dimanche 31 mars 2013

Fassbinder. Intégrale : 21 à 25

21ème film
Martha
Réalisé pour la télévision allemande en 1973.
Avec : Margit Carstensen (Martha), Karlheinz Böhm (son mari), Gisela Fackeldey (sa mère), Adrien Hoven (son  père), Ingrid Caven (son amie).
Duré : 1h52.
Le plus bunuelien des films de Fassbinder. On pense à Tristana.
C'est l'histoire d'une soumission conjugale totale, d'une manipulation d'une femme par un homme. On est dans la sphère du sado-masochisme. 
En produisant pour la télévision, Fassbinder s'assagit quand au discours filmique. Ses contenus sont plus accessibles et la trame de l'histoire de ses films est beaucoup plus linéaire.
Des 21 premiers films, c'est mon 3ème préféré avec Les larmes amères de Petra van Kant et Le marchand de quatre-saisons.




22ème film
Angst essen Seele auf
Titre français : Tous les autres s'appellent Ali
Réalisé en 1973
Avec Brigitte Mira, El Hedi Ben Salem, Barbara Valentin, Irm Hermann, Fassbindem.
Durée : 1h.33
Un grand coup de coeur pour ce film. Au sommet de mon  classement jusqu'à maintenant. En visitant IMDB, on constate aussi que c'est le film le plus visionné chez les abonnés de ce site parmi les 22 premiers films de Fassbinder.
Une rencontre amoureuse improbable entre une Allemande de 60 ans et un travailleur étranger, un Marocain de 35 ans. Réprobation sociale massive. On se doute bien que c'était un sujet chaud quand on sait que le film a été tourné l'année après l'action de Septembre noir aux jeux olympiques de Munich.
J'aime bien que Fassbinder montre que les seuls intervenants non racistes sont des policiers et le propriétaire (donc bourgeois) de la maison où habite le couple-choc. Ça nous change des stéréotypes habituels.

 23ème film
Fontane Effi Briest
Réalisé en 1974
Avec Hanna Schyculla, Wolfgang Schenck, Karlheinz Böhm, Ulli Lommel, Irm Hermann
Durée : 2h.21
Adaptation du roman de Theodor Fontane, Effi Briest, publié en 1894.
Hanna Schygulla - sa 18ème présence dans un film de Fassbinder... et c'est pas fini, encore 4 à venir.  Est-ce bien ça une actrice fétiche?
Un film littéraire - les mots envahissent l'écran. Une histoire style "victorien, fin 19ème" un peu fade mais le traitement qu'en fait Fassbinder est merveilleux.
Stylistique : nombreuses utilisation des miroirs (très courant chez Fassbinder), le passage des séquences marqué par un fondu "au blanc", utilisation du noir et blanc.


24ème film
Faustrecht der Freiheit
Titre français : Le droit du plus fort
Réalisé en 1974
Avec Fassbinder, Peter Chatel, Karlheinz Böhm, 
Durée : 2h.03 Voir le commentaire sur mon blog













 
25ème film
Wie ein Vogel auf dem Draht
Titre français : Comme un oiseau sur le fil 
Avec Brigitte Mira, Evelyn Künneke, Ingfried Hoffmann.
Durée : 0h.44
Espèce de music-hall avec l'actrice (Tous les autres s'appellent Ali, Mother Küster) et chanteuse, Brigitte Mira 
Pas de dvd disponible mais on peut retrouver sur le net quelques-unes des parties chantées (en allemand sans sous-titres).
"According to Rainer Werner Fassbinder, the mother of the German nation is  Brigitte Mira."
Like a Bird on the Wire : chanson de Leonard Cohen. Chanson-fétiche de Fassbinder qu'on retrouve dans trois de ses films.

mardi 26 mars 2013

251. Mackendrick : Sweet Smell of Success

1001 films : Sweet Smell of Success
Titre français : Le grand chantage

Sur la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1957 par Alexander Mackendrick (1912-1993)
Avec Burt Lancaster  (J.J. Hunsecker), Tony Curtis (Sidney Falco), Susan Harrison (la soeur de J.J.), Martin Milner, Jeff Donnell

