vendredi 24 septembre 2010

Bergman : 39ème film. The Making of Fanny and Alexander

Poursuite de l'intégrale Bergman : 39ème film.

Dokument Fanny och Alexander (The Making of Fanny and Alexander) sorti en 1986. Tourné par Arne Carlsson.

Après avoir tourné plus de 40 films, Bergman nous montre, enfin, son travail de réalisateur. On le voit à l'oeuvre dans Fanny et Alexandre. Tout en sensibilité et en douceur, on ne reconnaît pas le bonhomme qu'on nous présente régulièrement sous les traits d'un petit tyran, ce qu'il a été pendant la plus grande partie de sa carrière. L'âge faisant son oeuvre, il a 65 ans au moment du tournage, et le fait de diriger des enfants ont probablement arrondi  son personnage.
J'aurais aimé dans ce "making of" qu'on nous présente également son équipe qui l'a accompagné pendant une grande partie de sa carrière et le rapport qu'il entretient avec ses différents membres.
On y retrouve Gunnar Björnstrand dans son 23ème film avec Bergman - la palme parmi tous les acteurs et actrices de Bergman. Scène difficile où on le voit désemparé parce qu'il n'arrive plus à donner une performance adéquate. Tristesse absolue quand la caméra nous montre un Bergman, plein de compassion pour son ancien acteur mais tellement désolé de cette décrépitude.
Dans une entrevue qu'on retrouve dans un disque du coffret de Criterion, Bergman confirme sa décision  définitive de ne plus jamais tourner pour le cinéma. Décision tenue jusqu'à son décès en  2008. De combien de chefs d'oeuvre nous a-t-il privé ce vieux garnement?

mercredi 22 septembre 2010

186. Herzog : Fitzcarraldo

1001 films : Fitzcarraldo


Film allemand réalisé en 1982 par Werner Herzog
Avec Klaus Kinski, Claudia Cardinale, José Lewgoy, Paul Hittscher et une impressionnante cohorte de figurants amérindiens.

Quand j'ai vu ce film, la première fois, il y a près de 30 ans, j'ai été complètement soufflé. Pas tellement par l'entreprise du bateau à travers la montagne, quoique..., mais par Klaus Kinski que je connaissais peu à cette époque. Un visage de folie mais ambivalent : fureur et angélisme se côtoient à tour de rôle. On est transporté par la folie de ce personnage improbable. Je n'ai vu que récemment Aguirre, colère de Dieu du même Herzog, on peut y voir une autre performance monumentale de Kinski et ne pas comprendre que Herzog n'ait pas fait appel à lui directement pour le personnage de Fitzcarraldo.  
Mick Jagger et Jason Robarts avaient été pressentis pour personnifier Fitzcarraldo; ils ont décliné l'offre pour notre plus grand bonheur. Qui pourrait imaginer Fitzcarralo sans Klaus Kinski?

Autre bonheur pour un fan d'opéra comme moi : voir et entendre chanté I puritani de Bellini par une troupe dispersée sur des barques naviguant sur l'Amazone. Quel baume après 150 minutes de misère.

Au début du film, Fitzcarraldo est traité de "conquérant de l'inutile" par un ponte local à Iquitos. Impossible, pour moi, de ne pas penser au livre de Lionel TerrayLes conquérants de l'inutile, que j'ai lu avidement il y a une trentaine d'années quand je me rêvais en train de grimper les hauts sommets alpins. Le titre, évidemment, réfère aux alpinistes. Dans ce bouquin, Terray nous raconte sa vie d'alpiniste. Je me souviens d'un passage cocasse. Lors d'un séjour qu'il fit au Québec en tant que moniteur de ski alpin dans les années 40, il remarqua la beauté des Québécoises mais il ne put établir de relations avec elles parce que, en plus de ne pas les comprendre, leur accent lui donnait le fou rire.

Voir l'épique Burden of Dreams de Les Blank : le "making of" de Fitzcarraldo.
On est complètement bluffé de voir que Herzog a vraiment essayé de grimper un bateau sur une montagne. Ce film nous montre la folie d'un réalisateur et de son alter ego, Kinski.
Pour les rapports orageux (un euphémisme) entre Kinski et Herzog, voir le film tourné par Herzog en 1999, Mon ennemi intime. Film troublant que j'ai vu au défunt Ex-Centris (une des plus belles salles pour cinéphiles) à Montréal.
Petit aperçu du climat sur le "set" de Fitzcarraldo : dantesque

À l'heure de la disparition de la Géographie dans l'enseignement secondaire et collégial au Québec, j'adore cette phrase de Fitzcarraldo : "I'm planning something geographical".
Cannes 1982 : Meilleur réalisateur
Évaluation IMDB : 8,0 sur 10 par 9777 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur Wikipédia
Visionné, la première fois, le 7 janvier 1983 au cinéma Dauphin à Montréal
Mon 186ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

mercredi 15 septembre 2010

185. Beatty : Reds

1001 films : Reds


Film américain réalisé en 1981 par Warren Beatty (1937)
Avec Warren Beatty, Diane Keaton, Jack Nicholson, Maureen Stapleton, Paul Sorvino, Jerzy Kosinski, Gene Hackman

Reds, c'est le Docteur Zhivago de la Gauche.
J'avais oublié que ce film est, avant tout, l'histoire d'une relation amoureuse; le titre, en ce sens, est assez abusif. Des "Rouges", il en est question, mais en  mode mineur. En fait, on assiste plutôt à l'histoire d'amour très tumultueuse entre John Reed (journaliste et militant communiste américain du début du 20ème siècle) et Louise Bryant (socialiste et féministe américaine).

La partie documentaire du film est présentée par une vingtaine de témoins de l'époque qui apparaissent à l'écran de temps à autre pour  dire en quelques lignes leurs souvenirs à propos  de Reed et Bryant. Mais, comme Beatty ne voulait pas détruire l'aspect Zhivago du film, il s'organise pour enlever l'aspect documentaire en n'identifiant pas les témoins à l'écran. On a l'impression que ce sont des acteurs qui récitent des textes soumis par le réalisateur, donc on nage un peu dans la confusion. En regardant les extras accompagnant ce film, on apprend que les témoins sont vraiment des gens qui ont connu les protagonistes du film. Beatty les a enregistrés au début des années 70; heureusement, parce que la plupart était décédé à la sortie du film en 1981.
Diane Keaton dans le rôle de sa vie. Jamais vu un Nicholson tiède comme dans ce rôle - il avait bouffé des benzo quoi!
Après cette séquence, vous n'oublierez plus jamais l'air de l'Internationale - un vrai "ver d'oreille"; que je déteste donc cette expression!

Le film soviétique Red Bells (1982) de Sergui Bondarchuk, avec Franco Nero dans le rôle de John Reed, est une autre adaptation de sa vie

Et comme dit Roger Ebert, le célèbre critique de cinéma américain : "at the end of the credits, a wonderful line that reads: Copyright copy MCMLXXXI Barclays Mercantile Industrial Finance Limited".  Je ne suis pas sûr que John Reed aurait apprécié.
Un tel film, glorifiant la Révolution russe, produit par un major d'Hollywood et sorti sous la présidence ultra-conservatrice de Ronald Reagan fut un sacré pied-de-nez aux Soviétiques enferrés dans la censure jusqu'au cou. J'aime bien.
Oscar 1981 : Meilleur réalisateur, Vittorio Storaro pour la meilleure image, Maureen Stapleton pour la meilleure actrice de soutien
Évaluation IMDB : 7,4 sur 10 par 8448 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur Wikipedia
Visionné, la première fois, le 6 janvier 1983 au cinéma Parisien à Montréal
1983 :  grosse année. Acquisition d'un appartement à Outremont; à cause de la précarité de mon emploi, entreprise d'un baccalauréat en Psychologie à l'Université du Québec à Montréal; début d'une nouvelle relation amoureuse; plus grande activité sur le front cinéphilique profitant de la proximité de mon domicile du Cinéma Outremont.  Agenda chargé, quoi.
Mon 185ème visionné de la liste des 1001 films de Schneider

samedi 11 septembre 2010

Bergman : 38ème film. Après la répétition

Poursuite de l'intégrale Bergman : 38ème film

Efter repetitionen (Après la répétition) réalisé en 1983
Avec Erland Josephson, Lena Olin et Ingrid Thulin

Ici, pas de cinéma. Après la répétition est une pièce de théâtre filmée pour la télévision.
Deux huis-clos à deux (Josephson-Olin) et (Josephson-Thulin); le meilleur étant le dernier à cause de la grande performance d'Ingrid Thulin.
Bergman expose un peu de sa vie : son travail de metteur en scène de théâtre et ses relations avec les femmes.
Bergman avait déjà annoncé qu'il renonçait au cinéma, dont acte.

lundi 6 septembre 2010

Bergman : 37ème film. Fanny et Alexandre

Poursuite de l'intégrale Bergman : 37ème film

Fanny och Alexander (Fanny et Alexandre) réalisé en 1982
Avec Bertuk Guve (Alexandre), Ewa Fröling, Jarl Kulle, Erland Josephson, Gunnar Björnstand, Harriet Andersson

Bergman tourne son dernier film pour le cinéma. Il a toujours dit que le théâtre était son art préféré, le cinéma ne servant pendant une partie de sa carrière qu'à sa survie économique. Il utilisait la période morte entre deux saisons théâtrales pour tourner. Mais ce qui demeure c'est sa prodigieuse production cinématographique, sa production théâtrale ne demeurant que dans la mémoire d'une génération de Suédois qui est en train de disparaître.
Fanny et Alexandre (en fait, pourquoi Fanny???) est un beau feu d'artifice en guise de testament. Un film flamboyant marqué par des scènes, réelles et imaginaires, tirées directement de son enfance. Tout est parfait dans ce film : caméra, mise en scène, décors, costume.
Le film de Bergman le plus récompensé : Prix FIPRESCI du Festival de Venise, César du meilleur film étranger, Oscar du meilleur film étranger en plus de 3 autres statuettes pour la photo, les décors et les costumes.   
Un film de 185 minutes qui est un re-montage de la production télévisée qui dure 312 minutes.
Criterion a édité les deux versions présentées dans un magnifique coffret qu'accompagne "The Making of Fanny and Alexander" que Bergman a tourné en 1986.