et à discuter comme s'il avait été élevé au sein d'une famille bourgeoise victorienne cultivée.

La scène d'ouverture nous présente la mère de John Merrick attaquée par un éléphant ; ce qui expliquerait la difformité de son fils. Faut quand même pas nous prendre pour des idiots - bon, d'accord, j'exagère volontiers, je sais que c'est une figure de style. Il fallait bien trouver une intro pour ce qui suit : Ça m'a fait penser à un film avec Fernandel que j'ai vu lorsque j'avais 5-7 ans (Mon premier souvenir de cinéma chez mes grands-parents qui étaient les seuls, dans la famille, à posséder la télé) dans lequel l'un des personnages, pour expliquer le visage déformé de Fernandel, disait que sa mère avait trop souvent regardé des chevaux lorsqu'elle était enceinte. Quelqu'un en connaît le titre ?

Césars 1982. Meilleur film étranger

Visionné, la première fois, le 16 février 1985 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 204è film visionné de la liste des 1000 films du livre de Schneider
Mis à jour le 19 avril 2023

26 avril 2011

203. Lubitsch : Ninotchka




Film américain réalisé en 1939 par Ernst Lubitsch
Avec Greta Garbo, Melvyn Douglas, Ina Claire, Bela Lugosi, Sig Ruman, Felix Bressart, Alexander Granach

Greta Garbo Laughs, disait la pub du film.

Un des rares rôles comiques tenu par la Suédoise lors de son avant-dernier film. On se rappelle que MGM avait utilisé un slogan semblable lors de la sortie du premier film parlant de Garbo, Anna Christie (1930), Garbo Talks.

Ce qui saute aux yeux, c'est à quel point la critique du système soviétique était à point. Évidemment, pendant les 30 années suivantes, on n'y a vu que de l'anticommunisme primaire stéréotypé et de la propagande américaine jusqu'à ce qu'on découvre la vraie figure de ce régime totalitaire. 

Si on en doute encore, on peut toujours jeter un œil sur Le livre noir du communisme, publié en 1997, dont les auteurs sont sûrement à la solde des impérialistes américains, diraient nos camarades du PCF.

Quelque temps avant la sortie de Ninotchka, André Gide sonnait la fin de la récréation communiste dans son Retour de l'U.R.S.S.

« Du haut en bas de l'échelle sociale reformée, les mieux notés sont les plus serviles, les plus lâches, les plus inclinés, les plus vils. Tous ceux dont le front se redresse sont fauchés ou déportés l'un après l'autre. Peut-être l'Armée rouge reste-t-elle un peu à l'abri ? Espérons-le ; car bientôt, de cet héroïque et admirable peuple qui méritait si bien notre amour, il ne restera plus que des bourreaux, des profiteurs et des victimes." André Gide.

L'agent soviétique Garbo n'a pas encore rencontré les joies du capitalisme enchanté.


Voilà, c'est fait!

Ce n'est qu'à la 45ème minute que Garbo s'esclaffe. Curieusement c'est à ce moment que je commence à perdre un peu d'intérêt ; on tombe dans la comédie de sexe assez convenue. Le film s'alanguit, on pédale un peu dans la semoule. J'avais beaucoup aimé la première partie, avec le trio d'espions, pendant soviétique des Three Stooges dont l'un ressemble à Lénine et un autre à Trotsky. 

Toutes les scènes de Paris ont été tournées en studio. On peut aimer, moi pas ; je pense particulièrement à la Tour Eiffel en carton. La reconstitution en studio m'a toujours enragé. Comment a-t'on pu attendre tant de temps (des décennies) avant de tourner en  décor naturel? 

Y a pire que ce Paris bidon, je pense, entre autres,  au  film d'Alexander Korda, Rembrandt, que j'ai vu la semaine dernière - Amsterdam reconstruit en studio - c'est à hurler. On peut y trouver du génie (je  pense à l'esthétique expressionniste) mais moi je préfère le génie du décor naturel.

Ce n'est pas mon Garbo préféré. À des lieues de Queen Christina (1933) de Robert Mamoulian mais c'est du Lubitsch, on s'amuse beaucoup.

Visionné, la première fois, le 1er février 1985 à la télévision à Montréal.
Mon 203ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 14 mars 2023

08 avril 2011

202. Forman : Amadeus




Film américain réalisé en 1984 par Milos Forman
Avec Tom Hulce, F. Murray Abraham, Elizabeth Berridge, Roy Dotrice, Jeffrey Jone
Adaptation de la pièce de Peter Shaffer écrite en 1979, elle-même un plagiat de la courte pièce d'Alexandre Pouchkine, Mozart et Salieri, écrite en 1830.

Jusqu'à 40 ans, que j'ai haï l'opéra. 
Sauf pour quelques moments comme, par La flûte enchantée de Mozart (la porte d'entrée pour l'Opéra) par Bergman, je n'avais aucun intérêt pour cet art que je trouvais  archaïque. Je n'étais pas capable de supporter les aigus des Castafiore, ni les voix sépulcrales des basses sans parler des prestations des surpondérales jouant les faméliques affamées d'une quelconque Bohème ou Traviata. 

Pour moi, à l'évidence, l'opéra m'apparaissait un art pour vieux bourgeois. Pour bourgeois, c'est probable mais pour vieux, certainement. Certains soirs de représentation la moyenne d'âge doit frôler les 98 ans.

Puis, un soir de Noël de 1984, arrive Amadeus, film adapté d'une pièce de théâtre éponyme de Peter Shaffer. Les portes s'ouvrent, quelques murs tombent, une émotion est semée, l'opéra s'introduira lentement dans mon univers musical. Comment ne pas être transporté par les séquences de Don Giovanni ou de La Flute enchantée. J'ai revu plusieurs fois ce film , pas tellement pour la trame dramatique que pour la musique et les extraits des opéras; la finale de Le Nozze di Figaro est troublante, Salieri dirait divine.

Va pour la musique mais la prestation théâtrale ? Eh bien, l'opéra a rajeuni de 100 ans en moins de 20 ans. Pensons seulement à la mise en scène de L'Or du Rhin de Robert Lepage au Metropolitan Opera de New York en septembre 2010.


 

Ou à la prestation de Salomé à l'opéra de Montréal en mars 2011 où l'interprète de celle-ci, après la fameuse danse des sept voiles, apparaît avec pour seul vêtement, un string...  Nicola Beller Carbone dans sa prestation de Salomé à Genève en 2009. Pas tout à fait l'image que l'on s'attend de voir quand on a une vieille vision stéréotypée de l'opéra.




La flûte enchantée de Bergman puis Amadeus de Forman; se donner une chance d'aimer l'opéra.

Trois heures (Director's Cut) de pur plaisir que cet Amadeus si on oublie le rire de crécerelle de Tom Hulce qui me tombe royalement sur les rognons (expression favorite de ma mère) et qui n'a aucun fondement historique comme beaucoup des éléments de ce drame. Mais une belle histoire qui repose toute sur la dichotomie entre l'homme et l'œuvre. Cette dichotomie qui est toujours un grand choc quand, au sortir de nos adolescences passionnées, nous découvrons que l'homme qui porte l'œuvre la mérite peu, comme dirait Salieri (je pense, entre autres, à Léo Ferré dans son château en Toscane !).

Neville Mariner à la direction d'orchestre, Twyla Tharp à la chorégraphie, costumes et décors somptueux avec, en prime, les rues de Prague et la salle d'opéra où Mozart a présenté son Don Giovanni - n'en jetez plus.

Oscars 1985. Huit statuettes : film, réalisateur, acteur à F. Murray Abraham, scénario (ce Oscar aurait dû aller à Alexandre Pouchkine, à titre posthume), direction artistique, costumes, son, maquillage.
Césars 1985. Film étranger

Visionné, la première fois, le 25 décembre 1984 au cinéma Le Dauphin à Montréal
Mon 202ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 19 avril 2023

22 mars 2011

201. Herzog : Nosferatu, fantôme de la nuit



Film allemand réalisé en 1979 par Werner Herzog
Avec Klaus Kinski, Isabelle Adjani, Bruno Ganz, Roland Topor

Première impression. En regardant ce Nosferatu, grosse nostalgie de celui de Murnau, produit 60 ans plus tôt, surtout lorsque Herzog reproduit certains plans de l'original.

J'ai tellement vu souvent cette histoire que je ne sais plus quoi en dire surtout qu'Herzog en donne une version ennuyeusement académique, quoique esthétiquement réussie. 

Rien de neuf au pays de Dracula. Une belle occasion ratée pour Herzog de dépoussiérer ce classique. Avec Kinski, Ganz et Adjani, il avait une équipe de rêve pour jeter les meubles par la fenêtre et tout refaire. 

Bon, d'accord, acceptons-le comme un hommage au cinéma muet expressionniste allemand.

Je retiens une grande performance - encore - de Klaus Kinski qui ne donne sa pleine mesure que dans des personnages totalement déjantés, aidé en cela par sa personnalité dopée à l'hystérie. J'adore Kinski.

Adjani, une autre disjonctée (j'ai beaucoup de tendresse pour ces ovnis du cinéma), donne sa pleine mesure.

Aussi Jacques Dufilho, une de ces têtes de théâtre qui a traversé le siècle.

Berlin 1979.  Ours d'argent pour la direction artistique

Visionné, la première fois, le 8 décembre 1984 à la télévision à Montréal
Mon 201ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 13 mars 2023

19 mars 2011

200. Leone : Once Upon a Time in America

1001 films de Schneider : Once Upon a Time in America

Il était une fois en Amérique

Film italo-américain réalisé en 1983 par Sergio Leone
Avec Robert De Niro, James Woods, Elizabeth McGovern, Joe Pesci, Burt Young, Jennifer Connelly à 13 ans.

Trame sonore
Lors des crédits du début, God Bless America, l'un des plus beaux chants patriotiques avec l'Internationale et l'hymne nationale soviétique. Cette chanson encadre le film. Il n'y a pas plus Amérique que cette chanson.

M'a toujours tapé sur les nerfs, la flûte de Zamfir, probablement à cause des centaines de publicités vues à la télé dans les années 80.

Yesterday des Beatles. Avait-on vraiment besoin de cette chanson pour illustrer les années 1960 ?

Beaucoup de voix à la "morricone" style Once Upon a Time in the West - redondant.

Amapola, chanson-thème qui revient des millions de fois au cours du film, chanson, étant jeune, que je détestais, donc - agaçant.

La plus merveilleuse pièce sonore de tout le film demeure ce téléphone qui ne cesse de sonner... dans le passé - trouvaille géniale.

Cette jeunesse juive délinquante nous ramène illico aux séquences du Parrain II où l'on voit la montée en délinquance de jeunes Italiens dans ce même New York du début du 20ème siècle dont la majorité des extérieurs ont été tournés dans le Vieux-Montréal - je me souviens être passé, par inadvertance, dans ces décors. Cette similitude entre les séquences des deux films m'a rendu un peu impatient face au déroulement lent de la partie qui précède l'emprisonnement de Noodle (Robert De Niro). La suite est une grande pièce de cinéma avec un dénouement dramatique intense - un bel adieu au cinéma de Sergio Leone

Cahiers du Cinéma : Sur la liste des 10 meilleurs films de l'année 1984

Visionné, la première fois, en septembre 1984 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 200ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 12 mars 2023

02 mars 2011

199. Brooks : Terms of Endearment


Tendres passions

Film américain réalisé en 1983 par James L. Brooks
Avec Debra Winger, Shirley MacLaine, Jack Nicholson, Jeff Daniels, Danny DeVito

"a succesful mainstream American weepie" (tiré de Schneider)

C'est en effet un sacré weepie - préparez vos mouchoirs, ça va pleurer dans les chaumières.

D'entrée de jeu (expression de plus en plus éculée), disons que je n'aime pas beaucoup ces films qui font un tour de vie en 90 minutes top chrono : la naissance, le mariage, d'autres naissances, le désordre amoureux, la mort. Alors que l'on sait très bien que la vie c'est, plutôt, tout le temps qui sépare ces petits accidents de parcours ou comme dirait John Lennon, "Life is what happens to you while you're busy making other plans" L'autobiographie, je la préfère façon Les fraises sauvages de Bergman.

Un peu d'humilité quand même. J'avais été très ému lors du premier visionnement de ce film, il y a 27 ans. Le cancer, héros ultime de ce film,  est une terrible mine à faire exploser toutes les armures et je n'y avais pas échappé, moi, un tantinet hypochondriaque. 

Mais, ce dernier visionnement m'a laissé tout à fait froid, tant les ficelles pendouillent de partout ou bien tant mon armure émotionnelle est devenue pur béton ce qui irait contre toutes les théories psychologiques qui disent, au contraire, qu'on "ramollit" en vieillissant.

Un film où les femmes ont le haut du pavé - des personnes fortes et entières auprès desquelles les trois hommes (le mari, l'amant et le voisin) ont l'air soit de pauvres types ou bien l'air complètement disjoncté comme le personnage joué par Jack Nicholson, le seul de toute la distribution qui a encore de la gueule aujourd'hui.

Complètement surpris d'apprendre en lisant The New Biographical Dictionary of Film de David Thomson  (œuvre incontournable pour les cinéphages comme moi) que Warren Beatty est le petit frère de Shirley MacLaine.

Oscars 1984. L'hystérie frappe encore les membres de l'Académie : 11 nominations dont 5 statuettes pour le film, pour le réalisateur (au détriment de Bergman pour Fanny et Alexandre), pour le scénario, pour les joyeux tourtereaux MacLaine et Nicholson.

Visionné, la première fois, le 22 septembre 1984 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 199ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 12 mars2023

15 février 2011

198. Bergman : Fanny et Alexandre




Film suédois réalisé en 1982 par Ingmar Bergman
Avec Bertil Guve, Pernilla Allwin, Börje Ahlstedt, Allan Edwall, Ewa Fröling, Gunn Wallgren, Jarl Kulle, Jan Malmsjö

Bergman tourne son dernier film pour le cinéma. 

Il a toujours dit que le théâtre était son art préféré, le cinéma ne servant pendant une partie de sa carrière qu'à sa survie économique.

Il utilisait la période morte entre deux saisons théâtrales pour tourner. Mais ce qui demeure, c'est sa prodigieuse production cinématographique, sa production théâtrale ne demeurant que dans la mémoire d'une génération de Suédois qui est en train de disparaître.

Fanny et Alexandre (en fait, pourquoi Fanny, puisque c'est de l'enfant Ingmar dont il est question ?) est un beau feu d'artifice en guise de testament. Un film flamboyant marqué par des scènes, réelles et imaginaires, tirées directement de son enfance. Tout est parfait dans ce film : direction d'acteurs, caméra, mise en scène, décors, costume.

Un film de 185 minutes qui est un remontage de la production télévisée qui dure 312 minutes, à privilégier, évidemment. Criterion a édité les deux versions présentées dans un magnifique coffret qu'accompagne "The Making of Fanny and Alexander" que Bergman a tourné en 1986.

Fanny et Alexandre, pour moi, c'est un peu ma "madeleine-de-Proust" des Noëls d'antan.

Comme dans le film de Bergman,  les Noëls de mon enfance se passaient dans la maison de mes grands-parents. C'était des Italiens, assez nantis, qui habitaient sur le boulevard Laurier à Sillery, en banlieue de Québec (la porte d'entrée de Québec). Pour les enfants que nous étions, provenant de Saint-Roch, quartier ouvrier de la basse-ville de Québec, cette maison était l'équivalent d'un manoir, pas tellement par sa dimension que par sa localisation, là tout au bout d'un long chemin de terre qui, au-delà de la maison, plongeait dans la forêt (ancien boisé Gomin).

Ce qui suit intéresserait plutôt les gens qui connaissent bien Québec. Il est difficile d'imaginer le boulevard Laurier débouchant sur la forêt. La photo, ci-après, nous donne une idée à quoi ressemblait l'artère la plus célèbre de Québec dans les années quarante au moment où on décide de prolonger cette artère jusqu'au pont de Québec.


À l'orée de la forêt, la maison de mes grands-parents, en construction, boulevard Laurier, Sillery (actuelle entrée majestueuse de Québec). 1er avril 1945. J'ai déjà conduit ce camion sur les genoux d'un de mes oncles.

Critique. Cahiers du Cinéma. Avril 1983. Numéro 346. Portrait de l'artiste en jeune mythomane par Pascal Bonitzer. Bergman et Alexandre par Michel Chion.

Oscars 1984. Quatre statuettes : film étranger, caméra à Sven Nykvist, costumes, direction artistique.
Césars 1984. Film étranger
Venise 1983. Prix de la critique internationale
Cahiers du Cinéma : Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1983

Visionné, la première fois, le 16 septembre 1984 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 198ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 1er mai 2023

02 février 2011

197. Reggio : Koyaanisqatsi




Film américain réalisé en 1983 par Godfrey Reggio
Musique de Philip Glass et Michael Hoenig

Le début : de beaux paysages racoleurs aux limites du supportable avec en arrière-fond, le titre du film répété comme un mantra. Ça me tombe dessus comme un gros baril de mélasse.

Une expérience esthétique ? Si on veut, mais pour moi, c'est du tape-à-l'œil, style National Geographic pour hippie sur le tard.

Comme ça s'adresse aux enfants du New Age, vous n'échapperez pas au champignon atomique sur fond de cactus.

