10 avril 2008

83. Leone : Le Bon, la Brute et le Truand

1001 films de Schneider : Il Buono, il brutto, il cattivo
Titre français : Le Bon, la Brute et le Truand

Au 138ème rang de la liste des films de  They Shoot Pictures...


Film italien réalisé en 1966 par Sergio Leone
Avec Eli Wallach, Clint Eastwood, Lee Van Cleef

Ce qui surprend en visionnant Le Bon , la Brute et le Truand (1966) après avoir déjà vu Il Était une fois dans l'Ouest (1968) c'est de voir à quel point ce dernier est tributaire du premier. Plusieurs éléments clés, sans parler de toute la stylistique, étaient déjà présents dans BBT.

Quelques exemples :
1. La séquence du début est presque identique dans les deux films : trois malfrats (dont Al Mulock présent dans les deux films) s'apprêtent à attaquer un individu qui aura gain de cause sur eux.
2. La séquence du duel au soleil à la fin du film : même tension, même gros plans sur les regards, rythme musical identique, etc.
3. Le pendu, au bout de sa corde en déséquilibre; dans BBT sur une croix de bois, dans Il était une fois dans l'Ouest sur les épaules du petit frère.
4. L'imbrication de l'intrigue dans l'Histoire américaine.
5. Et la musique de Morricone...

Scène de mauvais goût pour ne pas dire carrément odieuse : Dans un camp nordiste, l'orchestre de prisonniers obligé de jouer pour enterrer les cris d'un prisonnier qu'on torture. L'analogie avec des scènes connues des camps de concentration nazis nous saute en pleine figure et nous salit un peu.

Eli Wallach : la plus importante prestation d'acteur du film. Clint "stone face" Eastwood est peut-être l'icone des westerns spaghettis mais, dans ce film, il est carrément laissé dans les "starting blocks" par Wallach. Quarante ans plus tard, ce même Wallach, à 91 ans, nous donne une savoureuse prestation d'acteur dans un rôle de scénariste en fin de vie, dans le film de Nancy Meyers, Holiday.


Eli Wallach, now and then

Lecture cinéphilique : Eisenstein, Le cinéma comme art total de Gérard Conio.
De 1929 à 1932, Eisenstein, accompagné de deux collègues du milieu du cinéma soviétique, séjourne en Occident : Suisse, France, USA et, enfin, Mexique où il essaiera de réaliser une grande fresque sur la société mexicaine. Que viva Mexico! ne sera jamais produit faute de financement adéquat. Des parties seulement de cette œuvre se retrouveront dans d'autres films tels que Thunder Over Mexico dont l'atrocité de certaines scènes en ferait, selon certaines critiques, le prédécesseur de la série Mondo Cane. 
Tout le financement du film reposait sur les épaules de Upton Sinclair (1878-1968), un écrivain américain communiste (si si, ça existait), dont une œuvre Oil vient d'apparaître sur nos écrans : There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson.

Critique. Cahiers du Cinéma. Avril 1968. Numéro 200. Coups de feu dans la Sierra Leone par Sylvie Pierre.
Les 300 premiers numéros des Cahiers du Cinéma sur Archive.org

Visionné, la première fois, le 22 octobre 1971 au cinéma Le Bijou (!!!) à Québec
Les noms de salle de cinéma à Québec au début des années 1970, à l'époque où il y avait encore des cinémas de quartier, reflétaient toute cette période des premières décennies du cinéma durant laquelle celui-ci représentait l'exotisme des pays lointains et le rêve inatteignable. À Québec, on retrouvait Paris (le cinéma de Paris, le Pigalle, l'Odéon), Venise (le Rialto, le Lido), l'Espagne (le Granada), Athènes (le Capitol).
Mon 83ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 21 janvier 2023