vendredi 21 septembre 2012

Kazan. Intrégrale 18. The Visitors

18. The Visitors
Titre français : Les visiteurs

1972
Avec James Woods (son 1er  de 134 films), Patricia Joyce, Steve Railsback (son 1er de 82 films), Chico Martinez, Patrick McVey

Kazan ne s'intéresse plus au cinéma. Depuis America, America tourné en 1962 il y a, chez lui, une importante baisse de régime. Sa vie prend un autre tournant. Il abandonne la direction théâtrale, la réalisation cinématographique et ne se voue plus qu'à l'écriture : en 20 ans, de 1962 à 1982, 7 romans contre 3 films.
Avec The Visitors, Kazan tourne le dos à Hollywood et tourne un film à petit budget - autour de $200 000. Il engage, en contournant les syndicats, des comédiens qui n'ont jamais tourné et concentre son action dans sa ferme du Connecticut.  
Mais il reste fidèle  à un de ses grands thèmes lié à son histoire personnelle: la dénonciation - est-elle jamais acceptable?
Dans ce film retour-du-Vietnam, un des premiers à traiter des séquelles de ce conflit chez les soldats américains, Kazan nous offre un remarquable huis-clos angoissant et étouffant. La montée de la tension est palpable à tous les moments du film - une violence couve et va faire éruption.
Il est touchant de voir Kazan tourné comme s'il était un jeune cinéaste appartenant à cette génération  qui a tourné le dos à la production "main stream" d'Hollywood - les Scorsese, Cassavettes, Coppola, etc. Suite logique : peu de distribution et échec commercial. Voir résumé, analyse et critique du film sur l'excellent site dvdclassik

mardi 18 septembre 2012

Kazan. Intégrale. 17. The Arrangement

17. The Arrangement
Titre français : L'arrangement.

1969
Avec Kirk Douglas (Eddie Anderson), Deborah Kerr (Florence Anderson, l'épouse), Faye Dunaway (Gwen, la maîtresse), Richard Boone, Hume Cronyn

Tiré du roman fortement autobiographique d'Elia Kazan, The Arrangement, qu'on dit largement supérieur au film comme c'est si souvent le cas dans les adaptations cinématographiques d'oeuvres littéraires.
Je m'explique mal pourquoi les critiques ont été si dévastratrices par rapport à ce film. "I've never been attacked as viciously and personnally as I was on The Arrangement. Why? This question is open." (Kazan). Au contraire, j'y trouve une oeuvre dérangeante qui agace peut-être quelquefois mais qui vaut vraiment le détour.
On a toutes les raisons de détester cet Eddie Anderson, golden boy de la publicité, et le réalisateur ne l'épargne pas (un peu maso ce Kazan puisqu'on devine bien qu'il s'y cache derrière ) mais, lentement, à cause d'un itinéraire marqué par la violence émotionnelle, on le trouve de plus en plus attachant. Ce qui ne nous empêche pas de lorgner impunément la sulfureuse Faye Dunaway dans un rôle finement ciselé pour elle (encore ce sacré "womanizer" de Kazan).


Pour être certain qu'on a tous compris qu'Eddie et Elia sont l'unique et la même personne, le réalisateur   nous montre, dans le dernier plan qui précède les crédits,  une image de Douglas souriant qui se métamorphose en celle de Kazan, affublé de son célèbre sourire anatolien
Elia Kazan et son sourire anatolien

Résumé tiré de Mediafilm.ca
Apparemment parvenu au succès dans sa carrière, Eddie Anderson se jette pourtant un jour avec sa voiture sous les roues d'un camion. Il en réchappe et commence une longue convalescence au terme de laquelle il refuse de reprendre son travail. Appelé à New York à cause d'une grave maladie de son père, il y retrouve une jeune maîtresse, Gwen. Eddie rompt avec sa femme pour aller vivre avec Gwen, mais des excentricités de conduite provoquent son internement dans une maison de santé.


mardi 11 septembre 2012

231. Lyne : Fatal Attraction

1001 films : Fatal Attraction
Titre français : Liaison fatale
Fait partie de la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle
Film américain réalisé en 1987 par Adrian Lyne (1941)
Avec Glenn Close (Alex Forrest), Michael Douglas (Dan Gallagher), Anne Archer (Beth Gallagher), Ellen Hamilton Latzen (Ellen Gallagher, 8 ans - rare présence au cinéma d'une petite fille non déguisée en petite fille)

