lundi 5 juillet 2010

180. Fassbinder : Die Ehe der Maria Braun

1001 films : Die Ehe der Maria Braun
Titre français : Le mariage de Maria Braun


Film allemand réalisé en 1978 par Rainer Werner Fassbinder (1945-1982)
Avec  Hanna Schygulla, Klaus Löwitsch, Ivan Desny

Commençons par la fin. Sur les dernières images de l'explosion de la maison de Maria (Zabriskie Point, dans nos mémoires) on entend à la radio la victoire de l'Allemagne en coupe du monde de football. C'était en 1954. C'est la fin de l'après-guerre en Allemagne. Fassbinder indique peut-être ainsi que l'Allemagne tourne le dos à son passé et que la reconstruction est en marche. Tourne le dos, oui, mais à jamais hanté par les camps de la mort qui, comme un retour du refoulé, constamment, au cours des décennies suivantes, viendront assombrir l'éclatante réussite économique de la République Fédérale d'Allemagne.
Reprenons au début. Maria se marie avec Herman Braun qui doit partir le lendemain pour le front russe. Considéré mort au combat, puis ressuscité et revenu de l'enfer russe, il se retrouve en prison pour un crime commis par Maria. Le pauvre Herman n'aura jamais de vie conjugale. Pendant ce temps, Maria perd son âme. Pour pasticher un titre précédent de Fassbinder, Ali : Fear Eats Soul, on pourrait intituler ce film Maria : Money Eats Soul que les images aux saveurs de studio hollywoodien ne démentent certainement pas.
La trame mélodramatique du film est un clin d'oeil à Douglas Sirk (d'origine allemande et qu'on retient surtout pour son oeuvre marquée au coin du mélodrame, j'aime All That Heaven Allows), un des cinéastes préférés de Fassbinder et dont il avoue son influence.
J'ai déjà vu Hanna Schygulla dans un spectacle intime il y a une quinzaine d'années à Montréal, au collège où j'enseignais. Elle était divine. J'avais eu l'impression de voir une réplique de Dietrich dont elle a interprété, d'ailleurs, quelques unes de ses chansons. Ce qui nous amène à mettre en parallèle deux grandes machines du cinéma : Sternberg-Dietrich et Fassbinder-Schygulla (20 films ensemble). La même passion de deux réalisateurs pour leur actrice fétiche. Dans Le mariage de Maria Braun, Fassbinder élève Schygulla au niveau du monument. Probablement la plus grande performance de Schygulla en carrière.

Berlin 1979 : Ours d'argent à Hanna Schygulla
Évaluation IMDB : 7,8 sur 10 par 3808 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur Wikipédia
Visionné, la première fois, le 1er novembre 1981 à la télévision à St-Antoine-sur-Richelieu
Mon 180ème film visionné des 1001 films de la liste de Schneider

1 commentaire:

  1. Voici ce que j'avais pu écrire sur zdc:

    "Schygulla est parfaite de beauté, d’arrivisme, d’amour et de haine. A travers ses personnages, Fassbinder traite à merveille le cas allemand. Ça commence sous les bombardements et un portrait d’Hitler, ça finit par la victoire de l’Allemagne en coupe du monde en 54 face à la Hongrie avec les portraits des chanceliers de la RFA défilant en négatif parmi lesquels Adenauer et Schmidt. C’est désenchanté, cruel, vrai. Un excellent film, un de mes préférés de son auteur."

    Je ne change pas une virgule. Quel beau film !

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