vendredi 24 juin 2011

Intégrale Kurosawa. 25ème film. Dersou Ouzala

Vingt-cinquième film de l'intégrale Kurosawa

Derusu Usara (Dersou Ousala). 141 min.  Sorti le 2 août 1975
Avec Yuri Salomin (le capitaine), Maxim Munzuk (Dersou)

L'année de tous les dangers pour Kurosawa qui attente à sa vie le 22 décembre 1971. Chercher les causes est une démarche futile que je ne tenterai pas. Mais la rupture déjà annoncée par Dodesukaden se poursuit. Kurosawa tourne le dos aux majors japonais et à sa quête, vaine, de reconnaissance populaire et s'associe à l'Union soviétique pour produire son film quinquennal - comme le plan du même nom. Kurosawa réalisera un film tous les 5 ans jusqu'en 1990.

Avec Dersou Ouzala, tourné  en russe avec des acteurs russes, Kurosawa nous présente encore une fois un personnage qui se démarque par sa bonté. Dersou, c'est la bonté faite homme - un être improbable - le "bon sauvage"  des tiersmondistes de la belle  époque, celui qui est en harmonie avec la Nature. Dersou est un être utopique, on voudrait tant qu'il  soit le prototype de l'être humain plutôt que cette bande de soldats russes qui se comportent comme des idiots. Mais Dersou à l'état naturel n'existe pas tant il est vrai que l'homme naît méchant (un paquet de pulsions; désolé, monsieur Rousseau) et peut, peut-être, se bonifier aux contacts de ses pairs. Je me rappelle souvent de l'expérience vécue par le grand alpiniste Reinhold Messner qui, lors d'un accident de montagne au Nanga Parbat dans l'Hymalaya en 1970, s'est retrouvé dans un petit village népalais complètement épuisé et à bout de ressources. Les gens du village l'ont dévalisé et l'ont abandonné le laissant pour mort.
Cette Nature, Kurosawa en fait son personnage principal, les humains n'étant que des faire-valoir de celle-ci; ce qui nous donne droit à de magnifiques tableaux de la nature sibérienne. Ce film marque la fin, dans sa production cinématographique, de ses grands thèmes sociologiques. Dorénavant, il ne s'intéressera plus aux problèmes de la société japonaise contemporaine.

vendredi 17 juin 2011

205. Curtiz : Casablanca

1001 films de Schneider : Casablanca

Fait partie de la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1942 par Michael Curtiz (1886-1962)
Avec Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Conrad Veidt, Peter Lorre, Marcel Dalio

Je trouve qu'on a tendance, surtout dans la communauté anglosaxonne, à surévaluer ce film. Quand un film devient un tel emblème, il vaut peut-être mieux ne pas le revoir et demeurer sur nos premières impressions qui, au cours des ans, ont été peaufinées cent fois par une logorrhée de stéréotypes liés à ce film.
Puis, on le revoit 25 ans plus tard et, surprise, on retombe sous le charme. Les célèbres répliques sont au rendez-vous et sont toujours aussi percutantes. Les personnages, surtout les rôles secondaires (merveilleux Peter Lorre et Marcel Dalio, 177 films  sur 50 ans de carrière), sont devenus quasiment des stéréotypes cinématographiques.
Mais si  Bogart prend l'avion avec Bergman, la ferveur populaire n'est plus aussi importante et ce film ne devient jamais une légende et sort probablement de la liste des 100 meilleurs films du 20ème siècle.

La petite histoire entourant le film dit que jusqu'à la fin Ingrid Bergman ne savait avec qui  elle allait prendre l'avion. Mais on connaît les désastres causés par le Code Hayes dans la production hollywoodienne; les producteurs, eux,  savaient avec qui elle allait monter dans l'avion et Curtiz n'avait d'autre choix que de se plier à cette décision. Selon le dit Code, l'adultère peut, peut-être, faire partie de la trame dramatique mais il ne peut pas, en aucun cas, être récompensé. Alors, cette fin qui a déchiré tant de coeurs ne serait, finalement, qu'une autre des manifestations du Code Hayes, responsables d'une multitude de dénouement de films? (Je viens de voir La femme au portrait de Fritz Lang, tout est extra jusqu'à l'entourloupette imposée par le Code dans le dénouement - c'est à hurler de bêtise).
Tout ça  étant dit, Casablanca est un sapré bon film  et chaque visionnement ne fait que le confirmer. Mais c'est le scénario  et les personnages plus que la réalisation (lflashback parisien, un vrai ovni) qui catapulte ce film aux premiers rangs de la majorité des listes de préférés.
Maintenant, les trois mots les plus populaires du cinéma américain : Play It, Sam. et non pas Play It Again, Sam qui vient du film des Marx Brothers, A Night in Casablanca tourné en 1946.


"As Time Goes By" chanson composée en 1933 par Herman Hupfeld pour la comédie musicale "Everybody's Welcome".
Frissons garanties : dans le café, le chant improvisé par les clients de La Marseillaise qui vient enterrer Wacht am Rhein (un chant ayant eu parmi le peuple allemand un statut non-officiel d'hymne national) entonné par les nazis.
Oscar 1944 :Trois statuettes pour le film, la réalisation et le scénario
Évaluation IMDB : 8,8 sur 10 par 185,545 votants
Au 17ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 17 mars 1985 à la télévision à Montréal
Mon 205ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider