vendredi 29 octobre 2010

Intégrale Kurosawa : 3ème film. La légende du judo - II

Troisième film de l'intégrale Kurosawa

Zoku Sugata Sanshirô (Judo Saga- II) (La légende du judo - II) sorti le 3 mai 1945

Un beau cocorico nationaliste, guerre du Pacifique oblige.
Une suite ratée au grand succès populaire que fut Sugata Sanchirô. 
Un mauvais film commandé par le comité de censure militaire ou le service de la propagande qui a pour objet de démontrer la suprématie du Japon sur les USA, peuple violent et inculte (air connu) par l'entremise de l'art martial japonais dominant à l'époque (1889), le judo, étendard de la résistance à l'occidentalisation.
À éviter.
Curiosité : d'où provenaient les figurants occidentaux du film? Et qui est ce fameux Roy James (rôle du boxeur) qui jouera dans 4 autres films japonais après celui-ci? Au Canada, ainsi qu'aux USA, tous les Japonais ont été enfermés dans des camps pendant toute la durée de la guerre du Pacifique.
Vivement la victoire finale américaine afin de libérer Kurosawa de cette chape de plomb de la censure militaire.  

3 commentaires:

  1. Je suis du même avis que vous pour la plupart des Kurosawa que vous évoquez, mais je ne vous rejoindrai pas cette fois-ci : cette suite à Sugata Sanshiro est à mon goût encore meilleure! Plus accomplie surtout, mais aussi plus riche, les personnages étant plus complexes. Le talent de Kurosawa y est manifeste et commence à pleinement s'épanouir (quelques scènes restent gravées dans ma mémoire, où en quelques gestes, en un jeu de regard tout est dit)!

    Je dois dire que j'ai été agréablement surpris de sentir une progression, une "amélioration" dans cet opus que je prenais à tort comme un simple remake ou une vulgaire suite bâclée... C'est bien dommage que vous l'ayez ressenti comme tel : certes l'opposition Orient/Occident n'est pas des plus subtiles, mais si l'on s'attarde sur ce qu'il y a "autour", sur les personnages, leur traitement, leurs émotions, c'est un film qui prend une toute autre envergure il me semble. Dans mon souvenir le rapport à l'étranger n'était pas si caricatural que ça, je n'avais pas senti une opposition bons/méchants mais plutôt tradition/modernité, je me trompe peut-être mais si je me fie à ce qu'il me reste de ce film ça le rend plus acceptable... Toutefois je peux comprendre votre agacement!

    Cordialement

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  2. Vous jetez le doute. Éventuellement, je devrai revoir ce film à la lumière de votre texte. Une autre bonne raison de continuer à rédiger ce blog c'est de susciter des commentaires d'empêcheurs de visionner en rond!!! Merci.

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  3. Je vous en prie! Il faut dire que vous avez affaire à un admirateur béat d'Akira Kurosawa, mon avis est donc tout sauf "objectif"...

    Toutefois je persiste à penser que malgré l'influence de la censure, Kurosawa a su contourner les contraintes aussi bien dans ce film que dans Le Plus Beau (pour réaliser un film réellement personnel) : ici en effet l'occupant est menaçant et guère "civilisé", mais c'est aussi une façon de montrer (toujours selon mon interprétation) les faiblesses du Japon, qui n'arrive pas à se confronter à une autre culture lui étant totalement étrangère sans perdre la face...

    Après demeure tout de même un certain ressentiment face à l'"envahisseur", il est vrai et c'est certainement fondé en un sens, mais si l'on peut voir une volonté de généraliser et de colporter un cliché anti-américain, on peut aussi s'en tenir strictement aux personnages, auquel cas la "pilule" est plus facile à avaler, ou encore voir dans ce film la désillusion des japonais face à la modernité occidentale qui les rattrape (c'est en tout cas comme ça que je l'ai pris).

    En tout cas je vais continuer à suivre avec la plus grande des attentions votre rétrospective Kurosawa, d'autant que je viens juste de découvrir à la cinémathèque française cet été ses premiers films!

    Bien à vous.

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