19 juillet 2023

324. Stone : Natural Born Killers


Le Meurtre dans le sang 

Film américain réalisé en 1994 par Oliver Stone
Avec Woody Harrelson (Mickey), Juliette Lewis (Mallory), Robert Downey Jr., Rodney Dangerfield, Tommy Lee Jones.
D'après une histoire de Quentin Tarantino.

Disons que le thème du film, l'apologie du mass shooting (plus de 3 personnes tuées ou blessées), n'est pas tout à fait dans les valeurs du jour. Aux États-Unis, en ce 19 juillet 2023 on a atteint les 389 tueries cette année, en route vers un record jamais imaginé au moment du tournage de ce film qui fait joujou avec l'abattage d'êtres humains. Un site pour vous garder à jour sur les tueries aux USA.

À titre d'informations : En 2023, 5 États ont, à ce jour, plus de 20 tueries : Texas (36), Californie (28), Illinois (25), Louisiane (21) et Caroline du Nord (21). Seulement neuf États n'ont pas été l'objet de tueries jusqu'ici, cette année.

Cela étant dit, on assiste à un feu d'artifice cinématographique.  Les 20 premières minutes sont un patchwork d'effets visuels ahurissants. On se fait bousculer d'une scène à l'autre, passant d'une scène d'abattage de personnes à une séquence de télésérie abominable, à une scène romantique qui culmine par le meurtre d'un innocent cycliste le long d'une route. On dirait que Tarantino n'avait pas eu son content de violence avec Pulp Fiction.

Le joli couple Mallory/Mickey est finalement mis aux arrêts après 52 meurtres. 

Quand le journaliste qui fait un reportage sensationnel sur le couple qualifie Mallory et Mickey de serial killers, Mickey rectifie, pas serial killers mais mass murderers, prophétisant les décennies à venir.

Je n'ai jamais vécu un trip sur l'acide mais je pense que ce film, c'est probablement ce qui pourrait le plus s'approcher de l'idée que je m'en fais.

À cause de la prestation de Juliette Lewis, je ne pourrai plus revoir le Sapin a les boules sans penser aux horreurs de Natural Born Killers.

Venise 1994. Deux prix : Grand prix spécial du jury et meilleure actrice à Juliette Lewis 

Visionné, la première fois, le 31 mars 1995 sur VHS à Montréal.
Mon 324ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

323. Kazan : A Streetcar Named Desire


Film américain réalisé en 1951 par Elia Kazan
Avec Vivien Leigh (Blanche DuBois), Marlon Brando (Stanley), Kim Hunter (Stella DuBois) et Karl Malden (Mitch)
Adapté de la pièce de théâtre de Tennessee Williams,

Mettons tout de suite ça au clair. Ce film, c'est l'histoire de Blanche DuBois et Marlon Brando ne joue qu'un rôle secondaire dans cette histoire. Alors, toute la lumière sur la prestation de Vivien Leigh.

Une pièce très charcutée à cause du Code Breen (Motion Picture Production Code en vigueur dans les grands studios de 1934 à 1968) : pas d'ex-mari homosexuel pour Blanche, pas de viol non plus (il faut connaître  la pièce pour savoir qu'il y en a eu un), pas d'attirances sexuelles entre Blanche et Stanley - ça fait un sacré coup de ciseau dans la pièce.

Kazan avait déjà monté cette pièce à Broadway avec les mêmes acteurs sauf pour le rôle de Blanche (Jesssica Tandy a été remplacée par Vivien Leigh qui avait joué ce rôle dans la pièce montée par son mari Laurence Olivier à Londres).

Kazan était rébarbatif à réaliser ce film disant que c'était comme marié la même femme, deux fois. Il est vrai que le film souffre un peu de l'empreinte théâtrale, l'unité de lieu de la pièce enfermant à nouveau Kazan dans le monde des studios, lui qui avait tant apprécié le grand large du tournage en extérieurs  de Panic in the Streets (réalisé l'année précédente). Je crois que l'on n'y reprendra plus d'ici la fin de sa carrière.

Oubliez ce qui précède. Ce qui fait la grandeur de ce film, ce sont les interprétations de Marlon Brando et de Vivien Leigh. C'est une grande démonstration de l'école dramatique de Kazan, l'Actor's Studio : aller chercher en soi ses expériences émotives du passé pour les transmettre au personnage. 

C'est le premier grand rôle de Brando et il ne rate pas son entrée en jouant ce personnage brutal, à la limite de l'abime. On a toujours l'impression qu'il va exploser, faire une décompensation psychotique. 

Vivien Leigh joue le rôle de sa vie à travers ce personnage qui, toujours au bord de la crise de nerfs, se démonte pièces par pièces jusqu'à la schizophrénie finale. ''I don't want realism... I want magic''

C'est le dernier grand rôle pour Vivien Leigh, accablée par des crises bipolaires qui mettront un terme à sa carrière.  Seulement 5 petits rôles jusqu'à son décès en 1967 à l'âge de 53 ans. Abandonnée par son mari, Laurence Olivier, en 1961, au profit de Joan Plowright qui, incidemment, jouait sa fille, dans le film de Tony Richardson, The Entertainer, tourné en 1960 et que je viens de voir. Assez cocasse d'entendre le personnage joué par Oliver dire à Plowright :"que dirais-tu si j'épousais une fille de ton âge?" La réalité rejoindra la fiction quelques mois plus tard.

Oscars 1952. Quatre statuettes : meilleure actrice à Vivien Leigh, meilleure actrice dans un second rôle à Kim Hunter, meilleur acteur dans un second rôle à Karl Malden, direction artistique.
Venise 1961. Prix spécial du jury à Elia Kazan, meilleure actrice à Vivien Leigh

Visionné, la première fois, le 27 juillet 1995 sur VHS à Montréal.
Mon 323ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider



322. Newell : Four Weddings and a Funeral



Film britannique réalisé en 1994 par Mike Newell
Avec Hugh Grant (Charlie), Andie MacDowell (Carrie), James Fleet, Simon Callow, John Hannah, Kristin Scott Thomas, Rowan Atkinson (monsieur Bean en curé empêtré dans la cérémonie des vœux de mariage). 

