mercredi 23 février 2011

Intégrale Kurosawa. 14ème film : Les sept samouraïs

Quatorzième film de l'intégrale Kurosawa

Shichinin no samurai (Les sept samouraïs), sorti le 26 avril 1954
Avec Takashi Shimura, Toshiro Mifune, Yoshio Inaba, Seiji Miyaguchi, Minoru Chiaki, Daisuke Kato, Ko Kimura

À partir de maintenant, j'accélère le visionnement des films de Kurosawa quitte à rogner sur le commentaire, sinon je n'en aurai pas fini cette année.
C'est le premier film japonais que j'ai vu; il y a longtemps, dans les années 60. J'avais probablement vu la version courte puisque la version longue (200 minutes) n'est disponible que depuis les années 1980.
Le titre revisité
Il serait plus juste de parler de ronins que de samouraïs. En effet, cette bande d'individus n'ont plus de maître à servir, ils sont libérés de toutes attaches ainsi ils passent du statut de samouraïs à celui de ronins qui serait le pendant japonais des "lonesome cowboys" des westerns américains, redresseurs de tort et défenseurs de la veuve et de l'orphelin.
Chef d'oeuvre
On est tous d'accord - chef d'oeuvre incontournable dont l'ampleur s'accroît avec chaque visionnement.
Inutile d'énumérer la longue liste des éléments qui contribuent  à en faire un chef d'oeuvre. Plongez plutôt dans le Lourcelles pour résumé et commentaire lumineux.
Mais...
J'aurais aimé un peu plus du personnage de Shimura et un peu moins de celui de Mifune.
J'aurais aimé un peu plus de Rashomon (réflexion) et un peu moins de Sanshiro (action)
J'aurais aimé 300 minutes plutôt que 200 minutes...parce que l'on ne veut pas sortir de ce film.

mardi 15 février 2011

198. Bergman : Fanny et Alexandre

1001 films de Schneider : Fanny och Alexander
Top 100

Film suédois réalisé en 1982 par Ingmar Bergman (1918-2007)
Avec Bertil Guve, Pernilla Allwin, Börje Ahlstedt, Allan Edwall, Ewa Fröling, Gunn Wallgren, Jarl Kulle, Jan Malmsjö
Pour le fillm, consultez les  deux messages suivants déjà publiés sur ce blog : un sur le film  ici  et un autre sur le Making of  
Fanny et Alexandre, pour moi, c'est un peu ma "madeleine-de-Proust" des Noëls d'antan.
Comme dans le film de Bergman,  les Noëls de mon enfance se passaient dans la maison de mes grands-parents. C'était des Italiens, assez nantis, qui habitaient sur le boulevard Laurier à Sillery, en banlieue de Québec (la porte d'entrée de Québec). Pour les enfants que nous étions, provenant de Saint-Roch, quartier ouvrier de la basse-ville de Québec, cette maison était l'équivalent d'un manoir, pas tellement par sa dimension que par sa localisation, là tout au bout d'un long chemin de terre qui, au-delà de la maison, plongeait dans la forêt (ancien boisé Gomin).
Ce qui suit intéresserait plutôt les gens qui connaissent bien Québec. Il est difficile d'imaginer le boulevard Laurier débouchant sur la forêt. La photo, ci-après, nous donne une idée à quoi ressemblait l'artère la plus célèbre de Québec dans les années quarante au moment où on décide de prolonger cette artère jusqu'au pont de Québec.

À l'orée de la forêt, la maison de mes grands-parents, en construction, boulevard Laurier, Sillery (actuelle entrée majestueuse de Québec). 1er avril 1945. 
 J'ai déjà conduit ce camion sur les genoux d'un de mes oncles.
C'était ma minute du patrimoine familial. Il y en aura d'autres.
Oscars 1984 : Quatre statuettes dont celui de meilleur film étranger
Césars 1984 : Meilleur film étranger
Venise 1983 : Prix FIPRESCI pour Ingmar Bergman
Évaluation IMDB : 8,2 sur 10 par 15 482 votants
Au 218ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur dvdclassik
Visionné, la première fois, le 16 septembre 1984, au cinéma Outremont à Montréal
Mon 198ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

dimanche 6 février 2011

Intégrale Kurosawa. 13ème film : Vivre

Treizième film de l'intégrale  Kurosawa

Ikiru
 (Vivre) sorti le 9 octobre 1952
Avec Takashi Shimura, Nobuo Kaneko, Kyoko Seki, Miki Odagiri

Un film qui peut changer votre vie.
Un hommage fulgurant à la philosophie du "carpe diem"- profitons de l'instant. Soyons épicuriens, le stoïcisme ne peut que nous transformer en momie, surnom de notre héros.
La première partie du film, jusqu'au décès du héros, est présentée comme une résurrection. Celui qui va mourir, paradoxalement, naît à la vie.
Puis, abruptement - au point où je me demandais si ma copie infecte provenant d'un revendeur de Hong Kong n'avait pas été mutilée - on annonce la mort du héros. Lors de la veillée funéraire qui occupe la deuxième partie du film, on en apprend plus sur sa renaissance.
Un film qui me va droit au coeur à chaque fois. La grande oeuvre de Kurosawa est en marche.

Cette chanson, Life Is Brief, (il faut avoir vu le film sinon vous allez la trouver d'un mortel ennui), chaque fois plus émouvante, est un monument de ce film : le héros vient d'apprendre qu'il va mourir d'un cancer d'ici quelques mois. Cette chanson est une sorte de carpe diem adressée aux jeunes en même temps que le constat de l'échec de sa vie. Cette musique nous tombe dessus comme une chape de plomb. Y a plus qu'à se couper les veines.

"Life is brief, fall in love, maidens...Before the crimson bloom fades from your lips...Before the tides of passion cools within you...For those of you who know no tomorrow...Life is brief, fall in love, maidens...Before our raven tresses begin to fade...Before the flames in your hearts flicker and die...For those to whom today will never return..."

Un petit bémol : Takashi Shimura qui incarne le héros en met un peu trop dans son expression faciale; une vraie performance d'un acteur du muet - plus agaçant lors d'un 2ème visionnement
.

mercredi 2 février 2011

197. Reggio : Koyaanisqatsi

1001 films de Schneider : Koyaanisqatsi

Film américain réalisé en 1983 par Godfrey Reggio (1940)
Musique de Philip Glass et Michael Hoenig

Le début : de beaux paysages racoleurs aux limites du supportable avec en  arrière-fond, le titre du film  répété comme un mantra. Ça me tombe dessus comme un gros baril de mélasse.
Une expérience esthétique? Si on  veux, mais pour moi, c'est du tape-à-l'oeil, style National Geographic pour hippie sur le tard. Comme ça s'adresse aux enfants du New Age, vous n'échapperez pas au champignon atomique  sur fond de cactus.
Et puis, après la beauté de la nature saine, non corrompue, le monde des humains, que dis-je de pauvres bêtes menées par la machine. Bon, on voit le topo, pas besoin d'en rajouter.
Ce que j'aime : de dramatiques images de centaines d'immeubles abandonnés du Bronx, ça nous parle des problèmes urbains de la ville postindustrielle des années 60 et 70 et ça, j'aime.
La musique? Bien,  si vous l'aimez lancinante et répétitive.
Un bel inventaire de la technologie que le cinéma utilise pour travestir la réalité et manipuler le spectateur : longue focale, filtres, longue exposition, prise en accéléré, etc.
Pourquoi ce film? La réponse est dans le titre.
Koyaanisqatsi, en hopi, ça signifie :
1. Crazy Life, 2. Life in turmoil. 3. Life out of balance. 4. Life disintegrating. 5. A sate of life that calls for another way of living (tiré du générique de fin).
Roger Ebert : "And the message, I think, is that nature is wonderful, but that American civilization is a rotten despoiler that is creating a crazy life".
On n'avait pas besoin de toute cette quincaillerie technologique et l'explosion d'une fusée en gros plan (un comble de manipulation) pour nous dire que le monde  va à sa perte. On le sait qu'on va à notre perte, ça fait des siècles que les Cassandre de ce monde nous le répète; l'idée, c'est d'y aller lentement...
Un film des années 60 tourné dans les années 80. À voir et à écouter baigné dans un nuage de marijuana.

Évaluation IMDB : 8,1 sur 10 par 12 835 votants
Toutes les informations sur IMDB et sur Wikipédia
Visionné, la première fois, le 19 août 1984 à L'Autre cinéma à Montréal
Mon  197ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider