lundi 29 avril 2013

253. Pagnol : La femme du boulanger

1001 films : La femme du boulanger

Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film français réalisé en 1938 par Marcel Pagnol (1895-1974)
Avec Raimu (le boulanger), Ginette Leclerc (la femme du boulanger), Fernand Charpin (le marquis),Robert Vattier, Charles Blavette, Robert Bassac
Adaptation à l'écran de la nouvelle de Jean Giono, Jean le Bleu

Je tombe toujours sous le charmes des films de Pagnol, ceux des années 30, même si je les ai vus plusieurs fois. D'abord pour Raimu et Charpin, puis pour les paysages des hameaux de la Provence et pour cette vieille France disparue.
À une époque, dans les années 90, suite à mes randonnées dans les Alpes françaises et un soudain besoin de me brancher à la nature (moi, qui suis un irrémédiable urbain) , je me  suis passionné pour l’œuvre de Giono. En un été, j'ai lu les trois  premiers tomes de ses oeuvres complètes dans la Pléiade - le plus beau de mes voyages de cet été-là.  
On avait approché Joan Crawford pour jouer la femme du boulanger. Peut-on imaginer plus contre-emploi que ça. Heureusement, sa connaissance du français, avoisinant le degré zéro, l'écarta de ce rôle.
Ce film a tenu l'affiche plus d'un an à New York - Orson Welles qui le vit plusieurs fois décréta Raimu, le plus grand comédien de tous les temps.
Le boulanger (Raimu) : "Évidemment, toi, tu ne risque pas de devenir cocu. Ta femme a plus de poils au menton que de rose au téton."

Lecture cinéphilique : Napoléon  de Kevin Brownlow
Livre  retrace l'épopée du Napoléon de Abel Gance, réalisé en 1925-27 qui, par un concours incroyable de circonstances, n'a jamais pu être distribué adéquatement, privant des millions de spectateurs d'une des plus grandes œuvres de l'histoire du cinéma.
Savez-vous que depuis la première du film à l'Opéra de Paris le 7 avril, il y eu 20 autres versions de ce film. Le dernier, le plus complet à 5h.31min. par Kevin Brownlow et Patrick Stanbury pour le British Film Institute. Une 22ème version, celle-ci de la Cinémathèque française (enfin!), est en préparation.

Évaluation Mediafilm: Cote 3. Très bon
Toutes les informations sur le film sur IMDB  
Visionné, la première fois, le 13 février 1989 à la télévision à Montréal
Mon 253ème film visionné de la  liste des 1001 films du livre de Schneider

samedi 20 avril 2013

Fassbinder. Intégrale: 26 à 30

26ème film
Mutter Küsters' Fahrt zum Himmel
Titre français : Maman Küsters s'en va au ciel
Réalisé en 1975
Avec Brigitte Mira, Ingrid Caven, Karlheinz Böhm, Margit Carstensen, Irm Hermann. 2h.00

La gauche, la droite, ils en prennent tous plein la gueule dans ce film. Fassbinder tirent sur tous les côtés. Personne n'en sortira vivant.
Film pessimiste - il n'y a pas de solutions politiques valables. Tous utiliseront la pauvre Maman Kusters dans sa démarche pour réhabiliter la mémoire de son mari, pour atteindre leur propre fin.
Beaucoup de points communs avec L'Honneur perdue de Katharina Blum (livre de Heinrich Böll  et film de Volker Schlöndorff). Ça commence par un tabloïd et ça finit par une catastrophe personnelle.
J'ai appris a aimé Brigitte Mira (des performances fantastiques dans ce film et dans le précédent de Fassbinder, Tous les autres s'appellent Ali)
Ce film, c'est vraiment un trésor caché. Je n'en avais jamais entendu parler.
Ah, oui, j'oubliais. On a fait une version du dénouement, différente, plus heureuse, pour le public américain. La dernière fois que j'ai vu une telle chose, c'était pour Le dernier des hommes de Murnau.

27ème film
Angst vor der Angst
Titre français : Peur de la peur
Réalisé en 1975
Avec Margit Carstensen, Ulrich Faulhaber, Brigitte Mira, Irm Hermann. 1h.28

Troisième film de femmes après Les larmes amères de Petra van Kant et Martha; les trois avec la magnifique et émouvante Margit Carstensen. Celui-ci un peu plus en recul sur le côté dramatique.
L'imperceptible frontière entre normalité et folie chez une femme de la classe moyenne. Comment gérer l'impression qu'on est en train de devenir fou? C'est la question que porte ce film.







28ème film
Ich will doch nur, dass ihr mich liebt
Titre français : Je veux seulement que vous m'aimiez
Réalisé pour la télévision en 1975
Avec : Vitus Zeplichal, Elke Aberle, Alexander Allerson. 1h44.

Encore un trésor caché. Une rareté : Fassbinder fait dans la tendresse. Avec des acteurs qu'on n'a jamais vus chez Fassbinder, on a droit à une très belle histoire amoureuse entre deux êtres merveilleusement tendres. Mais il y a un côté sombre dans cette histoire qui se joue ailleurs - du côté du rejet parental - et qui entraînera un dénouement tragique.





29ème film
Satanbraten
Titre français : Le rôti de Satan
Réalisé  en 1976
Avec Kurt Raab, Margit Carstensen, Helen Vita, Volker Spengler, Ingrid Caven. 1h.52

Fassbinder a mis de "l'acide" dans son café - il pète les plombs. Retour à sa période "je n'en ai rien à foutre de plaire au public". Un film assez disjoncté qui parle d'un poète en panne sèche qui tyrannise son entourage dans le but de susciter l'inspiration. Sadomasochisme à gogo avec force scènes sexuelles explicites. Y a des gens qui aiment ce type de film - moi je passe mon tour. En écrivant cela je réponds au souhait que Fassbinder a émis à la sortie du film : "Just take a look at what a completely unbearable film I can make - now hit me."







30ème film 
Chinesisches Roulette
Titre français : Roulette chinoise
Réalisé en 1976
Avec :  Anna Karina, Margit Carstensen, Brigitte Mira, Ulli Lommel, Alexander Allerson, Volker Spengler, Andrea Schober, Macha Méril. 1h36.

Un mari, sa femme et leur amant dans un huis-clos organisé par leur jeune fille handicapée qui cherche vengeance. La roulette chinoise qui est le dénouement de l'intrigue, c'est un jeu de la vérité dont les balles sont d'ordre psychique. Scénario pas très convaincant qui nous laisse avec une patte en l'air.
À cause de la coproduction française, présences de Anna Karina qui fait tapisserie et Macha Méril en sourde-muette.
Margit Carstensen, ma nouvelle idole.





dimanche 7 avril 2013

252. Ford : Rio Grande

1001 films : Rio Grande

Film américain réalisé en 1950 par John Ford (1894-1973)
Avec John Wayne, Maureen O'Hara, Victor McLaglen, Ben Johnson, Claude Jarman Jr.

Les films de cavalerie de Ford me laissent pantois par la vacuité de leur scénario et Rio Grande, le troisième de la série, n'améliore pas les choses. Quel scénario simpliste. J'ai beaucoup de difficultés avec les gloires de la cavalerie américaine fondées sur l'extermination des autochtones. Ça devait être dit...je me sens mieux.
On peut être un três grand réalisateur et se fourvoyer dans le choix des sujets à traiter. Vivent les westerns fordiens.
Rio Grande est le dernier de la trilogie des films de cavalerie de Ford après Fort Apache (1948) et She Wore a Yellow Ribbon (1949). 
La scène initiale, après les crédits,  l’une des plus belles de la filmographie de Ford, dans laquelle on voit la patrouille de retour au camp avec son contingent de soldats fourbus ou blessés.

De très belles images des "Mittens" dans Monument Valley, Utah: lieu mythique du western.

Les Sons of the Pioneers, groupe de chanteurs de westerns, fondé en 1933 par Roy Rogers et toujours actif aujourd'hui, sont mis à contribution à plusieurs reprises au cours du film. Ce qui donne souvent l'impression qu'on est plus en présence de joyeux troubadours que d'un régiment sur un pied de guerre. Ci-après, une belle ballade irlandaise.



Lecture cinéphilique : The Story of Film par Mark Cousins

Je sais, en général, les histoires du cinéma sont assez imbuvables quoiqu'un de mes plus beaux moments de lecture sur le cinéma fut de lire  l'Histoire du cinéma de Georges Sadoul en 6 volumes (3000 pages) que j'ai lu avidement à l'aube de ma vingtaine (quand je rêvais de m'inscrire à l'IDHEC de Paris). Mais quelle frustration ce fut de lire la description de tous ces films sans avoir accès à leur visionnement. À refaire avec YouTube en support. - non je n'en ai pas le courage. Mais me les procurer? Pour 225 euros on peut trouver les 6 tomes.
Pour revenir à Cousins, il s'intéresse à l'histoire des innovations quant au langage cinématographique. Ce n'est pas exhaustif, il choisit quelques réalisateurs par période, les plus innovateurs, et s'intéressent à ce qu'ils apportent de nouveau. Pour tout cinéphile, un passage obligé.

Évaluation Mediafilm: Cote 3. Très bon
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 7 février 1989 à la télévision à Montréal
Mon 252ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider