dimanche 30 mai 2010

174. Fosse : All That Jazz

1001 films : All That Jazz
Titre français : Que le spectacle commence


Film américain réalisé en 1979 par Bob Fosse (1927-1987)
Avec Roy Scheider, Jessica Lange, Leland Palmer, Ann Reinking

Je n'avais pas vraiment aimé ce film il y a trente ans et idem pour aujourd'hui.
N'aime pas beaucoup ces films au personnage central ultra-narcissique, surtout en sachant que ce Joe Gideon est la personnification du réalisateur Bob Fosse. On ne peut pas toujours réussir à rejouer Huit et demi et s'en tirer aussi magistralement que Fellini.
Toute l'histoire du film est fortement teintée par l'expérience de mort imminente vécue par le réalisateur 4 ans auparavant lors d'une opération à coeur ouvert. Dans le film, Fosse a tout simplement décidé de pousser l'expérience au point de non-retour. Ce qui nous vaut, pour conclure le film, un bon mais interminable numéro de "musical"  intitulé Bye Bye Life que vous pouvez voir sur You tube.
Autre ratage : les séquences avec l'ange de la mort (Jessica Lange)... d'un cucu!
Ma séquence préférée du film : le numéro de danse du père et de la fille - un rare moment de tendresse dans ce monument d'égocentrisme.

Oscars 1980 : Quatre statuettes mineures : décor, musique, costume, montage
Cannes 1980 : Palme d'or (!!!) du meilleur film ex-aequo avec Kagemusha de Akira Kurosawa
Évaluation IMDB : 7,6 sur 10 par 9302 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, au cinéma Berri à Montréal le 30 octobre 1980
Deux semaines avant de voir ce film, j'avais fait ma première visite à New York durant laquelle j'ai vu, sur Broadway, au Ambassador Theatre, la comédie musicale de Bob Fosse, Dancin'   dont certains éléments ont été repris dans All That Jazz. Dancin' est une comédie musicale qui retrace l'histoire de la danse aux USA. A contribué à développer mon engouement pour la danse au point où j'ai commencé à suivre des cours de danse  Contact Improvisation  qu'on appelait à Montréal en ce temps-là la "danse contact". Brève carrière.
Mon 174ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

lundi 24 mai 2010

173. Duvivier : Pépé le Moko

1001 films : Pépé le Moko

Film français réalisé en 1937 par Julien Duvivier (1896-1967)
Avec Jean Gabin, Mireille Balin (destin tragique), Gabriel Gabrio, Fernand Charpin, Lucas Gridoux, Marcel Dalio

Après avoir vu le film en 1980, je l'ai immédiatement recyclé dans mon cours sur L'histoire de la forme urbaine que j'ai donné pendant 30 ans au Collège de Maisonneuve à Montréal  (l'équivalent québécois de Classes Terminales), cours que je donne toujours à l'Université du Troisième Âge de l'Université de Sherbrooke. Ma passion pour la ville y trouve son exutoire.
Donc recyclage de ce film? Dans un chapitre de mon cours, j'abordais la question de la forme de la ville arabe (casbah, médina, mosquée, ruelles, toit-terrasses), et je ne pouvais mieux trouver à l'époque antédiluvienne d'avant Internet et de son Google que d'utiliser ce film pour illustrer ce phénomène urbain. Alors, imaginez la tronche d'étudiants de 18 ans à qui l'on recommande de visionner un film tourné en 1937,  aussi bien dire au Moyen Age - le prof, il débloque complètement, quoi!. Combien de mes étudiants (autour de 5000) ont vu ce film?
Pépé le Moko annonce, par son thème - la Casbah en tant que lieu impénétrable par l'autorité française -  la future bataille d'Alger (1957) durant laquelle les chefs du Front de Libération Nationale (FLN) ont tenu tête à l'armée française pendant des mois en se réfugiant dans la Casbah, les troupes et le matériel militaire étant incapable d'y circuler. Voir, à ce titre, le formidable film de Gillo Pontecorvo, La bataille d'Alger, recensé plus tôt dans ce blog. Encore mieux, lire les 4 tomes sur la Guerre d'Algérie de Yves Courrière. Ce que je m'étais  forcé de faire avant mon périple en Algérie en 1977. Monumental.

Deux photos prises lors de la visite de la Casbah d'Alger en juillet 1977.
Un dédale complexe de rues, inéquat à toutes manoeuvres militaires



















Après le déroulement de la liste des crédits à la mode des années 30 où l'on ne se préoccupe pas de fournir les prénoms pour certains acteurs, on a une convaincante présentation de la forme urbaine de la Casbah, appelée à juste titre, dans le cadre de ce film, le maquis. Mais les images de l'intérieur de la Casbah proviennent de l'oeuvre de Jacques Krauss qui a reconstruit une partie de la Casbah dans les Studios Joinville en banlieue de Paris.
Il est beaucoup question de Paris dans ce film. Pour Pépé, c'est le lieu de la grande nostalgie du temps passé, vers lequel il ne peut retourner.  Et qui mieux que Fréhel, chanteuse de l'entre-deux-guerres, pouvait le mieux nous en transmette toute la poignante tristesse lorsqu'elle chante Où est-il donc? 

Est-ce le plus grand rôle de Gabin? Je ne sais mais c'est probablement celui qui a le plus contribué à définir le style Gabin. 
Un remake a été fait juste un an après l'original, c'est dire l'attrait au box office de Pépé le Moko. Algiers de John Cromwell avec Charles Boyer (le Français d'Hollywood) dans le rôle de Pépé est une réplique presque plan pour plan du film de Duvivier. La petite histoire dit que le producteur de ce film a cherché à récupérer toutes les copies du film original pour les détruire.

Pour un excellent texte sur Pépé le Moko (le moko, en argot, signifie le tatoué), visitez un site ami Zéro de conduite

Évaluation IMDB
: 7,8 sur 10 par 2248 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, à la télévision à St-Antoine-sur-Richelieu en octobre 1980
Mon 173ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

jeudi 13 mai 2010

172. Avildsen : Rocky

1001 films : Rocky


Film américain réalisé en 1976 par John G. Avildsen (1935)
Avec Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Carl Weathers, Burgess Meredith

Un petit plaisir.
"Mais, dis donc, y va pas nous faire avaler cette bluette bollywoodienne!!!"
Bon, je vous donne des explications avant que vous ne montiez aux barricades. Déjà fait?  Ah bon!
J'avais gardé de ce film un mauvais souvenir - un très mauvais souvenir. Probablement parce que je n'avais retenu que le combat de boxe et sa préparation qui n'arrive pourtant qu'après 75 minutes, tous les critiques en faisant autant, reléguant à la partie congrue la mignonne histoire d'amour.
La petit plaisir :  cette histoire d'amour improbable entre deux "losers", un boxeur à la limite de la déficience intellectuelle (il sera carrément dedans dans le rôle à venir de John Rambo, pourtant Silvester aurait un Q.I de 141; il le cache bien, le coquin!) et une vendeuse de tortues dans une animalerie, me remémorant  le couple Ernest Borgnine et Betsy Blair dans Marty de Delbert Mann, film largement supérieur, quand même.
Autre petit plaisir : une plongée au coeur du désastre urbain de Philadelphie, typique de toutes les villes nordaméricaines de cette époque, au moment où le centre des villes était déserté par la classe moyenne à la poursuite du bonheur urbain dans le grand désert culturel de la banlieue. Aussi une description sensible des quartiers de blancs pauvres de l'Amérique des perdants, terrain fertile pour le Parti Républicain.
Autre autre petit plaisir : un classique du genre "feel-good movie". J'aime bien les "feel good movie", moi qui ai facilement la larme à l'oeil au cinéma.
Anecdote : Le scénario du film écrit par Sylvester Stallone s'inspire directement du boxeur Chuck Wepner, notamment célèbre pour avoir tenu 15 rounds face à Mohamed Ali, le 24 mars 1975, avant de finalement s'incliner par K.O. technique.
Talia Shire (frangine de Francis Ford Coppola), une des plus mignonnes et touchantes laiderons de l'histoire du cinéma.

Oscars 1977 : Trois statuettes pour le meilleur film (oh! horreur, il a battu Taxi Driver - je déteste les Oscars, bon!), le meilleur réalisateur (horreur bis! Ingmar Bergman était en nomination) et le meilleur montage
Évaluation IMDB : 8,0 sur 10 par 91 070 votants
Au 209ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 27 septembre 1980 à la télévision à  St-Antoine-sur-Richelieu
Mon 172ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

lundi 10 mai 2010

Bergman. 29ème film

Poursuite de l'intégrale Bergman. 29ème film

Beröringen (Le lien) réalisé en 1971
Avec Bibi Andersson, Elliott Gould, Max von Sydow

Bergman s'égare dans une coproduction américano-suédoise.
On ne le retrouve pas dans ce film à la mise en  scène conventionnelle. On a l'impression d'un film de commande. La présence de Elliott Gould, très mauvais acteur dans un personnage mal défini, renforce cette impression.
On a beaucoup de peine de voir Bibi Andersson, cette actrice fétiche de Bergman, s'exposer corps et âme dans cette oeuvre mineure.
On est à mille lieues de Persona.
Pour des raisons que j'ignore c'est un des films de Bergman les plus difficiles à trouver- on aurait presque le goût de dire tant mieux.

dimanche 9 mai 2010

Bergman. 28ème film

Poursuite de l'intégrale Bergman. 28ème film

En passion (Une passion) réalisé en 1969
Avec Max von Sydow, Liv Ullmann, Bibi Andersson et Erland Josephson

Après l'intermède télévisuelle de Le rite, retour  au cinéma et fin de ce que j'estime  être une trilogie : L'heure du loup, La honte et Une passion.
Le fil rouge qui unit ces trois films : pleins feux sur un couple joué par les mêmes acteurs (Ullmann-Sydow),
désintégration psychologique de la figure masculine - dans les trois films Max von Sydow  pète les plombs pour finalement disparaître corps et âme dans le dernier plan génial de Une passion.
Les trois films ont été tournés sur l'île Farö dans la mer Baltique, nouveau domicile de Bergman  qui y résidera jusqu'à la fin de sa vie.
Une passion, en couleurs, pour savourer éperdument les yeux bleus de Liv.
Bergman explore encore un peu le déconstructivisme  en intercalant au cours du film des monologues de ses acteurs à propos de leur personnage.

samedi 8 mai 2010

Bergman. 27ème film

Poursuite de l'intégrale Bergman. 27ème film

Riten (Le rite) film tourné pour la télévision en 1969
Avec Ingrid Thunlin, Anders Ek, Gunnar Björnstrand, Erik Hell

Kafka chez Bergman.
Des allures de procès kafkaien. Des comédiens aux prises  avec un procureur qui navigue à vue à la recherche d'une quelconque culpabilité pour un quelconque méfait. Personne ne sait où tout cela s'en va. Mais on assiste à  une lente déstabilisation psychologique chez tous les protagonistes. Un curieux objet claustrophobique.
Un nouveau produit cinématographique chez Bergman : tout en gros plans et plans rapprochés.

mardi 4 mai 2010

Bergman. 26ème film

Poursuite de l'intégrale Bergman. 26ème film
Skammen (La honte) réalisé en 1968
Avec Liv Ullmann, Max von Sydow

Surprise! Bergman tourne un film de guerre. Pour le moins atypique dans sa filmographie.
Mais, c'est la guerre selon Bergman, c'est-à-dire ramenée sur le front de la scène conjugale.
Une  vraie étude de laboratoire.
On voit, chez l'homme surtout, le déroulement des modifications comportementales induites par la guerre  : peur, terreur, lâcheté, désensibilisation et puis, finalement, déshumanisation. La femme, observatrice de cette dégradation chez son  mari, vivra la honte. Un chef d'oeuvre en la matière.

171. Schlöndorff : Die Blechtrommel

1001 films : Die Blechtrommel
Titre français : Le tambour

Film allemand réalisé en 1979 par Volker Schlöndorff (1939)
Avec David Bennent (Oskar), Angela Winkler, Mario Adorf, Daniel Olbrychski, Andréa Ferréol, Charles Aznavour

Au début, le nabot (Oskar), avec son tambour et ses cris à la Castafiore, me tombe royalement sur les rognons, comme dirait ma mère. Puis, lentement, il vieillit même s'il ne grandit pas, because complexe d'Oedipe à la puissance mille et il devient un peu moins antipathique au cours du déroulement de la saga qui nous mène de l'entre-deux-guerres (1927) à la libération (pas sûr) de l'Allemagne par les troupes russes.

Il y a quelque chose que je trouve tordu dans ce film. À chaque visionnement, le même mal à l'aise.
L'histoire d'Oskar ne colle tout simplement pas avec l'Histoire. Ces deux histoires fonctionnent en parallèle. On est constamment ballotté entre les deux et le lien qui les unirait ne fonctionne pas.
Si on opte pour l'histoire d'Oskar, on a une belle  histoire de complexe d'Oedipe qui se dénoue par la mort du père. On a une histoire captivante qui se suffit à elle-même. Pour le reste, l'histoire de la montée du nazisme et des quelques faits d'armes de la guerre, on s'en balance - du tellement déjà vu, d'un tel racolage. Ce ne sont surtout pas les séquences felliniennes des petites personnes qui nous convaincront du contraire.

En voyant Angela Winkler (la mère d'Oskar), constamment en mémoire, un autre film de Schlöndorff, celui-là terrible, L'honneur perdu de Katharina Blum, réalisé en 1975
Cannes 1979 : Palme d'or ex-aequo avec Apocalypse Now, gigantesque - encore un jury qui dort au gaz.
Oscar 1980 : Meilleur film en langue étrangère
Évaluation IMDB : 7,6 sur 10 par 8267 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, au cinéma à Montréal en août 1980Été 1980. Je travaille à la rénovation de ma maison sur les bords du Richelieu en essayant d'oublier l'échec douloureux du référendum du 10 mai 1980 lors duquel 60% de la population québécoise refusa au gouvernement du Parti Québécois, dirigé par René Lévesque, d'entamer des démarches vers la souveraineté du Québec. Peu d'exemples, dans l'Histoire, d'un peuple qui refuse plus de souveraineté. Triste. La même population allait maintenir au pouvoir ce même gouvernement lors d'élections générales en 1981. Essayez de comprendre!
Mon 171ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

dimanche 2 mai 2010

Bergman. 25ème film

Poursuite de l'intégrale Bergman. 25ème film

Vargtimmen (L'heure du loup) réalisé en 1968
Avec Liv Ullmann, Max von Sydow

L'heure du loup est un voyage sans retour au coeur de la psychose. Les hallucinations  du personnage principal qui ponctuent continuellement la trame narrative sont terrifiantes, relèvent du cauchemar. Ajouter à celà le désespoir des nuits sans sommeil à attendre le passage de "l'heure du loup", celle qui vient juste avant l'aube et qui est l'heure où les agonisants trépassent, et vous avez la, probablement, le film le plus sombre de Bergman.
Comme pour la plupart des films de Bergman, la compréhension et l'émerveillement s'accroît avec l'usage
J'ai déjà écrit un commentaire sur ce film