Et puis, après la beauté de la nature saine, non corrompue, le monde des humains, que dis-je de pauvres bêtes menées par la machine. Bon, on voit le topo, pas besoin d'en rajouter.

Ce que j'aime : de dramatiques images de centaines d'immeubles abandonnés du Bronx, ça nous parle des problèmes urbains de la ville postindustrielle des années 60 et 70 et ça, j'aime.

La musique ? Bien, si vous l'aimez lancinante et répétitive.

Un bel inventaire de la technologie que le cinéma utilise pour travestir la réalité et manipuler le spectateur : longue focale, filtres, longue exposition, prise en accéléré, etc.

Pourquoi ce film ? La réponse est dans le titre.
Koyaanisqatsi, en hopi, ça signifie :
1. Crazy Life, 2. Life in turmoil. 3. Life out of balance. 4. Life disintegrating. 5. A state of life that calls for another way of living (tiré du générique de fin).

Roger Ebert : "And the message, I think, is that nature is wonderful, but that American civilization is a rotten despoiler that is creating a crazy life".

On n'avait pas besoin de toute cette quincaillerie technologique et l'explosion d'une fusée en gros plan (un comble de manipulation) pour nous dire que le monde va à sa perte. On le sait qu'on va à notre perte, ça fait des siècles que les Cassandre de ce monde nous le répète ; l'important, c'est d'y aller lentement...

Un film des années 60 tourné dans les années 80. À voir et à écouter baigné dans un nuage de marijuana.

Visionné, la première fois, le 19 août 1984 à L'Autre cinéma à Montréal
Mon 197ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de  Schneider
Mis à jour le 12 mars 2023

26 janvier 2011

196. Besson : Le Dernier combat




Film français réalisé en 1983 par Luc Besson
Avec Pierre Jolivert, Jean Reno, Jean Bouise

La critique de cinéma, celle que j'aime.
Exemple :
À propos de ce premier film de Besson :
" En oubliant volontairement une grande partie du film dans la salle de montage, on découvrirait certainement la matière d'un court-métrage acceptable. " Et vlan, dans les dents. Vincent Ostria, Cahiers du cinéma 347, mai 1983.

Bon, d'accord, c'est largement exagéré ; mais  j'aime ce type de critique qui laisse déborder l'émotion. Je lis rarement des critiques de film parce que la plupart m'ennuie - toujours la même mouture : résumé, casting, caméra et réalisation, tout ça dit dans un français bien emballé, sans émotions, sans surprises. On aimerait savoir qui parle, qui a vu ce film, comment cette personne l'a reçu, etc. 

C'est pour cela que j'ai tant aimé les Cahiers du cinéma à une certaine époque, que j'aime Jean-Louis Bory, le britannique David Thomson, la regrettée Pauline Kael et, pour cela aussi, que j'aimais, Robert Lévesque quand il était critique de théâtre au quotidien Le Devoir ; moi qui n'allais jamais au théâtre, je me régalais de la lecture de ses critiques.

Ah oui! le premier Besson. Bon, ben, ça se regarde.

Quelques remarques enregistrées pendant le film :
1. Ce film pourrait être la suite logique du Week-end de Godard, heureusement, sans la logorrhée godardienne.
2. Un des nombreux films sur la vie après Armageddon - il y a toujours, sans qu'on sache trop pourquoi, quelques survivants qui se dépêchent de retourner ventre-à-terre chez leurs cousins du Néandertal.
3. Silencieux pour silencieux, je préfère L’Île nue de Kaneto Shindo

Visionné, la première fois, le 1er mars 1984 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 196ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Retiré de la liste de Schneider en 2013
Mis à jour le 12 mars 2023

24 janvier 2011

195. Coppola : The Conversation


Conversation secrète

Film américain réalisé en 1974 par Francis Ford Coppola.
Avec Gene Hackman, John Cazale, Harrison Ford, Teri Garr

Après le premier plan séquence constitué d'un long zoom sur deux personnes circulant dans le parc Union Square de San Francisco, on s'attend à un déroulement à la Hitchcock.

Tourné au moment du Watergate, on s'attend à un thriller politique qui mettra en scène toute la quincaillerie de l'espionnage électronique.

Il faut survivre à ces deux déceptions et accepter qu'on sera en présence d'un film plus intimiste qui tourne un peu dans le vide à partir de la  longue séquence dans le loft du protagoniste principal, interprété par Gene Hackman, mais qui, heureusement, se rattrape vers la fin. On a l'impression d'un grand surplace entre le moment où Hackman réussit à capter une phrase incriminante et le dénouement final.

J'aurais aimé un peu plus de développement à propos de la vie privée de ce "loner" catho intégriste. Il y avait une piste intéressante de ce côté - l'éviter appauvrit le film selon mon opinion.

Mais j'aime bien, quand même, ce film. Touchant, cet enfermement qu'est la vie du personnage principal - sa paranoïa nourrie par son boulot d'écouteur et qui le coupe de toute relation affective.

Je déteste ce type d'incohérence : au Congrès sur la sécurité, un des exposants fait un cadeau au personnage principal en lui mettant un stylo dans la poche de son veston - on se doute bien qu'il y a un micro dans ce stylo mais pas Harry, le plus grand spécialiste de l'heure de l'écoute électronique. Ça me rappelle Da Vinci Code quand  le plus grand spécialiste mondial du déchiffrement est incapable de déchiffrer un code qui est tout simplement deux mots écrits à l'envers ; code que j'utilisais souvent dans les jeux de mon enfance.

Qui  pouvait se douter que cette tête de freluquet allait devenir une icône du cinéma américain des années 1980-1990 ?


Cannes 1974 : Palme d'or, prix du jury œcuménique

Visionné, la première fois, le 16 janvier 1984 à la télévision à Montréal
Mon 195ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider
Mis à jour le 12 mars 2023

12 janvier 2011

194. Scott : Blade Runner



Film américain réalisé en 1982 par Ridley Scott
Avec Harrison Ford, Rutger Hauer, Sean Young, Daryl Hannah,

On ne chipotera pas, un des plus grands films de science-fiction de l'histoire du cinéma. Pas l'intention d'analyser ce film. Prenons acte de ce chef-d'œuvre et ouvrons une autre perspective.

L'action se passe à Los Angeles en 2019. L'auteur du livre (Do Androids Dream of Electric Sheep?) dont a été tiré le scénario de Blade Runner, Philip K. Dick, avait prévu, dans son livre écrit en 1957, un désastre écologique pour Los Angeles en 1992.

Par une sorte d'égocentrisme que chaque génération développe, on pense toujours qu'après nous, eh bien, c'est l'apocalypse. Je me rappelle à l'adolescence (je parle de la fin des années 60), des copines qui ne voulaient pas avoir d'enfants parce qu'elles trouvaient qu'il était tout à fait irresponsable de mettre au monde des enfants dans un monde qui croulerait, bientôt, sous les retombées radioactives. Aujourd'hui, on remet ça avec les changements climatiques.

Merde,  comme on nous a fait peur avec cette sacrée bombe atomique qui n'a été utilisée que deux fois, il y a plus de 65 ans. Idem avec le réchauffement climatique (heureusement, il y avait 1 km de glace sur Montréal il y a 15 000 ans), la pollution atmosphérique (l'air est plus pur à Montréal qu'il y a un siècle !), le capitalisme dont on prédit l'implosion depuis le grand rêve rouge...et tous les vilains qui attendent en ligne pour faire les choux gras des médias.

Encore un film de science-fiction qui se plante au domaine de la prospective. Ils y passent tous. Je n'en connais pas qui réussissent à faire des prédictions qui sont en deçà de la réalité. Ils sont tous très pressés de nous balancer l'apocalypse à tire-larigot (Le meilleur des mondes ou 1984) ou bien de nous reconnaître un savoir technologique qu'il nous prendra encore des décennies à atteindre (2001, Odyssée de l'espace).

Bien sûr que j'aime ce film. Son côté glauque n'est pas le moindre de ses attraits - un film noir. Cette pluie permanente dans l'obscurité continue éclairée par d'immenses panneaux publicitaires à la japonaise dans une mégapole surpeuplée nous fait vivre une grande expérience esthétique. Un film qui n'a pas pris une ride. 

À propos de la critique ou de l'analyse de film, j'aime bien cette perception, que je fais mienne, du grand critique américain Roger Ebert : "You're not talking about the truth. You're not saying this is what happen. You're saying this is what happen to me". On ne peut pas mieux résumer l'esprit de ce site que je nourris depuis quatre ans.

Pouvez-vous croire que, cette année-là, Blade Runner ne remporta aucun Oscar et ne fut même pas en nomination pour le meilleur film alors que Gandhi remporta 8 Oscars dont celui du meilleur film ? C'est vous dire à quel point Blade Runner était en avance sur son temps.

Visionné, la première fois, en 1983 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 194ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 1er mai 2023