mardi 3 avril 2012

Kazan. Intégrale. 8. Viva Zapata

8. Viva Zapata!


Réalisé en 1952
Avec Marlon Brando, Anthony Quinn (oscarisé), Jean Peters, Joseph Wiseman
Scénario écrit par John Steinbeck (excusez du peu)


Viva Zapata!, un film anti-communiste?
Dans une lettre à Darryl F. Zanuck (éventuel amant de Juliette Gréco, dur à accepter, non?), producteur du film, Kazan écrit : "This picture is not only pro-democratic, but it is specifically, strongly, and incontrovertibly anti-Communist."  29 janvier 1952
Kazan, un ancien du parti communiste dans les années  30, s'est rebellé contre cette idéologie lorsqu'il en découvrit la portée dogmatique qui confinait à la dictature (Staline à cette époque mais, en fait, tous les régimes communistes feront l'apologie de la dictature d'un seul homme - petit paèe des peuples, lider maximo ou autre grand timonier...). Ce que vivra Kazan face à l'idéologie communiste est très bien décrit dans l'oeuvre autobiographique de Claude Roy (1915-1997), écrivain et journaliste français qui, à travers ses mémoires, retrace le difficile parcours d'un ex-communiste qui devra affronter l'opprobre de l'intelligentsia "gauchisante" d'après-guerre.

Kazan fit de  Viva Zapata! un de ses films préférés parce qu'il fit de son héros un contre-exemple de la recherche du pouvoir, à tout prix, des grands libérateurs du prolétariat et de la paysannerie. Zapata, accédant au pouvoir, se sentant de plus en plus corrompu par celui-ci, préférera abdiquer sa présidence pour retourner auprès de son peuple et mourir, abusé par ces nouveaux maîtres qui couchent dans le même lit que les anciens.

Tout le vingtième siècle est marqué par cet échec. L'incapacité des hommes à implanter adéquatement et démocratiquement le communisme est la plus grande catastrophe de ce siècle. Nous sommes tous un peu politiquement orphelin de cet échec.
Vous pouvez vous amuser en regardant le  film à chercher les analogies que Kazan a esquissées entre les révolutions mexicaine et russe.

J'ai eu de la difficulté à me faire à la prestation de Brando - je venais de le voir dans A Tramway Named Desire - difficile de faire le saut entre les deux personnages - cette moustache et ce teint basané me fatiguait pas mal. Mais, encore une grande oeuvre du plus grand comédien de tous les temps (avec quelques autres...)
Le cheval blanc sans cavalier à la fin du film - quétaine, ringard, corny, etc.

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