"I love this dirty town (New York)". C'est beau quand c'est dit par l'un des personnages les plus sales de l'histoire du cinéma, J. J. Hunseker, le journaliste sale. Mais il y a pire que J.J. : Sidney Falco, l'agent de presse de Hunseker,  avec Tony Curtis dans un contre-rôle, la plus grande performance de sa carrière.
Ce film, c'est à vous jeter en bas de votre chaise. Cynisme et perversité imbibent ce film de la première à la dernière image, jamais de répit. On dirait la série Dallas 20 ans plus tôt.
C'est pas tout à fait un film glorifiant pour le 4ème pouvoir (notion créée par Alexis de Tocqueville dans son célèbre livre, De la démocratie en Amérique, publié en 1833). Hunseker est un "columnist" d'un grand quotidien newyorkais et, à ce titre, construit et détruit les réputations selon son bon vouloir. Un personnage-type qui sévit dans tous les quotidiens du monde à toutes les époques.
Et le 5ème pouvoir? Un terme créé par Ignacio Ramonet du Monde Diplomatique pour contrebalancer tous les Hunseker de ce monde qui aujourd'hui ne se satisfont plus d'une colonne dans un quotidien mais contrôlent des grands pans de la sphère médiatique.


Falco et Hunsecker, un des couples les plus célèbres du cinéma américain

Lecture cinéphilique : Ruan Ling-Yu. The Goddess of Shanghai de Richard J. Meyer (livre qu'on peut trouver sur Amazon, il vient avec le dvd The Goddess, le plus grand film de Ruan Ling-Yu.)
Ruan Ling-Yu est une des plus grandes icônes du cinéma chinois. On l'appelait la Garbo chinoise. Sa carrière, très courte, s'étend de 1927 à 1935, l'année de son suicide, à 24 ans.  29 films, tous muets, dont la plupart sont disparus - seulement 6 films seraient visibles selon IMDB.
À voir de toute urgence, le merveilleux film de Stanley Kwan, Ruan Lingyu aussi connu sous le titre Center Stage avec la merveilleuse Maggie Cheung dans le rôle-titre.

Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 25 janvier 1989, à la télévision à Montréal
En ce mois de janvier 1989, grande révolution dans ma vie de cinéphile : l'achat de mon premier lecteur VHS. 
Mon 251ème film de la liste des 1001 films du livre de Schneider

samedi 23 mars 2013

Fassbinder. Intégrale : 16 à 20

Affreux. On dirait la face de Fassbinder...
16ème film
Wildwechsel  (Gibier de passage) 1972

Film pour la télé. Seule version disponible sur YouTube en v.o. allemande sans sous-titres.
Wildwechsel: "a kind of Bavarian James Dean film about generational conflict". Le seul film de Fassbinder traitant de la jeunesse. Non visionné















17ème film
Acht Stunden sind kein Tag
(Huit heures ne font pas un jour) 1972
Série télé de 5 épisodes de 90 minutes présentée à la télévision allemande d'octobre 1972 à mars 1973.
Sur YouTube en v.o allemande sans sous-titres. Non visionné.
















18ème film
Bremer Freiheit (Liberté à Brème) 1972
Pièce de la troupe de Fassbinder adaptée pour la télé. Non disponible sur dvd. Sur YouTube en version originale allemande sans sous-titres. Non visionné
Une pièce de théâtre présentée en 1971 au Bremen Stadttheater et enregistrée sur vidéo.
Sujet : La vie tumultueuse d'une femme, Geesche Gottfried (1785-1831),  qui a empoisonné 15 personnes de son entourage en leur servant du café.












19ème film 
Welt am Draht  (Le Monde sur le fil) 1973


J'ai fini par mettre la main sur ce film. Excellente production de Criterion avec, en prime, une entrevue de 50 minutes sur le making-of.
Film tourné pour la télé. Fassbinder veut tourner des films populaires et le meilleur moyen d'atteindre une cote d'écoute importante c'est de passer par la télé. À cette époque, il n'y a que deux chaines à la télévision allemande. En passant à l'heure de grande écoute, Fassbinder s'assure d'avoir un public qu'aucun de ses films précédents n'a pu rejoindre, ses films étant surtout vus et appréciés dans le circuit de la cinéphilie (Paris, Londres, New York).
Transposition à l'écran du roman de l'américain Daniel F. Galouye, Simulacron 3, publié en 1964, Le Monde sur le fil est le premier et dernier film de science-fiction tourné par Fassbinder. Il abandonne l'avant-garde pour tourner un film plus traditionnel avec suspense et récit linéaire.
Ce film, le premier film important à traiter de la réalité virtuelle, est l'ancêtre de Blade Runner et de Matrix. Bienvenue chez les Sims selon Fassbinder.

"Le Monde sur le fil peut prétendre rejoindre la courte liste de ces films de science-fiction à travers lesquels quelques maîtres du cinéma, mis au défi par le futurisme de leur temps, ont rendu hommage au genre : Jean-Luc Godard (Alphaville, 1965), François Truffaut (Fahrenheit 451, 1966), Stanley Kubrick (2001 : l'Odyssée de l'espace, 1968), Andreï Tarkovski (Solaris, 1972)." le Monde 27 septembre 2010
 
20ème film
Nora Helmer 1973
Tourné pour la télévision.
D'après la pièce d'Henrik Ibsen, La maison de poupée.
Ni en VHS,  ni en DVD, ni en Blueray, ni sur YouTube, sur bittorent seulement en v.o.
Alors pas visionné.  Ah! oui  pas en laserdisk, non plus

mercredi 13 mars 2013

250. Hitchcock : Notorious

1001 films : Notorious
Titre français : Les enchaînés

Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1946 par Alfred Hitchcock (1899-1980)
Avec Ingrid Bergman (1915-1982), Cary Grant (1904-1986), Claude Rains (1889-1967), Louis Calhern (1895-1956)

J'ai beaucoup de difficultés avec Cary Grant, que j'appelle monsieur plastique. Et c'est pas avec ce film  que je changerai d'avis. Dans ce film, on a l'impression qu'on a affaire à un robot tant au niveau du personnage qu'au niveau de sa prestation d'acteur. Évidemment, à cause d'une performance incroyable d'Ingrid Bergman, (son plus grand rôle?), le pauvre Cary n'en paraît que plus largué.
Hitchcock nous mène en bateau. Il nous oriente vers une histoire d'ex-nazis cachés dans la société brésilienne qui sont en train de préparer, avec de l'uranium à la clé, on ne sait trop quel comeback apocalyptique. Mais tout ça, c'est de l’esbroufe pour nous cacher une histoire d'amour entre un agent de la CIA et la fille d'un Américain qui espionnait pour le compte de l'Allemagne. La bouteille de vin dans lequel serait cachée une quantité suffisante d'uranium pour fabriquer une bombe atomique est, en fait, un MacGuffin, terme qui désigne tout objet qui détourne le spectateur de la vraie histoire du film. Hitchcock fut un expert du MacGuffin.

Un baiser de 3 minutes en tranches de 3 secondes.
Trois secondes : la limite permise d'un baiser à l'époque du code Hays



Évaluation Mediafilm. Cote 2: Remarquable
Toutes les informations sur le films sur IMDB
Visionné, la première fois, le 25 janvier 1989 à la télévision à Montréal
Terminé, le six-mois sabbatique à Paris. Retour au boulot à partir du 15 janvier.
Mon 250ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

mardi 5 mars 2013

249. Preminger : Laura

1001 films : Laura

Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1944 par Otto Preminger (1905-1986)
Avec Dana Andrews (1909-1992), Gene Tierney (1920-1991), Clifton Webb (1889-1966), Vincent Price (1911-1993)

