19 octobre 2008

102. Boorman : Deliverance

1001 films de Schneider : Deliverance
Délivrance

Au 572ème rang de la liste des films de  They Shoot Pictures...


Film américain réalisé en 1972 par John Boorman 
Avec Jon Voight, Burt Reynolds, Ned Beatty, Ronny Cox, Ed Ramey

Très improbable titre que ce Deliverance.
Les trois survivants de cette merveilleuse escapade sur la rivière Chattooga (frontière Georgia/South Carolina) sont, à jamais, suite à leur aventure, enfermés dans un cauchemar sans issue ; ce que confirme la dernière séquence du film. Pas de délivrance en vue pour eux.

Une des séquences les plus célèbres de Délivrance : le duo guitare-banjo.
Billy Redden, le "banjo boy" qui, en fait, ne joue d'aucun banjo, a été sélectionné pour son "look" qui correspondait au fait avéré ou au préjugé (vous choisissez) de la pratique de l'endogamie dans les régions isolées des Appalaches ; la pratique de l'endogamie entraînant possiblement le développement de dégénérescences génétiques : syndrome de Down, déficience intellectuelle, malformation congénitale. Avouez que Billy Redden est une belle synthèse de ces 3 éléments.

Dans son film, Big Fish, Tim Burton a déniché Redden dans un boui-boui du sud profond pour lui faire faire une apparition en "banjo man".

Dans le message précédent, je traitais du procédé de "la nuit américaine" : on en a un bel exemple dans ce film lors de la scène de nuit au sommet de la paroi escaladée par le personnage interprété par John Voight.

Dernière séquence pillée par Brian de Palma pour conclure son Carrie.

Jean-Louis Bory, dans la Lumière écrit (tome 5 de ses critiques cinématographiques) traitant de Deliverance : "le sauvage modèle 1972 ne respecte pas le modèle "bon sauvage" qui fait pleurer d'attendrissement dans les chaumières hippies." J'aime Bory.

Lecture cinéphilique :
Zanuck, le dernier grand nabab par Leonard Mosley.
Mais qu'est-ce qu'un nabab?
"Un jour alors que je sortais du magasin du studio, je vis Zanuck quitter la salle à manger et marcher en direction de son bureau. Sa cour l' entourait, composée d'une foule d'assistants, de producteurs et de parasites. Stupéfait, je le vis soudain déboutonner sa braguette tout en parlant et pisser contre un mur. Il y avait plein de monde, mais cela ne le troublait nullement. Il faisait cela à sa manière, aussi candide que n'importe quel gosse des rues."
Y a pas de meilleure définition.

Visionné, la première fois, le 27 octobre 1973 au cinéma St-Denis à Montréal.

Après 4 semaines à parcourir l'Espagne et le nord du Maroc, retour tumultueux à Montréal. En descendant de l'avion, puisque plus rien ne m'attache, je décide de m'installer à Montréal. Chômage, petit meublé crasseux, couple en déroute, l'hiver aux portes de Montréal (j'ai toujours haï l'hiver à Montréal). Délivrance peut-être mais, à ce moment-là, je pensais plutôt déroute.
Mais il y a Tomiko, rencontrée à la sortie de la gare à Cordoba, qui, complètement "pétée" (comme dans péter les plombs), sursoit à son tour d'Europe pour m'accompagner dans mon petit meublé crasseux en face du Parc Lafontaine à Montréal. 
Mon 102ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 25 janvier 2023