dimanche 28 mars 2010

166. Allen : Sleeper

1001 films : Sleeper
Titre français : Woody et les robots

Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1973 par Woody Allen (1935)
Avec Woody Allen et Diane Keaton

Suite du bêtisier des traductions de titre de film :
Encore une traduction ahurissante du titre d'un film américain.
Connaissez-vous un autre film dans lequel l'on retrouve le prénom de l'acteur principal dans le titre?
Imaginons Il buono, il brutto, il cattivo de Sergio Leone traduit par Clint, la brute et le truand.
Allen fut tellement en colère contre ce titre (inventé par un distributeur québécois) qu'il a fait mettre dans tous les contrats de distribution de ses films l'interdiction d'utiliser son nom dans les titres de ses films.

Un film de science-fiction de Woody Allen, il fallait s'attendre à une satire de ce type de film. On n'est pas déçu. L'histoire, vaguement inspirée d'une oeuvre de H.G. Wells, "The Sleeper Awakes" publié en 1910, n'est qu'accessoire. C'est plutôt l'occasion pour Allen d'aligner une pléthore de gags à la manière d'un stand-up comic.

En voici trois que j'aime bien :

Keaton : "C'est incroyable, vous n'avez pas fait l'amour depuis 200 ans?
Allen : Plutôt 204, si on compte mon mariage.

Allen : Mon cerveau est mon deuxième organe favori.

Allen : J'ai manqué deux cents ans de rendez-vous avec mon psychanalyste. Si je ne les avais pas manqués, je serais probablement presque guéri aujourd'hui.
Pauvres shrinks (slang qui signifie professionnels de la santé mentale), Allen les maltraitera régulièrement dans tous ses films des années 70.

J'aime bien aussi que dans ce film l'on prenne à contre-pied les tendances à diaboliser certains comportements de masse- par exemple, le tabac et le fast food, après de nombreuses études faites au 22ème siècle, sont déclarés bénéfiques pour la santé. J'adore.

Autre moment tripatif (comme dirait le légendaire Jacques Languirand, animateur depuis près de 40 ans d'une émission "new age", Par quatre chemins, à la radio de Radio-Canada) : Diane Keaton imitant Marlon Brando dans A Streetcar Named Desire.

Évaluation IMDB : 7,3 sur 10 par 14 699 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en mars 1980 à la télévision à Montréal
Mon 166ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

vendredi 26 mars 2010

Bergman. 19ème film

Poursuite de l'intégrale Bergman. 19ème film.

Djävulens öga (L'oeil du diable) réalisé en 1960.

Petite comédie théâtrale amusante.
Don Juan est envoyé par Satan sur la Terre pour séduire, avant son mariage, une jeune fille encore vierge. Contre toute attente, Don Juan tombera en amour (qui pourrait résister à Bibi Andersson? même Ingmar n'a pas su) mais il ne soutirera que de la pitié de la part de la jeune fille : humiliation et damnation.

Mais ce qui, pour moi, est la partie la plus intéressante du film c'est la relation entre le serviteur de Don Juan, Pablo et Renata, la mère de la jeune fille qui est, en soit, une petite ode à la passion amoureuse.

Film mineur de Bergman qu'il a lui-même dénigré.

dimanche 21 mars 2010

165. Allen : Manhattan

1001 films : Manhattan

Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle
Top 100

Film américain réalisé en 1979 par Woody Allen (1935)
Avec Woody Allen, Diane Keaton, Mariel Hemingway, Michael Murphy, Meryl Streep

Annie Hall puis Manhattan, c'est le festival New York - jamais cinéaste n'a démontré une telle passion pour cette ville.

Quelle belle entrée en matière pour Manhattan : sur le "Rhapsody in Blue" de Gershwin, 60 plans en noir et blanc de New York en 4 minutes - au 4ème plan, le titre du film sur une affiche lumineuse. En observant bien, on remarque que les tours du World Trade Center sont déjà disparus du paysage newyorkais. Mais qu'on pourrait donc se passer du bavardage de Allen pendant toute cette séquence. A pu être drôle à l'époque de la sortie du film mais d'une platitude désarmante aujourd'hui, en plus d'interférer avec la musique de Gershwin.

Un des plans les plus émouvants du film - le dernier - quand Isaac (Allen), 42 ans, découvre que Tracy (Hemingway), à 17 ans (Mariel Hemingway a réellement 17 ans, d'où ce visage qui sort à peine de l'enfance), a atteint une maturité émotionnelle qu'il ne soupçonnait pas et surtout que lui-même n'a toujours pas. D'où ce gros plan sur le visage presque enfantin d'Isaac.
Prémonition que ce film : en 1997, Allen, 62 ans, va épouser la fille adoptive de sa conjointe Mia Farrow, Soon-Yi Previn, agée de 27 ans. Dans le film Wild Man Blues de Barbara Kopple, traitant de la vie musicale d'Allen (clarinettiste), l'on constate que la relation amoureuse entre Allen et Previn était déjà inscrite dans Manhattan.

Why is life worth living
Séquence que l'on s'est tous jouée au moins une fois dans sa vie; voici celle de Woody Allen.
J'adore cette réplique "brise-coeur" de Tracy lorsque Isaac lui annonce la fin de leur relation: "Now, I don't feel so good". Mariel Hemingway, 17 ans, est criante de vérité. Je me suis rejoué cette séquence une dizaine de fois.

Connaissant mon amour inconditionnel pour Bergman vous ne serez pas surpris de mon bonheur à entendre Isaac mais, en fait, Woody Allen, dire que "Bergman is the only genius in cinema today" et de mettre le cinéma suédois dans sa liste des choses qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue.

César 1980. Meilleur film étranger.
Évaluation IMDB : 8,1 sur 10 par 36 247 votants.
Au 219ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en janvier 1980 au cinéma Montparnasse à Paris
Court séjour de deux semaines à Paris pendant la période de Noël, marqué par l'invasion soviétique de l'Afghanistan.
Séjour un peu tristounet : froid, pluie, neige!, terrasses fermées, pas vu le soleil pendant 15 jours, de quoi s'ennuyer des ciels bleus d'acier des hivers québécois... mais pas de ce qui vient avec, les -25C. Mais la météo, on s'en fout; Paris, ville que j'aime, est mille fêtes.
Mon 165ème film visionné des 1001 films de Schneider

samedi 13 mars 2010

164. Hitchcock : Rear Window

1001 films : Rear WindowTitre français : Fenêtre sur cour

Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle
Top 100

Film américain réalisé en 1954 par Alfred Hitchcock (1899-1980)
Avec James Stewart, Grace Kelly, Thelma Ritter, Wendell Corey

Comme souvent chez Hitchcock, il ne se passe rien que du banal dans les 30 premières minutes (je pense, entre autre, à The Birds ou bien Psycho).
Fenêtre sur cour (titre plus intéressant que sa version anglophone, une fois n'est pas coutume) commence comme une histoire de célibataire endurci qui résiste, comment peut-il faire si ce n'est à cause d'un bon fond de misogynie bon enfant, aux propositions de mariage de Grace Kelly, la divine. On surveille le moment où l'histoire va basculer vers le vrai propos du film ce qui prendra un bon 30 minutes. J'adore cette partie du scénario. Ça marche à tout coup pour moi. Comme dans The Birds, où je me prépare pendant 40 minutes à recevoir le plan où Tippi Hedren va se faire attaquer par un oiseau et permettre, enfin, à l'histoire de commencer.

Hitchcock invente le zapping : les fenêtres de l'immeuble comme autant de chaînes télévisées que James Stewart visite à tour de rôle à l'aide de sa lentille téléscopique; chacune des chaînes ou fenêtres présentant une variation sur le thème de la vie amoureuse.

Hitchcock nous donne à voir l'un des plus beaux baisers du cinéma :


Ce film me rappelle le roman de Georges Perec, La vie mode d'emploi dans lequel Perec décrit la vie de tous les habitants d'un immeuble du 17ème arrondissement de Paris. Vous connaissez mon goût un peu pathologique pour les intégrales, listes et autres compilations, vous comprendrez pourquoi j'ai adoré ce livre d'un auteur qui a des passions semblables. Auteur au destin tragique que j'ai eu le bonheur de rencontrer chez des amis français à Montréal à peu près à l'époque de mon premier contact avec Rear Window.

Résumé et commentaire sur un site ami Zéro de conduite
Évaluation IMDB
: 8,7 sur 10 par 111 265 votants.
Au 20ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1979 à la télévision à Montréal
Mon 164ème film visionné des 1001 films de Schneider

mercredi 10 mars 2010

Bergman. 18ème film

Poursuite de l'intégrale Bergman. 18ème film.
Jungfrukällan (La source) réalisé en 1960.

À 18 ans, ce fut ma porte d'entrée dans l'univers de Bergman. J'en fus bouleversé pendant plusieurs jours.
Quel scénario épuré - l'essentiel.
Histoire élaborée à partir d'une chanson folklorique suédoise du 13ème siècle que Bergman avait étudiée lors de ses études universitaires.
Nous sommes au moyen âge, le christianisme s'introduit lentement dans la société suédoise remplaçant la pratique du paganisme. Une jeune fille va à la ville y faire des dévotions mais en route elle rencontre l'abîme. Je n'en dis pas plus sinon que jamais on ne pourra illustrer aussi bien l'adage qui dit que la vengeance est un plat qui se mange froid.

Deux acteurs brûlent carrément l'écran :
Max von Sydow, l'acteur sans âge. Il est déjà vieux dans ce film tourné en 1959 et dire que je l'ai vu hier dans le dernier Scorsese.
Gunnel Lindblom, une actrice de second rôle chez Bergman, est envoutante dans ce film.

Un sous-produit du film de Bergman : cette ballade chantée par Isabelle Audret


Un peu de littérature.
Dans une entrevue radiophonique de 1960 (en parallèle avec l'intégrale Bergman en cours, je lis l'oeuvre totale sur ce cinéaste, The Ingmar Bergman Archives), Ingmar Bergman faisait part de ses préférences littéraires; en tête de liste, Les gens de Hemsö de August Strindberg (1849-1912) qui, comme par hasard, se retrouve sur ma table de chevet... le livre, pas Strindberg...

mercredi 3 mars 2010

Bergman. 17ème film

Poursuite de l'intégrale Bergman.
17ème film.
Ansiktet (Le visage) réalisé en 1958.

Une troupe de magiciens qui parcourt la Suède du 19ème siècle. Une histoire d'humiliation et de vengeance. Les sceptiques seront confondus.

Le visage, c'est celui du magicien Vogler (Max von Sydow) qui nous glace dès les premières scènes - une réussite à ce point de vue.

Mais le visage qui me touche le plus et c'est comme ça dans chacun de ses films, c'est celui d'Ingrid Thulin, la dame au visage de marbre. Toujours cette même dureté du visage qui couve, on le souhaite tellement, un volcan émotionnel. Quand il y a fissure dans ce masque on assiste à une plongée au coeur de l'émotion comme dans Au seuil de la vie, film qui précède celui-ci dans la filmographie de Bergman.

mardi 2 mars 2010

163. Cocteau : La belle et la bête

1001 films : La belle et la bête

Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film français réalisé en 1946 par Jean Cocteau (1889-1963)Avec Jean Marais, Josette Day, Michel Auclair, Mila Parély, Nane Germon

Jean Cocteau, le prince.
J'ai voué un culte fou à Jean Cocteau au cours de ma vingtaine. Déjà la manie des intégrales était en marche, alors j'ai tout lu Cocteau. Le refus inconscient de quitter mon enfance était possiblement le fil rouge (terme psychanalytique; ça tombe bien, ce film est inondé par la symbolique freudienne) de cette passion. En tout cas, c'est ce qui nous touche chez Cocteau - l'enfance à jamais. Ah mourir noyée dans la fontaine de jouvence!

Quel beau film! Je m'attendais (je ne me rappelais plus de ce film que ma mémoire confondait constamment avec Peau d'âne de Jacques Demy) à une fantasmagorie en noir et blanc truffé de trucs onirico-surréalistes alors qu'on se retrouve devant un chef-d'oeuvre du cinéma fantastique.
Totalement emballé par la caméra d'Henri Alekan, un des plus grands opérateurs français avec Raoul Coutard.

Un conte pour enfants? Surtout pas. La charge érotique de ce film les laissera de glace alors que nous ferons le décompte des symboles sexuels.

La transformation de la Bête en Prince charmant est décevante. On est immédiatement en deuil de la Bête. Le prince de pacotille ne fait carrément pas le poids. En y regardant bien, la Belle semble du même avis. On aurait le goût de dire comme Greta Garbo après avoir visionné le film : "Rendez-nous notre Bête".

Évaluation IMDB : 8,1 sur 10 par 8979 votants
Toutes les informations sur le film sur Wikipédia
Visionné, la première fois, en 1978 à la télévisionMon 163ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider