samedi 7 février 2009

119. Spielberg : Jaws

1001 films : JawsTitre français : Les dents de la mer
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1975 par Steven Spielberg (1946)
Avec Roy Scheider (décédé en 2008), Richard Dreyfuss, Robert Shaw, Lorraine Gary

J'ai le goût de commencer par ceci :
Vous connaissez ce que l'on appelle les romans d'été. Le bouquin qu'on apporte à la plage pour se donner l'impression de ne pas bronzer idiot et que, une fois terminé, l'on abandonne au camping ou bien que l'on enterre dans sa bibliothèque ou, encore mieux, que l'on va revendre à la boutique de livres usagés de la rue Mont-Royal (à Montréal, au coeur de la République du Plateau).
Alors, transposez cela pour Jaws.
Un sacré bon thriller. Mais une heure après le visionnement, une sensation de vide. Du moins, c'est l'impression qu'il m'est resté lorsque je l'ai revu dernièrement. C'est un film qui résiste mal à de multiples visionnements, contrairement, au premier film important de Spielberg, Duel, que je revois avec toujours autant d'excitation et qui, lui, "tient bien la route".

Spielberg a employé la stratégie que Hitchcock a utilisé tout le long de sa carrière de maître du thriller psychologique. Hitchcock disait : "A bomb is under the table, and it explodes : That is surprise. The bomb is under the table but it does not explode : That is suspense". Alors Spielberg garde le requin en-dessous de la table pendant toute la première heure; alors, lorsqu'il apparaît inopinément pour attraper l'appât tenu négligemment par Hooper (Richard Dreyfuss) à l'arrière du bateau, un tsunami secoue les spectateurs.

Le premier blockbuster estival de l'histoire du cinéma mais un sale coup pour les plages américaines qui ont vécu une baisse de fréquentation momentanée.
Pendant l'été, dans un restaurant de Cape Cod (le film a été tourné à Martha's Vineyard), lieu de prédilection de mes vacances estivales lorsque ma fille était enfant (plus particulièrement au camping North of Highland, à la pointe du cap, près de Provincetown) on pouvait voir sur le menu "Get even. Eat fish".

Jaws ou l'hystérie de l'interprétationUn tel requin ne pouvait pas être, tout simplement, un requin. Il fallait le surcharger de sens.
Un requin polysémique, rien de moins.
Liste (incomplète) : peur de la sexualité, la guerre du Vietnam, la terreur ancestrale, la mauvaise conscience, le vagin denté (les Cahiers du Cinéma, évidemment!), la société des Grands Blancs (encore les Cahiers), le capitalisme, l'impérialisme américain, le dieu Pan en colère. Sous l'eau calme de la Pax Americana se terrent tous les condamnés de la Terre.
Et pour finir, le chef d'oeuvre : Tiré de Pascal Bonitzer, les Cahiers du Cinéma, mars-avril 1976. No.265. "De quoi s'agit-il en définitive? Jaws, c'est la morsure du sexe qu'il s'agit de conjurer, et de la grande secousse dont elle panique le corps." Alléluia!

L'histoire du USS Indianapolis ou "Jaws" en folie"Après avoir livré la première bombe atomique sur la base aérienne de l'île de Tinian le 26 juillet 1945, le USS Indianapolis repart aussitôt déchargé mais, afin de garder le voyage secret, il emprunte une route loin des caps habituels et n'a aucune escorte. L'Indianapolis est torpillé deux fois le 30 juillet par un sous-marin japonais en mer des Philippines, trois cents marins sur 1 196 périssent pendant l'attaque. L'US Navy met plusieurs jours à s'apercevoir du naufrage. Les rapports mentionnent que les requins attaquent les naufragés nuit et jour durant plusieurs jours. Sur les 900 survivants du naufrage seuls 316 sont sauvés." (Wikipédia) Un site pour approfondir.

Jaws fait des petits
Ce qui fit naître le Mouvement pour la Stérilisation des Films-Catastrophes.
Voyez l'évaluation de la descendance de Jaws telle qu'elle apparaît sur IMDB
Jaws 2. 1978. 5,6 sur 10
Jaws 3-D. 1983. 3,3 sur 10
Jaws : The Revenge. 1987. 2,5 sur 10
Mais qu'est-ce que j'ai du temps à perdre!!!

Oscar 1976 : John Williams pour la meilleure musique originale (sans quoi, le film perdait la moitié de son potentiel d'horreur). Meilleur montage. Meilleur son.
Évaluation IMDB : 8,3 sur 10 par 112 664 votants.
Au 107ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 28 février 1976 au cinéma Champlain à Montréal
Mon 119ème film visionné des 1001 films de Schneider

1 commentaire:

  1. ca fait lonptemps que je l'ai vu
    mais je trouve ce film assez surestimé.
    en tous cas il ne merite vraiment pas d'etre dans les 100 1ers.

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