dimanche 25 juillet 2010

182. Spielberg : Raiders of the Lost Ark

1001 films : Raiders of the Lost Ark
Titre français : Les aventuriers de l'Arche perdue


Film américain réalisé en 1981 par Steven Spielberg  (1946)
Avec Harrison Ford, Karen Allen, Paul Freeman, John Rhys-Davies

Dans un interview accompagnant le film, Spielberg explique qu'il rêvait de faire un film lui rappelant les séances de cinéma du samedi après-midi de son enfance : un film d'aventures de série B. J'ai fréquenté, à la même époque que Spielberg (les années 50), ces salles paroissiales dans les sous-sols  d'église (St-Fidèle ou St-François d'Assise dans le quartier Limoilou de mon enfance à Québec), où l'on présentait ces films de série B qui avaient terminé, depuis longtemps, leur carrière dans les salles de cinéma. Ce qu'on y présentait c'était, invariablement des westerns de Hopalong Cassidy, de Gene Autry ou autres redresseurs de torts ou bien des films sur les méchants allemands, en retard de dix ans, sur les méchants de l'époque, les communistes. À propos, une excellente chanson satirique de Dylan sur la succession des méchants que les USA ont affrontée au cours de leur histoire, With God On Our Side.
En 1981, Indiana Jones, c'était un bon moment à passer. Cet archétype du film d'aventures avait fière allure. La remise en question, par l'humour, des stéréotypes afférant à ce type de film a contribué à en faire un grand succès populaire.  Mais, depuis, nos écrans sont inondés de ce type de films - jusqu'à plus soif.  Alors, revoir ce film en 2010 c'est lui asséner un sacré coup de massue. Évidemment, la nostalgie peut jouer un peu mais c'est loin d'être suffisant. Alors, on en est à attendre impatiemment les quelques passages les plus célèbres i.e. le duel entre Indiana Jones et le gars qui mouline son sabre - scène toujours aussi désopilante.
Ce n'est pas aux films d'aventures de mon enfance que renvoie ce film mais plutôt à ma lecture des Bob Morane de Henri Vernes dans la collection Marabout Junior.
Prenez, par exemple, le titre La vallée infernale. On y retrouve tout l'univers d'Indiana Jones. Les titres  suffisaient à nous faire faire le tour du monde : L'empereur de Macao, Tempête sur les Andes, Le secret des Mayas, Terreur à la Manicouagan (ça, c'est chez-nous), Mission à Orly, Le secret de l'Antarctique, etc. Que de voyages faits, simplement, en regardant la page couverture. Bob Morane, c'était un hybride de Indiana Jones et de James Bond.

J'aime bien : "...it's not that Raiders of the Lost Ark wasn't fun. Bud did we need three of them?" (David Thompson, critique de cinéma américain)
Et aussi : "Reste le plaisir qu'immanquablement ce film donne à ses spectateurs. Il y aurait de la mauvaise foi à nier les joies de la pyrotechnie, mais il y aurait de la naïveté à les confondre avec la jubilation que peut communiquer le cinéma et qui est ici absente." Olivier Assayas. Cahiers du Cinéma, octobre 1981

Budget : 20$ millions. Revenus : 384$ millions. Parlez-moi d'un bon retour sur investissement!

Oscars 1982 : 4 statuettes : décor, effets visuels, son, montage.
Évaluation IMDB : 8,7 sur 10 par 237 509 votants.
Au 21ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB. Ça donne une bonne indication de la valeur de ce classement.
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur Wikipédia
Visionné, la première fois, le 21 décembre 1981 au cinéma Impérial à Montréal
Mon 182ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

vendredi 23 juillet 2010

Bergman : 32ème film. La flûte enchantée

Poursuite de l'intégrale Bergman : 32ème film

Trollflöjten (La flûte enchantée) réalisée en 1975

L'opéra de Mozart chanté en suédois avec de superbes performances de chant; la Reine de la nuit (Birgit Nordin) et Sarastro (Ulrik Cold), inoubliables, insurpassables.
C'est plus qu'un opéra filmé, c'est du Bergman-Nykvist.
J'adore cette insertion récurrente du visage poupin d'une jeune fille (on croit à une enfant jusqu'à la fin) à titre de commentaire de l'action.
C'est ce film, vu  un samedi après-midi  de mars 1976 au cinéma Berri à Montréal, qui a initié ma passion pour l'opéra. Si, aujourd'hui, je suis un abonné de l'Opéra de Montréal, Bergman-Mozart en sont les premiers responsables.
Évidemment, La flûte enchantée c'est la porte d'entrée royale pour l'opéra.
Si l'opéra vous rebute,  essayez ce Bergman.

vendredi 16 juillet 2010

181. Spielberg : Close Encounters of the Third Kind

1001 films : Close Encounters of the Third Kind
Titre français : Rencontres du troisième type


Film américain réalisé en 1977 par Steven Spielberg (1946)
Avec  Richard Dreyfuss, Melinda Dillon, François Truffaut, Teri Garr, Carey Guffey

Mon film d'extraterrestres préféré. Les autres, pour moi, ne sont que des variations mineures sur ce même thème, le 2001 de Kubrick, mis à part, bien entendu, qui surpasse, de loin, le Spielberg, un Dysney pour grand enfant.
Toujours beaucoup de plaisir à revoir ce film.

En vrac :
À tout coup, je suis ravi par la séquence durant laquelle les phares de la voiture qui suit le camion de Dreyfuss s'élèvent quand il fait signe de le doubler.
Je suis toujours surpris de voir Dreyfuss abandonner femme et enfants pour l'inconnu. Exceptionnel dans un film américain qui s'adresse à l'auditoire familial. On dit que Spielberg avait regretté d'avoir fait ce choix - carton jaune pour ce remords.
Mère monoparentale, seule cellule familiale connue par l'enfant Spielberg, donc hommage, comme dans E.T.
Truffaut touchant, un peu perdu dans cet univers américain - réminiscence de son rôle de réalisateur dans La nuit américaine dans lequel il est aussi un peu "space". (comprenne qui pourra!!!)
Tiré des "trivia" de IMDB : " When Truffaut delivered the line "They belong here more than we", several crew members thought that he had said "Zey belong here, Mozambique." Several T-shirts were printed with this quote as a joke."
Devil's Tower : j'ai campé au pied de ce formidable monolithe en juillet 2004. Partout la plaine et, tout à coup, cet énorme masse rocheuse, tel le monolithe de 2001, Odyssée de l'espace.
Chris Carter, l'auteur de la célèbre série des années 90, X-Files, a dû carburer au CE3K pendant plusieurs années avant d'accoucher de sa série.

Lecture cinéphilique en cours :  Godard par Antoine de Baecque.
Une coïncidence ahurissante lors des premières lignes du livre : "Écrire une vie de Godard fait partie de ces projets impossibles dont j'ai toujours voulu me dire : "Je m'y risquerai un jour". Il faut à la fois du temps, un certain entêtement et suffisamment d'énergie. Comme marcher le long du GR5 durant un mois, traverser les Alpes du lac Léman à Nice..."  ce que j'ai fait en septembre 2006. Cette lecture augure bien malgré  ma "détestation" du gars Godard. Mais ce monument du cinéma est incontournable...j'y plonge. Baecque a aussi écrit, avec Serge Toubiana, une très belle biographie de Truffaut pour lequel, je crois, il a une tendresse certaine.

Oscar 1978 : une statuette pour la meilleure cinématographie
Évaluation IMDB :  7,8 sur 10 par 58 060 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB et Wikipédia
Visionné, la première fois, le 15 novembre 1981 à la télévision à St-Antoine-sur-Richelieu
Mon 181ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

jeudi 8 juillet 2010

Bergman. 31ème film. Scènes de la vie conjugale

Poursuite de l'intégrale Bergman. 31ème film

Scener ur ett äktenskap (Scènes de la vie conjugale) réalisé en 1973
Avec Liv Ullmann et Erland Josephson

C'est la première fois que je voyais la version télévisée.
J'avais déjà vu, le 13 mai 1975, au Théâtre St-Denis à Montréal, la version cinématographique des Scènes de la vie conjugale qui était, à l'origine, une série télévisée présentée en Suède en 6 épisodes pendant 6 semaines consécutives en 1973. La version filmique, créée à la demande de distributeurs européens et américain, est une version de la série télévisée, tronquée de 132 minutes.
Maintenant que la version télévisée existe, oublions le film.

On pourrait aussi intituler ce huis-clos théâtral :
Dramatique : L'enfer, c'est nous deux
Gore : Autopsie de la vie de couple
Psychologique : Cours d'alphabétisation pour illettrés émotionnels
Psychosociologique : Il existe une vie après le mariage
Tragicomique : Rater son mariage tout en réussissant son couple
Quoi qu'il en soit, un merveilleux moment à passer et qui n'a pas vieilli d'un iota; le thème étant increvable.
La caméra de  Sven Nykvist fait un travail admirable pour cerner la performance de Liv Ullman qui atteint des sommets dans l'art de transmettre l'émotion. Le dernier plan du 3ème épisode : un grand frisson.

lundi 5 juillet 2010

180. Fassbinder : Die Ehe der Maria Braun

1001 films : Die Ehe der Maria Braun
Titre français : Le mariage de Maria Braun


Film allemand réalisé en 1978 par Rainer Werner Fassbinder (1945-1982)
Avec  Hanna Schygulla, Klaus Löwitsch, Ivan Desny

Commençons par la fin. Sur les dernières images de l'explosion de la maison de Maria (Zabriskie Point, dans nos mémoires) on entend à la radio la victoire de l'Allemagne en coupe du monde de football. C'était en 1954. C'est la fin de l'après-guerre en Allemagne. Fassbinder indique peut-être ainsi que l'Allemagne tourne le dos à son passé et que la reconstruction est en marche. Tourne le dos, oui, mais à jamais hanté par les camps de la mort qui, comme un retour du refoulé, constamment, au cours des décennies suivantes, viendront assombrir l'éclatante réussite économique de la République Fédérale d'Allemagne.
Reprenons au début. Maria se marie avec Herman Braun qui doit partir le lendemain pour le front russe. Considéré mort au combat, puis ressuscité et revenu de l'enfer russe, il se retrouve en prison pour un crime commis par Maria. Le pauvre Herman n'aura jamais de vie conjugale. Pendant ce temps, Maria perd son âme. Pour pasticher un titre précédent de Fassbinder, Ali : Fear Eats Soul, on pourrait intituler ce film Maria : Money Eats Soul que les images aux saveurs de studio hollywoodien ne démentent certainement pas.
La trame mélodramatique du film est un clin d'oeil à Douglas Sirk (d'origine allemande et qu'on retient surtout pour son oeuvre marquée au coin du mélodrame, j'aime All That Heaven Allows), un des cinéastes préférés de Fassbinder et dont il avoue son influence.
J'ai déjà vu Hanna Schygulla dans un spectacle intime il y a une quinzaine d'années à Montréal, au collège où j'enseignais. Elle était divine. J'avais eu l'impression de voir une réplique de Dietrich dont elle a interprété, d'ailleurs, quelques unes de ses chansons. Ce qui nous amène à mettre en parallèle deux grandes machines du cinéma : Sternberg-Dietrich et Fassbinder-Schygulla (20 films ensemble). La même passion de deux réalisateurs pour leur actrice fétiche. Dans Le mariage de Maria Braun, Fassbinder élève Schygulla au niveau du monument. Probablement la plus grande performance de Schygulla en carrière.

Berlin 1979 : Ours d'argent à Hanna Schygulla
Évaluation IMDB : 7,8 sur 10 par 3808 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur Wikipédia
Visionné, la première fois, le 1er novembre 1981 à la télévision à St-Antoine-sur-Richelieu
Mon 180ème film visionné des 1001 films de la liste de Schneider