lundi 30 janvier 2012

218. Arcand : Le déclin de l'empire américain

1001 films : Le déclin de l'empire américain

Film québécois réalisé en 1986 par Denys Arcand
Avec Dominique Michel, Dorothée Berryman, Louise Portal, Geneviève Rioux, Rémi Girard, Pierre Curzi, Yves Jacques, Daniel Brière et Gabriel Arcand

Il m'énerve Arcand avec ses titres tonitruants : Le déclin de l'empire américain (1986), Les invasions barbares (2003) , L'âge des ténèbres (2007). À chaque fois, on s'attend à ce que l'apocalypse nous tombe dessus puis on se retrouve entre amis à discuter du bout-de-gras (expression savoureuse qui date des années 30).
Ce huis-clos plus théâtral  que cinématographique sur le désordre amoureux n'a pas beaucoup vieilli. Le sujet et le discours utilisé me semblent tout à fait contemporain. J'ai vraiment été surpris, après 25 ans, d'y retrouver encore beaucoup d'éléments pertinents sur l'incommensurable incompréhension entre les hommes et les femmes.
Mais, bon dieu, que ça cause. On a rarement vu une telle loghorrée. On a le goût de leur dire à ces personnages qu'on en vient à détester : arrêtez d'en parler et faites-le, bordel! Imaginez My Dinner with André mais à 8!!! On comprend que ce film ne laisse pas indifférent : on  l'aime beaucoup ou on le voue aux géhennes.
Ces histoires autour du sexe sont pimentées de grandes tirades sur le déclin de l'empire américain, le déclin de nos sociétés occidentales, en fait. Ils ont dû faire une drôle de tronche les spectateurs américains lors de l'émission des Oscars lorsqu'on leur a balancé ce titre à la  figure - le film d'Arcand étant un des 5 nominés pour le meilleur film en langue étrangère. Remarquez que pour un pays en déclin, ils n'en  ont pas moins remporté 3 guerres depuis ce temps. Mais aujourd'hui, ils y sont vraiment dans la merde - le déclin économique est évident, le déclin  militaire suivra-t-il? Pas sûr.
Couverture du Time magazine de mars 2011

Je le sais pas pour vous, mais pour moi, les citations, ça m'emmerde - je les lis toujours de reculons surtout sur un blog - moi qui ai tellement de difficulté à lire un long texte sur écran. (Je ne suis pas tout à fait la clientèle visée par la liseuse électronique). Mais je ne peux résister à la tentation de vous lancer cet  extrait de dialogue du Déclin tant cet extrait me semble avoir été écrit hier.
"Les signes du déclin de l'empire (ici, mettre le  nom  de votre pays) sont partout : la population qui méprise ses propres institutions, la baisse du taux de natalité, la dette nationale devenue incontrôlable, la  diminution constante des heures de travail, l'envahissement des fonctionnaires, la dégénérescence des élites. Avec l'écroulement du rêve marxiste-léniniste (on est en 1985, belle prédiction) on ne peut plus citer aucun modèle de société dont on pourrait dire, voilà comment nous aimerions vivre. Ce que nous vivons, c'est un processus général d'effritement de toute l'existence."

Cannes 1986 : Prix FIPRESCI
Évaluation IMDB : 7,2 sur 10 par 4070 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Se retrouve sur une liste sur icheckmovies
Visionné, la première fois, le 30 décembre 1986 au cinéma Ermitage à Montréal
Je ne me souviens plus de ce cinéma qui n'a été en opération que pendant deux ans
Mon 218ème film visionné de la  liste des 1001 films du livre de Schneider

jeudi 19 janvier 2012

Les 50 meilleurs films québécois

En 2007, le quotidien montréalais La Presse a questionné 50 personnalités du milieu du cinéma au Québe; aussi bien des comédiens et des réalisateurs que des travailleurs de l'ombre, et leur a demandé la liste de leurs dix films québécois préférés. 


1. Mon oncle Antoine (1971). Claude Jutra
2. Les bons débarras (1980). Francis Mankiewicz 
3. Les ordres (1974). Michel Brault
4. Léolo  (1992). Jean-Claude Lauzon 
5. Le déclin de l'Empire américain (1986). Denys Arcand
6. Pour la suite du monde (1963). Pierre Perrault et Michel Brault
7. C.R.A.Z.Y.  (2005). Jean-Marc Vallée 
8. Un zoo la nuit (1987). Jean-Claude Lauzon
9. Jésus de Montréal (1989). Denys Arcand 
10. Les Invasions barbares 2003). Denys Arcand 
11. Gaz Bar Blues  (2003). Louis Bélanger 
12. L'eau chaude l'eau frette (1976). André Forcier
13. Le chat dans le sac (1964) (Gilles Groulx) 
14. Au clair de la lune (1983). André Forcier 
15. La vie heureuse de Leopold Z (1965). Gilles Carle 
16. La vraie nature de Bernadette (1972). Gilles Carle 
17. J.A. Martin, photographe (1977). Jean Beaudin 
18. La grande séduction  (2003). Jean-Francois Pouliot
19. À tout prendre (1964). Claude Jutra  
20. Les Plouffe (1981). Gilles Carle 
21. La Neuvaine (2005). Bernard Émond 
22. Histoires d’hiver (1999). François Bouvier 
23. 32 films brefs sur Glenn Gould (1993) François Girard
24. L’homme qui plantait des arbres (1988). Frédérick Back
25. Le Confessionnal (1995). Robert Lepage
26. Le temps d’une chasse (1972). Francis Mankiewicz
27. Réjeanne Padovani  (1973). Denys Arcand
28. Roger Toupin, épicier variété (2003). Benoît Pilon 
29. Le Party  (1990). Pierre Falardeau
30. Gina (1975). Denys Arcand
31. Mourir à tue-tête (1979). Anne-Claire Poirier 
32. Les bûcherons de la Manouane (1962). Arthur Lamothe 
33. Requiem pour un beau sans cœur (1992). Robert Morin
34. Pas de deux (1968). Norman McLaren 
35. Le paysagiste (1976). Jacques Drouin 
36. Octobre  (1994). Pierre Falardeau  
37. La Sarrasine (1992). Paul Tana  
38. Les dernières fiançailles (1973). Jean-Pierre Lefebvre 
39. Kamouraska (1973). Claude Jutra 
40. Les mâles (1971). Gilles Carle 
41. Le bonheur, c’est une chanson triste (2004). François Delisle 
42. Entre la mer et l’eau douce (1967). Michel Brault 
43. Petit Pow! Pow! Noël (2005). Robert Morin 
44. On est au coton (1976). Denys Arcand 
45. 15 février 1839  (2001). Pierre Falardeau 
46. Un crabe dans la tête (2001). André Turpin 
47. Flamenco at 5:15 (1983). Cynthia Scott 
48. L’âge de la machine (1977). Gilles Carle 
49. La guerre des tuques (1984). André Mélançon
50. Le règne du jour (1967). Pierre Perrault

Vous pouvez retrouver cette liste sur icheckmovies


dimanche 15 janvier 2012

217. Puenzo : La historia oficial

1001 films : La historia oficial

Film argentin réalisé  en 1985 par Luis Puenzo (1946)
Avec Norma Aleandro, Héctor Alterio

Sujet : les enfants des disparus (euphémisme  pour exécutés sous la torture, on parle de 30 000 disparus) donnés en adoption aux familles des classes privilégiées.
Sujet : la prise de conscience progressive, par une mère de famille privilégiée, de l'horreur de la dictature dans laquelle elle vit. Il me semble qu'il y ait ici un léger déficit de crédibilité. En effet, il est surprenant, voire carrément incroyable, qu'une professeure d'histoire appartenant à une classe sociale très scolarisée et mariée avec un artisan de la terreur n'eut pas la moindre conscience de ce qui s'était passée dans son pays entre 1976 et 1985. Évidemment, le choix du réalisateur de faire de son personnage principal une "autiste sociale" sert son propos pédagogique et sa démarche dramatique.
Sujet : Les grands-mères de la Place de Mai, une association fondée dès 1977,  dont le principal combat était de retrouver les enfants volés par la dictature et de les remettre à leur famille.
Avec un tel titre on s'attendrait à voir un film à contenu plus exhaustif de cette période sombre de l'histoire d'Argentine

Lectures cinéphiliques en cours :
En vue de la préparation de mon intégrale Kazan, Une vie, autobiographie de ce dernier. Une oeuvre d'écriture magistrale - gros pavé de 800 pages à l'écriture serrée. Près de la moitié du volume est consacrée à son parcours de metteur en scène au théâtre (1932-1948). Ce n'est qu'à partir de la fin des années 40 qu'il   s'intéressera au cinéma. Un  gros pavé éclaboussera sa carrière : sa contribution (certains diront sa trahison) à l'enquête sur les activités non-américaines au début des années  cinquante.
Une histoire politique du cinéma de Régis Dubois. Un parcours assez superficiel quoique complet et très bien structuré de l'histoire du film politique. On aime bien mais on en voudrait un gros pavé de 800 pages plutôt que ce mince 168 pages.

Cannes 1985 : Norma Aleandro, meilleure actrice et Prix oecuménique à Luis Puenzo
Oscar 1986 : Meilleur film étranger
Évaluation IMDB : 7,7 sur 10 par 3029 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Sur 3 listes sur icheckmovies.com
Visionné, la première fois, le 31 octobre 1986 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 217ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider