mercredi 30 janvier 2013

Fassbinder: Intégrale. 6 à 10

Intégrale Fassbinder

6ème film 
Warum  laüft Herr R. Amok? (Pourquoi monsieur R. est-il atteint de folie meurtrière?). 1969
Il ne se passe rien dans ce film sauf... C'est la vie quotidienne insipide en tant qu'histoire d'horreur. On pense au Septième continent de Michael Haneke. Frissons.










 7ème film
Rio das Mortes. 1970
On dirait un film d'étudiant. Toujours les mêmes acteurs depuis 7 films. Ces acteurs font partie de la troupe de la compagnie théâtrale de Fassbinder : Action-Theater.












8ème film
Das Kaffeehaus (Le café). 1970
Une production théâtrale de "antiteater Munich" tournée pour la télévision. Je n'ai pas pu voir ce film. Pas de dvd. Seulement des extraits en v.o. sans sous-titres sur YouTube.











9ème film
Whity. 1970
Dans ce pastiche de western, on est toujours dans le cinéma expérimental. Je m'ennuie ou m'emmerde beaucoup depuis le début de cette intégrale. Ma connaissance de Fassbinder reposait sur ses productions ultérieures les plus connues,  les plus accessibles pour les cinéphiles truffaldiens de mon espèce.









10ème film
Niklaushauser Fart (Le voyage à Niklaushausen). 1970
Basée sur une révolte paysanne qui eut lieu à Niklashausen en 1476. L'apothéose de la révolution en plusieurs tableaux présentés à la Godard. Ajoutez un peu de Jodorowsky et vous avez un film que j'haï.










vendredi 25 janvier 2013

Fassbinder : Intégrale. 1 à 5

Intégrale Fassbinder.
De 1966 à 1982, l'année de son décès à l'âge de 37, Rainer Werner Fassbinder a réalisé 44 films pour le cinéma et pour la télévision. 44 films en 16 ans, probablement le réalisateur le plus prolifique de l'histoire du cinéma. Si on ne tient compte que des longs métrages, c'est 42 films en 12 ans - plus de 3 films par année.
Jusqu'en 1970 , on parle d’œuvres d'avant-garde (14 en tout) qui échouent régulièrement au box-office. Avec Le marchand des quatre-saisons (1971) débute sa carrière connue - celle  qui dépasse les cercles des initiés, des cinéphiles irréductibles.
Lecture : Fassbinder. The Life and Work of a Provocaqtive Genius de Christian Braad Thomsen. 1991
Site en français de la fondation Fassbinder. Rainer Werner Fassbinder Foundation

 1er film 
Der Stadtstreicher (Le clochard). 1966
Court métrage (10 min.) Sur YouTube.
Fassbinder à l'écran






2ème film 
Das Kleine Chaos (Le petit chaos) 1967
Court métrage (9 min.).  Sur YouTube
Déjà la maîtrise de la narration.









3ème film
Liebe est kälter als der Tod (L'amour est plus froid que la mort ) 1969
Fassbinder annonce ses couleurs - mort au ciné traditionnel. Film de gangster malhabile. On oublie l'intrigue pour s'intéresser aux personnages froids comme la mort.











4ème film
Katzelmacher (Le bouc) 1969
Images et intrigue au degré zéro. Un groupe de jeunes adultes "s'ennuient le dimanche". L'arrivée d'un étranger anime tout à coup le groupe contre celui-ci : xénophobie et violence. Plus près du théâtre que du cinéma.











5ème film
Götter der Pest (Les dieux de la peste). 1969
Fassbinder s'essaie au film noir - peu convaincant. Encore un film de Fassbinder dans lequel les femmes sont traitées comme de la merde. Thème assez récurrent au moins pendant les 5 premières années de sa production.


dimanche 20 janvier 2013

245. Bergman : Les communiants

1001 films : Nattvardsgästerna
Titre français : Les communiant
Titre anglais : Winter Light
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle
 
Film suédois réalisé en 1962 par Ingmar Bergman (1918-2007)
Avec Gunnar Björnstrand (pasteur), Ingrid Thulin (l'ex-maitresse du pasteur), Max von Sydow (le pêcheur), Gunnel Lindblom (la femme du pêcheur)
Fait partie de la trilogie qu'on appelle le "silence de Dieu" : précédé par À travers le miroir et suivi par Le silence

J'essaie d'imaginer la réaction du public qui verrait ce film dans un multiplex du centre-ville, un samedi soir. Déjà l'an dernier ça sortait en masse lors de la projection à laquelle j'ai assistée du film muet L'artiste. Alors, imaginez la réaction des spectateurs après la séquence initiale de 12 minutes en noir et blanc d'un prêtre en train de dire la messe dans une chapelle déserte du nord de la Suède - hécatombe au box-office.
Pourtant plus je vois ce film, c'est ma 5ième fois, plus je découvre un chef-d’œuvre traitant de la condition existentielle de l'homme (lourd, le mec!)
Le plus noir, le plus désespéré des films de Bergman. Même l'amour ne peut rien contre le silence de Dieu... qui  n'existe pas. Tout est à désespérer de la condition humaine dans ce film: le pasteur qui perd la foi, sa maîtresse qu'il rejette ignominieusement - l'amour ne nous sauvera pas -, le suicide d'un pêcheur obsédé par l'imminence d'un conflit nucléaire annoncée par les essais nucléaires chinois. Tout ça dans un paysage d'hiver glauque que le soleil semble avoir déserté à jamais.



Le silence de Dieu mais pour les paroissiens c'est surtout le silence du pasteur
Évaluation Mediafilm : Cote 2. Remarquable
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 14 décembre 1988 au cinéma St-André-des-Arts à Paris
Un peu comme dans les Communiants, en ce mois de décembre à Paris, le soleil n'existe pas. On a droit aux sempiternelles brumes matinales suivi d'un ciel gris mur à mur... "Avec un ciel si gris qu´un canal s´est pendu". Pendant un mois, jusqu'à notre retour au Québec le 30 décembre, aucuns rayons de soleil. Puis, le plaisir de retrouver les ciels bleu d'acier du Québec de janvier par moins 20 degrés. Bon, bien, après dix jours de ce régime, vivement les brumes matinales de Paris.
Mon 245ème film visionné de la  liste des 1001 films du livre de Schneider 

mardi 15 janvier 2013

244. Carné : Les enfants du paradis

1001 films : Les enfants du paradis

Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle
Film français réalisé en  1945 par Marcel Carné (1906-1996)
Avec Arletty (Garance), Jean-Louis  Barrault (Baptiste), Pierre Brasseur (Frédérick Lemaître), Pierre Renoir, Maria Casares, Marcel Herrand

C'est dommage pour nous Québécois de la génération du baby boom mais  Les enfants du paradis nous rappelle une période de l'histoire québécoise tristement célèbre qu'on a appelé "la grande noirceur" (pendant le règne du premier ministre québécois Maurice Duplessis de 1936 à 1959) pendant laquelle la religion catholique exerçait un pouvoir abusif sur la culture. En effet, ce film fut interdit de projection au Québec lors de sa sortie en 1947. Cette année-là, Les enfants du paradis doit être projeté à l'Université de Montréal dans le cadre d'un festival de films français. Le Bureau de la censure l'interdit jugeant le film «pornographique» parce que l'actrice Arletty y dégrafe son corsage. Le délégué de la France interprète ce refus comme une insulte à son pays.

On parle ici d'un grand poème de Prévert mis en images; d'un sommet du réalisme poétique. Une autre collaboration fructueuse du tandem Carné-Prévert (Quai des brumes, Le jour se lève, Les visiteurs du soir, etc.). C'est Paris 1830, le boulevard du crime (la rue canaille de l'époque), un trio amoureux et  un magistral hymne au théâtre à travers ses acteurs.
La réalisation de cette œuvre majeure s’est faite en pleine Occupation. Des débuts du tournage, en 1943, aux studios de la Victorine à Nice (le clin d’œil de Truffaut dans La nuit américaine), puis aux studios Francoeur à Paris, jusqu’à la sortie du film le 15 mars 1945, le tournage des Enfants du Paradis connaîtra de nombreuses vicissitudes liées à la situation politique que traversait la France à cette époque. Par exemple, Arletty sera absente lors de la première du film étant mise en accusation à cause de sa relation amoureuse avec un officier allemand ce qui lui fit dire lors de son arrestation : "Si mon cœur est français, mon cul, lui, est international ! »
Arletty, le degré zéro de l'interprétation. Mais on lui pardonne tout à cause de répliques comme : "On m'appelle Garance. Garance, c'est le nom d'une fleur" dites sur le ton le plus automate possible. Bresson a dû l'aimer cette Artletty, lui qui a toujours chercher chez ses comédiens amateurs une déclamation mécanique. Il devait leur dire: vous voulez faire comédien eh bien imitez Arletty.
On retrouve Jacques Prévert dans ces multiples jeux de mots faciles qui pimentent le scénario. En voici un célèbre : (Le commissaire à Garance) : "Comment vous appelez-vous?" " Moi, je ne m'appelle jamais, je suis toujours là. J'ai pas besoin de m'appeler. Mais les autres m'appellent Garance, si ça peut vous intéresser."

