01 juin 2007

39. Godard : Deux ou trois choses que je sais d'elle

1001 films de Schneider : Deux ou trois choses que je sais d'elle

Au 250ème rang de la liste des films de They Shoot Pictures...



Film français réalisé en 1967 par Jean-Luc Godard
Avec Marina Vlady, Roger Montsoret, Anny Duperey

Comme la plupart des films que Godard tournait à cette époque, Deux ou trois choses que je sais d'elle est un film documentaire.

Un documentaire sur Paris, mais aussi sur l'exploitation de la classe ouvrière qui, pour joindre les deux bouts, incite la ménagère à la prostitution. Sujet déjà traité dans Vivre sa vie. 

Comme dans la plupart des films de Godard, on y retrouve une logorrhée d'affiches, de slogans, de mots d'auteur, d'intertitres qui agacent infiniment le spectateur. On y retrouve également les méchants habituels : le capitalisme avilissant, les impérialistes américains au Vietnam, les bourgeois des grands quartiers (les totalitarismes communistes? ben non!). On reste pantois, aujourd'hui, devant ce type d'analyse qui relève plus de la caricature ou du slogan de manifestation que d'une plongée au cœur de la réalité sociologique et politique de cette société.

Le "elle" du titre, c'est Paris. Paris qu'on défigure pour y passer des voies rapides, le Paris des barres résidentielles de banlieue (exemple d'une barre à Lille qui sera bientôt démolie) où iront s'entasser les nouveaux immigrants ainsi que les classes pauvres expulsées du vieux-Paris par la spéculation foncière.

On dit que Godard a tourné ce film en même temps que Made in USA; l'un le matin, l'autre l'après-midi, tous les deux largement improvisés. Pas étonnant que la plupart de ses films de cette époque nous apparaissent comme un immense collage de plans et de séquences jeté en pâture aux spectateurs et surtout aux pauvres critiques qui s'épuiseront à la tâche de donner un sens à tout ça.

On est loin du cinéma de Truffaut ou de celui de Bergman qui, tous les deux, détestaient royalement Godard. Alors, si l'on connaît ma dévotion pour ces deux cinéastes, vous connaissez mes sentiments pour Godard.

Critique : Cahiers du Cinéma. Janvier 1967. Numéro 184. Notes sur Deux ou trois choses que je sais d'elle par Jean Narboni. Mai 1967. Numéro 190. Chemin principal et chemins latéraux par Sylvain Godet.
Les 300 premiers numéros des Cahiers du Cinéma sur Archive.org

Cahiers du Cinéma : Dans la liste des 10 meilleurs films de l'année 1967

Visionné, la première fois, en octobre 1968 au cinéma Empire à Québec
Mon 39ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider
Mis à jour le 14 janvier 2023