dimanche 29 août 2010

978ème film

Vu sur dvd mon 978ème film de la liste des 1001 films de Schneider

La roue, film français réalisé en 1923 par Abel Gance
Avec Séverin-Mars, Ivy Close, Gabriel de Gravone, Pierre Magnier

En visionnant La roue qui dure 4 heures et 33 minutes et dont la trame narrative est très mince, je me suis souvenu d'une boutade de Louis-Ferdinand Céline (est-ce bien de lui?) qui disait à propos de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust que c'était 2400 pages pour dire que Toto encule Dédé.
L'histoire de la Roue aurait pu  être bouclée en 90 minutes, vite fait, bien fait et c'est, probablement, sa longueur  qui fait qu'on le boude sur les listes des meilleurs films.
Pourtant, quelle joie de regarder ce film, pour moi, un des plus beaux et des plus intéressants de la période du muet.
Il faut voir toute la partie (la deuxième partie du film) tournée sur les pentes du mont Blanc - un défi technique impressionnant. Quand on sait l'amour indéfectible que je porte à cette région des Alpes on comprend que les panoramiques sur la chaîne du mont Blanc m'ont particulièrement touché .  La majorité du film est d'ailleurs tournée en extérieurs, une rareté à l'époque.
J'ai lu que si la 2ème partie du film fut tournée dans les Alpes c'est parce que les médecins de la femme d'Abel Gance lui ont dit que c'était la seule chance qu'elle puisse guérir de la tuberculose. Finalement, elle en mourra le jour où Gance finissait le montage du film le 9 avril 1921
Le montage est innovateur dans sa dynamique. Gance invente le montage ultra-rapide qui sera repris par plusieurs cinéastes dans les années suivantes, Eisenstein n'étant pas le moindre de ceux-ci.
Par ailleurs, c'est sûr que le jeu de Séverin-Mars  peut nous taper sur les nerfs quelquefois, souvent, pour nous qui n'avons aucune idée de la réalité du cinéma muet telle que vécue à l'époque.
Un film qu'il faut voir absolument.
La version que j'ai visionnée est la version éditée aux USA en 2008 (la seule version existante qui se rapproche de l'originale quant à la durée) avec une trame sonore composée par Robert Israël (auteur de 102 trames sonores!!!) qui est d'une telle beauté qu'elle mérite à elle seule le visionnement de ce film. Malheusement, il n'y plus trace de la trame originale composée par Arthur Honegger.

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