Baptiste le mime (Jean-Louis Barrault) et Garance (Arletty, à 47 ans quand même)
Une séquence qui est à se tordre de rire : la représentation de la pièce L'auberge des Adrets (dessins et texte complet sur Gallica) et la bouffonnerie qu'en fait  Frédérick Lemaitre (Pierre Brasseur).
Évaluation Mediafilm: Cote 1. Chef-d’œuvre
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 2 décembre 1988 au cinéma à Paris
 
Mon 244ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

jeudi 3 janvier 2013

243. Bergman : À travers le miroir

La pietà selon Bergman
1001 films : Sasom i en spegel
Titre français : À travers le miroir
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film suédois réalisé en 1961 par Ingmar Bergman (1918-2007)
Avec Harriet Andersson (Karin), Gunnar Björnstrand (David), Max von Sydow (Marin), Lars Passgard (Minus)

Encore un Bergman. Il faut dire que nous sommes en novembre 1988 et que je suis en plein milieu d'une grande rétrospective Bergman au cinéma St-André-des-Arts à  Paris.
Le début de la décennie 1960 est marquée chez Bergman par des oeuvres qui abordent le thème de la psychose (Le silence, Les communiants, Persona, L'heure du loup, La honte...). Le premier de la liste est une œuvre magistrale qui atteint des abysses de dépression et de désespoir avec une performance homérique de Harriet Andersson que je rêvais de rencontrer en Suède, l'été dernier. Imaginer Harriet, à 80 ans, en train de siroter un café, seule, au fond d'un café d'Uppsala - pur moment de grâce.

Le grand thème de ce film, c'est évidemment la schizophrénie. Où il appert que Dieu est un symptôme obligé de cette maladie mentale. Traverser le miroir dans ce cas-ci, c'est entrer dans un monde hallucinatoire où Dieu est présent mais qu'il peut aussi se transformer en araignée - moment d'horreur absolu.
L'autre thème important de ce film, c'est la culpabilité du père de Karin. Il se sent affreusement coupable de recycler du matériel biographique - la maladie de sa fille - en production littéraire. Ce personnage du père incarne  la culpabilité de Bergman dont la carrière théâtrale et cinématographique  a phagocyté sa vie familiale. Quatre épouses (on ne compte pas ses maitresses - tous les rôles principaux féminins de ses films) et sept enfants pendant la période qui précède ce film. Cette phrase de David, le père de Karin, qui résume cette culpabilité : "It makes me sick to think of the lives, sacrificed to my so-called art."

Luc Moullet des Cahiers du Cinéma devait dormir au gaz quand il a vu  À travers le miroir : "Propos vagues sur Dieu et l'humanité, d'un niveau primaire assez provocant, photo atrocement terne, c'est du Wyler fatigué. L'accumulation des effets est indispensable à la réussite de Bergman (???); or ici, malheureusement, il reste très honnête et très simple" Cahiers du Cinéma numéro 135 de septembre 1962. L'art de passer complètement à côté d'un film.

En mai-juin 2011, au New York Theatre Worshop, ma jeune actrice préférée, Carey Mulligan (inoubliable dans Never Let Me Go), jouait le rôle de Karin, interprétée dans le film de Bergman par Harriet Andersson.

Carey Mulligan dans la pièce Through a Glass Darkly tirée du film d'Ingmar Bergman

Oscars 1962. Meilleur film en langue étrangère
Festival de Berlin 1962. Meilleur film selon International Catholic Organisation for Cinema
Évaluation Mediafilm : Cote 2 : Remarquable
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 15 novembre 1988 au cinéma St-André-des-Arts à Paris
Mon 243ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider