lundi 26 décembre 2011

216. Babenco : Kiss of the Spider Woman

1001 films : Kiss of the Spider Woman
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film brésilien réalisé en 1985 par Hector Babenco (1946)
Avec William Hurt et Raul Julia

À voir pour l'incroyable travail de composition de William Hurt en homosexuel efféminé (en fait, comme préférait l'imaginer Hurt, une femme emprisonnée dans un corps d'homme) dans la transposition à l'écran du roman de l'écrivain argentin Manuel Puig (1932-1990). Le contenu un peu plus explicite que de coutume des comportements homosexuels, et ce, en pleine période d'explosion du sida, a dû faire frissonner bien des spectateurs.
Ce film m'avait agacé lors d'un premier  visionnement. J'y cherchais constamment les éléments de la  lutte politique en Amérique latine, si omniprésente à l'époque de la sortie  du film, alors que le contenu du film me renvoyait  sans cesse à une histoire relationnelle boiteuse à laquelle je refusais de m'intéresser et qui était pourtant l'objet du film. L'introduction d'un faux film pro-nazi n'arrangeait sûrement pas l'affaire.
Mais bon, on ne se refait pas; je trouve toujours ce film un peu de guingois et naïvement didactique en nous montrant nos préjugés homophobes.

Cannes 1985. William Hurt, meilleur acteur
Oscars 1986. William Hurt, meilleur acteur
Évaluation IMDB : 7,4 sur 10 par 6 250 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Dans trois listes sur icheckmovies.com
Visionné, la première fois, le 27 septembre 1986 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 216ème visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

mercredi 14 décembre 2011

215. Zemeckis : Back to the Future

1001 films : Back to the Future
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film  américain réalisé en 1985 par Robert Zemeckis (1951)
Avec Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson, Claudia Wells
Le jour anniversaire de mes 40 ans, au cinéma pour  voir Back to the Future, ça ne s'invente pas. Y avait pas meilleur timing pour voir ce film qui parle justement des années 50 - on était jeune, on était fou...blablabla. Je vous dis pas le plaisir que j'ai eu à voir ce film, un des premiers à si bien recomposer le monde de mon enfance.
Film amusant que je me suis plu à revoir régulièrement avec ma fille, au cours de son enfance, lui bassinant, à chaque occasion,  les mêmes souvenirs de plus en plus embellis comme il sied aux gens devenus vieux qui trouvent toujours que le passé, leur passé, était l'âge d'or.
Ex. Dans le film, les 4 pompistes qui accueillent les clients à la station-service; en vérité, il n'y en avait qu'un, bougonneux qui, systématiquement, dégobillait une partie de l'essence à côté du réservoir.
Sympathique ce film. Touchant, cette illustration embellie du paysage américain des petites villes des années 50 : le début des banlieues avec leur maison individuelle, le "diner" du centre-ville, le "college" et sa salle de bal, l'hôtel de ville et son horloge qui borde une petite place arborée.
Politique : On est en plein mandat Reagan (deux rappels dans le film) qui, par ses politiques militaires, nous ramènent en pleine guerre froide des années 50  avec le projet de la Guerre des étoiles et une accélération de l'armement nucléaire : deux actions qui mettront littéralement les Soviétiques à genoux, incapables économiquement de tenir le rythme. Exit le communisme soviétique; même dans ses plus beaux rêves, Reagan n'aurait jamais cru à un aussi rapide dénouement.
Couverture du Time Magazine du 19 mai 1986
Donc, cette année (2011) les baby boomers turn 65, d'où l'appellation papy boomers; dans quelques années ce sera, "au tapis" boomers.
Festival de Venise 1985 : mention spéciale pour Zemeckis
Oscars 1986 : une statuette pour les effets sonores
Évaluation IMDB : 8,4 sur 10 par 268 902 votants
Au 66ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur IMDB
Présents dans 18 listes sur icheckmovies
Visionné, la première fois, le 25 juillet 1986 au cinéma Desjardins à Montréal
Mon 215ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

jeudi 8 décembre 2011

214. Huston : Prizzi's Honor

1001 films : Prizzi's Honor
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1985 par John Huston (1906-1987)
Jack Nicholson, Kathleen Turner, Anjelica  Huston (la fille de John), William Hickey

Mon problème avec ce film c'est que je l'ai vu dans un des ces grands hôtels de Puerto Plata en République Dominicaine en juillet 1986. Un hôtel qui faisait partie d'un regroupement d'hôtels de luxe entouré de clôtures pour empêcher les autochtones de venir y fureter. Les clôtures qui s'ouvrent le matin et le soir pour laisser entrer et sortir, par camion, les travailleurs et les travailleuses qui vaquent à tous les travaux de bas de gamme afin de nous permettre, nous les gringos du Nord,  d'avoir un séjour agréable. Sans parler de ces grappes d'enfants qui nous assaillent dès que nous  sortons de notre ghetto afin de soutirer quelques pesos et y parvenant grâce à notre mauvaise conscience, gagnant souvent, ainsi, en une journée plus que leur père pêcheur en une semaine. Des revenus faciles et rapides pour une société mais qui  entraîne souvent des dommages collatéraux irréparables. Amen
J'ai  décidé à ce moment-là que les destinations Soleil, ce n'était pas  pour moi; ça tombait bien parce que le Soleil ou plutôt la chaleur, j'aime pas trop.
Et si on revenait à l'honneur des Prizzi quoique les crimes d'honneur j'ai en carrément ma claque because, en ce moment, au Canada on est en plein dedans avec le procès de la famille Shafia - 4 femmes tuées pour sauver l'honneur de la famille...si, si, en 2011. Curieusement ces prétendants à l'honneur ne l'ont pas suffisamment pour assumer dignement leurs actes.
Trêve de prêchi-prêcha!
L'honneur des Prizzi.
Un bon film sur la mafia, peut-être mon préféré, oui, oui, plus que le tonitruant Godfather. William Hickey, dans le rôle du parrain, fait au moins 75 kilos de moins que Marlon Brando et n'en est pas moins aussi crédible. Personnage moins caricatural que Brando. J'adore l'impression qu'il nous donne d'avoir un pied dans la tombe (cet acteur n'a que 58 ans!!!) alors qu'il dirige tout son monde avec une poigne de fer.
William Hickey. Pas tout à fait l'image attendu d'un godfather de la mafia

Jamais vu Nicholson avoir une telle gueule de taré sauf dans quelques plans de One Flew Over the Cuckoo's Nest. On dit que Huston lui répétait avant le début de chaque scène : "Remember, he's stupid"
Un beau moment : déclaration d'amour entre deux tueurs à gage, Nicholson et Turner, filmé avec un  zoom-in au ralenti.

Venise 1985 : Meilleur film
Oscars 1986 : Meilleure actrice de soutien à Anjelica Huston
Évaluation IMDB : 6,8 sur 10 par 11 790 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Apparaît dans 3 listes sur icheckmovies.com
Visionné, la première fois, en juillet 1986 à la télé à Puerto Plata, République Dominicaine
Mon 214ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

dimanche 27 novembre 2011

Intégrale Kazan : préparation


Ma troisième intégrale : Elia Kazan


Liste des 20 films réalisés par Elia Kazan (1909-2003)
 1945    A tree grows in Brooklyn
 1946    The Sea of grass
 1947    Boomerang !
 1947    Gentleman's agreement
 1949    Pinky
 1950    Panic in the streets
 1951    A streetcar named Desire
 1952    Man on a tightrope
 1952    Viva Zapata !
 1954    East of Eden
 1954    On the waterfront
 1956    Baby Doll
 1957    A face in the crowd
 1959    Wild river
 1960    Splendor in the grass
 1962    America, America
 1969    The Arrangement
 1971    The Visitors
 1976    The Last Tycoon
 1989    Beyond the Aegean

Lectures accompagnatrices
Elia Kazan,  Une vie
Elia Kazan, Kazan on Directing
Richard Schickel,  Elia Kazan. A Biography

mercredi 23 novembre 2011

Intégrale Kurosawa. 30ème film : Madadayo

Trentième et dernier  film de l'intégrale Kurosawa

Madadayo   (Pas encore) (Not Yet).
Sorti le 17 avril 1993
Kurosawa nous fait ses adieux en nous livrant un dernier message, toujours le même :
 malgré les horreurs de la vie quotidienne, la bonté humaine existe.

Madâ dâ yo : Un terme utilisé par les enfants quand ils jouent à cache-cache. Ça signifie : je ne suis pas prêt.
Dans le film, le professeur à la retraite nous sort, à plusieurs occasions, cette expression pour bien nous rentrer dans la tête qu'il n'en a pas encore fini de cette vie. C'est le leitmotiv du film : la vie est encore devant soi.
À voir l'adoration dont le professeur est l'objet de la part de ses étudiants, adoration qui perdure pendant des années, on reste un peu abasourdi et envieux. On est à des années-lumière du type de reconnaissance qu'on reçoit après une vie passée dans le système scolaire québécois, en fait, zéro reconnaissance.
À 83 ans, Kurosawa voudrait bien nous dire Madâ dâ yo mais il est rendu au terminus. Il décédera 5 ans plus tard (le 6 septembre 1998)  sans avoir eu l'occasion, à cause de problèmes de santé, de retourner sur un plateau de cinéma.
Voici mon palmarès Kurosawa
Ikiru (Vivre)  
Les sept samouraï 10
Rashomon 9,5
L'ombre d'un guerrier 9
Ran 9
Barbe rouge 8,5
Dodeskaden 8,5
Le Château de l'araignée 8,5
La forteresse cachée 8,5
Je ne regrette rien de ma  jeunesse 8
Entre le ciel et la terre 8
Rêves 7,5
Sur la queue du tigre 7,5
Un merveilleux dimanche 7,5
L'ange ivre 7,5
Le duel silencieux 7,5
Le chien enragé 7,5
Scandale 7,5
Les salauds dorment en paix 7,5
Le garde du corps 7,5
Sanjuro 7,5
Derzu Uzala 7,5
Madadayo   7,5
La légende de judo. 1 7
La légende de judo. 2 7
Le plus beau 7
L'idiot 7
Vivre dans la peur 7
Les bas-fonds 7
Rhapsodie en août 6,5
Ceux qui font l'avenir  : pas été capable de le visionner.  

Prochaine intégrale?   Elia Kazan 

vendredi 18 novembre 2011

Intégrale Kurosawa. 29ème film. Rhapsodie en août

Vingt-neuvième  film de l'intégrale Kurosawa

Hachigatsu no Kyoshikoku (Rhapsodie en août) (Rhapsody in August). Sorti le 6 mai 1991


Un choc nous attend en entrant dans ce film : on n'est plus au pays de Kurosawa. Sur le plan stylistique, on se retrouve dans l'univers de Yasujiro Ozu. À prime abord, on a le droit d'être déçu.
Kurosawa se pose en pédagogue de l'holocauste nucléaire qui eut lieu à Nagasaki. À part quelques moments émouvants, on est peu sollicité par cette pédagogie, finalement assez superficielle.
La présence de Richard Gere, en Américain qui vient s'excuser de l'horreur commise par son peuple, est assez peu convaincante ainsi que cette opposition entre le Japon qui disparaît (la grand-mère) et le nouveau Japon occidentalisée (souligné en grand coup de t-shirts aux logos américains portés par les quatre petits-enfants).Un film assez banal, si on excepte la merveilleuse dernière séquence dont voici la dernière image




vendredi 4 novembre 2011

213. Varda : Sans toit ni loi

1001 films : Sans toit ni loi
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle


Film français réalisé en 1985 par Agnès Varda (1928)
Avec Sandrine Bonnaire et plusieurs acteurs non-professionnels mis à part Yolande Moreau, toujours aussi lunaire et Macha Méril.


Titre qui pourrait être traduit en anglais par The Road. En effet, au pense au roman de Cormac McCarthy publié en 2006 dont on a tiré un film réalisé en 2009 par John Hillcoat avec Viggo Mortensen, ci-devant grand partisan des Canadiens de Montréal. Cette Simone Bergeron (nom très québécois, rare dans un film français) nous apparaît comme une survivante d'un monde post-apocalyptique parcourant un monde factice dont les individus, ignorant cette fin du monde, continueraient, par habitude, à  mener leur routine quotidienne.
On est assis là, tranquille, devant une toile, entouré de gens qui bouffe du pop corn, puis, tout à coup, un premier choc, cette fille, ce cadavre gelé comme une statue tombée dans le caniveau.
Puis ça repart, sous la forme documentaire, petite enquête chez les bonnes gens - des on-dit, des quant-a-moi, des vous-savez. Et discrètement, Sandrine Bonnaire commence une prestation qui vous atteint au coeur. À 17 ans, dans ce film, Sandrine Bonnaire, c'est comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu d'été.
Une belle relation d'amour  entre cette actrice et moi qui dure depuis ce temps. Ma fille unique, née en 1991, ne s'appelle-t-elle pas Sandrine? ...prénom peu usuel au Québec à cette époque.




Direction d'acteurs inspiré de Robert Bresson : acteurs non-professionnels qui récitent des textes sans aucune émotion.
Venise 1985 : Trois prix dont le Lion d'or à Agnès Varda
César 1986 : Meilleure actrice à Sandrine Bonnaire
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Évaluation IMDB :  7,7 sur 10 par 2183 votants
Apparaît sur 6 listes sur icheckmovies.com
Visionné, la première fois, le 19 mai 1986 à L'Autre cinéma à Montréal
Mon 213ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

mercredi 26 octobre 2011

212. Reitman : Ghostbusters

1001 films : Ghostbusters

Film américain réalisé en 1984 par Ivan Reitman (1946)
Avec Bill Murray, Dan Aykroyd, Sigourney Weaver, Harold Ramis

Faut-il vraiment que je fasse un commentaire sur cette comédie (j'avais écrit nullité avant de l'effacer pour ménager la susceptibilité de certains lecteurs plus jeunes, en fait, ils sont tous plus jeunes...) qui a terriblement mal vieilli? On dit parfois de certains films qu'ils sont franco-français;   alors celui-là il est américano-américain; du cinéma directement sorti de la manufacture de conserve aussi connu sous le nom d'Hollywood.
Je me souviens qu'à l'époque il faisait partie de cette nouvelle approche du cinéma estival - le blockbuster : un gros (dans le sens budgétaire)  film insignifiant avec des gros pétards techno mené à un rythme d'enfer (aujourd'hui, ça se traîne comme la pavane une infante défunte - salut Philippe Clay) parsemé de blagues plus ou moins drôles.
Pourquoi Schneider a-t-il foutu ce film dans son bouquin? Je sais, le livre de Schneider n'a pas pas pour objet (contrairement à ma liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle) de nous présenter les meilleurs films de tous les temps mais, plutôt, les films qui ont marqué différentes époques et pas nécessairement par leur qualité artistique (je pense, par exemple, à Rocky ou à Saturday Night Fever).

Depuis 2001, à chaque fois que je visionne un film tourné à New York, j'essaie d'y voir les tours du World Trade Center. Présentes dans ce film.
Évaluation IMDB : 7,8 sur 10 par 103 288 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Est présent sur 9 listes sur ichekmovies.com
Visionné, la première fois, en 1985 au cinéma à Montréal
Mon 212ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 17 octobre 2011

Intégrale Kurosawa. 28ème film : Rêves

Vingt-huitième  film de l'intégrale Kurosawa

Yume (Rêves) (Kurosawa's Dreams)
Sorti le 15 mai 1990

Plus que 3 films dans cette intégrale.
Rêves est la mise en scène de rêves que Kurosawa fit durant sa vie. 
Attendez-vous à une explosion de couleurs qui relèvent de l'onirisme parce que Kurosawa rêve en couleurs.
Pour accomplir ses prouesses au niveau de la direction artistique Kurosawa s'est fait aidé par l'entreprise de son ami américain George Lucas, Industrial Light and Magic.
Ont également appuyé ce projet, Francis Ford Coppola et Steven Spielberg.
Huit rêves, huit épisodes, huit tableaux parce que chacun de ces épisodes est, en premier lieu, une oeuvre picturale.
1. Le soleil sous la pluie
Le superbe arc-en-ciel de monsieur Lucas
2. Le verger aux pêchers
Les plus beaux costumes de l'oeuvre de Kurosawa
3. La tempête de neige
Souffrante lenteur. Le bonheur de mourir endormi dans la neige.
4. Le tunnel
Le plus touchant. Kurosawa apaise un peu sa conscience - qui a-t-il abandonné dans son itinéraire cinématographique? Toshiro Mifune?
5. Les corbeaux
Une des plus belles expériences esthétiques de l'oeuvre de Kurosawa
Scorsese en Van Gogh qui parle anglais? Dissonant
6. Le mont Fuji en rouge
Aurait pu être réalisé dans les semaines qui allaient suivre le séisme du 11 mars 2011. Un rappel de son film Vivre dans la peur
7. Les démons gémissants
Suite du précédent sur le même thème. Pas d'issue heureuse pour l'énergie nucléaire.
8. Le village des moulins à  eau
Un paradis perdu? Mais on oublie toujours les horreurs qui accompagnaient ce monde pré-technologique.


mercredi 12 octobre 2011

211. Cameron : The Terminator

1001 films de Schneider : The Terminator


Film américain réalisé en 1984 par James Cameron (1954)
Avec Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Michael Biehn, Lance Henriksen (le Frank Black de la série Millennium)

Essayons autre chose : commentaire rédigé pendant le visionnement du film que je n'ai pas revu depuis 1985.
On est à Los Angeles en 2029 mais le combat du futur n'aura pas lieu à cette époque mais dans le présent...ce soir... j'aime bien cette intro.
Encore une fois (on pourrait citer des dizaines de films, le plus près chronologiquement étant Blade Runner), le futur de la planète est  présenté sous un mode apocalyptique - mais le futur, on y est déjà, le monde tourne en boucle, le pire a déjà été joué à plusieurs reprises dans l'histoire de l'humanité alors pas de surprise à l'horizon.
Première séquence, Arnold  tout en muscles et tout nu, un sacré morceau monsieur le gouverneur à cette époque..
Linda Hamilton (bonjour la coiffure),  pas un canon de beauté mais un je ne sais quoi de sexy tomboy  que j'aime et qui me fait penser à Maria Schneider dans Le dernier tango à Paris aux prises avec Brando, un terminator en son genre.

Maria Schneider


Linda Hamilton












Disparu de nos écrans et de nos pratiques : entrer dans une cabine téléphonique pour y déchirer une page de l'annuaire.
Entre deux poursuites en automobile, son futur amant venu du futur explique à Sarah Connor (Hamilton) le  génocide des humains commis par des cyborgs dans un proche futur - on pense un peu à la Shoah.
Séquence délicieuse : l'ouverture de l'avant-bras ainsi que de l'oeil (clin d'oeil, si je puis dire, à Un chien andalou) du terminator à l'aide d'un exacto.
Une belle image : des enfants du futur qui regarde en direction d'un téléviseur qui, en fait, n'est qu'un brasero. Un téléviseur vide de contenu, un stéréotype qu'on traîne depuis la naissance de la télévision.
Des tonnes de poursuites - n'en jetez plus la cour est pleine mais pas assez, apparemment, puisqu'on va en remettre une sacrée couche lors de la suite, 7 ans plus tard.
Sarah Connor, la Vierge contemporaine, donnera naissance au Sauveur de l'humanité; enfant qu'elle doit cacher et protéger, fuyant au Mexique à défaut d'Égypte. 
En passant, que vaut la série Terminator : The Sarah Connor Chronicles, tournée en 2008-2009?
"I'll be back"


Évaluation IMDB : 8,1 sur 10 par 222 466 votants
Au 172ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Des informations sur le film sur IMDB
Se retrouve sur 18 listes dans ICheckMovies
Visionné, la première fois, le 15 septembre 1985 à la télévision à Outremont
Mon 211ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

dimanche 25 septembre 2011

Intégrale Kurosawa. 27ème film : Ran

Vingt-septième film de l'intégrale Kurosawa
Ran
Sorti le 21 septembre 1985

Encore une autre superproduction  (franco-japonaise, celle-ci) de Kurosawa. Milliers de chevaux et de figurants, des décors somptueux, des maquillages influencés par le théâtre Nô, les plus beaux châteaux du Japon, des paysages à couper le souffle tournés dans la région du volcan Aso sur l'île de Kyushu.
Très étroitement inspiré du drame shakespearien King Lear, une histoire de chaos (Ran, en japonais). Un chaos bien involontairement initié par la candeur et la bonhomie d'un père de famille qui décide de déléguer ses pouvoirs à ses trois fils. Semer la générosité et récolter le chaos.
Quand on demandait à Kurosawa quel était son film préféré parmi ses oeuvres, il répondait habituellement  le prochain sauf après avoir réalisé Ran qu'il s'est mis à reconnaître comme sa meilleure oeuvre.
Sa plus grande oeuvre esthétique.

lundi 12 septembre 2011

210. Wenders : Paris, Texas

1001 films : Paris, Texas

Film germano-français réalisé en 1984 par Wim Wenders (1945)
Avec Harry Dean Stanton, Natassja Kinski, Aurore Clément, Dean Stockwell

Commençons par la fin
: je ne sais pas si c'est pour éviter de faire hollywoodien mais je ne comprends pas pourquoi ce couple tant amoureux ne reviendrait pas ensemble avec leur adorable blond petit garçon à la fin du film. C'est sûr que la communauté cinéphilique aurait crié au loup hollywoodien mais, il me semble, que c'est la seule conclusion réaliste. D'ailleurs, le Travis, lors de la dernière séquence, dans sa voiture avec un sourire satisfait m'apparaît plutôt comme l'héroïque John Wayne de The Man Who Shot Liberty Valance. Non mais, avec la  gueule qu'il a le mec Travis (58 ans!!!), il ne peut quand même pas s'attendre à ce qu'une autre Natassja Kinski (24 ans) déboule au prochain tournant...Alors, montrons un peu de compassion pour ce type :  lors de la séquence suivante non montée, il fera un u-turn et retournera rejoindre le giron familial à l'hôtel Méridien de Houston.

Travis (Harry Dean Stanton)




Jane (Natassja Kinski)



La longueur du film fait problème pour plusieurs alors que toute la démarche artistique réside dans cette longueur des séquences. Monter ce film en 90 minutes et vous avez un beau petit scénario sans envergure.
Mais les longues séquences de Travis émergeant lentement d'une région semi-désertique du Texas en même temps qu'il refait graduellement surface dans la brutale réalité de la vie quotidienne, tout ça accompagné par l'envoûtante guitare de Ry Cooder est un des grands moments du cinéma des années 1980. On n'oublie jamais un tel moment.
Mais le grand moment inoubliable de ce film demeure, à coup sûr, la rencontre de Travis et de Jane dans une sorte de bordel où le client voit la prostituée et non l'inverse. Durant laquelle rencontre Travis raconte à Jane leur propre vie. Émouvant et un peu abyssal.
Est-ce que ça vous émeut si je vous dis que Paris, Texas fut le film préféré de Kurt Cobain?
Le titre. C'est la ville européenne, selon les calculs de Wenders, dont le nom est le plus utilisé pour désigner une ville aux États-Unis : 22 fois, Berlin est au deuxième rang avec 16. Nous ici, au Québec, nous avons une Venise : Venise-en-Québec (un tel nom, un sommet dans la stupidité), qui se fait régulièrement inondée au printemps.
J'aime beaucoup cette Amérique présentée par Wenders à des lieues de celle très carte postale que l'on retrouve dans Zabriskie Point d'Antonioni. L'Amérique de Wenders est plus près de l'Amérique un peu glauque que l'on retrouve dans les films de Jim Jarmusch. Est-ce un hasard s'ils emploient le même directeur photo, Robert Müller.
Cannes 1984 : trois prix dont la Palme d'or
Évaluation IMDB : 8,0 sur 10 par 18 865 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 30 août 1985 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 210ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 22 août 2011

209. Allen : The Purple Rose of Cairo

1001 films de Schneider : The Purple Rose of Cairo
Titre français : La rose pourpre du Caire

Film américain réalisé en 1985 par Woody Allen (1935)
Avec Mia Farrow, Jeff  Daniels, Danny Aiello

