lundi 25 juillet 2011

Intégrale Kurosawa. 26ème film : Kagemusha

Vingt-sixième film de l'intégrale Kurosawa
Sorti le 23 avril 1980
Kagemusha (Kagemusha : l'ombre du guerrier)
Avec Tatsuya Nakadai, Tsuomu Yamazaki, Kenichi Hagiwara et dans sa 218ème et avant-dernière présence à l'écran, Takashi Shimura (1905-1982),  l'acteur fétiche de Kurosawa

Une oeuvre parfaite à plusieurs égards : direction artistique, direction d'acteurs, montage, costumes, caméra, utilisation de la couleur. Kurosawa, après 25 films, a atteint un niveau inégalé au niveau de la réalisation. On sent qu'il est en contrôle de son art et que rien ne peut le déstabiliser. Trois heures de pure cinéma. Dégustez.
Kurosawa a abandonné depuis déjà 10 ans ses préoccupations sociologiques. Kagemusha, comme le film suivant, Ran, se passe à l'époque des seigneurs de guerre qui se disputent des morceaux de territoire - l'Afghanistan d'aujourd'hui quoi, sauf qu'au Japon, ça se passait au 16ème siècle.
J'aurais bien vu Toshiro Mifune dans le rôle-titre mais une chicane irréconciliable (le clash de 2 super-égos) intervenu au cours du tournage de Barbe rouge, a mis fin définitivement à toute collaboration ces deux-là.
Un peu d'indignation : c`est grâce à Francis Ford Coppola et George Lucas, grands admirateurs de Kurosawa que ce film a pu exister.  Lucas avait une dette morale envers Kurosawa puisqu'il s'était inspiré des deux paysans de La forteresse cachée pour la conception des deux robots de Star Wars. Ils ont donc organisé le montage financier pour garantir le tournage de Kagemusha qu'aucun studio japonais ne voulait risquer d'entreprendre. C'est seulement à cette condition que Toho consentit à s'engager dans cette production, la plus coûteuse de toute l'histoire du cinéma japonais à cette date (6$ millions). 
Profit? 10$ millilons

Un des plus beaux films de Kurosawa

mardi 19 juillet 2011

207. Scott : Alien

1001 films de Schneider : Alien


Film américain de Ridley Scott (1937)
Avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton, John Hurt, Ian Holm, Yaphet Kotto

Un vendredi soir de juin 1985, minuit,  je m'aventure seul dans un cinéma presque vide pour voir Alien de Ridley Scoot. J'aime les films de science-fiction même les plus stupides style Plan 9 from Outer Space de Ed Wood - bon, d'accord, j'exagère - mais cette merde est quand même à voir si vous voulez rigoler; mais, pour moi,  le plus hallucinant des Ed Wood demeure Glen or Glenda - laissez vos Kurosawa ou autre Tarkovsky et plongez-vous dans cette oeuvre - vous ne sortirez pas indemne de cette oeuvre hautement pédagogique!!! Vous êtes prévenus.
J'étais prêt pour un film de science-fiction pas pour un film d'horreur tel que Alien. Alors le choc n'en  fut que plus violent lors de la scène de la naissance de ce type.
Le moment de cinéma le plus effrayant que j'aie jamais vécu... des jours à m'en remettre. Je vous dis pas la trouille que j'avais, après la projection, en rentrant chez-moi, seul, à 3 heures du matin, tout en chantonnant. Jamais l'expression "siffler dans un cimetière" ne fut plus adéquate.
La scène de la sortie de la chose de l'estomac de Kane (John Hurt) est considérée comme le deuxième moment le plus effrayant du cinéma."The 100 Scariest Movie Moments"
Autre moment frappant : Ash (Ian Holm, le Bilbo de Le Seigneur des anneaux) que nous croyions être un humain se trouve,  en fait, être un robot - sa tronche éclatée quelques instants plus tard convaincront tous les sceptiques.
Les auteurs de  It! The Terror from Beyond Space (1958) ont accusé Scott et sa gang de plagiat. À vérifier.
Vingt-six ans plus tard, la petite culotte blanche de Sigouney est toujours aussi excitante
La saga Alien :
Dernièrement, j'ai vu la quadrilogie (sic). Globalement, ça vaut l'effort même si l'intérêt baisse rapidement. On parle quand même de trois réalisateurs majeurs : Cameron pour Aliens, le meilleur de la suite, Fincher pour Alien3, le côté sombre de ce film me plaît beaucoup et Jeunet pour Alien : Resurrection, à oublier.
Oscar 1980 : une statuette pour les effets spéciaux
Évaluation IMDB : 8,5 sur 10 par 208 651 votants
Toutes les information sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le14 juin 1985 au Cinéma du Parc à Montréal
 Mon 207ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

samedi 9 juillet 2011

206. Clément : Jeux interdits

1001 films de Schneider : Jeux interdits


Film français réalisé en 1952 par René Clément (1913-1996)
Avec Georges Poujouly et Brigitte Fossey.

Nostalgie d'une France qui n'est plus.

J'avais été vraiment secoué lorsque j'avais vu la longue séquence du Débarquement de Saving Private Ryan de Spieberg. On n'avait jamais vu le Débarquement présenté avec une telle horreur.
Quand j'ai revu la séquence d'ouverture du bombardement d'une colonne de réfugiés dans Jeux interdits, je me suis dis que les spectateurs de l'époque ont dû rester sur le choc pendant plusieurs minutes en voyant cette séquence. L'horreur de cette séquence est accentuée par le fait qu'elle se passe par une belle journée ensoleillée au coeur de la paisible campagne au sud de Paris. Pas un son, hormis la mitraillade.
Après cette longue séquence,  bizarrement, la guerre disparaît complètement du film sauf quelques références lointaines à des engagés. Ceci a pu contribuer à la mauvaise réception du film par le public  d'alors. Empruntons ce chemin de traverse. Hiroshima, mon amour avait également suscité de telles réticences à sa sortie - comment osait-on "broder" une histoire d'amour sur fond d'holocauste nucléaire.
Narciso Yepes cartonne avec sa mélodie qui était devenu au temps de ma jeunesse l'emmerdant solo de guitare que tout débutant guitariste nous gratifiait inlassablement à chacun de nos partys.
 Grande prestation de Georges Poujouly. Brigitte Fossey est admirablement bien dirigée mais on ne peut pas parler de performance artistique dans son cas.
La Ponette de Doillon, c'est un peu la soeur de la Paulette de Clément.
Oscar 1953 : Meilleur film étranger
Mostra de Venise 1952 : Lion d'or
Évaluation IMDB : 8,0 sur 10 par 4078 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 2 juin 1985 à la télévision à Montréal.
Mon 206ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider