mercredi 22 février 2012

Kazan. Intégrale. 1. A Tree Grows in Brooklyn

1. A Tree Grows in Brooklyn     (Le lys de Brooklyn)

Réalisé en 1945. Avec Dorothy McGuire (Katie Nolan), James Dunn (Johnnie Nolan), Peggy Ann Garner (Francie), Joan Blondell (Aunt Sissy)
Adapté du roman de Betty Smith, A Tree Grows in Brooklyn, bestseller publié en 1943 à propos de la vie difficile d'une première génération d'immigrants dans un quartier (borough) de New York.

Premier film de Kazan après avoir fait de la mise en scène au théàtre pendant 10 ans. Ça tombe bien pour lui, ce film est très près d'une représentation théâtrale : dialogues à profusion, déroulement de presque toute l'action dans un lieu plutôt fermé (l'appartement); en somme une entrée pas trop dérangeante dans le monde du cinéma.
Cette histoire d'une jeune adolescente de 13 ans (Garner) aurait pu facilement tomber dans la sentimentalité et le mélodrame - mais, contrairement à ce qu'il dit lui-même dans son autobiographie, Kazan a résisté à glisser sur cette pente savonneuse. L'histoire s'y prêtait bien pourtant : le départ de l'enfance d'une jeune fille littéralement en amour avec un père merveilleux (Dunn, oscarisé) qui est ostracisé par une mère (McGuire) "hard as granite rock". On aura compris que l'arbre du titre est cette jeune fille qui pousse entre les fissures du ciment d'un arrière-cour, typique des quartiers ouvriers du Brooklyn du début du 20ème siècle.
Le personnage de Francie est sympatique à souhait - on pourrait parler de personnage proto-féministe tant sa recherche à se sortir de ce milieu étouffant est grande. Peggy Ann Garner crève l'écran, dirigée habilement par Kazan qui met déjà en pratique son approche de l'interprétation basée sur l'expérience émotionnelle de l'acteur. Afin de mieux interpréter son personnage, l'acteur doit puiser dans sa propre expérience personnelle. Kazan en fera une école (fondée en 1947), l'Actor's Studio qui formera la plus grande génération d'acteurs qu'ait connu le théâtre et le cinéma américain de la deuxième moitié du 20ème siècle.
La petite Garner (13 ans) est passée à la moulinette de la méthode Actor's Studio : Kazan, pour extirper des larmes à la petite qui, dans le film, vient de perdre son père, n'hésite pas à lui rappeler que son père réel, partie à la guerre, pourrait ne pas en revenir. Quel salaud, quand même!
Je vous laisse sur cette mélancolique ballade écossaise, Annie Laurie.
Quelle belle interprétation de Peggy Ann Garner - toute la douleur du drame familial dans ce visage.









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