Quand on regarde des films "noirs" des années 1940, surtout les premières fois, on est estomaqué de voir la façon dont les forces de l'ordre dirigent l'enquête. Dans Laura, on tombe en bas de sa chaise en entendant l'inspecteur (Andrews) accepté que l'un des suspects (Webb) l'accompagne dans sa démarche d'enquête. Comment, non plus, ne pas être sidéré de voir l'enquêteur installé confortablement dans l'appartement de la victime avérée en train de picoler tranquillement son whisky, en fait celui de la victime. Et que dire du détective qui trouve l'arme du crime dans l'horloge de l'appartement de la victime et qui décide de la remettre là afin de venir la chercher le lendemain matin. Ce film est plein d'incohérences mais comme dit Roger Ebert "That Laura continues to weave a spell -- and it does -- is a tribute to style over sanity."
Dans le même ordre d'idée ça me rappelle une scène tout aussi absurde (selon nos critères actuels) du film d'Howard Hawks, The Big Sleep, où l'on voit un interpellé assis confortablement, sans menottes, sur le siège avant à côté du policier  alors que l’acolyte de ce dernier est sur la banquette arrière.
Premier film important d'Otto Preminger, Laura, malgré ses incohérences policières, est un film envoûtant dont le personnage principal, curieusement, n'est pas cette Laura (si belle Gene Tierney) disparue et ressuscitée, mais le personnage du chroniqueur radiophonique (Clifton Webb), amoureux de Laura ou peut être bien du détective si on décode le  film autrement. Il est difficile d'oublier la première séquence où l'on voit le chroniqueur sortant de son bain nu en présence du détective, le regard de ce dernier clairement orienté vers le sexe du chroniqueur.
Laura, un film gai? Probablement.  Remplacez Laura par Laurent et on y est. Ah oui, le producteur Zanuck ne voulait pas voir Clifton Webb dans ce film parce qu'il était reconnu à Hollywood comme appartenant à la  communauté homosexuelle.

Le fameux thème de Laura, composé par David Raksin, est devenu un standard que Charlie Parker, Duke Ellington et Frank Sinatra ont interprété tour à tour.


Oscar 1945: Meilleure photographie
Évaluation Mediafilm : Cote 3. Très bon
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 25 décembre 1988 à la télévision à Paris
Mon 249ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

vendredi 1 mars 2013

248. Bergman : Les fraises sauvages

1001 films : Smultronstället
Titre français : Les fraises sauvages
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film suédois réalisé en 1957 par Ingmar Bergman (1918-2007)
Avec Victor Sjöstrom (1879-1960), Ingrid Thulin (1926-2004),  Gunnar Björnstrand (1909-1986), Bibi Andersson (1935)

Dernière présence au cinéma de Victor Sjöstrom qui avait commencé sa carrière d'acteur et de réalisateur la même année en 1912.

Cinquième Bergman depuis le numéro 240. Évidemment, tout ça est dû à la rétrospective que j'ai suivi au cinéma St-André-des-Arts à l'automne de 1988.
C'est la cinquième  fois que je vois ce film. Toujours autant d'affection pour cet ancien  professeur d'université, le  fait que je sois moi-même un prof à la retraite n'est sûrement pas étranger à cette affection.

Un film qui commence comme un film d'horreur. Monsieur Borg, professeur d'université à la retraite, fait un cauchemard qui va ébranler sa forteresse intérieure,  ce qui bouleversera tout au moins sa journée sinon le reste de sa vie

 
 Sur une musique du compositeur de musique électronique danois, Anders Trentemoller, Haxan

Ce film, une sorte de road-movie sur les routes de Suède à la période du solstice d'été, c'est l'histoire d'un vieux grognon rigide qui, grâce à des incursions, par le souvenir, dans les moments émouvants de son adolescence fait un fait une découverte désespérée à la fin de sa vie : le bonheur est dans le pré...sent de l'émotion ressentie.
Je retiens avec beaucoup d'émotion ce visage de marbre d'Ingrid Thulin (1ère apparition chez Bergman) - qui a dit que froideur et dureté éloignaient la beauté? (Probablement personne mais je trouvais que ça faisait bien pour terminer ce message)

Berlin 1958 : Ours d'or
Évaluation Mediafilm : Cote 1. Chef-d'oeuvre
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 23 décembre 1988 au cinéma St-André-des-Arts à Paris
Mon 248ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider