dimanche 17 février 2013

247. Wilder : Sunset Boulevard

1001 films : Sunset Boulevard
Titre français : Boulevard du Crépuscule

Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle
Film américain réalisé en 1950 par Billy Wilder (1906-2002)
Avec Gloria Swanson (1899-1983), William Holden (1918-1981), Erich von Stroheim (1885-1957), Nancy Olson (1928), Cecil B. DeMille (1881-1959), Buster Keaton (1895-1966)

Hollywood par Hollywood. 418 plans qui jettent un éclairage glauque sur le cinéma selon Hollywood.
Si vous vous intéressez quelque peu à l'histoire du cinéma, ce film est un incontournable. Sunset Boulevard dépeint crûment le  naufrage dans les abysses de la mémoire des 30 ans du cinéma muet. La présence silencieuse et furtive à une table de bridge de Buster Keaton, l'un des plus grands créateurs de cette époque, n'en est-il pas l'exemple le plus probant. Et que dire d'Erich von Stroheim, ce monument mégalomaniaque de la réalisation des années 20 qui n'a jamais franchi  la barrière du parlant, sauf pour jouer les méchants allemands et qui interprète  le rôle du majordome silencieux. Et Gloria Swanson, grande vedette du muet, qui n'a plus jamais atteint une telle gloire après l'arrivée du parlant sauf dans ce film-tombeau.
Cette idée de tombeau me fait penser à la dernière partie de Citizen Kane: Norma Desmond, à l'instar de Kane, est seule dans son château,  abandonnée et ignorée de tous.
Une phrase du film qui le résume: "A silent movie queen still waving proudly to a parade which had long since passed ber by" On pense tout de suite au titre du grand livre sur le cinéma muet de Kevin Brownlow, The Parade's Gone By...

Sur YouTube, Gloria Swanson en entrevue au The Dick Cavett Show du 3 août 1978 . Discute du désastreux tournage de Queen Kelly (extrait présenté dans Sunset) dirigé par nul autre que Erich von Stroheim. Vers la fin de l'entrevue, un moment émouvant lorsque madame Swanson frissonne en entendant l'animateur lui dire qu'on avait déjà utilisé des films muets pour créer un incendie dans un film en tournage, les bandes d'alors étant hautement inflammables.  Au passage, dans la même émission, entrevue avec Janis Joplin, deux mois avant son décès.

Projection de Queen Kelly. "I am big. It's the pictures that got small"
On retrouve cette image sur la page couverture du premier numéro des Cahiers du cinéma (avril 1951)

Oscars 1951. Trois statuettes: décor, musique et scénario
Évaluation Mediafilm : Cote 1. Chef-d’œuvre
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 15 décembre 1988 à la télévision à Paris
Mon 247ème film visionné de la  liste des 1001 films du livre de Schneider

samedi 9 février 2013

246. Zemeckis : Who Framed Roger Rabbit

1001 films : Who Framed Roger Rabbit
Titre français : Qui veut la peau de Roger Rabbit?

Film américain réalisé en 1988 par Roger Zemeckis (1951)
Avec Bob Hoskins, Christopher Lloyd, Joanna Cassidy et la voix  de Mel Blanc (1908-1989) qui a été la voix de Bugs Bunny, Daffy Duck, Porky Pig, Tweety et beaucoup d'autres Toons dans 1038 dessins animés recensés à ce jour sur IMDB.

J'avais été totalement fasciné par ce film d'animation qui mixait, dans une même histoire, des acteurs réels avec des personnages de dessins animés. À l'époque c'était toute une prouesse technologique - a breakthrough comme on dit en serbo-croate. J'avais été complètement impressionné par la première séquence - tournage d'une séquence de cinéma avec les toons en tant qu'acteurs: génial.
J'avais peur, en revoyant ce film, à cause surtout des progrès du cinéma d'animation par ordinateur, de trouver cette production banale et ennuyante. Au contraire, j'ai été surpris de voir à quel point ce film n'avait pas vieilli tant au niveau de l'animation et qu'à celui du scénario.
Ai adoré revoir Betty Boop, disparue de la circulation en 1939 après 112 performances. Évidemment elle débarque en noir et blanc n'ayant jamais connu la couleur.

Jessica Rabbit avec la voix de Kathleen Turner
Le personnage de Jessica Rabbit, inventé pour ce film, est la personnification de tous les contenus érotiques que transmettaient "innocemment" les dessins animés destinés aux enfants lors des premiers temps de la télévision. Pas besoin d'analyses sémiotiques sophistiquées pour voir dans Betty Boop, qui se présentait régulièrement à l'heure d'écoute pour enfants, une synthèse de fantasmes érotiques. Sans oublier que cette Betty Boop se trouvait régulièrement enlevée puis attachée à une voie ferrée par le gros méchant loup - de quoi former chez cette génération en devenir - les baby boomers - un bagage de fantasmes sadomasochistes à côté duquel 50 nuances de gris est de la roupie de sansonnet.

Oscars 1989. Trois statuettes pour effets visuels, montage sonore et montage
Évalution Mediafilm.ca : Cote 3. Très bon
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 14 décembre 1988 au cinéma à Paris
Mon 246ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

mercredi 6 février 2013

Fassbinder. Intégrale : 11 à 15

11ème film
Der amerikanische Soldat (Le soldat américain). 1970
Un pastiche de film policier américain avec des tonnes de clichés.Une manie des réalisateurs européens fascinés par les films américains. Bilan après onze films: un cinéma de mâles où les femmes sont traitées comme de la merde


Les premiers Fassbinder : cinéma misogyne?

12ème film
Warnung vor einer heiingen Nutte (Prenez garde à la sainte putain) 1970.
Fassbinder fait dans l'autocritique. Sur une plateau de tournage, brutalités et humiliations. Scènes de la vie de la famille théâtrale de Fassbinder. Présence injustifiable (à moins d'un clin d’œil à Godard, Alphaville) de Eddie Constantine.










13ème film
Pioniere in  Ingolstadt (Pionniers à Ingolstadt). 1970
Septième film réalisé en 1970. Une telle production frénétique explique probablement qu'aucun de ces films n'ait dépassé le succès d'estime. Ce 13ème film est mon préféré de cette liste.
Film télé adapté d'une pièce de théâtre de 1927 de Marieluise Fleisser. Relations entre des soldats en campagne et des filles d'un village de la Bavière. Encore beaucoup de sadomaso, on suppose que c'est la carte de Tendre de Fassbinder.









14ème film
Händler der vier Jahreszeiten (Le marchand des quatre saisons) 1971
Suite à sa rencontre avec le cinéma de Douglas Sirk, Fassbinder laisse de côté l'avant-garde. On aurait le goût de dire enfin. Je retrouve le Fassbinder que j'ai toujours aimé (avant de me taper ses treize premiers films) dans cette histoire de couple toxique dans lequel l'homme ne retrouve pas sa place.









15ème film
Die bitteren Tränen des Petra von Kant. (Les larmes amères de Petra von Kant) 1972
Un coup de foudre pour ce huis-clos étouffant et toxique. Un huis-clos de femmes sur la relation amoureuse en tant qu'arme de destruction massive. Adaptation d'une pièce de Fassbinder. Dans un petit espace, un travail de caméra extraordinaire.