dimanche 9 janvier 2011

Intégrale Kurosawa. 10ème film : Scandale

Dixième film de l'intégrale de Kurosawa

Shûbun (Scandale) sorti le 30 avril 1950
Avec Toshiro Mifune, Takashi Shimura, Yoskiko Yamaguchi, Yôko Katsuragi

Drôle de film.
On a l'impression que Kurosawa a modifié son scénario en cours de route. Pour comprendre cette attitude il faut savoir que Kurosawa a eu maille à partir avec la presse à plusieurs occasions au cours de sa jeune carrière, tant et si bien qu'il bannira tout contact avec les média pour le reste de sa carrière.
On comprend vite que le film veut dénoncer la presse à sensation qui a envahi la société japonaise lors du relâchement de la censure qui a suivi la fin de la guerre. Mais le problème avec son scénario c'est que Kurosawa risque de devenir l'arroseur arrosé.
Scénario :  La rencontre fortuite d'un peintre et d'une chanteuse célèbre excite quelques paparazzi qui croient y voir une idylle cachée de la chanteuse. Quelques temps après, la photo du supposé couple se retrouve en première page du journal Amour, déclenchant la colère du peintre (Mifune) qui intente, avec l'appui de la chanteuse (Yamaguchi) une poursuite contre le journal. Mais là où ça commence à cafouiller, c'est lorsqu'on devine que le couple est en train de tomber amoureux. On peut imaginer la suite du scénario, le journal Amour est condamné pour atteinte à la vie privée mais, à la sortie du tribunal, les paparazzi du journal, attendent le couple victorieux pour les photographier. Le jour suivant, en première page, à la une "Grâce à Amour, une grande histoire d'amour est née." On comprend pourquoi, au milieu du film, Kurosawa applique les freins et prend un chemin de traverse et oriente ses projecteurs vers l'avocat (Shimura) engagé par le peintre. délaissant ainsi complètement la  naissance de la relation amoureuse entre le peintre et la chanteuse.
Donc, une autre histoire se met en place;  l'histoire touchante de l'avocat corrompu afin de prendre soins de sa fille mourant de tuberculose. Cette histoire, finalement, sauve le film.
Deux moments qui valent le déplacement : le sapin sur la moto et l'ensemble des scènes du procès.
Surprenant pour moi : des courses de vélo sur lesquelles l'on parie - à Tokyo en 1950?

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