Comédie sentimentale qui roule sur les chapeaux de roue avec une grande quantité de ''one-liners''. Un tourbillon qui finit un peu par lasser.  Après le troisième mariage, on en a plein le chapeau. Mais, il y a un malheureux événement qui vient donner de la profondeur à cette bluette sentimentale.

Le personnage  de Simon Callow a l'excellente idée de décéder pendant la troisième cérémonie de mariage ce qui nous donne droit à un des plus beaux poèmes d'amour.

Vous devez, toutes affaires cessantes, aller lire le poème Funeral Blues de W. H. Auden.
Je vous écris le dernier quatrain pour vous montrer l'immensité de la peine vécue par celui qui survit :

The stars are not wanted now; put out every one,
Pack up the moon and dismantle the sun,
Pour away the ocean and sweep up the wood;
For nothing now can ever come to any good.

Le visage de marbre florentin de Kristin Scott Thomas vaut le déplacement. Elle est lumineuse dans un rôle tout en discrétion. Personnage énigmatique. À moins qu'elle se soit simplement trompée de studio en arrivant au boulot. Elle dit à Charlie qu'elle l'a toujours aimé : zéro crédibilité.

Roger Michell a beaucoup emprunté d'éléments de ce film pour réaliser, cinq ans plus tard, son Notting Hill. Il a surtout emprunté le personnage de Hugh Grant (Charlie) qui, au lieu de tomber en amour avec Andie MacDowell, aura le coup de foudre pour Julia Roberts. Même le personnage de la sœur de Charlie se retrouvera dans les deux films : mêmes comportements, même coiffure.

Césars 1995. Meilleur film étranger

Visionné, la première fois, le 20 janvier 1995 sur VHS à Montréal.
Mon 322ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


17 juillet 2023

321. Lasseter : Toy Story



Film américain réalisé en 1995 par John Lasseter

Quand ton réalisateur préféré est Ingmar Bergman, alors comment parler d'un Dysney-Pixar?  En retrouvant son cœur d'enfant ? 

Reviennent à ma mémoire les deux derniers vers de la chanson Vingt ans de Léo Ferré : 
Et en cherchant son cœur d'enfant
On dit qu'on a toujours vingt ans
Chanson à jamais liée à mon copain Robert, aujourd'hui disparu. À toutes les fois que nous nous rencontrions, après mucho vino, nous entonnions cette chanson en duo. nous empêtrant constamment dans les différents couplets. 

Les dix premières minutes de ce film, c'est un vrai festival de trouvailles intelligentes. Que les jouets aient une vraie vie lorsque les humains sont absents est un concept brillant qui fait tout l'intérêt du film.

Mais comme je n'ai plus mon cœur d'enfant depuis plusieurs  décennies, l'émerveillement du début s'écrase rapidement. Tant que la nostalgie fait son effet, le film séduit. Mais tôt ou tard, on retombe dans une histoire qui n'intéresse plus que les enfants et on a hâte de voir le film suivant, le 322.

Oscars 1996. Special Achievement Award

Je viens de recevoir le troisième tome de Parcours d'un cinéphile. On y retrouve les textes des films 201 à 300. 

Visionné, la première fois, avec ma fille de 4 ans, en 1995 au cinéma à Montréal.
Mon 321ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

320. Tarantino : Pulp Fiction


On a osé cette stupidité. Titre français ou québécois : Fiction pulpeuse

Film américain réalisé en 1994 par Quentin Tarantino.
Avec John Travolta, Samuel L, Jackson, Tim Roth, Uma Thurman, Amanda Plummer, Bruce willis, Rosanna Arquette, Maria de Madeiros, Harvey Keitel, Ving Rhames, Etrc Stoltz, Christopher Walker,

À propos du titre : Comme l'affiche l'indique (10 cents), la pulp fiction ce sont des romans de gare bas de gamme imprimés sur du papier de mauvaise qualité (quand j'étais petit, on appelait ça du papier brouillon). Pulp se traduit par pulpe, l'étape précédente dans la fabrication du papier. On pourrait traduire Pulp Fiction par Une histoire à 100 balles (pour les moins de 60 ans, 100 balles, c'étaient 100 anciens francs, devenus 1 nouveau franc le 1er janvier 1960 et disons 0,10 Euro à partir du 1er janvier 2002).

Bienvenue dans l'ère Tarantino. Reservoir Dogs, son précédent film, est supérieur mais Pulp Fiction c'est une icône du cinéma violent qui fera ses petits avec les Kill Bill. 

Ça cause beaucoup chez les tueurs de Tarantino, beaucoup trop. Les séquences s'étirent en n'en plus finir. Les personnages ont un certain plaisir à s'écouter parler quitte à retarder indûment le passage à l'acte. Complètement à l'opposé du personnage de Dirty Harry, le célèbre policier interprété par Clint Eastwood.

Travolta en gangster aux cheveux gominés est une des grandes réussites de ce film même si sa performance sur la piste de danse avec Uma Thurman est à des kilomètres de celles que l'on retrouve dans Saturday Night Fever.

Travolta à Jackson : La différence entre l'Europe et l'Amérique pourrait se résumer dans la façon de servir les frites : avec ketchup ou avec mayonnaise. Mais le plus extraordinaire, c'est d'apprendre que Travolta a passé ses 3 dernières années de sa vie à Amsterdam. Amsterdam dans un film de mafia sonne aussi faux que Venise dans un film gore.

Oscars 1995. Meilleur scénario
Cannes 1994. Palme d'or

Visionné, la première fois, le 22 novembre 1994 au cinéma Berri 
à Montréal.
Mon 320ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

16 juillet 2023

319. Rivette : La Belle Noiseuse



Film franco-suisse réalisée en 1991 par Jacques Rivette
Avec Michel Piccoli, Jane Birkin, Emmanuelle Béart, Marianne Denicourt, David Bursztein, Gilles Arbona et la main du peintre Bernard Dufour.
Librement inspiré d'une nouvelle de Balzac : Le Chef-d'œuvre inconnu

D'abord le titre.
Emmanuelle Béart qui, dans sa jeunesse, a étudié au Collège international Marie-de-France au Québec, se gourre lorsqu'elle dit que noiseuse est une expression québécoise alors qu'elle la confond avec niaiseuse, déclinaison du mot niais. On pourrait dire qu'elle a l'air d'une belle niaiseuse en faisant cette affirmation alors qu'il aurait été si facile d'en vérifier le fondement. Noiseuse, une emmerdeuse qui cherche des ''noises''. 

Une relation tumultueuse entre un peintre (Piccoli) sur le tard en panne d'inspiration et un modèle (Béart).  À un moment donné, le peintre devient sculpteur et manipule à la limite du sadisme le corps de son modèle.

Rivette qui réussit à convaincre Emmanuelle Béart à se montrer totalement nue pendant une grande partie du film, ce n'est pas un mince exploit.

Une très grande partie du film nous montre seulement la main de Bernard Dufour en train de faire différents dessins du modèle. On se dit que c'est là que réside la beauté de ce film, l'histoire du peintre passant au second plan. Les peintres du dimanche auraient intérêt à regarder la manière dont ce peintre utilise l'encre et le fusain.

Le peintre, à la recherche de la peinture absolue (La Belle Noiseuse), finira-t-il par atteindre son objectif ? Seules les pierres du magnifique Château d'Assas, près de Montpellier, en ont la connaissance.

Jane Birkin, la femme du peintre, est la perle de ce film. 

Dans La Belle Noiseuse
Terrible coïncidence : Au moment où j'écris ces lignes, j'apprends le décès de Jane Birkin à l'âge de 76 ans. 

Cannes 1991. Trois prix : palme d'or, grand prix du jury et prix œcuménique

Visionné, la première fois, le 2 novembre 1994 sur VHS à Montréal.
Mon 319ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

13 juillet 2023

318. Demme : Philadelphia



Film américain réalisé en 1993 par Jonathan Demme
Avec Tom Hanks, Denzel Washington, Antonio Banderas, Roberta Maxwell, Buzz Kilman, Joanne Woodward, Jason Robards

Procès pour discrimination contre un sidéen. Occasion, pour le grand public, de se confronter avec ses préjugés, ses peurs, ses fantasmes sur la question homosexuelle. Un film convenu rempli de bonnes intentions. Beaucoup de moraline. Un classique : l'avocat homophobe (Washington) qui défend le sidéen et qui, touché par le combat de son client, voit son homophobie se fragilisée puis disparaître.

Pourquoi Philadelphie ? C'est là qu'a été acceptée la constitution américaine, la Loi suprême des États-Unis, le 17 septembre 1787 dont un amendement stipule que tous sont égaux devant la loi.

De superbes airs d'opéra dont quatre sont interprétés par Maria Callas. Le plus émouvant et celui qui occupe une longue séquence la veille du dernier jour du procès :  La Mamma morta de l'opéra Andrea Chénier d'Umberto Giordano. Callas accompagne aussi Denzel Washington au retour à la maison avec O Nome Tutelar tiré de l'opéra La Vestale de Gaspare Spontini. Si vous n'êtes pas gagné à l'opéra après ces deux airs, vous êtes perdus pour la Musique. Il vous reste Mr Sandman interprétée par The Flirtations lors du party gay.

Encore de la musique : la très belle chanson de Bruce Springsteen en ouverture du film. 

On a certainement voulu ménager le public, on ne montrant pas la terrible déchéance physique que devaient affronter les sidéens avant l'arrivée de la nouvelle pharmacopée.

Après trois ans de covid, on comprend très bien la peur des non infectés lorsqu'ils rencontrent des infectés (se souvenir que dans les années 1980, on parlait de la peste gay). À l'époque du film, on trouvait ce comportement pratiquement discriminatoire alors que l'on sait, après la Covid, que c'est un comportement tout à fait des plus sanitaires. D'accord, on ne peut pas attraper le sida par le toucher ou la proximité des flux respiratoires - mais à l'époque, on pouvait avoir des doutes compréhensibles sur un virus dont on ne connaissait que dalle.

Oscars 1994. Deux statuettes : acteur pour Tom Hanks, musique pour la chanson originale Streets of Philadelphia par Bruce Springsteen.
Berlin 1994 : Ours d'argent pour Tom Hanks

Visionné, la première fois, le 14 aout 1994 sur VHS 
à Montréal.
Mon 318ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider




12 juillet 2023

317. Zemeckis : Forrest Gump



Film américain réalisé en 1994 par Robert Zemeckis
Adaptation du roman de Winston Groom
Avec Tom Hanks, Robin Wright, Gary Sinise, Mykelti Williamson, Sally Field Rebecca Williams, Michael Conner Humphreys

Tout un festival de souvenirs. La boite de chocolats est gigantesque.

Ce que j'aime de ce film, c'est que j'ai l'âge de Forrest Gump et, dans certaines situations de ma vie, presque son Q.I. Il est né, comme moi, dans les années 40, ce qui nous permet de revisiter les années politiques et culturelles des années 50, 60 et 70 avec une trame musicale conséquente. Une revisite tout ce qu'il y a de plus conforme avec l'image nostalgique qu'on a de cette période. 

Image stéréotypée, évidemment. Un exemple : l'imagerie hippie - la très grande majorité des jeunes n'ont jamais adopté ce comportement. Dans le quartier ouvrier où j'habitais, Limoilou à Québec, on se faisait traiter de tapettes, mon ami André et moi, parce qu'on portait des sandales et qu'on avait les cheveux longs. Alors, les hippies, on les voyait à la télé mais certainement pas dans les usines du quartier.

Parmi la multitude de répliques amusantes, celle concernant l'armée est la plus hilarante. Forrest lors de sa formation militaire : ''Ici, je me sens comme un poisson dans l'eau.'' Autrement dit, l'armée c'est une gang de tarés.

L'origine du déhanchement d'Elvis, quelle belle trouvaille !

Zemeckis reprend à son compte la technique utilisée par Woody Allen dans Zelig (1983) : l'introduction du personnage dans de réelles séquences d'actualités télévisées. Amusant mais du déjà-vu.

Oscars 1995. Six statuettes : film, réalisateur, scénario, acteur à Tom Hanks, effets spéciaux visuels, montage.

Visionné, la première fois, le 26 juillet 1994 au cinéma de la Place Versailles à Montréal.
Mon 317ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


10 juillet 2023

316. Allers et Minkoff : The Lion King




Film américain réalisé en 1994 par Roger Allers et Rob Minkoff
Parmi les voix : James Earl Jones, Matthew Broderick, Jeremy Irons, Rowan Atkinson, Whoopi Goldberg

Au cinéma avec ma fille Sandrine qui venait d'avoir 3 ans, debout pendant tout le film; ça restera à jamais comme une des plus belles séances de cinéma de ma vie de cinéphile.
 
Je ne reverrai pas ce film que j'ai vu peut-être 40 fois avec ma fille lorsqu'elle avait 3-4-5 ans.

Un gros hit qui me crée beaucoup de nostalgie, Can You Feel the Love Tonight, la chanson-thème chantée par Elton John. 

On peut dire que le Roi Lion a enterré Bambi dans la production lacrymale de Disney.

En 2013, jeune adulte, ma fille a interprété une des hyènes, lors d'une production du Roi Lion par les étudiants de l'Université de Montréal.  La boucle était bouclée.

Oscars 1995. Deux statuettes : Chanson et musique

Visionné, la première fois, le 7 juillet 1994 au cinéma de la Place Versailles à Montréal avec ma fille Sandrine qui venait d'avoir 3 ans.
Mon 316ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

09 juillet 2023

315. Spielberg : Schindler's List



Film américain réalisé en 1983 par Steven Spielberg
Avec Liam Neeson, (Oscar Schindler), Ben Kingsley (le contremaitre), Ralph Fiennes (le directeur du camp), Caroline Goodall, Jonathan Sagall, Embeth Davidtz, Malgoscha Gebel, Shmulik Lev, Mark Ivanir, Béatrice Macol

Après avoir vu ce film, on a le goût de se coucher en rond et de pleurer. Pleurer des larmes de rage sur l'ignominie des comportements nazis.

Mais pleurer aussi de gratitude sur le comportement d'un rare allemand qui a beaucoup risqué pour sauver 1100 Juifs en les faisant travailler dans son usine, les sauvant par le fait même des fours crématoires.

Oscar Schindler a reçu le titre de Justes parmi les Nations en 1967. Les Justes parmi les Nations, sont des non-juifs qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs de la Shoah.

Le directeur du camp de travail (Ralph Fiennes) dit à peu près en ces mots : '' Les Juifs ont mis 600 ans pour faire Cracovie telle qu'on la connaît. À partir de ce jour, on va effacer cette présence de 600 ans.'' En une phrase, l'idéologie de la solution finale juive.

Un petit manteau rouge (seule couleur du film) qui apparaît de temps à autre, comme le fil rouge de la psychanalyse, illustre le cheminement qu'ont dû suivre 6 millions de Juifs vers les fours crématoires.

Une scène mémorable : les femmes qui, après avoir été tondues et dépouillées de leur vêtement, sont poussées dans ce qu'elles croient être une chambre à gaz et qui s'avère, après des minutes d'angoisse, être une simple salle de douches qui propulsent de l'eau et non pas du Zyklon B.

Surprenant d'entendre chantée Billie Holiday dans le contexte de ce film. Elle chante God Bless the Child, mais il me semble que Strange Fruit aurait été plus appropriée.

En 1993, les descendants des Juifs de Schindler (6000) étaient plus nombreux que le nombre de Juifs qui vivaient en Pologne (4000)

Oscars 1994. Sept statuettes : film, réalisateur, scénario, direction artistique, photographie, montage et musique à John Williams.
Césars 1994. Meilleur film étranger

Visionné, la première fois, le 19 avril 1994 au cinéma de la Place Desjardins à Montréal.
Mon 315ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


07 juillet 2023

314. Kieslowski : Trois couleurs : Rouge



Film franco-polonais réalisé en 1994 par Krzysztof Kieslowski
Avec Irène Jacob (Valentine), Jean-Louis Trintignant (le juge), Frédérique Feder, Jean-Pierre Lorit, Samuel Le Bihan

Que c'est une belle rencontre, rare au cinéma, que celle de la jeune femme Valentine et du vieux juge à la retraite. Quelle belle idée que celle du vieux juge qui rêve de la jeune femme qui a 50 ans dans son rêve. 

Kieslowski, avec son escarcelle de hasards et de coïncidences, nous fait vivre des moments magiques. Évidemment, le deus ex machina arrange bien les choses à la fin : les méchants périssent et les bons survivent pour notre plus grand plaisir. Aussi, parmi les rescapés de la catastrophe finale, des personnages des deux autres films de la trilogie. Gros déficit de crédibilité mais, on s'en fout, on en retire une jouissance certaine.

Césars 95. Musique à Zbigniew Preisner.

Visionné, la première fois, le 10 avril 1994 au cinéma Berri à Montréal.
Mon 314ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

06 juillet 2023

313. KIeslowski : Trois couleurs : Bleu



Film franco-polonais réalisé en 1993 par Krzysztof Kieslowski
Avec Juliette Binoche, Benoit Régent, Florence Pernel, Charlotte Véry, Hélène Vincent, Philippe Volter, Claude Duneton, Hughues Quester, Emmanuelle Riva, Florence Vignon, Daniel Martin.

Comment dire ? Un film sur-fait comme on dit d'une scène qu'elle est sur-jouée ? À certains moments, l'expression ''dramatique-pompier'' me vient à l'esprit surtout lors de l'entrée tonitruante de la musique (merveilleuse, par ailleurs) couplée avec un plan noir qui nous annonce une progression dans la dramaturgie. 

Beaucoup de coïncidences et de hasards, on est bien dans du Kieslowski. Après avoir vu le Décalogue et la Double vie de Véronique, j'avoue que j'en suis gavé.

Psycho 101. Les phases de deuil. Le personnage de Binoche s'en passent carrément. Après une pensée suicidaire, cette femme, en pleine possession de ses moyens (comment peut-on après un tel traumatisme ?), réorganise sa vie en effaçant son passé qui lui reviendra par bribes. Déficit de crédibilité. Difficile de comprendre que la perte d'une enfant de 5 ans ait si peu de place dans le deuil d'une maman qui n'en a que pour la perte de son mari. 

À lire ce qui précède, on a le goût de s'éloigner en courant de cette production. Non Non Non : la musique de Zbigniew Preisner (surtout le Chant pour l'Unification de l'Europe) et la caméra de Slavomir Idziak devraient vous scotcher à ce film ainsi que la performance, en toute sobriété, de Juliette Binoche.

Ah! revoir Emmanuelle Riva....

On en est rendu là. Appréciation du film par GPT4 (première et dernière fois que je fais cet exercice ). '' Dans l'ensemble, "Trois couleurs : Bleu" est un film visuellement époustouflant qui plonge dans les thèmes complexes du deuil et de la libération personnelle. Cependant, son rythme délibéré, sa narration discrète et sa nature abstraite peuvent empêcher certains téléspectateurs de se connecter pleinement aux personnages et au cœur émotionnel du récit.''

Venise 1993. Trois prix. film, actrice à Juliette Binoche, photographie à Slavomir Idziak
Césars 1994. Trois prix : actrice à Juliette Binoche, son, et montage.

Visionné, la première fois, le 29 octobre 1993 au cinéma de la Place Desjardins à Montréal.
Mon 313ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


312. Belvaux : C'est arrivé près de chez-vous



Film belge réalisé en 1992 par Rémy Belvaux
Autres réalisateurs : André Bonzel, et Benoit Poelvoorde.
Avec Benoit Poelvoorde, Rémy Belvaux, André Bonzel, Vincent Tavier

Film inclassable. Tout le film mériterait d'être décrit tant on est abasourdi par les séquences qui se suivent passant de l'horreur à la scène bon enfant comme dans les deux premières séquences.

Un reality show (caméra à l'épaule (bonjour Michel Brault) et en son direct) comme un coup de poing sur la gueule. On ne peut qu'en sortir bouleversé de ce film qui, commençant par des scènes à la limite du supportables, déboule irrémédiablement dans l'horreur la plus totale. À côté de ce film, Natural Born Killers a l'air d'une comédie romantique.

Ceci étant dit, les séquences, la plupart improvisées, entres les meurtres, on s'en passerait bien tant elles tombent dans la banalité. Mais on comprend qu'il s'agit d'inscrire l'horreur comme appartenant à la vie quotidienne.

Benoit Poelvoorde, un rôle d'enfer, au propre comme au figuré, lancera sa carrière avec ce film.

Un coup de chapeau à Michel Brault (1928-2013), l'inventeur de la caméra à l'épaule, invité à ce titre à travailler avec Jean Rouch. Une perle que je vous invite à visionner : Les raquetteurs, co-réalisé avec Gilles Groulx (un autre grand de l'époque ONF 1950-1960). On estime que c'est la première utilisation de la caméra à l'épaule de l'histoire du cinéma. Cette technique inondera le champ cinématographique de la décennie 60, surtout chez les tenants de la Nouvelle Vague.

Cannes 1992. Deux prix pour les trois réalisateurs.

Visionné, la première fois, le 31 aout 1993 sur VHS à Montréal.
Mon 312ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

08 juin 2023

311. Spielberg : Jurassic Park



Film américain réalisé en 1993 par Steven Spielberg
Avec Sam Neill, Laura Dern, Jeff Goldblum, Richard Attenborough, Bob Peck, Martin Ferrero et les enfants Tim (Joseph Mazzello) et Lex (Ariana Richards) 
D'après le roman de Michael Crichton.

Finalement, c'est Jaws au parc Jurassique.

L'arrivée, en sourdine, du gros méchant Tyrannosaure est, sans aucun doute, le meilleur moment du film. Pour le reste, un film-catastrophe ''as usual''.

Le professeur de mathématiques interprété par Jeff Godblum essaie bien de nous expliquer la théorie du chaos mais il faudra encore attendre avant d'y comprendre quoi que ce soit tant il s'emberlificote dans sa démonstration.

Pour un professeur de Géographie comme moi qui enseignait les Sciences de la Terre, on a une dette énorme à Spielberg qui a rendu le terme jurassique accessible à tous nos étudiants. Enfin, je pouvais parler des trois périodes de l'ère secondaire Trias, Jurassique et Crétacé sans avoir l'air de sortir d'un mauvais film de science-fiction.

Oscars 1994. Trois statuettes pour les effets spéciaux.

Visionné, la première fois, le 8 juillet 1993 au cinéma Le Berri à Montréal.
Mon 311ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

07 juin 2023

310. Kieslowski : Dekaloog


Le Décalogue

Film polonais, en dix épisodes, réalisé en 1988 par Krzysztof Kieslowski
Coscénariste mais, en fait, le vrai concepteur de cette œuvre : Krzysztof Piesiewicz.
Artur Barcis est l'acteur  que l'on retrouve dans tous les épisodes. Le personnage de Barciś observe les transgressions des personnages principaux et en constatent les conséquences.

Décalogue Un. Un seul Dieu tu adoreras.
Le professeur d'informatique qui, en 1988, prédit à ces étudiants l'arrivée éventuelle de GPT-4.
Mais ce même professeur qui calcule la résistance de la glace de l'étang sur laquelle son fils va patiner mais qui a oublié un paramètre : Dieu sous les traits d'un SDF qui entretient continuellement un feu de bois en bordure de la surface glacée déjouant ainsi les calculs électroniques du professeur et conduisant à la catastrophe.

Décalogue Deux. Tu ne commettras point de parjure.
Un médecin fait renaître l'enfant qu'il a perdu pendant la Seconde guerre mondiale en trompant l'épouse d'un patient dont la survie aurait entraîné l'avortement de l'enfant portée par l'épouse, enfant provenant d'une relation avec un alpiniste. Un peu tordu, le scénario.

Décalogue Trois. Tu respecteras le jour du Seigneur.
Le jour du Seigneur (Noël), une ex-amante désespérée fait tout pour revoir son ex-amant, au moment des festivités de la veille de Noël. Difficile de faire plus émouvant et plus désespéré. Avec le merveilleux Daniel Olbrychski, le chef d'orchestre allemand dans le film choral Les uns et les autres de Claude Lelouch.

Décalogue Quatre. Tu honoreras ton père et ta mère.
Dans ce récit, on aurait le goût de dire que le père et la mère doivent honorer leur enfant. C'est vraiment un tour de force que l'auteur ait réussi a nous faire accepter la pédophilie comme une chose qui va de soi. Avec notre morale contemporaine, on aurait le goût de rejeter ce récit ce qui serait une bien grande perte pour l'histoire du cinéma.

Décalogue Cinq. Tu ne tueras point.
Toujours, ces grands ensembles gris et délabrés de la Varsovie de l'ère communiste. Un meurtre des plus sordides suivi de la peine capitale toute aussi sordide. L'exécution finale me rappelle la même scène (remplacez pendaison par guillotine) qui termine le film de Claude Lelouch, La vie, l'amour, la mort. qui est un plaidoyer contre la peine capitale.

Décalogue Six. Tu ne seras pas luxurieux.
Un classique du voyeurisme dont le dénouement peut surprendre ; la colère habituelle de la victime, se transformant en compassion pour l'intrus. 

Décalogue Sept. Tu ne voleras pas
Un arrache-coeur. Une mère à qui on dénie son enfant et qui préfère tout perdre (et son enfant et sa propre mère) plutôt que se faire enlever son enfant.

Décalogue Huit. Tu ne mentiras pas
Le plus faible de la série. On ne s'attache pas à cette histoire un peu déroutante d'une enfant pas sauvée mais finalement sauvée de l'enfer nazi.

Décalogue Neuf. Tu ne convoiteras pas la femme d'autrui
Bon, bien, le mec, il ne peut pas convoiter qui que ce soit, étant impuissant. Belle épisode sur le lien amoureux au-delà de l'œuvre de chair.

Décalogue Dix. Tu ne convoiteras pas le bien d'autrui.
En ouverture, un concert de City Death, groupe punk qui, en quelques lignes, s'attaquent à la plupart des 10 commandements abordés dans les précédents épisodes.
Une histoire de collection de timbres, thème qui a mal vieilli à l'air des courriels. Qui collectionne les timbres aujourd'hui ? Je n'ai pas entendu, depuis des décennies, parler de collectionneurs de timbres. Les timbres, c'est mon enfance des années 1950 où beaucoup de mes amis les collectionnaient. Tout ça est tombé dans l'oubli avec le passage à la vie adulte.

Le Décalogue : une tournée impressionnante de tous les aspects de l'âme (à défaut d'autres mots) humaine.

Venise 1989. Prix FIPRESCI.

Honneur spécial. Fait partie de la liste des 45 films jugés importants par le Saint-Siège

Décalogue 1. Visionné, la première fois, le 6 janvier 1993 à la télévision à Montréal.
Décalogue 2. Visionné, la première fois, le 11 janvier 1993 à la télévision à Montréal.
Décalogue 3. Visionné, la première fois, le 20 janvier 1993 à la télévision à Montréal
Décalogue 4. Visionné, la première fois, le 25 janvier 1993 à la télévision à Montréal.
Décalogue 5. Visionné la version longue, la première fois, le 19 novembre 1988 au cinéma à Paris.
Décalogue 6. Visionné, la première fois, le 6 février 1993 à la télévision à Montréal.
Décalogue 7. Visionné, la première fois, le 26 mai 1991 au cinéma Ouimetoscope à Montréal.
Décalogue 8. Visionné, la première fois, le 26 mai 1991 au cinéma Ouimetoscope à Montréal.
Décalogue 9. Visionné, la première fois, le 30 août 1989 au Festival des Films du Monde à Montréal.
Décalogue 10. Visionné, la première fois, le 15 mars 1993 à la télévision à Montréal.

Mon 310ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


03 juin 2023

309. Jordan : The Crying Game


Le Cri des larmes

Film britannique réalisé en 1992 par Neil Jordan
Avec Forest Whitaker (Jody), Miranda Richardson (June), Stephen Rea (Fergus), Jaye Davidson (Jil), Adrian Dunbar, Breffni McKenna, Joe Savino Jim Broadbent.

Un des plus célèbres films sur la personne transgenre (trans woman dans ce cas) qui suscite toujours la controverse aujourd'hui. Mais une chose est certaine Jil (Jay Davidson) est un des personnages les ''pure-hearted'' et les plus courageux de l'histoire du cinéma LGBTQ.

