lundi 24 mai 2010

173. Duvivier : Pépé le Moko

1001 films : Pépé le Moko

Film français réalisé en 1937 par Julien Duvivier (1896-1967)
Avec Jean Gabin, Mireille Balin (destin tragique), Gabriel Gabrio, Fernand Charpin, Lucas Gridoux, Marcel Dalio

Après avoir vu le film en 1980, je l'ai immédiatement recyclé dans mon cours sur L'histoire de la forme urbaine que j'ai donné pendant 30 ans au Collège de Maisonneuve à Montréal  (l'équivalent québécois de Classes Terminales), cours que je donne toujours à l'Université du Troisième Âge de l'Université de Sherbrooke. Ma passion pour la ville y trouve son exutoire.
Donc recyclage de ce film? Dans un chapitre de mon cours, j'abordais la question de la forme de la ville arabe (casbah, médina, mosquée, ruelles, toit-terrasses), et je ne pouvais mieux trouver à l'époque antédiluvienne d'avant Internet et de son Google que d'utiliser ce film pour illustrer ce phénomène urbain. Alors, imaginez la tronche d'étudiants de 18 ans à qui l'on recommande de visionner un film tourné en 1937,  aussi bien dire au Moyen Age - le prof, il débloque complètement, quoi!. Combien de mes étudiants (autour de 5000) ont vu ce film?
Pépé le Moko annonce, par son thème - la Casbah en tant que lieu impénétrable par l'autorité française -  la future bataille d'Alger (1957) durant laquelle les chefs du Front de Libération Nationale (FLN) ont tenu tête à l'armée française pendant des mois en se réfugiant dans la Casbah, les troupes et le matériel militaire étant incapable d'y circuler. Voir, à ce titre, le formidable film de Gillo Pontecorvo, La bataille d'Alger, recensé plus tôt dans ce blog. Encore mieux, lire les 4 tomes sur la Guerre d'Algérie de Yves Courrière. Ce que je m'étais  forcé de faire avant mon périple en Algérie en 1977. Monumental.

Deux photos prises lors de la visite de la Casbah d'Alger en juillet 1977.
Un dédale complexe de rues, inéquat à toutes manoeuvres militaires



















Après le déroulement de la liste des crédits à la mode des années 30 où l'on ne se préoccupe pas de fournir les prénoms pour certains acteurs, on a une convaincante présentation de la forme urbaine de la Casbah, appelée à juste titre, dans le cadre de ce film, le maquis. Mais les images de l'intérieur de la Casbah proviennent de l'oeuvre de Jacques Krauss qui a reconstruit une partie de la Casbah dans les Studios Joinville en banlieue de Paris.
Il est beaucoup question de Paris dans ce film. Pour Pépé, c'est le lieu de la grande nostalgie du temps passé, vers lequel il ne peut retourner.  Et qui mieux que Fréhel, chanteuse de l'entre-deux-guerres, pouvait le mieux nous en transmette toute la poignante tristesse lorsqu'elle chante Où est-il donc? 

Est-ce le plus grand rôle de Gabin? Je ne sais mais c'est probablement celui qui a le plus contribué à définir le style Gabin. 
Un remake a été fait juste un an après l'original, c'est dire l'attrait au box office de Pépé le Moko. Algiers de John Cromwell avec Charles Boyer (le Français d'Hollywood) dans le rôle de Pépé est une réplique presque plan pour plan du film de Duvivier. La petite histoire dit que le producteur de ce film a cherché à récupérer toutes les copies du film original pour les détruire.

Pour un excellent texte sur Pépé le Moko (le moko, en argot, signifie le tatoué), visitez un site ami Zéro de conduite

Évaluation IMDB
: 7,8 sur 10 par 2248 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, à la télévision à St-Antoine-sur-Richelieu en octobre 1980
Mon 173ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

2 commentaires:

  1. Passionnant ce billet ! Je le sentais venir, je n'sais pas pourquoi ;)
    Merci pour le lien collègue !

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