jeudi 20 janvier 2011

Intégrale Kurosawa. 12ème film : L'Idiot

Douzième film de l'intégrale Kurosawa

Hakuchi (L'idiot) sorti le 23 mai 1951
Masayuki Mori (L'idiot), Toshiro Mifune, Setsuko Hara, Takashi Shimura, Yoshiko Kuga

Il y a une dizaine d'années, j'avais commencé la lecture de L'idiot de Dostoievski; lecture passionnante qui s'enlisa rapidement dans la difficulté de me retrouver dans l'imbroglio des noms des personnages, tant et si  bien que je renonçai à poursuivre après une centaine de pages. La prochaine fois, rédaction d'un index des noms.
Kurosawa a transporté l'action de L'idiot dans l'immédiat après-guerre. Le héros, Kameda l'équivalent du prince Mychkine dans le roman de Dostoievski, revient d'un camp de prisonnier dans sa ville, Sapporo, située sur l'île d'Hokkaïdo. Film de la production de Kurosawa qu'on l'on traite négligemment, à tort.
À la décharge du réalisateur, il faut savoir que la maison de production a charcuté cette oeuvre, la faisant passé de 4h.30 à 2h.40 - ce qui fait comprendre les lacunes au niveau de la construction de l'histoire.

C'est le prêtre de Rashômon qui serait heureux de rencontrer ce Kameda - l'idiot - figure christique  :  le monde peut encore produire de la bonté.
J'aime beaucoup ce film, injustement sous-estimé. Il faut dire qu'il se trouve entouré de Rashomon, Ikiru et Les sept Samouraïs (excusez du peu).
Un chef d'oeuvre de réalisation et de caméra - la très longue séquence du party d'anniversaire de Taeko Nasu, interprétée par la muse de Ozu, la grande Setsuko Hara (dans Je ne regrette pas ma jeunesse de Kurosawa), qui mit un terme à sa carrière à 43 ans après la mort de Ozu.
À la sortie, ce film rencontra un échec tant au niveau populaire qu'au niveau de la  critique. Donald Richie, le célèbre exégète de Kurosawa, en sans pitié pour ce film. Il lui reproche, entre un million d'autres choses, de faire une transcription  servile de l'oeuvre de Dostoievski.  Il en serait ainsi, il  n'y aurait pas de quoi monter aux barricades comme il  le fait.
J'aime ce film et son 2ème  visionnement n'a fait qu'accroître mon plaisir.
Jamais vu autant de neige au cinéma sauf peut-être dans le film québécois La vie heureuse de Léopold Z de Gilles Carle - un grand classique du cinéma québécois, que vous pouvez visionner sur dailymotion - amis Français, attention, accent québécois à casser des briques.

3 commentaires:

  1. J'ai beaucoup d'affection pour ce film qui est, une fois de plus, d'un humanisme sans borne.

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  2. Pour la neige, voir "L'ascension" de Shepitko. Pour être durablement bouleversé aussi.
    Disponible chez Criterion.

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  3. Oui, en effet, j'avais oublié cet excellent film que j'ai vu il y a un an. Dans la collection Eclipse de Criterion dont je suis un fervent collectionneur.

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