When a Man Loves a Woman interprétée par Percy Sledge, à l'amorce du film, nous envoie dans un monde complètement hors-sujet par rapport au déroulement de l'action de l'heure suivante. Puis, dans la deuxième moitié du film, la chanson nous rattrape si on remplace woman par trans woman.

Crying Game chantée par Boy George, une des plus célèbres trans woman.

Dans une scène de bar entre Jil et Fergus, White Cliffs of Dover, chantée en arrière-fond. Cette chanson populaire qui se voulait un appel à l'espoir en Angleterre pendant la Seconde guerre mondiale me touche énormément. Et pourquoi donc ? Je n'en ai pas la moindre idée. Mon enfance, peut-être, mon père et moi, dans la cour arrière de la maison, s'échangeant des balles de baseball comme dans Field of Dreams ? J'aime bien les chemins de traverse mais là j'étire un peu la sauce.

Jody, prisonnier, à Fergus, son gardien : Un scorpion agit toujours selon sa nature... sous-entendant malgré sa propre survie. Fergus, en prison, raconte la même histoire à Jil, son amoureuse transgenre, à la conclusion du film.  Le lien avec  le film, je le cherche encore. 

Finalement, on se demande bien ce que vient faire cette histoire de l'IRA dans cette magnifique histoire d'amour entre un hétérosexuel et une trans woman.

J'ai demandé a ChatGpt4 de faire la critique de ce film. Excellent résultat. Mais, comme toutes les critiques de film, ça m'ennuie au plus haut point. C'est pour ça que j'ai fait ce site de cinéma pour parler des films autrement que du point de vue des critiques.

Oscars 1993. Meilleur scénario

Visionné, la première fois, le 9 mars 1993 au cinéma Le Parisien à Montréal.
Mon 309ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

15 mai 2023

308. Clouzot : Les Diaboliques



Film français réalisé en 1955 par Henri-Georges Clouzot
Avec Simone Signoret, Véra Clouzot, Paul Meurisse, Charles Vanel, Jean Brochard, Pierre Larquey, Michel Serrault 
Une curiosité : On retrouve Johnny Hallyday en élève (non crédité au générique)
D'après le roman Celle qui n'était plus du couple le plus célèbre du roman policier : Pierre Boileau et Thomas Narcejac

Hitchcock a dû mourir d'envie en visionnant cette histoire d'un meurtre banal qui se termine dans l'horreur le plus complet. Il faut dire qu'il avait essayé d'obtenir les droits de ce roman mais il a été battu au poteau par Clouzot.

Cette histoire n'a pas pris une ride - personne ne peut deviner son dénouement et surtout pas sa transformation en histoire d'horreur. Tout ça sur un fond de France d'après-guerre avec ses bâtiments, gris de carbone. Un film en gris et blanc.

Tiré du journal Le Monde du 29 janvier 1955 : '' Les amateurs de berceuses digestives devront trouver autre chose. On sort de là les nerfs à vif et le cœur quelque peu chahuté. Il ne serait même pas étonnant que des spectatrices tombassent en pâmoison lors des dernières séquences...''

Le dénouement de l'histoire dans la dernière réplique qu'on a le goût de partager mais il faut respecter  ce qui suit :
Dans les crédits de la fin du film cet anti-divulgacheur (traduction québécoise d'anti-spoiler)
Ne soyez  pas 
DIABOLIQUES !
Ne détruisez pas l'intérêt que pourraient prendre vos amis à ce film
Ne leur racontez pas ce que vous avez vu
Merci pour eux.

Johnny Hallyday, derrière Simone Signoret, au temps de Jean-Philippe Smet,

Visionné, la première fois, le 9 janvier 1993 à la télévision 
à Montréal.
Mon 308ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

07 mai 2023

307. Campion : The Piano


La Leçon de piano

Film australo-zélandais réalisé en 1993 par Jane Campion
Avec Holly Hunter (Ada), Harvey Keitel, Sam Neill, Anna Paquin (Flora).

Un ovni débarque sur la planète cinéma.
Une histoire d'amour et de piano à l'époque victorienne chez les Maoris de la Nouvelle-Zélande réalisée par une Néo-zélandaise qui deviendra la première réalisatrice à remporter la Palme d'or du festival de Cannes.

Une inoubliable première séquence.
Dans une mer en furie, le débarquement sur une plage d'une femme (Ada) et de sa fille (Flora) à dos d'homme. Elles y seront abandonnées avec leur ameublement dont la pièce la plus incongrue est un piano dans un caisson de bois. Elles devront dormir sur la plage en attendant d'être rejoint par le futur mari de la femme accompagné d'une dizaine de Maoris.

Dans une campagne néo-zélandaise en friche qu'un colon anglais (Neill) essaie de transformer en terre agricole, une improbable histoire d'amour entre sa femme muette (Hunter) et un Anglais (Keitel) intégré à la communauté maorie, dont il porte les marques faciales. 

Cette histoire reproduit le stéréotype de la femme glacée qui fondra au contact de la libido exorbitante de son amant ; on pourrait aussi dire la société victorienne qui arrive à la vie au contact de la société maorie.

Aux côtés de cette histoire amoureuse qui se déroule autour d'un piano, une communauté maorie hirsute et complètement en rupture avec la société des colons anglais. La communauté wokiste devrait éviter de voir ce film qui risquerait de lui faire beaucoup de peine au même titre que Tintin au Congo.

Une performance inoubliable de la petite Anna Paquin dont le personnage traverse le film comme un ange bienveillant (d'ailleurs, elle porte souvent des ailes sur son dos).

Flora (Anna Paquin)

Chemin de traverse personnel.
1. Un enfant de six ans est mis au piano chez les Sœurs du couvent St-Fidèle à Québec. Ça dure deux ans. 
2. Un enfant de 9 ans est remis au piano. Pendant que je faisais les maudites gammes, je regardais, avec envie, mes copains jouer au hockey dans la rue. Ça dure 1 an. 
3. Un enfant de 12 ans est re-remis au piano. Pendant que je me cassais la tête sur une pièce de Schuman, je rêvais d'être gardien de but pour les Red Wings de Détroit, Terry Sawchuk étant mon idole. Ça dure 1 an.  
4. Résultat final. Après quatre années de piano, la seule pièce retenue, l'incontournable Für Elise de Beethoven au grand désespoir des quelques auditeurs consentants. 

Oscars 1994. Trois statuettes : actrice à Holly Hunter, actrice dans un second rôle à Anna Paquin et scénario à Jane Campion
Cannes 1993. Lion d'or et meilleure actrice à Holly Hunter.
Césars 1994. Meilleur film étranger

Visionné, la première fois, en 1993 au cinéma Desjardins à Montréal.
Mon 307ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider


03 mai 2023

306. Demy : Lola



Film français réalisé en 1961 par Jacques Demy`
Avec Anouk Aimée (Lola), Marc Michel (Roland), Jacques Harden (Michel), Alan Scott (Frankie), Élina Labourdette, Annie Duperoux (Céline)
Caméra : Raoul Coutard. Musique : Michel Legrand

1961. Bienvenue dans le cinéma de la Nouvelle Vague.
Pour mémoire, la Nouvelle vague c'est : tournage en extérieurs, noir et blanc, pas ou peu de décors, une caméra légère qui est hyperactive, acteurs débutants qui souvent déclament, pellicule sensible, attrait pour l'Amérique.

On a tout ça dans Lola, premier film de Jacques Demy, qui contient en gestation Les parapluies de Cherbourg et Les demoiselles de Rochefort. 

Mais ce film ne fait pas le poids avec les films contemporains de ses collègues (pensons à Hiroshima mon amour ou bien À bout de souffle ou encore à L'année dernière à Marienbad, pour ne nommer que ceux-là). 

Mais Demy est ailleurs. Il fait plus léger. Il fait comédie musicale sans chanson ou presque et sans danse ou presque.

Lola est un film qui respire la vie et le bonheur et qui se termine, clin d'œil hollywoodien, dans une Cadillac blanche qui s'éloigne, emportant les amants (Lola et Michel) enfin réunis malgré toute improbabilité laissant en rade Roland, l'amoureux abandonné qui s'en va noyer sa peine à Cherbourg pour y rencontrer, Catherine Deneuve. On le retrouvera en marchant de diamants dans Les Parapluies de Cherbourg, chantant J'ai déjà aimé une femme qui s'appelait Lola.

Lola, un clin d'oeil à Lola Montès, le personnage du film éponyme de Max Ophuls, auquel le film est dédié.

Pédophilie ?
Une relation qui lorgne du côté de la pédophilie sans en être dans cette relation entre Frankie, marin américain en permission, amant temporaire de Lola, et la jeune Céline, à peine 14 ans. Rien que du beau et du bien dans cette relation qui me fait penser à ce même type de relation dans Les dimanches de Ville d'Avray de Serge Bourguignon, tourné l'année suivante. Fin dramatique pour cette  relation entre Pierre et la jeune Madeleine, on n'est pas dans un film de Demy.

La Cadillac Eldorado 1955 stationné en face du cabaret Eldorado où performe Lola.

Cahiers du Cinéma. Un des 10 meilleurs films de l'année 1961.

Visionné, la première fois, le 8 décembre 1992 à la télévision à Montréal.
Mon 306ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider





01 mai 2023

305. Sluizer : L'Homme qui voulait savoir



Film franco-néerlandais réalisé en 1987 par George Sluizer
D'après le roman du néerlandais Tim Krabbé, L'Oeuf d'or, publié en 1984.
Avec Bernard-Pierre Donnadieu, Gene Bervoets (Rex Hofman), Johanna ter Steege, (Saskia), Gwen Eckhaus

Il m'arrive souvent, l'âge aidant, de ne plus me rappeler le contenu, le sujet, l'histoire d'un film que j'ai déjà vu. Pire, il m'arrive, parfois, de visionner un film croyant ne jamais l'avoir vu et découvrant, avec horreur, après quelques séquences que je l'avais déjà vu, quelques années auparavant. 

Pour justifier ce comportement et éviter d'accabler ma mémoire vieillissante, j'ai fini par accepter ce genre de comportement en me disant que ces films ne méritaient pas qu'ils s'inscrivent durablement sur mon disque dur.

Il est inutile de préciser que L'Homme qui voulait savoir ne fait pas partie de cette catégorie de films, il ne risquait pas d'échapper à ma mémoire. Avoir vu ce film, je mettrais, entre autres,  Funny Games dans cette même catégorie de films, marque à jamais tout cinéphile.

J'appréhendais de revoir ce film. Mais, connaissant déjà la fin (qui est votre pire cauchemar - claustrophobes en danger), j'ai pu me focaliser sur l'histoire de l'élaboration mécanique d'un concept par un professeur de chimie, tout ce qu'il y a de plus respectable.

Au deuxième visionnement, ce n'est plus la fin qui me terrorise mais la froideur du bien nommé monsieur Lenorme qui élabore son plan infernal méticuleusement et efficacement.

L'homme qui voulait savoir, Rex Hofman, qui ne peut se détacher de Saskia, son amie disparue depuis trois ans, finalement, saura.

Le réalisateur a utilisé la passion du cyclisme de l'auteur du roman, Tim Krabbé, pour nous faire participer, par l'entremise de la radio, à la 17ème étape du Tour de France de 1984 qui se déroule entre Grenoble et l'Alpe d'Huez. Luis Herrera gagnera cette étape alors que Laurent Fignon remportera le Tour devant Bernard Hinault et Greg Lemond. 

Visionné, la première fois, le 21 juillet 1992 en VHS à Montréal.
Deux jours plus tard, décédera Arletty.
Mon 305ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider