mardi 29 mars 2011

Intégrale Kurosawa. 17ème film : Les bas-fonds

Dix-septième film de l'intégrale Kurosawa
Donzoko (Les bas-fonds), (The Lower Depths). Sorti le 17 septembre 1957.
Avec Toshiro Mifune, Isuzu Yamada, Ganjiro Nakamura, Kyoko Kagawa

Les 30 films de Kurosawa que j'ai achetés en décembre d'un revendeur de Hong Kong et qui m' a coûté 80$ contiennent tous les films édités chez Criterion (15 à 40$ pièce). Un peu coupable, oui, mais un coupable heureux.

Inspiré de l'oeuvre de Maxime Gorki, Les bas-fonds. Cette oeuvre avait déjà été adaptée au cinéma par Jean Renoir en 1936 avec Jean Gabin et Louis Jouvet.
Disons, en partant, que je n'ai pas vraiment aimé ce  film. Après Le château de l'araignée, toute une chute. C'est peut-être une merveille  au niveau de la réalisation et de la direction d'acteurs mais le propos, le sujet du film m'a peu intéressé. Comme les acteurs disent toujours lorsqu'ils présentent un film à un festival, au point qu'on en a marre de l'entendre : "On espère que vous aurez autant de plaisir à  voir  ce film qu'on en a eu à le faire". Et bien non. Ils ont dû bien s'amuser à tourner cette histoire. Mais mezigue, non.
Sortons le chat du sac : je n'aime pas le théâtre, je m'y ennuie profondément la plupart du temps, voilà peut-être pourquoi je suis demeuré de bois face à cette représentation théâtrale filmée.
O.k. c'est bon, je vais revoir ce film  afin  de dépasser ma première impression  trop accrochée à la facture théâtrale.

mardi 22 mars 2011

201. Herzog : Nosferatu : Phantom der Nacht

1001 films de Schneider : Nosferatu : Phantom der Nacht
Titre français : Nosferatu, fantôme de la nuit

Film allemand réalisé en 1979 par Werner Herzog (1942)
Avec Klaus Kinski, Isabelle Adjani, Bruno Ganz, Roland Topor

Première impression  : en regardant ce Nosferatu, grosse nostalgie de celui de Murnau, produit 60 ans plus tôt, surtout lorsque Herzog reproduit certains plans de l'original.
J'ai  tellement vu souvent cette histoire que je ne sais plus quoi en dire surtout que Herzog en donne une version  ennuyeusement académique quoique esthétiquement réussie. Rien de neuf au pays de Dracula. Une belle occasion ratée pour Herzog de dépoussiérer ce classique. Avec Kinski, Ganz et Adjani, il avait une équipe de rêve pour jeter les meubles par la fenêtre et tout refaire. Bon, d'accord, acceptons-le comme un hommage au cinéma muet expressionniste allemand.
Je retiens une grande performance - encore - de Klaus Kinski qui ne donne sa pleine mesure que dans des personnages totalement déjantés, aidé en cela par sa personnalité dopée à l'hystérie. J'adore Kinski; oui je l'ai déjà dit plusieurs fois dans ce blog.
Adjani, une autre fêlée du chaudron (ai beaucoup de tendresse pour ces ovnis du cinéma), donne sa pleine mesure.
Aussi Jacques Dufilho, une de ces têtes de théâtre qui a traversé le siècle.

Berlin 1979 : Un prix pour le décor
Évaluation IMDB : 7,5 sur 10 par 9644 votants
Toutes les informations sur IMDB et toujours un excellent texte sur dvdclassik
Visionné, la première fois, le 8 décembre 1984 à la télévision à Montréal
Mon 201ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 21 mars 2011

Intégrale Kurosawa. 16ème film : Le château de l'araignée

Seizième film de l'intégrale Kurosawa
Kumonosu-jô (Le châtau de l'araignée) (The Throne of Blood)
Avec Toshiro Mifune, Isuzu Yamada, Takashi Shimura. Sorti le 15 janvier 1957

Le château de l'araignée est la transposition du Macbeth de Shakespeare à l'époque féodale japonaise. Kurosawa s'écarte peu de la trame théâtrale. Tout y est : de l'oracle des sorcières du début sous la forme d'un fantôme évanescent jusqu'à l'assassinat du Macbeth japonais en passant par les interventions machiavéliques de lady Macbeth.
En noir et blanc, pas de soleil dans ce film de nuages, de pluie et de brouillard - éléments qui participent au crescendo dramatique.

Une prestation extraordinaire de Isuzu Yamada (lady Macbeth) qui introduit le théâtre Noh dans le monde de Shakespeare. Une des rares vilaines chez Kurosawa chez qui  les femmes ont l'habitude d'être meilleures que les hommes.

Isuzu Yamada est apparue dans 257 films depuis 1930. La seule actrice à  avoir jamais remporté l'Ordre de la Culture de l'Empereur du Japon, en 2000.

Vous n'oublierez jamais les premières séquences dans la forêt en forme de labyrinthe. La course effrénée des deux cavaliers qui cherchent à sortir de cette forêt - à douze reprises ils arrivent à toute allure face à la caméra comme si celle-ci représentait un cul-de-sac. Suivra la séquence avec le fantôme blanc - mémorable.
Une des plus expressives performances de Mifune.

samedi 19 mars 2011

200. Leone : Once Upon a Time in America

1001 films de Schneider : Once Upon a Time in America
Titre français : Il était une fois en Amérique

Top 100

Film italo-américain réalisé en 1983 par Sergio Leone (1929-1989)
Avec Robert De Niro, James Woods, Elizabeth McGovern, Joe Pesci, Burt Young, Jennifer Connelly à 13 ans.

Trame sonore
Lors des crédits du début, God Bless America, l'un des plus beaux chants patriotiques avec l'Internationale et l'hymne nationale soviétique. Cette chanson encadre le film. Il n'y a pas plus Amérique que cette chanson.
Et quand Céline y met sa voix comme ici, au lendemain du 11 septembre, je chavire un peu.


M'a toujours tapé sur les nerfs, la flûte de Zamfir, probablement à cause des centaines de publicités vues à la télé dans les années 80.
Yesterday des Beatles. Avait-on vraiment besoin de cette chanson pour illustrer les années 1960?
Beaucoup de voix à la "morricone" style Once Upon a Time in the West - redondant.
Amapola, chanson-thème qui revient des millions de fois au cours du film, chanson, étant jeune, que je détestais, donc  - agaçant.
La plus merveilleuse pièce sonore de tout le film demeure ce téléphone qui ne cesse de sonner... dans le passé - trouvaille géniale.

Cette jeunesse juive délinquante nous ramène illico aux séquences du Parrain II où l'on voit la montée en délinquance de jeunes Italiens dans ce même New York du début du 20ème siècle dont la majorité des extérieurs ont été tournés dans le Vieux-Montréal - je me souviens être passé, par inadvertance, dans ces décors. Cette similitude entre les séquences de deux films m'a rendu un peu impatient face au déroulement lent de la partie qui précède l'emprisonnement de Noodle (Robert De Niro). La suite est une grande pièce de cinéma avec un dénouement dramatique intense - un bel adieu au cinéma de Sergio Leone

Évaluation IMDB : 8,4 sur 10 par 78 896 votants.
Au 83ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur Wikipédia
Visionné, la première fois, en septembre 1984 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 200ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

dimanche 6 mars 2011

Intégrale Kurosawa. 15ème film : Vivre dans la peur

Quinzième film de l'intégrale Kurosawa
Ikimono no Kiroku (Vivre dans la peur, Chronique d'un être vivant, Notes d'un être vivant, Si les oiseaux savaient) sorti le 22 novembre 1955
Avec Toshiro Mifune, Takashi Shimura, Eiko Miyoshi, Yutaka Sada, Minoru Chiaki, Haruko Togo, Kyoko Aoyama

Kurosawa est au milieu de sa production cinématographique.  En 12 ans, il a réalisé 15 films. Il mettra 38 ans pour faire les 15 derniers.
Après avoir vu successivement Rashomon et Sept Samouraïs, c'est un drôle de choc de tomber sur les premières images de Vivre dans la peur; un plan aérien d'un carrefour très animé de Tokyo en 1955 sur un air de jazz langoureux - un saut de 500 ans. Kurosawa tourne des actualités.
Sujet à replacer dans le contexte : 1954. Les USA font exploser une bombe H dans l'archipel de Bikini. Un bateau de pêche japonais est dans les parages et ses occupants sont contaminés par les retombées radioactives. Moins de 10 ans après Hiroshima et un an après la fin de la guerre de Corée, cet incident traumatise la population japonaise.
Castle Bravo est le nom de la plus puissante bombe H testée par les États-Unis. D'une puissance de 15 Mt, l'explosion eut lieu sur l'atoll de Bikini (dans les îles Marshall), le 1er mars 1954. (Wikipédia)
L'état d'angoisse aiguë dans lequel se retrouve le musicien des films de Kurosawa, Fumio Hayasaka qui, incidemment, décédera pendant le tournage du film, inspire à celui-là le thème principal de film : la peur pathologique de la bombe."
Toute la problématique du film réside dans la question : À quel  moment une peur raisonnable devient-elle une peur pathologique? C'est la question examinée par les juges d'un tribunal de famille qui doivent décider si un patriarche d'une famille (Toshiro Mifune) qui veut  déménager celle-ci au Brésil est sain d'esprit.
Vivement, le retour à la période féodale comme sujet filmique.
Erreur de casting : j'aurais préféré que Takashi Shimura, l'autre acteur fétiche de Kurosawa, interprète le rôle du grand-père.

mercredi 2 mars 2011

199. Brooks : Terms of Endearment

1001 films de Schneider : Terms of Endearment
Titre français : Tendres passions
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1983 par James L. Brooks (1940)
Avec Debra Winger, Shirley MacLaine, Jack Nicholson, Jeff Daniels, Danny DeVito

"a succesful mainstream American weepie" (tiré de Schneider)
C'est en effet un sacré weepie - préparez vos mouchoirs, ça va pleurer dans les chaumières.
D'entrée de jeu (expression de plus en plus éculée), disons que je n'aime pas beaucoup ces films qui font un tour de vie en 90 minutes top chrono : la naissance, le mariage, d'autres naissances, le désordre amoureux, la mort. Alors que l'on sait très bien que la vie c'est, plutôt, tout le temps qui sépare ces petits accidents de parcours ou comme dirait John Lennon, "Life is what happens to you while you're busy making other plans" L'autobiographie, je la préfère façon Les fraises sauvages de Bergman.

Un peu d'humilité quand même. J'avais été très ému lors du premier visionnement de ce film, il y a 27 ans. Le cancer, héros ultime de ce film,  est une terrible mine à faire exploser toutes les armures et je n'y avais pas échappé, moi, un tantinet hypochondriaque. Mais, ce dernier visionnement m'a laissé tout à fait froid, tant les ficelles pendouillent de partout ou bien tant mon armure émotionnelle est devenue pur béton ce qui irait contre toutes les théories psychologiques qui disent, au contraire, qu'on se "ramollit" en vieillissant - ces derniers mots, un vrai titre de roman de San Antonio, vous trouvez pas?
Un film où les femmes ont le haut du pavé - des personnes fortes et entières auprès desquelles les trois hommes (le mari, l'amant et le voisin) ont l'air soit de pauvres types ou bien l'air complètement disjoncté comme le personnage joué par Jack Nicholson, le seul de toute la distribution qui a encore de la gueule aujourd'hui.
Un bon petit film réaliste style soap de  l'époque où on n'en avait que pour les Star Wars et autres E.T.

Complètement surpris d'apprendre en lisant The New Biographical Dictionary of Film de David Thomson  (oeuvre incontournable pour les cinéphages comme moi,  les cinéphiles (un peu moins atteint)  peuvent passer outre) que Warren Beatty est le petit frère de Shirley MacLaine; c'est comme si vous appreniez que Sarkozy est le petit frère de Jeanne Moreau.
Oscars 1984. L'hystérie frappe encore les membres de l'Académie : 11 nominations dont 5 statuettes pour le film, pour le réalisateur (au détriment de Bergman pour Fanny et Alexandre, les c...!),  pour le scénario, pour les joyeux tourtereaux MacLaine et Nicholson.
Évaluation IMDB : 7,4 sur 10 par 17 517 votants
Toutes les informations sur IMDB
Visionné, la première fois, le 22 septembre 1984 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 199ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider