08 avril 2011

202. Forman : Amadeus

1001 films de Schneider : Amadeus

Fait partie de la liste des 1000 meilleurs films selon They Shoot Pictures...
353ème rang


Film américain réalisé en 1984 par Milos Forman
Avec Tom Hulce, F. Murray Abraham, Elizabeth Berridge, Roy Dotrice, Jeffrey Jones

Jusqu'à 40 ans, que j'ai haï l'opéra. 
Sauf pour quelques moments comme, par exemple, La flûte enchantée de Mozart (la porte d'entrée pour l'Opéra) par Bergman, je n'avais aucun intérêt pour cet art archaïque . Je n'étais pas capable de supporter les aigus  des Castafiore, ni les voix sépulcrales des basses sans parler des prestations des surpondérales jouant les faméliques affamées d'une quelconque Bohème ou Traviata. 

Pour moi, à l'évidence, l'opéra m'apparaissait  un art pour vieux bourgeois. Pour bourgeois, c'est probable mais pour vieux, certainement. Certains soirs de représentation la moyenne d'âge doit frôler les 98 ans.

Puis, un soir de Noël de 1984, arrive Amadeus, film adapté d'une pièce de théâtre éponyme de Peter Shaffer. Les portes s'ouvrent, quelques murs tombent, une émotion est semée, l'opéra s'introduira lentement dans mon univers musical. Comment ne pas être transporté par les séquences de Don Giovanni ou de La Flute enchantée. J'ai revu plusieurs fois ce film  pas tellement pour la trame dramatique que pour la musique et les extraits des opéras; la finale de Le Nozze di Figaro est troublante, Salieri dirait divine.

Va pour la musique mais la prestation théâtrale ? Eh bien, l'opéra a rajeuni de 100 ans en moins de 20 ans. Pensons seulement à la mise en scène de L'Or du Rhin de Robert Lepage au Metropolitan Opera de New York en septembre 2010.


 

ou encore à la prestation de Salomé à l'opéra de Montréal en mars 2011 où l'interprète de celle-ci, après la fameuse danse des sept voiles, apparaît avec pour seul vêtement, un string...Belle Nicola Beller Carbone dans sa prestation de Salomé à Genève en 2009. Pas tout à fait l'image que l'on s'attend de voir quand on a une vieille vision stéréotypée de l'opéra.




La flûte enchantée de Bergman puis Amadeus de Forman; se donner une chance d'aimer l'opéra.

Trois heures (Director's Cut) de pur plaisir que cet Amadeus si on oublie le rire de crécerelle de Tom Hulce qui me tombe royalement sur les rognons (expression favorite de ma mère) et qui n'a aucun fondement historique comme beaucoup des éléments de ce drame. Mais une belle histoire qui repose toute sur la dichotomie entre l'homme et l'œuvre. Cette dichotomie qui est toujours un grand choc quand, au sortir de nos adolescences passionnées, nous découvrons que l'homme qui porte l'œuvre la mérite peu, comme dirait Salieri (je pense, entre autres, à Léo Ferré dans son château en Toscane!!!).

Neville Mariner à la direction d'orchestre, Twyla Tharp à la chorégraphie, costumes et décors somptueux avec, en prime, les rues de Prague et la salle d'opéra où Mozart a présenté son Don Giovanni - n'en jetez plus.

Oscar 1985 : huit statuettes pour, entre autres, meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur acteur pour F. Murray Abraham.
César 1985 : meilleur film étranger
Visionné, la première fois, le 25 décembre 1984 au cinéma Le Dauphin à Montréal
Mon 202ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

2 commentaires:

  1. Amadeus est un film absolument génial. C'est ce que l'on attend du cinéma.

    C'est un de mes deux ou trois film préférés. Il faut dire que je suis également passionné par Mozart, mais justement il fallait que le film soit à ce point parfait pour que je l'apprécie autant.
    Forman réalise le tour de force de placer de manière optimale la musique de Mozart dans le film. Et les 3 heures du Director's Cut, on ne les voit pas passer.
    C'est clairement ce genre de film qui peut faire aimer le cinéma à un profane.

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  2. peut faire aimer le cinéma et peut-être bien l'opéra.

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