On sait qu'Adrian Lyne a l'habitude d'en beurrer épais et il ne  nous prive pas de sa tartinade pour ce film, mais il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas voir un excellent thriller dans ce Fatal Attraction; probablement parce qu'on a tous, à un moment ou à un autre dans notre vie, joué dans ce film, tant les affres de la dépendance affective sont choses courantes. Impossible dans ces circonstances où le film vient faire une incursion  dans notre mémoire émotionnelle de ne pas sentir poindre les flèches de l'anxiété. Oh la la! calma! la rhétorique.
Des gens sont montés aux barricades du combat contre la misogynie - soyons sérieux, ce film illustre d'abord  la dépendance affective pathologique, qui elle, est bien portante chez les deux sexes.
Comptez sur Lyne pour bousiller son film en nous entraînant, dans les dernières séquences, dans un film d'horreur à la "Friday the 13th". Triste
Glenn Close y joue le rôle de sa carrière - une performance époustouflante dans le rôle d'une "bunny boiler" - je vous laisse le plaisir de découvrir la définition de ce terme qui prend son origine dans ce film.

Un autre film dans le même genre que je préfère est Play Misty for Me (1971) de Clint Eastwood avec Eastwood et Jessica Walter. C'était  le premier film de Eastwood - bien avant que Clint ne se mette à  parler à des chaises vides.
Dans Crimes and Misdemeanors, Woody Allen nous entraîne encore dans ce scénario mais, au grand dam de toute  morale, il trucide la maîtresse dès ses premières velléités de venir briser le cocon familial de son amant. Ce film est un sacré coup de feu dans la morale traditionnelle - on peut faire exécuter quelqu'un sans finalement en éprouver ni remords, ni culpabilité - j'aime.
Tiré des trivia de IMDB : "According to Glenn Close, people still come up to her to tell her "thanks, you saved my marriage!" 

Résumé

Avocat à New York, Dan Gallagher a tout pour être heureux; ce qui ne l'empêche pas de succomber, en l'absence de sa femme, au charme énigmatique d'Alex Forrest, une publicitaire. L'aventure, qu'il croyait sans lendemain, tourne au cauchemar quand Alex se prend d'une passion obsessive pour lui. Lorsqu'il tente de se débarrasser d'elle, Alex terrorise sa famille. Dan est alors obligé de se confier à son épouse, laquelle décide de le supporter malgré tout. Cependant la folie d'Alex devient incontrôlable et dangereuse.

Évaluation Mediafilm : Cote 5. Moyen
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 9 février 1988 à la télévision à Montréal
Mon 231ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 3 septembre 2012

Kazan. Intégrale. 16. America, America

16. America, America

1963.
Avec Stathis Giallelis (Stavros), Frank Wolff, Harry Davis, Elena Karam

Kazan fait un virage à 360 degrés (comme dirait Coluche ou Yvon Deschamps selon votre référent culturel)  et abandonne la fiction pour plonger dans les souvenirs de famille : l'histoire de son oncle qui quitte l'Anatolie, région gréco-arménienne de la Turquie, pour traverser en Amérique.
L'impossibilité de vivre à l'abri des exactions des militaires turcs est le moteur qui initie ce long périple d'un adolescent qui transporte la destinée de sa famille sur son dos.
Le moins qu'on puisse dire c'est que Kazan ne partait pas gagnant avec un film en noir et blanc, joué par des non-professionnels (Giallelis à la limite du supportable) et traitant d'un sujet qui  laissait indifférent ses contemporains... mais il  en était là dans sa vie - son désir de retour au pays de son père.

America, America c'est le surnom donné à Stavros par ses collègues de travail à cause de son obsession à vouloir s'y rendre.

Résumé
En 1896, en Turquie, un jeune Grec, Stavros, rêve d'émigrer aux États-Unis. Il se rend d'abord à Constantinople où tout semble se dresser contre son projet. Un cousin le présente à une famille riche comme un candidat intéressant en vue d'un mariage avec l'aînée des filles. Mais Stavros, toujours hanté par l'Amérique, refuse la vie facile qui lui est offerte. Il profite du passage à Constantinople d'une riche Américaine qui, en retour des faveurs qu'il lui accorde, lui paye son passage vers New York. Menacé de déportation à son arrivée, il parvient à déjouer les officiers de l'immigration et demeure en Amérique.
Évaluation Mediafilm. Cote 2 :  remarquable