Un fantasme d'enfance : le héros qui traverse la toile pour s'adresser à moi ou, encore mieux,  moi qui traverse la toile pour tuer le gros méchant qui a attaché la fille à la voie ferrée. Parce que des filles courtement vêtues attachées à la voie ferrée, les dessins animés de mon enfance en regorgeaient, si je puis m'exprimer ainsi. Dans les mêmes dessins animés destinés aux enfants, on voyait régulièrement, sur le côté de la route, une fille faisant du stop qui, pour attirer le client, retroussait sa jupe et voit-y pas le méchant loup au volant d'une décapotable la langue pendue à terre qui s'arrêtait pour la faire monter, ça finissait, invariablement sur la voie ferrée. Heureusement, le héros se pointait à moins une avant l'arrivée du train pour la sauver ce qui faisait bien notre affaire parce qu'on reverrait, pour sûr, la même fille refaire du stop  le lendemain, à la même heure, au même poste. C'était drôlement plus excitant que Passe-Partout et comme éducation sexuelle, ça partait sur les chapeaux de roue.
Donc, La rose pourpre du Caire.
Petit film amusant sans prétention. J'avais été très emballé lors de mon 1er visionnement en 1985, probablement à cause du concept - le héros qui descend de l'écran pour s'enticher d'une spectatrice et son incapacité à s'adapter à la vraie vie puisque toutes ses connaissances se limitent à celles apprises pour son rôle à l'écran. Le concept connu ajouté à un scénario un peu squelettique, eh bien, ça s'effondre quelque peu lors d'un nouveau visionnement.
Allen faisant dans la nostalgie (le temps de la crise, les vieux cinémas d'antan, Fred Astaire chantant Cheek to Cheek, etc.) séduit toujours une large part de public. Il nous la joue quelquefois. Scénario mince + le bon vieux temps = succès public assuré. Minuit à Paris est le dernier produit de cette pratique.
Mais La rose pourpre du Caire, c'est aussi un petit cours sur le cinéma en tant meilleure option pour survivre à sa vie quotidienne et ne serait-ce que pour cela, j'aime bien ce film.
Ce film est un hommage amoureux de Woody pour les pommettes saillantes de Mia d'où cette chanson-thème du film :
Cheek to Cheek avec Fred Astaire et Ginger Rogers, extrait de Top Hat, film réalisé en 1935 par Mark Sandrich. 

César 1986 : meilleur film étranger
Cannes 1985 : prix FIPRESCI à Woody Allen
BAFTA 1985 : meilleur film et meilleur scénario original
Évaluation IMDB : 7,7 sur 10 par 16225 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, au cinéma Odéon à Paris le 21 juillet 1985
Troisième visite à Paris lors d'un voyage qui me mena en Toscane (Lucca, lieu de naissance de mon grand-père maternel, Florence) et à Venise et surtout, mon premier contact avec les Alpes - total coup de foudre qui résultera en randonnée autour du Mont Blanc à l'été 1987.
Mon 209ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

samedi 13 août 2011

208. Joffé : The Killing Fields

1001 films de Schneider : The Killing Fields
Titre français : La déchirure
Ne fait pas partie de la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle. Dommage, car le sujet est énorme même si le traitement est très télévisuel, ce qui est une tare selon moi.

Film britannique réalisé en 1984 par Roland Joffé (1945)
Avec Haing S. Ngor, Sam Waterston, John Malkovich, Julian Sands

The Killing Fields sont les endroits où ont été tués et enterrés les victimes du massacre perpétré par les Khmers Rouge lorsqu'ils étaient au pouvoir entre 1975 et 1979. On a trouvé 20 000 de ces sites contenant en tout 1,4 millions de victimes. L'invasion du Kampuchéa Démocratique (Cambodge) par le Vietnam a mis fin au génocide de son propre peuple par un gouvernement qui se proclamait communiste. Les dictatures communistes ont développé au cours du 20ème siècle (et ça se poursuit en Corée du Nord) la triste habitude d'exterminer leur propre citoyen.






Contrairement à ce que laisse entrevoir le titre, l'horreur khmère rouge n'occupe pas la partie importante du scénario (environ 40 min sur 2h.21) loin s'en faut. J'en fus déçu lors de ce nouveau visionnement. Je me souvenais de ce film comme une grande manifestation contre les dictatures rouges qui furent les plus grandes machines à tuer du 20ème siècle. Lire à ce sujet Le livre noir du communisme.
En fait, il y deux histoires dans ce film. D'abord l'histoire (fait vécu) d'une relation amicale entre un journaliste du New York Times (Sydney Schanberg) en poste au Cambodge et un journaliste cambodgien (Dith Pran) qui lui sert de traducteur et l'histoire du séjour en camp d'internement de ce dernier puis de son évasion de ce-dit camp.
Donc, le film sur l'horreur khmère rouge reste à faire avant que tout ça sombre dans l'oubli enterré par la succession ininterrompu de ce type de manifestation de la grandeur de l'homme : Rwanda, Somalie, Kenya, Corée du Nord...ad nauseam.
Scénario du film tiré d'un article du New York Times Magazine écrit par Sydney Schanberg en 1980 : "The Death and Life of Dith Pran"
Agaçant : on échangerait bien les parties concernant les petites misères égocentriques du journaliste américain pour un plus long passage sur le goulag khmère et la terrible aventure de Dith Pran.
Oscars 1985 : Trois statuettes pour l'acteur de soutien (Ngor), la meilleure cinématographie, la meilleure montage.
BAFTA 1985 : Huit prix dont meilleur film et meilleur acteur (Ngor)
Évaluation IMDB : 8,0 sur 10 par 23 912 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB 
Visionné, la première fois, le 16 juin 1985 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 208ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 25 juillet 2011

Intégrale Kurosawa. 26ème film : Kagemusha

Vingt-sixième film de l'intégrale Kurosawa
Sorti le 23 avril 1980
Kagemusha (Kagemusha : l'ombre du guerrier)
Avec Tatsuya Nakadai, Tsuomu Yamazaki, Kenichi Hagiwara et dans sa 218ème et avant-dernière présence à l'écran, Takashi Shimura (1905-1982),  l'acteur fétiche de Kurosawa

Une oeuvre parfaite à plusieurs égards : direction artistique, direction d'acteurs, montage, costumes, caméra, utilisation de la couleur. Kurosawa, après 25 films, a atteint un niveau inégalé au niveau de la réalisation. On sent qu'il est en contrôle de son art et que rien ne peut le déstabiliser. Trois heures de pure cinéma. Dégustez.
Kurosawa a abandonné depuis déjà 10 ans ses préoccupations sociologiques. Kagemusha, comme le film suivant, Ran, se passe à l'époque des seigneurs de guerre qui se disputent des morceaux de territoire - l'Afghanistan d'aujourd'hui quoi, sauf qu'au Japon, ça se passait au 16ème siècle.
J'aurais bien vu Toshiro Mifune dans le rôle-titre mais une chicane irréconciliable (le clash de 2 super-égos) intervenu au cours du tournage de Barbe rouge, a mis fin définitivement à toute collaboration ces deux-là.
Un peu d'indignation : c`est grâce à Francis Ford Coppola et George Lucas, grands admirateurs de Kurosawa que ce film a pu exister.  Lucas avait une dette morale envers Kurosawa puisqu'il s'était inspiré des deux paysans de La forteresse cachée pour la conception des deux robots de Star Wars. Ils ont donc organisé le montage financier pour garantir le tournage de Kagemusha qu'aucun studio japonais ne voulait risquer d'entreprendre. C'est seulement à cette condition que Toho consentit à s'engager dans cette production, la plus coûteuse de toute l'histoire du cinéma japonais à cette date (6$ millions). 
Profit? 10$ millilons

Un des plus beaux films de Kurosawa

mardi 19 juillet 2011

207. Scott : Alien

1001 films de Schneider : Alien


Film américain de Ridley Scott (1937)
Avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton, John Hurt, Ian Holm, Yaphet Kotto

Un vendredi soir de juin 1985, minuit,  je m'aventure seul dans un cinéma presque vide pour voir Alien de Ridley Scoot. J'aime les films de science-fiction même les plus stupides style Plan 9 from Outer Space de Ed Wood - bon, d'accord, j'exagère - mais cette merde est quand même à voir si vous voulez rigoler; mais, pour moi,  le plus hallucinant des Ed Wood demeure Glen or Glenda - laissez vos Kurosawa ou autre Tarkovsky et plongez-vous dans cette oeuvre - vous ne sortirez pas indemne de cette oeuvre hautement pédagogique!!! Vous êtes prévenus.
J'étais prêt pour un film de science-fiction pas pour un film d'horreur tel que Alien. Alors le choc n'en  fut que plus violent lors de la scène de la naissance de ce type.
Le moment de cinéma le plus effrayant que j'aie jamais vécu... des jours à m'en remettre. Je vous dis pas la trouille que j'avais, après la projection, en rentrant chez-moi, seul, à 3 heures du matin, tout en chantonnant. Jamais l'expression "siffler dans un cimetière" ne fut plus adéquate.
La scène de la sortie de la chose de l'estomac de Kane (John Hurt) est considérée comme le deuxième moment le plus effrayant du cinéma."The 100 Scariest Movie Moments"
Autre moment frappant : Ash (Ian Holm, le Bilbo de Le Seigneur des anneaux) que nous croyions être un humain se trouve,  en fait, être un robot - sa tronche éclatée quelques instants plus tard convaincront tous les sceptiques.
Les auteurs de  It! The Terror from Beyond Space (1958) ont accusé Scott et sa gang de plagiat. À vérifier.
Vingt-six ans plus tard, la petite culotte blanche de Sigouney est toujours aussi excitante
La saga Alien :
Dernièrement, j'ai vu la quadrilogie (sic). Globalement, ça vaut l'effort même si l'intérêt baisse rapidement. On parle quand même de trois réalisateurs majeurs : Cameron pour Aliens, le meilleur de la suite, Fincher pour Alien3, le côté sombre de ce film me plaît beaucoup et Jeunet pour Alien : Resurrection, à oublier.
Oscar 1980 : une statuette pour les effets spéciaux
Évaluation IMDB : 8,5 sur 10 par 208 651 votants
Toutes les information sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le14 juin 1985 au Cinéma du Parc à Montréal
 Mon 207ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

samedi 9 juillet 2011

206. Clément : Jeux interdits

1001 films de Schneider : Jeux interdits


Film français réalisé en 1952 par René Clément (1913-1996)
Avec Georges Poujouly et Brigitte Fossey.

Nostalgie d'une France qui n'est plus.

J'avais été vraiment secoué lorsque j'avais vu la longue séquence du Débarquement de Saving Private Ryan de Spieberg. On n'avait jamais vu le Débarquement présenté avec une telle horreur.
Quand j'ai revu la séquence d'ouverture du bombardement d'une colonne de réfugiés dans Jeux interdits, je me suis dis que les spectateurs de l'époque ont dû rester sur le choc pendant plusieurs minutes en voyant cette séquence. L'horreur de cette séquence est accentuée par le fait qu'elle se passe par une belle journée ensoleillée au coeur de la paisible campagne au sud de Paris. Pas un son, hormis la mitraillade.
Après cette longue séquence,  bizarrement, la guerre disparaît complètement du film sauf quelques références lointaines à des engagés. Ceci a pu contribuer à la mauvaise réception du film par le public  d'alors. Empruntons ce chemin de traverse. Hiroshima, mon amour avait également suscité de telles réticences à sa sortie - comment osait-on "broder" une histoire d'amour sur fond d'holocauste nucléaire.
Narciso Yepes cartonne avec sa mélodie qui était devenu au temps de ma jeunesse l'emmerdant solo de guitare que tout débutant guitariste nous gratifiait inlassablement à chacun de nos partys.
 Grande prestation de Georges Poujouly. Brigitte Fossey est admirablement bien dirigée mais on ne peut pas parler de performance artistique dans son cas.
La Ponette de Doillon, c'est un peu la soeur de la Paulette de Clément.
Oscar 1953 : Meilleur film étranger
Mostra de Venise 1952 : Lion d'or
Évaluation IMDB : 8,0 sur 10 par 4078 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 2 juin 1985 à la télévision à Montréal.
Mon 206ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

vendredi 24 juin 2011

Intégrale Kurosawa. 25ème film. Dersou Ouzala

Vingt-cinquième film de l'intégrale Kurosawa

Derusu Usara (Dersou Ousala). 141 min.  Sorti le 2 août 1975
Avec Yuri Salomin (le capitaine), Maxim Munzuk (Dersou)

L'année de tous les dangers pour Kurosawa qui attente à sa vie le 22 décembre 1971. Chercher les causes est une démarche futile que je ne tenterai pas. Mais la rupture déjà annoncée par Dodesukaden se poursuit. Kurosawa tourne le dos aux majors japonais et à sa quête, vaine, de reconnaissance populaire et s'associe à l'Union soviétique pour produire son film quinquennal - comme le plan du même nom. Kurosawa réalisera un film tous les 5 ans jusqu'en 1990.

Avec Dersou Ouzala, tourné  en russe avec des acteurs russes, Kurosawa nous présente encore une fois un personnage qui se démarque par sa bonté. Dersou, c'est la bonté faite homme - un être improbable - le "bon sauvage"  des tiersmondistes de la belle  époque, celui qui est en harmonie avec la Nature. Dersou est un être utopique, on voudrait tant qu'il  soit le prototype de l'être humain plutôt que cette bande de soldats russes qui se comportent comme des idiots. Mais Dersou à l'état naturel n'existe pas tant il est vrai que l'homme naît méchant (un paquet de pulsions; désolé, monsieur Rousseau) et peut, peut-être, se bonifier aux contacts de ses pairs. Je me rappelle souvent de l'expérience vécue par le grand alpiniste Reinhold Messner qui, lors d'un accident de montagne au Nanga Parbat dans l'Hymalaya en 1970, s'est retrouvé dans un petit village népalais complètement épuisé et à bout de ressources. Les gens du village l'ont dévalisé et l'ont abandonné le laissant pour mort.
Cette Nature, Kurosawa en fait son personnage principal, les humains n'étant que des faire-valoir de celle-ci; ce qui nous donne droit à de magnifiques tableaux de la nature sibérienne. Ce film marque la fin, dans sa production cinématographique, de ses grands thèmes sociologiques. Dorénavant, il ne s'intéressera plus aux problèmes de la société japonaise contemporaine.

vendredi 17 juin 2011

205. Curtiz : Casablanca

1001 films de Schneider : Casablanca

Fait partie de la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1942 par Michael Curtiz (1886-1962)
Avec Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Conrad Veidt, Peter Lorre, Marcel Dalio

Je trouve qu'on a tendance, surtout dans la communauté anglosaxonne, à surévaluer ce film. Quand un film devient un tel emblème, il vaut peut-être mieux ne pas le revoir et demeurer sur nos premières impressions qui, au cours des ans, ont été peaufinées cent fois par une logorrhée de stéréotypes liés à ce film.
Puis, on le revoit 25 ans plus tard et, surprise, on retombe sous le charme. Les célèbres répliques sont au rendez-vous et sont toujours aussi percutantes. Les personnages, surtout les rôles secondaires (merveilleux Peter Lorre et Marcel Dalio, 177 films  sur 50 ans de carrière), sont devenus quasiment des stéréotypes cinématographiques.
Mais si  Bogart prend l'avion avec Bergman, la ferveur populaire n'est plus aussi importante et ce film ne devient jamais une légende et sort probablement de la liste des 100 meilleurs films du 20ème siècle.

La petite histoire entourant le film dit que jusqu'à la fin Ingrid Bergman ne savait avec qui  elle allait prendre l'avion. Mais on connaît les désastres causés par le Code Hayes dans la production hollywoodienne; les producteurs, eux,  savaient avec qui elle allait monter dans l'avion et Curtiz n'avait d'autre choix que de se plier à cette décision. Selon le dit Code, l'adultère peut, peut-être, faire partie de la trame dramatique mais il ne peut pas, en aucun cas, être récompensé. Alors, cette fin qui a déchiré tant de coeurs ne serait, finalement, qu'une autre des manifestations du Code Hayes, responsables d'une multitude de dénouement de films? (Je viens de voir La femme au portrait de Fritz Lang, tout est extra jusqu'à l'entourloupette imposée par le Code dans le dénouement - c'est à hurler de bêtise).
Tout ça  étant dit, Casablanca est un sapré bon film  et chaque visionnement ne fait que le confirmer. Mais c'est le scénario  et les personnages plus que la réalisation (lflashback parisien, un vrai ovni) qui catapulte ce film aux premiers rangs de la majorité des listes de préférés.
Maintenant, les trois mots les plus populaires du cinéma américain : Play It, Sam. et non pas Play It Again, Sam qui vient du film des Marx Brothers, A Night in Casablanca tourné en 1946.


"As Time Goes By" chanson composée en 1933 par Herman Hupfeld pour la comédie musicale "Everybody's Welcome".
Frissons garanties : dans le café, le chant improvisé par les clients de La Marseillaise qui vient enterrer Wacht am Rhein (un chant ayant eu parmi le peuple allemand un statut non-officiel d'hymne national) entonné par les nazis.
Oscar 1944 :Trois statuettes pour le film, la réalisation et le scénario
Évaluation IMDB : 8,8 sur 10 par 185,545 votants
Au 17ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 17 mars 1985 à la télévision à Montréal
Mon 205ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

dimanche 29 mai 2011

Intégrale Kurosawa. 24ème film. Dodesukaden

Vingt-quatrième film de l'intégrale Kurosawa

Dodesukaden. 140 min. Sorti le 15 octobre 1970
Sans Toshiro Mifune ni Takashi Shimura

Kurosawa fait son entrée dans la couleur. Quel feu d'artifice! On a droit à un festival chromatique qui nous annonce déjà Dreams, 25 ans plus tard. Des bleus, des jaunes...Van Gogh, quoi!
Je suis fâché. Donald Richie, le grand spécialiste du cinéma japonais et un exégète de Kurosawa écrit à propos de ce film  qu'il marque le début du déclin du cinéaste - sa grande période étant derrière lui.
Bon, mézigue est un peu  abasourdi par cette assertion  quand on sait que Ran,  Kagemusha,  Derzu Usala (excusez du peu) sont à venir. C'est vrai qu'il ralentit sa production. Depuis Barberousse, un film tous les 5 ans seulement.
Entre Barberousse et ce Dodesukaden, Kurosawa s'est cassé les dents à Hollywood. Il  devait participer à une superproduction traitant de la guerre du Pacifique - Tora! Tora! Tora!. Incompatibilité totale - le clash de deux mondes. Kurosawa abandonnera cette collaboration. Je ne sais pas ce qui suit en est le résultat mais le cinéaste plonge dans une profonde dépression qui le mènera aux avants-postes du suicide.
Titre du film : Dodesukaden - c'est le son émis par un déficient intellectuel qui s'imagine en train de conduire un tramway dans les ruelles du bidonville dans lequel toute l'action du film est concentré.
Pour une énième fois, Kurosawa nous présente un personnage bon, compatissant qui surnage au-dessus d'une bande d'hurluberlus, de crève-la-soifs, de déprimés, d'éclopés et de survivants de drames conjugaux.

lundi 23 mai 2011

Intégrale Kurosawa. 23ème film. Barbe rousse


Vingt-troisième film de l'intégrale Kurosawa

Akahige (Barbe rousse) (Red Beard). 185 min. Sorti le 3 avril 1965
Avec Toshiro Mifune, Yûzô Kayama, Tsutomu Yamazaki, Reiko Dan, Takashi Shimura (20ème film avec Kurosawa, carrière de 218 films)
Encore un grand film. Il me semble que je dis cela à chaque fois. Quand je faisais  l'intégrale Bergman, je rencontrais, de temps à autre, des films mineurs. Kurosawa, quant à lui, espace ses productions et il frappe dans le mille à tout coup.
Deuxième adaptation par Kurosawa d'un roman de Shûgorô Yamamoto (1903-1967), le premier étant Sanjuro.
Un "feel good movie" à la Kurosawa. Un film qui fait du bien, qui met entre parenthèses nos indignations quotidiennes et qui donne un peu d'espoir dans la race humaine; on se  souvient de Rashômon.
Mémorable : la scène du pont où a lieu la séparation entre Sahachi, un des grands saints du firmament de Kurosawa, et sa femme. Un travail de caméra prodigieux.
Angoissant : l'agonie d'un vieil homme.
Insoutenable : l'opération à ventre ouvert sans anasthésie ou si peu.


Triste :  suite à une brouille développée pendant le tournage de ce film, Mifune et Kurosawa mettront un terme à leur collaboration après ce  film. 


Barbe rousse, Mifune, casse des membres

jeudi 19 mai 2011

204. Lynch : The Elephant Man

1001 films de Schneider : The Elephant Man


Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle.

Film américano-britannique réalisé en 1980 par David Lynch (1946)
Avec John Hurt, Anthony Hopkins, Anne Bancroft, John Gielgud, Wendy Hiller

J'aurais préféré entrer dans le monde de Lynch par Eraserhead que par cet académique The Elephant ManEraserhead que je ne verrai que 22 ans plus tard me jettera carrément à terre. Tant qu'à rouler dans la sciure aussi bien en profiter pour faire le joint avec Freaks (1933) de Tod Browning auquel nous ramène constamment John Merrick, l'éléphant en question, qui n'aurait pas déparé cette sacrée gang d'amochés. Freaks, à voir toutes affaires cessantes, un kilomètre au-dessus de ce bienveillant The Elephant Man.
Joseph Merrick (1862-1890), citoyen anglais 

Un lien entre Eraserhead et The Elephan Man : le monde industriel. Dans les deux films, Lynch s'attarde à nous faire plonger dans le paysage urbain de la révolution industrielle, le Coke Town : fumées, vapeurs, voies ferrées, machineries inquiétantes, un max de pollution et pas un arbre à l'horizon et tout ça en noir et blanc.

Film globalement surévalué.  En fait, Lynch nous présente une histoire improbable d'un personnage de foire qui, tout à coup, se met à parler et à discuter comme s'il avait été élevé au sein d'une famille bourgeoise victorienne cultivée.
La scène d'ouverture nous présente la mère de John  Merrick attaquée par un éléphant; ce qui expliquerait la difformité de son fils. Faut quand  même pas nous prendre pour des cons - bon, d'accord, j'exagère volontiers; il fallait bien trouver une intro pour ce qui suit. Ça m'a fait penser à un film avec Fernandel que j'ai vu lorsque j'avais 5-7 ans (mon premier souvenir de cinéma) dans lequel l'un des personnages, pour expliquer le visage déformé de Fernandel, disait que sa mère avait trop souvent regardé des chevaux lorsqu'elle était enceinte. Quelqu'un en connaît le titre?

César 1982 : Meilleur film étranger
Évaluation IMDB : 8,4 sur 10 par 66 209 votants.
Un très surprenant 101ème rang de la liste des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Visionné, la première fois, le 16 février 1985 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 204è film visionné de la liste des 1000 films du livre de Schneider

samedi 7 mai 2011

Intégrale Kurosawa. 22ème film : Entre le ciel et l'enfer

Vingt-deuxième film de l'intégrale Kurosawa

Tengoku to Jigoku (Entre le ciel et l'enfer) (High and Low)
 Sorti le 1er mars 1963

D'abord, disons-le tout de suite,  j'ai adoré ce film. Kurosawa m'a, une fois de plus, surpris; imaginez, Kurosawa se lance dans le thriller et l'enquête policière fignolée. Et comme à chaque fois qu'il aborde un nouveau genre, il pond un petit chef-d'oeuvre.
Moquons nous, quand même un peu, du scénario souffrant d'un manque flagrant de crédibilité. Un étudiant en médecine (pas trop mal barré, le mec) habite une bicoque dans un quartier pauvre en contrebas d'une colline sur laquelle se trouve la villa d'un homme riche (on a vu mieux à ce chapitre qu'un cadre d'une fabrique de chaussures).  La vue quotidienne de cette villa le fait dépérir d'envie. Alors, comme ça, pourquoi pas se faire un petit enlèvement avec gros magot à la clé. Il décide, avec l'aide de deux junkies trouvés on ne sait où, d'enlever l'enfant unique du cadre d'entreprise  pour le rançonner à hauteur de 300 000$; sauf qu'il se trompe d'enfant (bienvenue les Marx brothers) et, en fait, se retrouve avec l'enfant du chauffeur du dit cadre.
Le cadre se retrouve en plein drame cornélien. Ira-t-il à la faillite pour sauver l'enfant de son employé? C'est la première partie du film (55 minutes)  qui se passe presque complètement dans une pièce de la villa du cadre. Des plans qui évoquent une scène de théâtre sur laquelle se déplacent les protagonistes.




Pour faire le lien avec la deuxième partie, toute consacrée à la recherche du kidnappeur, on a une extraordinaire séquence qui se passe dans un train roulant à pleine vitesse durant laquelle séquence se fait le transfert de la rançon en échange du kid. Un grand moment de cinéma que la construction de cette séquence. Pas moins de 9 caméras ont servi pour tourner cette séquence.
L'enquête pour retracer le kidnappeur - un peu demeuré faut bien l'avouer - est une petite merveille. Montage  très dynamique - captivant. 
Soulignons la présence du célèbre Tatsuya Nakadai (chez Kurosawa depuis Yojimbo), le fameux Kaji de La condition humaine de Kobayashi, un  film-fleuve de 9 heures, un des plus grands monuments de l'histoire du cinéma.