mardi 28 décembre 2010

193. Imamura : La ballade de Narayama

1001 films  : Narayama-bushi kô
Titre français : La ballade de Narayama

Film japonais réalisé en 1983 par Shôhei Imamura (1926-2006)
Avec Ken Ogata, Sumiko Sakamoto, Tonpei Hidari, Aki Takejô, Shoichi Ozawa

Ça commence par de beaux paysages de neige, parmi les plus beaux qui soient. Les conifères, les collines, les maisons dispersées dans la vallée, on se croirait presque dans le Québec du 19ème siècle. On a tourné le film dans la région de Nagano, une des régions les plus neigeuses de l'archipel japonais - vous vous souvenez peut-être des chutes de neige apocalyptiques pendant les jeux olympiques d'hiver de 1996.
Choc brutal pour toute une population qui associe Asie avec été permanent et chaleur insupportable.
Toujours en  amour avec ce film, vu il y a près de 30 ans.
Une meilleure compréhension cette fois-ci grâce aux surtitres anglais qui expliquent les termes japonais qu'on ne pourrait pas connaître autrement. Je pense à yakko - terme utilisé pour qualifier les garçons d'une famille qui ne sont pas les aînés et qui n'ont pas le droit de se marier et d'avoir d'enfants.  Une méthode pour limiter la croissance démographique dans certaines régions du Japon ancien.
D'autres méthodes pour temporiser la croissance démographique : enterrer les voisins qui  ne respectent pas les règles de la tribu, euthanasier les vieux de plus de 70 ans - y a pas à dire, les Japonais ont une sacrée expertise en la matière. Pas surprenant qu'ils furent les premiers à utiliser l'avortement systématique comme méthode de contraception après la Seconde guerre mondiale.
Malgré ce qui précède, on assiste à un festival de la copulation; surtout du règne animal - impression, parfois, d'assister à un documentaire bien  léché.
La dernière demi-heure du film est un grand moment de cinéma. C'est la randonnée du fils qui porte sa mère sur ses épaules afin de la grimper au sommet du Narayama où elle ira mourir - tragédie mais aussi sérénité au diapason de la neige qui vient feutrer ce moment qui nous fait horreur.

Il existe, de ce film, une version antérieure, datant de 1958, Narayama bushiko de Keisuke Kinoshita que certains critiques trouvent meilleure que celle de Imamura. On peut se la procurer sur Amazon en version VHS. Truffaut en a fait une courte critique dans le numéro 88 (octobre 1958) des Cahiers du Cinéma.
Cannes 1983 : Palme d'or
Évaluation IMDB : 7,8 sur 10 par 2376 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 27 décembre 1983 au cinéma de Ste-Foy à Québec
Mon 193ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

jeudi 23 décembre 2010

Intégrale Kurosawa. 8ème film : Le duel silencieux

Huitième film de l'intégrale Kurosawa

Shizukanaru kettô (Le duel silencieux) (The Quiet Duel) sorti le 13 mars 1949
Avec Toshiro Mifune, Takashi Shimura, Miki Sanjo, Kenjiro Uemura

Oublions ce  faux pas.
Un mélodrame ennuyeux tourné en studio avec un Mifune qui joue aussi faux que mon xylophone vertical lorsque, dans mon adolescence, je paradais dans une troupe  de tambours et clairons dans les rues de Québec en plein Carnaval d'hiver par moins 20 degrés, (il y a longtemps que je voulais la placer, celle-là!).
À voir pour les premières séquences dans un hôpital militaire; du Kurosawa à son meilleur - séquences qui ont sûrement inspiré les concepteurs de M.A.S.H. Puis, retour à Tokyo, où tout s'affadit et s'enlise dans un mélodrame un peu pompier. Kurosawa ne retournera pas dans ce type de cinéma.

mercredi 15 décembre 2010

192. Attenborough : Gandhi

1001 films : Gandhi

Film américano-britannique réalisé  en 1982 par Richard Attenborough (1923)
Avec Ben Kingsley, Candice Bergen, John Gielgud, Trevor Howard, John Mills, Martin Sheen et, pour la première fois au cinéma, Daniel-Day Lewis.

Je viens de voir pour la Xème fois Miracle on 34th Street, version 1994, film que nous regardons en famille à chaque Noël. Richard Attenborough y joue le Père Noël; on pourrait  penser qu'on est à des années-lumières de son Gandhi. Mais, à y regarder de près, le personnage de Gandhi tel que présenté dans ce film est tout aussi édulcoré que le bouffon à barbe blanche. Ouais, un peu tiré par les cheveux, si je puis dire, mais c'est quand même ce qui ressort de cette biopic univoque.
Agaçant : la lutte de Gandhi en Afrique du Sud contre la discrimination envers les Indiens fait l'impasse sur la situation des Noirs. Silence surprenant.
Mais ce qui est encore pire c'est de voir ce jeune avocat s'insurger contre cette situation intolérable alors que dans son pays le système de castes, autrement plus injuste, est érigée en institution - comme apartheid on peut difficilement faire mieux. Le film passe sous silence cette scandaleuse situation qui perdure toujours.
Agaçant : Encore un film style "sanglot  de l'homme blanc";  Attenborough est un digne représentant de toute une classe d'individus qui, pour se faire pardonner d'avoir appartenu à un régime colonialiste, nous produit un film dithyrambique sur un personnage dont la part d'ombre n'est jamais montrée.
Le cinéma à titre de thérapie collective - on se sent tellement bien dans sa peau quand on peut partager la lutte d'un juste contre nos systèmes oppresseurs d'alors. Allez, une tartine de bons sentiments... une et 8 Oscars hollywoodiens avec ça.
Gandhi, en fait, c'est, contrairement aux apparences, l'histoire d'un échec. La libération du joug coloniale me semble une bien mince victoire comparée à la destruction de la société  indienne qui s'ensuivra (la partition de l'état), au maintien du système des castes, à 50 années de pauvreté extrême (l'Inde appartenant pendant cette période au Quart-Monde, les plus pauvres parmi les pauvres) et surtout à l'utilisation de la violence comme outil de gestion des tensions politiques. La non-violence est morte à Delhi, le 30 janvier 1948.

Oscar 1983 : Huit prix dont celui du meilleur film, du meilleur réalisateur, de la meilleure photo et du meilleur acteur à Ben Kingsley.
Évaluation IMDB : 8,2 sur 10 par 52 763 votants
Au 180ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 4 décembre 1983 au cinéma Outremont à Montréal
Mon 192ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

mardi 7 décembre 2010

Intégrale Kurosawa. 7ème film : L'ange ivre

Septième film de l'intégrale Kurosawa

Yoidore tenshi (Drunken Angel) (L'ange ivre) sorti le 27 avril 1948
Avec Toshiro Mifune (1er film avec K.) et Takashi Shimura (déjà son 6ème film avec K.).
Deux des plus prolifiques acteurs de l'histoire du cinéma japonais (plus de 400 films à eux deux), je voulais dire plus grands mais ma connaissance du cinéma japonais est trop sommaire.

Premier grand film de Kurosawa. Selon lui, son premier film totalement  personnel. On y retrouve le prototype de plusieurs de ses films : le duel.
L'ange ivre, c'est l'histoire d'une confrontation entre un médecin alcoolique (l'ange du titre) et un petit pégreux atteint de tuberculose dans un quartier déshérité baignant dans les miasmes d'un marécage infect. Cet étang est au coeur du film; tel un léviathan, il menace d'y engloutir les téméraires qui s'en approchent de trop près.
Au coeur du film également par sa force symbolique.Mais l'analogie est un peu trop appuyée entre cet étang putride et les yakuza du quartier.
J'ai un peu de problème avec la trame musicale du film : la valse des coucous me tombe royalement sur les nerfs et la pièce, The Jungle Boogie, composée par Kurosawa, m'apparaît complètement tonitruante et "off-beat". J'ai souvent de la difficulté avec certains éléments musicaux de Kuro - je pense,entre autre, à l'extrait de Carmen de Bizet dans Un merveilleux dimanche - débandant, si j'ose dire.
Mifune et Shimura portent ce film à bout de bras - des performances inoubliables.

mardi 30 novembre 2010

191. Pollack : Tootsie

1001 films : Tootsie

Film américain réalisé en 1982 par Sydney Pollack (1934-2008)
Avec Dustin Hoffman, Jessica Lange, Teri Garr, Bill Murray

Film amusant, à thèse grosse comme une maison.
Me souvenait m'être beaucoup amusé en voyant ce film. Mais 27 ans plus tard et trop de merveilleux films vus entre temps, tout ça ne m'apparaît  plus que comme une comédie de boulevard. du matériel à théâtre d'été (l'équivalent québécois du théâtre de boulevard français) et le théâtre d'été, pas capable de piffer. Le théâtre d'été  comme les romans de vacances sont des produits culturels qui m'horripilent. C'est comme si, parce que c'est l'été ou que c'est les vacances, il fallait diluer dans l'insignifiance nos pratiques culturelles.
Revenons au film.
Quand on regarde le personnage de Tootsie, ce n'est pas une femme que l'on voit mais une drag queen. Personne ne peut penser, surtout dans le milieu newyorkais, qu'il peut y avoir une femme sous cette horrible perruque et ces lunettes insensées. Évidemment, avec un tel personnage, tout déboule rapidement dans le burlesque et l'humour facile et l'on se retrouve dans une typique screwball comedy des années 30 - voir l'affiche ci-jointe.
Ce qui m'agace aussi dans ce genre de film c'est l'approche industrielle du scénario; pas moins de six personnes y ont participé afin d'extirper toute l'essence humoristique que peut apporter ce comique de situation.
Mais c'est Pollack qui est aux commandes, alors on retrouve un produit filmique de haute qualité, divertissant et drôle. Ne boudons pas notre plaisir - on s'amuse quand même un peu.

Oscar 1983 : Statuette à Jessica Lange pour  la meilleure actrice dans un second rôle
Évaluation IMDB : 7,4 sur 10 par 32 145 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en avril 1983 au cinéma Champlain à Montréal
Mon 191ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

mardi 23 novembre 2010

190. Wajda : L'homme de fer

1001 films : Czlowiek z zelaza
Titre français : L'homme de fer

Film polonais réalisé en 1981 par Andrzej Wajda (1928)
Avec Jerzy Radziwilowicz, Krystyna Janda

Suite de L'homme de marbre, tourné 4 ans auparavant.
L'homme de marbre (Mateusz Birkut) a été abattu lors des émeutes de 1970. L'homme de fer, son fils, reprend le flambeau lors des  grèves du chantier naval de Gdansk; grève qui dans la réalité est dirigée par Lech Walesa (qui joue son propre rôle dans le film) à la tête de Solidarność.
On a l'impression d'assister à l'histoire en direct; ce sont les débuts de la chute du "rideau de fer". Le tournage et la sortie de ce film furent un acte politique à l'instar de la grève de Gdansk. Les Soviétiques ne s'y sont pas trompés en démolissant ce film. Ils sentaient que ce film participait d'un mouvement qui allait, éventuellement, mettre fin à l'aventure catastrophique du communisme au 20ème siècle; une belle idée inventée par l'homme mais corrompue, déchue par l'abus de pouvoir d'une classe politique.

Dans la victoire de Solidarnosc, il y l'église catholique derrière. L'élection  d'un pape polonais en 1978 (Jean-Paul II) a ranimé le catholicisme  en Pologne qui devint un élément important dans la  lutte de libération de ce peuple et de la chute du Bloc de l'Est. Pas facile pour moi, anticlérical  et anti-religieux invétéré, de parler en bien de l'Église catholique. Mais il  faut bien admettre, qu'à certaines occasions (pensons, entre autre, à la théologie de la libération en Amérique latine), elle fut du côté des déshérités, des masses oppressées. Ici au Québec, je pense à l'archevêque de Montréal, Joseph Charbonneau, qui appuya une des grèves les durs et les plus célèbres de l'histoire du mouvement syndical québécois, celle des travailleurs de l'amiante d'Asbestos de 1949

Cannes 1981 : Palme d'or
Évaluation IMDB : 7,6 sur 10 par 856 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 20 février 1983 à la télévision à Montréal
Mon 190ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

dimanche 21 novembre 2010

Intégrale Kurosawa : 6ème film. Un merveilleux dimanche

Sixième film de l'intégrale Kurosawa

Subarashiki nichiyôbi (One  Wonderful Sunday) (Un merveilleux dimanche) sorti le 25 juin 1947

Comment une telle oeuvre a-t-elle pu rester dans l'ombre si longtemps? De la graine de chef d'oeuvre tout simplement.
Un couple d'amoureux, sans le sou, essaie de tirer le meilleur parti  de sa sortie hebdomadaire.
Kurosawa nous donne une leçon de néo-réalisme. Pendant les deux tiers du film, nous assistons à la pérégrination du couple dans les rues du Tokyo d'après-guerre, à la recherche de petits plaisirs pour combler leur désoeuvrement. Toute la panoplie des émotions traverse, à tour de rôle, chacun des personnages mais on est frappé par l'absence d'actes de tendresse - pas de contacts physiques entre eux (culture japonaise oblige?) sinon, furtivement, à la toute  fin de la journée.

Alors que  tout le film est criant de réalisme, tout à coup, au deux tiers du film, on se retrouve en studio, dans un décor malhabilement construit, hors de la  réalité, dans un univers onirique. On pense tout de suite que le scénariste veut nous dire que le seul exutoire viable à cette vie de couple vouée à l'échec est le rêve, l'espoir dans un futur réparateur  mais la symbolique est un peu trop  lourde...on patauge carrément dans le mélodrame larmoyant. En anglais, on dit corny, mot qui me fait penser à ces vieilles photos jaunies dont les coins s'arrondissent.

J'aime beaucoup les films tournés dans les zones urbaines. Je suis toujours à l'affût d'éléments à l'arrière-plan qui pourraient faire signe. Exemple intéressant que cette affiche de boutique sur laquelle est écrit "Souvenire"(sic), seul signe de l'occupation  américaine de tout le film.

jeudi 18 novembre 2010

Les 1000 meilleurs flms du 20ème siècle : Méthodologie


Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle
Troisième édition

Une liste pour me faire plaisir
J'ai beaucoup consulté de listes de "meilleurs films" depuis 4 ans. C'est un exercice qui me passionne.
Ces listes, constamment, remettent en question mes propres choix ciné mais me permettent aussi de découvrir de nouveaux films dont j'ignorais l'existence ou qui ne m'avaient jamais attiré.
Je dirais que c'est la fonction numéro un de ces listes : donner le goût de voir des films et sortir de ses propres sentiers battus.
La lecture de ces listes est toujours un peu frustrante; on trouve hallucinant certains choix ou bien on est dégoûté par un choix résolument ethnocentrique. D'où le goût de confectionner une liste en combinant plusieurs listes provenant de pays différents.
La liste des 1000 meilleurs films du vingtième siècle a été confectionnée à partir de 19 listes provenant de sept pays différents : France, USA, Royaume-Uni, Québec, Allemagne, Brésil, Cuba.
Pourquoi s'arrêter à l'an 2000?
Parce que les listes compilées s'arrêtent à des années différentes (entre 2001 et 2008). Mais aussi, sans recul d'au moins 10 ans, il est difficile de dégager les films qui feront l'histoire du cinéma par rapport aux coups de coeur instantanés à la merci du contexte sociologique ambiant.
Pourquoi sept pays différents?
Afin de minimiser le biais national qu'on peut rarement éviter dans ce genre d'exercice.
Pourquoi seulement sept?
Tout simplement, parce que je n'ai pas encore réussi à dénicher des listes provenant d'autres pays. J'aimerais bien, par exemple, tomber sur une liste des 100 meilleurs films du monde d'un grand critique japonais ou chinois ou espagnol ou italien, etc.
Pas de vox populi
Aucune liste retenue n'est construite à partir de sondages d'opinion qui n'ont aucune crédibilité, à mes yeux. On ne demande pas aux gens de choisir entre deux marques de Yogourt mais entre 100 000 films (probablement plus). Il faut donc s'assurer que les personnes qui contribuent à la confection de la liste jouissent d'une crédibilité raisonnable; on peut raisonnablement penser qu'un critique de cinéma ait vu plus de 10 000 films ce qui n'est pas le cas de chacun des votants à Internet Movie Database, par exemple.

Listes compilées
1. 1001 Movies You Must See Before You Die. (International avec une dominante USA)
Titre pour le marché français : 1001 films à voir avant de mourir avec des modifications du contenu (retrait de films peu connus remplacés par des films français très populaires)
Sous la direction de Steven Jay Schneider, 72 personnes provenant de différents pays (mais majoritairement des USA) ont contribué à sélectionner ces films et à en rédiger les notices.
2. Les Cahiers du Cinéma (France)
En novembre 2007, 78 critiques et historiens du cinéma, tous des Français, réunis par les Cahiers du Cinéma, ont sélectionné les 100 meilleurs films de tous les temps.
3. Mediafilm (Québec)
Mediafilm est l’agence de presse cinématographique responsable de l’attribution des cotes (1 à 7 : 1 pour chef-d'oeuvre et 7 pour navet) dans les journaux, télé-horaires, médias électroniques du Québec. J'ai retenu les films cotés 1 et 2
4. Time Out : 1000 Films to Change Your Life (Royaume-Uni)
Les rédacteurs du célèbre Time Out Film Guide ont édité cette compilation en 2006.
5. Sight and Sound (Royaume-Uni)
Sight and Sound est une revue de cinéma britannique publiée par le British Film Institute depuis 1932. Les 60 meilleurs films de tous les temps.
6. 501 Must-See Movies (Royaume-Uni)
Livre publié en 2004.
7. Ciné-club de Caen (France)
Les 100 meilleurs films sélectionnés par les organisateurs de ce ciné-club
8. Monsieur Cinéma. Nos films de toujours.(France)
L'équipe de Monsieur Cinéma a constitué "une dévédéthèque" idéale de 350 films
9. Les meilleurs films des années 19.. (Allemagne)
Sous la direction de Jurgen Muller des éditions Taschen, les rédacteurs ont choisi les meilleurs films de chacune des décennies du 20ème siècle. En tout, 866 films ont été ainsi choisis.
10. Village Voice (USA)
Les 100 meilleurs films d'après les critiques de cinéma du célèbre hebdo culturel newyorkais.
11. Time Magazine (USA)
Les 100 meilleurs films sélectionnés par les deux critiques du cinéma du magazine
12. Jonathan Rosenbaum (USA)
Célèbre critique de cinéma du Chicago Reader.
Un blog énorme, à couper le souffle quant à la quantité et à la qualité des analyses filmiques. 1000 films
13. Cinéfiches (France)
Les meilleurs films (j'en ai retenu 800) d'après le fondateur-responsable de cette immense banque de données sur le cinéma. Un cinéphile qui a vu plus de 25 000 films. De quoi j'ai l'air, moi, avec mes 4500 films?
14. David Thompson (USA)
Critique américain.
Ses 1000 meilleurs films sont analysés dans son bouquin: "Have You Seen...?"
15. They Shoot Pictures, Don't They? (International)
Site internet. La liste des 1000 meilleurs films est la compilation de plus 2700 listes diverses (du bon et du moins bon, on s'en doute).
16. Guardian (Royaume Uni)
Les 1000 meilleurs films d'après le quotidien britannique
17. Epoca (Brésil)
Hebdomadaire brésilien.
Enquête auprès des critiques de cinéma brésilien. 232 films retenus.
18. Roger Ebert (USA)
Grand critique de cinéma américain. Probablement le plus connu actuellement. Sa sélection des 325 meilleurs films.
19. Miradas (Int)
Miradas est une revue de cinéma cubaine. Une compilation des 100 meilleurs films a été établie à partir du choix d'une douzaine de personnalités liées au cinéma (critiques, réalisateurs) et provenant de différents pays.

Pour  cette édition, j'ai décidé de procéder à la manière de Schneider, pas de classement. Je présenterai les films par ordre chronologique de production.
Liste complète

samedi 13 novembre 2010

Intégrale Kurosawa : 5ème film. Je ne regrette pas ma jeunesse


Cinquième film de l'intégrale Kurosawa

Waga Seishun ni Muinashi (No Regrets for Our Youth) (Je ne regrette pas ma jeunesse).
Sorti le 29 octobre1946
1946. Enfin, Kurosawa se libère de la chape de plomb de la censure militaire; c'est probablement pour sa nouvelle liberté de réalisateur qu'il rédige cet intertitre à la fin de son film : "War is lost. Freedom is won."
Avec la défaite japonaise, c'est la fin de 15 années de régime militariste. Kurosawa a choisi son camp, celui des pacifistes qui s'opposent depuis les tout débuts à ce régime oppresseur. Toute la trame de  fond de ce film réside dans l'opposition entre les deux camps.
Sur cette trame de fond, on assiste au parcours d'une jeune femme, fille d'un professeur d'université congédié pour ses prises de position en faveur de la liberté d'expression (fait vécu, Takikawa Incident, 1933). Kurosawa trace un portrait de femme étonnamment libérée pour cette société japonaise qui est à des années-lumières du concept de la libération de la femme (quelle société ne l'est-elle pas, à ce moment-la?). Il en subira, d'ailleurs, les foudres de la critique et des milieux intellectuels.
Voilà, c'est ici que commence l'itinéraire des chefs-d'oeuvre de Kurosawa. 
Avec la merveilleuse Setsuko Hara que j'ai tellement aimé dans les films de Yasujiro Ozu où on la retrouve à six reprises. Ci-dessous, un court métrage français, La disparue, retrace la carrière énigmatique de la plus célèbre actrice de l'histoire du cinéma japonais. Une destinée à la Garbo, toutes deux disparaissant prématurément de l'écran, au sommet de leur gloire et de leur art.
    

lundi 8 novembre 2010

189. Wajda : L'homme de marbre

1001 films :Czlowiek z marmuruTitre français : L'homme de marbre

Film polonais réalisé en 1977 par Andrzej Wajda ( 1926 )
Avec Jerzy Radziwilowicz, Krystyna Janda

Que le temps passe.
Vingt ans déjà que le communisme en Europe a rendu les armes. Les lendemains qui devaient chantés ont plutôt mené à d'énormes désenchantements. Revoir ce film plus de 30 ans après sa sortie, dans le contexte d'une Pologne membre de l'Union européenne, est une expérience différente. 
En 1977, on était corps et âme avec Wajda et ses collègues dans leur combat pour la recherche et l'expression de la vérité. On ne sent plus l'anxiété liée à cette  lutte contre un régime totalitaire.
Mais on admire toujours ce travail de débroussaillage de la vérité - mettre au jour l'énorme imposture du communisme stalinien; je ne sais pas pourquoi j'ajoute cet adjectif. Le communisme tel que pratiqué à l'Est; la fin de l'idéal de plusieurs générations.

J'aime bien  le premier plan qui sera repris quelques fois tout au long du film : un long travelling arrière accompagnant deux personnages dans la traversée interminable d'un  long corridor. Le record de durée pour ce type de travelling appartient à Jean-Pierre Lefebvre dans le film Jusqu'au coeur que personne qui lit ce blog n'a vu et ne verra probablement jamais. Remplacer le corridor par la coursive d'un "laker", long bateau qui parcourt les Grands lacs canadiens et vous aurez le plus interminable travelling arrière de l'histoire du cinéma - mortel.

L'homme de marbre (30 509 briques posées dans un quart de travail) fait ses premiers exploits stakhanovistes à Nowa Huta, en banlieue de Cracovie : ville idéale communiste construite dans le plus pur style de l'architecture stalinienne.

On a dit de L'homme de marbre qu'il était le Citizen Kane du cinéma de l'Europe de l'Est, probablement à cause du thème traité (une cinéaste-journaliste part à la recherche de la vérité sur l'existence d'un homme jadis célèbre) et de la stylistique (utilisation intensive du flashback). Mais on ne fait pas deux fois Citizen Kane comme on ne fait pas deux fois À bout de souffle parce ce que ce qui fait la génialité  de ces deux films c'est l'innovation dans le traitement d'un sujet. Par définition, une innovation ne peut pas se répéter.

Cannes 1978 : prix FIPRESCI
Évaluation IMDB : 8,0 sur 10 par 1301 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 13 février 1983 à la télévision à Montréal
Mon 189ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

mardi 2 novembre 2010

Intégrale Kurosawa : 4ème film. Les hommes qui marchèrents sur la queue du tigre

Quatrième film de l'intégrale Kurosawa

Tora no o wo fumu otokotachi (The Men Who Tread on the Tiger's Tail) (Les hommes qui marchèrent sur la queue du tigre), réalisé en 1945. Sorti le 24 avril 1952

Un autre film que Kurosawa ne voulait pas  faire. Ce sera le dernier film de cette série de commandes des autorités militaires nippones.
Inspiré d'un drame Noh et d'un  drame Kabuki qui traitent tous les deux, à leur façon, d'une légende médiévale, ce moyen métrage (60 min.) serait un  pur petit chef d'oeuvre si Kurosawa n'avait pas cédé à la pression des producteurs (je suppose,  je ne peux pas penser que Kurosawa soit responsable de ce choix) d'y adjoindre un personnage comique interprété par Kenichi  Enomoto, comique très populaire à l'époque.
Comme dit Donald Richie, dans son merveilleux The Films of Akira Kurosawa, "it's like adding Jerry Lewis to the cast of Hamlet".
Ce film nous introduit à des personnages qui annoncent déjà Rashomon et Les sept samourais.

En 1946, Kurosawa réalisera Asu o tsukuru hitobito (Those Who Make Tomorrow), (Ceux qui font l'avenir). Ce film n'est pas disponible actuellement.
Tiré de IMDB : Co-director Akira Kurosawa was forced by Toho studios to participate in this film's production, but disliked having to do so and never included it in his credits.
This film has not been seen in Japan since its initial release, and has never been shown in the United States.


vendredi 29 octobre 2010

Intégrale Kurosawa : 3ème film. La légende du judo - II

Troisième film de l'intégrale Kurosawa

Zoku Sugata Sanshirô (Judo Saga- II) (La légende du judo - II) sorti le 3 mai 1945

Un beau cocorico nationaliste, guerre du Pacifique oblige.
Une suite ratée au grand succès populaire que fut Sugata Sanchirô. 
Un mauvais film commandé par le comité de censure militaire ou le service de la propagande qui a pour objet de démontrer la suprématie du Japon sur les USA, peuple violent et inculte (air connu) par l'entremise de l'art martial japonais dominant à l'époque (1889), le judo, étendard de la résistance à l'occidentalisation.
À éviter.
Curiosité : d'où provenaient les figurants occidentaux du film? Et qui est ce fameux Roy James (rôle du boxeur) qui jouera dans 4 autres films japonais après celui-ci? Au Canada, ainsi qu'aux USA, tous les Japonais ont été enfermés dans des camps pendant toute la durée de la guerre du Pacifique.
Vivement la victoire finale américaine afin de libérer Kurosawa de cette chape de plomb de la censure militaire.  

jeudi 28 octobre 2010

Intégrale Kurosawa : 2ème film. Le plus beau

Deuxième film de l'intégrale Kurosawa

Ichiban utsukushiku (The Most Beautiful) (Le plus beau) sorti le 13 avril 1944
Avec Takashi Shimura (216 films dont 16 Kurosawa)

Kurosawa a toujours les rênes de la censure politique sur le dos, suffit de voir le premier plan du film avant les crédits; ce texte : "Attack and Destroy the Enemy". D'accord, c'est un  film de propagande qui a, lors de certaines séquences, un goût de cinéma soviétique des années 20 mais c'est un beau film que j'aime.
À l'origine, ce film se voulait un documentaire sur l'effort de guerre demandé à une brigade de travail féminine dans le domaine du matériel de guerre (instruments d'optique). Même si le propos est lourdement teinté de patriotisme cocorico, on aime bien voir ce groupe de femmes évolué dans leur quête de l'atteinte du quota de production fixé par le patron de l'usine.
Mais Kurosawa n'aime pas cet instinct grégaire décrit dans le film, instinct qui est tellement inscrit dans la culture japonais. Il retiendra de cette expérience que l'action collective ne peut pas être la solution.
J'aimerais bien retrouver ce beau chant touchant qui revient à quelques reprises et dont le thème est  la tentative ratée de l'invasion du Japon par les Mongols en 1274.

lundi 25 octobre 2010

188. Donen et Kelly : Singin' in the Rain

1001 films : Singin' in the Rain
Titre français : Chantons sous la pluie

Top 100

Film américain réalisé en 1952 par Stanley Donen (1924) et Gene Kelly (1912-1996)
Avec Gene Kelly, Donald O'Connor, Debbie Reynolds, Jean Hagen, Cyd Charisse

Soyons un peu iconoclaste.
Le deuxième meilleur film du 20ème siècle? Alors là, pas d'accord. Je ne suis même pas certain que je le classerais parmi les 50 premiers.
Beaucoup de scènes musicales dont on avait déjà vu l'équivalent dans des comédies musicales tournées dans les années 1930; je pense, entre autres, aux films de Lloyd Bacon :  42nd Street et Footlight  Parade. Sauf, évidemment, les deux pièces les plus célèbres du répertoire de la comédie musicale, la danse sous la pluie de Gene  Kelly et celle de Donald O'Connor,"Make 'em Laugh'', une impressionnante performance de danse acrobatique qui me ravit à chaque visionnement.

Quand j'étais jeune, je détestais ce type de film. Les Fred Astaire, Gene Kelly et  consorts me tombaient royalement sur les nerfs avec leurs steppettes sur de la musique édulcorée aux paroles insipides et  insignifiantes. Longtemps, je n'ai aimé qu'un seul film musical, et non! ce n'était pas The Sound of Music que j'ai toujours eu de la difficulté à blairer, mais plutôt, West Side Story. Enfin, on  sortait de la comédie  musicale traditionnelle héritée de l'âge d'or des années 30. Il fallait Leonard Bernstein (musique) et Jerome Robbins (chorégraphie) pour remettre en question les vieilles lunes.
Aujourd'hui, l'âge affaiblissant l'armure, j'ai du plaisir à voir les anciennes comédies musicales dont la plupart m'étaient inconnues avant de commencer cette expédition au coeur des 1001 films.

Un peu de fantaisie.
J'ai ma propre interprétation du titre de ce film. Singing in the Rain convoque l'Amérique à s'amuser pendant une des périodes les plus tendues de la la Guerre froide. Rain, évidemment, est une métaphore pour retombées nucléaires. Alors, chers concitoyens, glissez la tête sous le tapis et faites des galipettes pendant qu'Armageddon se prépare.  Dylan n'a-t-il pas utilisé cette métaphore dans sa chanson épique A Hard Rain's A-Gonna Fall, écrite pendant la Crise des missiles de Cuba en 1962?

Cette curieuse note dans le bouquin de Schneider : le collaborateur qui a rédigé la notice de ce film conclut son article en disant : "Thank the repertoire circuit  in part for crowning Singin' in the Rain as  king of all musicals (surprenant), thank numerous film critics and groups for placing it on the top ten list..."  Alors, messieurs les critiques et directeurs de revues de cinéma, retournez voir Bergman, Kurosawa, Rossellini, Tarkovsky, etc. et cessez de placer ce film dans la liste des 10 meilleurs films de tous les temps.

Oscar 1953 : Même pas en nomination pour le meilleur film ni dans aucune catégorie importante. Surprenant.
Évaluation IMDB : 8,4 sur 10 par 55 868 votants
Au 79ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur  Wikipédia
Visionné, la première  fois, le 13 février 1983 à la télévision à Montréal
En pleine grève de la fonction publique qui se terminera après 22 jours par la loi 111 nous forçant à retourner au travail. Le pire échec syndical vécu de toute ma carrière de professeur et tout ça sous le gouvernement du Parti Québécois que 70% des syndiqués avaient reconduit au pouvoir deux années auparavant. On peut dater de cette grève le début de la dégradation irrémédiable de la force syndicale québécoise. Aujourd'hui, les syndicats ne sont plus qu'un groupe de pression parmi tant d'autres. Quand je vois  la mobilisation vigoureuse des Français pour des luttes sociales légitimes, je me noie dans la nostalgie.
Mon 188ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

dimanche 17 octobre 2010

Intégrale Kurosawa : 1er film. La légende du judo - 1

Premier film de l'intégrale Kurosa

Sugata Sanshirô (Judo Saga) (La légende du judo - 1) sorti le 25 mars 1943

Début du voyage au pays de Kurosawa : fébrilité et excitation. Trente-deux films à  parcourir.

J'ai beaucoup de chance. Criterion vient de publier, dans sa collection Eclipse, les 4 premiers films de Kurosawa, remastérisé et avec un sous-titrage anglais amélioré. J'aime beaucoup cette collection qui ressort les films introuvables sur le marché des grands réalisateurs.
Film tourné pendant la guerre. Kurosawa a dû faire des miracles pour trouver un créneau scénaristique afin de satisfaire la censure militaire japonaise. Son plaisir ainsi que celui de ses collègues lorsque le régime militariste est renversé par les Américains qui leur permettra de se libérer du carcan de la censure.
Kurosawa choisit d'adapter un roman de Tsuneo Tomita relatant les origines de l'implantation du judo au Japon à la fin du 19ème siècle alors que les arts martiaux sont dominés par  le ji-jitsu.
On sent que Kurosawa a déjà beaucoup de métier, ayant travaillé pendant plusieurs années à titre d'assistant-directeur du grand Kajirô Yamamoto. On retrouve déjà, dans ce premier film, la stylistique qui imprégnera toute son oeuvre.
Une belle expérience esthétique : le dernier duel entre Sugata et le mystérieux Higaki, sorte de Johnny Depp sorti d'un film de Tim Burton. Pour ce duel, un noir et blanc presque "solarisé" d'une plaine aux herbes longues balayées par le vent; ce vent qui est un leitmotiv dans l'oeuvre de Kurosawa.

samedi 9 octobre 2010

187. Cimino : The Deer Hunter

1001 films : The Deer Hunter
Titre français : Voyage au bout de l'enfer.


Film américain réalisé en 1978 par Michael Cimino (1939)
Avec Robert De Niro, John Cazale, John Savage, Christopher Walken, Meryl Streep

J'ai beaucoup aimé ce film à son premier visionnement dans les années 80. J'aime toujours beaucoup ce film.
Ce qui m'avait exaspéré la première fois, cette longue séquence de la noce qui n'en finit plus de distiller notre attente du drame vietnamien, m'a beaucoup plu cette fois-ci. Tout le drame de cette guerre réside dans cette séquence. La vie ordinaire de gens ordinaires qui, soudainement conscrits, sont plongés brutalement dans un voyage au bout de l'enfer.
Voyage sans retour - l'innocence à jamais perdue. Il n'y aura jamais de retour pour ces conscrits. Je pense à Coming Home, tourné au même moment par Hal Ashby avec Jon Voight qui, lui non plus, ne réussira pas à revenir de cet enfer.
On peut être certain que cet enfer s'incrustera au coeur de leur vie. Contrairement aux conscrits de la Seconde guerre mondiale, les vétérans du Vietnam ne seront jamais des héros. Battus deux fois : au Vietnam et dans leur propre communauté où ils apparaîtront comme les représentants du déshonneur américain.¸
Ce film a suscité beaucoup de controverses parmi la société libérale américaine à cause du traitement partial et très partiel de la guerre du Vietnam.

Agaçant. La représentation unidimensionnelle des combattants du Vietcong me rappelle celle des Japonais des films de mon enfance. Dans les films de guerre des années 50, tous les Japonais étaient des êtres cruels et impitoyables qui donnaient des frissons et des cauchemars à tous les enfants de mon quartier à telle enseigne que tous les Asiatiques que nous croisions, peu nombreux dans le Limoilou de mon enfance, suscitaient peur et dégoût. J'aimerais bien revoir quelques-uns de ces films dont il m'est impossible de me rappeler les titres.
À cause de cette caricature des soldats vietcongs, pas besoin de vous faire un dessin sur la façon dont ce film  a été accueilli, au Festival de Berlin, par la "gauche" qui a hurlé au scandale en plus de susciter le boycottage du Festival par l'URSS et les pays d'Europe de l'Est, ces fausses vierges offensées - une vraie rigolade. 

Atteint d'un cancer incurable, John Cazale est en train de mourir devant nous. Il n'a tourné que dans quatre autres films, mais quels films! : Le Parrain 1 et 2, The Conversation, Dog Day Afternoon.

Touchant. Le God Bless America chanté sans fierté en fin de programme, sorte de baume sur les malheurs de l'Amérique. J'adore cet hymne que j'associe au spectacle donné par des artistes américains au lendemain de l'attaque du World Trade Center. Céline Dion y chante divinement God Bless America - frissons garantis si votre carapace antiaméricaine n'est pas trop blindée.

Oscar 1979 : 5 statuettes pour le film, le  réalisateur, l'acteur de soutien à Christopher Walken, le montage et le son.
Évaluation IMDB : 8,2 sur 10 par 88 259 votants.
Au 131ème des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB et Wikipédia
Visionné, la première fois, en janvier 1983 à la télévision à Montréal
Mon 187ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

mercredi 6 octobre 2010

Bergman : 40ème film. Sarabande

Poursuite et fin de l'intégrale Bergman : 40ème film

Sarabanda film réalisé pour la télévision en 2003
Avec Erland Josephson, Liv Ullman, Borje Ahlstedt, Julia Dufvenius

Voilà, je suis arrivé au bout de la filmographie de Bergman. Un an à fréquenter le maître de Farö, l'ile  où il passa les 40 dernières années de sa vie, à voir ses films, à lire sur son oeuvre et sur sa vie, à visionner des dizaines de documentaires traitant de sa prestigieuse carrière. J'ai le sentiment d'une grande séparation.
Dans le documentaire (I Bergmans regi) qui accompagne ce film, on voit Bergman, assis au milieu de ses quatre acteurs, la veille du début du tournage, annonçant aux journalistes présents qu'il s'apprête à tourner le dernier film de sa vie. Il a 85 ans. On sait, que cette fois-ci, il dit vrai; ce qui teinte d'une grande mélancolie le visionnement de Sarabande.
Sarabande : quatre acteurs, dix dialogues, un prologue et un épilogue durant lesquels Liv Ullman s'adresse directement à nous. Un retour, 30 ans plus tard, au pays de "Marianne et Johan" de Scènes de la vie conjugale; prétexte pour faire l'autopsie des rapports parents-enfants.
Une scène mémorable, une des plus touchantes de toute l'oeuvre de Bergman. Deux vieilles personnes (Ullman et Josephson), nus, dans les bras l'un de l'autre.
Film  dédicacé à Ingrid, sa dernière femme, décédée.  Celle pour qui son  amour fut tellement immense qu'il en vint à modifier sa perception de la mort. Il croira jusqu'à son décès qu'il reverra son Ingrid dans l'au-delà; pour quelqu'un dont l'oeuvre est marquée par l'absence de Dieu, c'est un sacré pied-de-nez qu'il nous fait.

vendredi 24 septembre 2010

Bergman : 39ème film. The Making of Fanny and Alexander

Poursuite de l'intégrale Bergman : 39ème film.

Dokument Fanny och Alexander (The Making of Fanny and Alexander) sorti en 1986. Tourné par Arne Carlsson.

Après avoir tourné plus de 40 films, Bergman nous montre, enfin, son travail de réalisateur. On le voit à l'oeuvre dans Fanny et Alexandre. Tout en sensibilité et en douceur, on ne reconnaît pas le bonhomme qu'on nous présente régulièrement sous les traits d'un petit tyran, ce qu'il a été pendant la plus grande partie de sa carrière. L'âge faisant son oeuvre, il a 65 ans au moment du tournage, et le fait de diriger des enfants ont probablement arrondi  son personnage.
J'aurais aimé dans ce "making of" qu'on nous présente également son équipe qui l'a accompagné pendant une grande partie de sa carrière et le rapport qu'il entretient avec ses différents membres.
On y retrouve Gunnar Björnstrand dans son 23ème film avec Bergman - la palme parmi tous les acteurs et actrices de Bergman. Scène difficile où on le voit désemparé parce qu'il n'arrive plus à donner une performance adéquate. Tristesse absolue quand la caméra nous montre un Bergman, plein de compassion pour son ancien acteur mais tellement désolé de cette décrépitude.
Dans une entrevue qu'on retrouve dans un disque du coffret de Criterion, Bergman confirme sa décision  définitive de ne plus jamais tourner pour le cinéma. Décision tenue jusqu'à son décès en  2008. De combien de chefs d'oeuvre nous a-t-il privé ce vieux garnement?

mercredi 22 septembre 2010

186. Herzog : Fitzcarraldo

1001 films : Fitzcarraldo


Film allemand réalisé en 1982 par Werner Herzog
Avec Klaus Kinski, Claudia Cardinale, José Lewgoy, Paul Hittscher et une impressionnante cohorte de figurants amérindiens.

Quand j'ai vu ce film, la première fois, il y a près de 30 ans, j'ai été complètement soufflé. Pas tellement par l'entreprise du bateau à travers la montagne, quoique..., mais par Klaus Kinski que je connaissais peu à cette époque. Un visage de folie mais ambivalent : fureur et angélisme se côtoient à tour de rôle. On est transporté par la folie de ce personnage improbable. Je n'ai vu que récemment Aguirre, colère de Dieu du même Herzog, on peut y voir une autre performance monumentale de Kinski et ne pas comprendre que Herzog n'ait pas fait appel à lui directement pour le personnage de Fitzcarraldo.  
Mick Jagger et Jason Robarts avaient été pressentis pour personnifier Fitzcarraldo; ils ont décliné l'offre pour notre plus grand bonheur. Qui pourrait imaginer Fitzcarralo sans Klaus Kinski?

Autre bonheur pour un fan d'opéra comme moi : voir et entendre chanté I puritani de Bellini par une troupe dispersée sur des barques naviguant sur l'Amazone. Quel baume après 150 minutes de misère.

Au début du film, Fitzcarraldo est traité de "conquérant de l'inutile" par un ponte local à Iquitos. Impossible, pour moi, de ne pas penser au livre de Lionel TerrayLes conquérants de l'inutile, que j'ai lu avidement il y a une trentaine d'années quand je me rêvais en train de grimper les hauts sommets alpins. Le titre, évidemment, réfère aux alpinistes. Dans ce bouquin, Terray nous raconte sa vie d'alpiniste. Je me souviens d'un passage cocasse. Lors d'un séjour qu'il fit au Québec en tant que moniteur de ski alpin dans les années 40, il remarqua la beauté des Québécoises mais il ne put établir de relations avec elles parce que, en plus de ne pas les comprendre, leur accent lui donnait le fou rire.

Voir l'épique Burden of Dreams de Les Blank : le "making of" de Fitzcarraldo.
On est complètement bluffé de voir que Herzog a vraiment essayé de grimper un bateau sur une montagne. Ce film nous montre la folie d'un réalisateur et de son alter ego, Kinski.
Pour les rapports orageux (un euphémisme) entre Kinski et Herzog, voir le film tourné par Herzog en 1999, Mon ennemi intime. Film troublant que j'ai vu au défunt Ex-Centris (une des plus belles salles pour cinéphiles) à Montréal.
Petit aperçu du climat sur le "set" de Fitzcarraldo : dantesque

À l'heure de la disparition de la Géographie dans l'enseignement secondaire et collégial au Québec, j'adore cette phrase de Fitzcarraldo : "I'm planning something geographical".
Cannes 1982 : Meilleur réalisateur
Évaluation IMDB : 8,0 sur 10 par 9777 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur Wikipédia
Visionné, la première fois, le 7 janvier 1983 au cinéma Dauphin à Montréal
Mon 186ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

mercredi 15 septembre 2010

185. Beatty : Reds

1001 films : Reds


Film américain réalisé en 1981 par Warren Beatty (1937)
Avec Warren Beatty, Diane Keaton, Jack Nicholson, Maureen Stapleton, Paul Sorvino, Jerzy Kosinski, Gene Hackman

Reds, c'est le Docteur Zhivago de la Gauche.
J'avais oublié que ce film est, avant tout, l'histoire d'une relation amoureuse; le titre, en ce sens, est assez abusif. Des "Rouges", il en est question, mais en  mode mineur. En fait, on assiste plutôt à l'histoire d'amour très tumultueuse entre John Reed (journaliste et militant communiste américain du début du 20ème siècle) et Louise Bryant (socialiste et féministe américaine).

La partie documentaire du film est présentée par une vingtaine de témoins de l'époque qui apparaissent à l'écran de temps à autre pour  dire en quelques lignes leurs souvenirs à propos  de Reed et Bryant. Mais, comme Beatty ne voulait pas détruire l'aspect Zhivago du film, il s'organise pour enlever l'aspect documentaire en n'identifiant pas les témoins à l'écran. On a l'impression que ce sont des acteurs qui récitent des textes soumis par le réalisateur, donc on nage un peu dans la confusion. En regardant les extras accompagnant ce film, on apprend que les témoins sont vraiment des gens qui ont connu les protagonistes du film. Beatty les a enregistrés au début des années 70; heureusement, parce que la plupart était décédé à la sortie du film en 1981.
Diane Keaton dans le rôle de sa vie. Jamais vu un Nicholson tiède comme dans ce rôle - il avait bouffé des benzo quoi!
Après cette séquence, vous n'oublierez plus jamais l'air de l'Internationale - un vrai "ver d'oreille"; que je déteste donc cette expression!

Le film soviétique Red Bells (1982) de Sergui Bondarchuk, avec Franco Nero dans le rôle de John Reed, est une autre adaptation de sa vie

Et comme dit Roger Ebert, le célèbre critique de cinéma américain : "at the end of the credits, a wonderful line that reads: Copyright copy MCMLXXXI Barclays Mercantile Industrial Finance Limited".  Je ne suis pas sûr que John Reed aurait apprécié.
Un tel film, glorifiant la Révolution russe, produit par un major d'Hollywood et sorti sous la présidence ultra-conservatrice de Ronald Reagan fut un sacré pied-de-nez aux Soviétiques enferrés dans la censure jusqu'au cou. J'aime bien.
Oscar 1981 : Meilleur réalisateur, Vittorio Storaro pour la meilleure image, Maureen Stapleton pour la meilleure actrice de soutien
Évaluation IMDB : 7,4 sur 10 par 8448 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur Wikipedia
Visionné, la première fois, le 6 janvier 1983 au cinéma Parisien à Montréal
1983 :  grosse année. Acquisition d'un appartement à Outremont; à cause de la précarité de mon emploi, entreprise d'un baccalauréat en Psychologie à l'Université du Québec à Montréal; début d'une nouvelle relation amoureuse; plus grande activité sur le front cinéphilique profitant de la proximité de mon domicile du Cinéma Outremont.  Agenda chargé, quoi.
Mon 185ème visionné de la liste des 1001 films de Schneider

samedi 11 septembre 2010

Bergman : 38ème film. Après la répétition

Poursuite de l'intégrale Bergman : 38ème film

Efter repetitionen (Après la répétition) réalisé en 1983
Avec Erland Josephson, Lena Olin et Ingrid Thulin

Ici, pas de cinéma. Après la répétition est une pièce de théâtre filmée pour la télévision.
Deux huis-clos à deux (Josephson-Olin) et (Josephson-Thulin); le meilleur étant le dernier à cause de la grande performance d'Ingrid Thulin.
Bergman expose un peu de sa vie : son travail de metteur en scène de théâtre et ses relations avec les femmes.
Bergman avait déjà annoncé qu'il renonçait au cinéma, dont acte.

lundi 6 septembre 2010

Bergman : 37ème film. Fanny et Alexandre

Poursuite de l'intégrale Bergman : 37ème film

Fanny och Alexander (Fanny et Alexandre) réalisé en 1982
Avec Bertuk Guve (Alexandre), Ewa Fröling, Jarl Kulle, Erland Josephson, Gunnar Björnstand, Harriet Andersson

Bergman tourne son dernier film pour le cinéma. Il a toujours dit que le théâtre était son art préféré, le cinéma ne servant pendant une partie de sa carrière qu'à sa survie économique. Il utilisait la période morte entre deux saisons théâtrales pour tourner. Mais ce qui demeure c'est sa prodigieuse production cinématographique, sa production théâtrale ne demeurant que dans la mémoire d'une génération de Suédois qui est en train de disparaître.
Fanny et Alexandre (en fait, pourquoi Fanny???) est un beau feu d'artifice en guise de testament. Un film flamboyant marqué par des scènes, réelles et imaginaires, tirées directement de son enfance. Tout est parfait dans ce film : caméra, mise en scène, décors, costume.
Le film de Bergman le plus récompensé : Prix FIPRESCI du Festival de Venise, César du meilleur film étranger, Oscar du meilleur film étranger en plus de 3 autres statuettes pour la photo, les décors et les costumes.   
Un film de 185 minutes qui est un re-montage de la production télévisée qui dure 312 minutes.
Criterion a édité les deux versions présentées dans un magnifique coffret qu'accompagne "The Making of Fanny and Alexander" que Bergman a tourné en 1986.

lundi 30 août 2010

184. Spielberg : E.T. : The Extra-Terrestrial

1001 films : E.T. : The Extra-Terrestrial


Film américain réalisé en 1982 par Steven Spielberg (1946)
Avec Henry Thomas, Robert MacNaughton, Drew Barrymore à 6 ans, Dee Wallace, Peter Coyote

Ne boudons pas notre plaisir. À sa sortie en 1982, j'ai eu beaucoup de plaisir à voir ce film. C'était la période de Noël ce qui contribuait à ramollir les coeurs et rendre mon regard plus indulgent vis-à-vis cette gentille bleuette. On a tous vu que ce "pied" descendu du ciel dans la "suburbia" chère à Spielberg était un clin d'oeil à l'histoire du gus de Bethléem : même résurrection, même ascension, avec des moyens technologiques différents, soit.
Mais quelle tarte à la crème quand même. Des clichés et stéréotypes à la tonne, dont celui qui me donne une grande fatigue : les bons enfants contre les méchants adultes qui ont perdu leur coeur d'enfant. Gros sanglot.
Ce que j'aime bien de ce film c'est la mise en scène de la famille monoparentale dans une banlieue américaine typique. La banlieue, c'est le nouveau studio de la production cinématographique américaine. Plein de films d'ado des années 80 et 90 se dérouleront dans ce cadre à l'instar des films noirs des années 30 et 40 qui, eux, se déroulaient dans la ville-centre.
Suburbia (mixture de suburb (banlieue) et utopia), c'est la nouvelle planète qu'ont commencé à occuper de bizarres humanoïdes à la limite des villes-centres à partir des années 1930 en Amérique du Nord dont les deux  éléments essentiels étaient le bungalow et l'automobile.
J'aime bien  les premières séquences dans lesquelles l'on voit un plan aérien de la ville illuminée à partir d'une colline boisée marquant la limite entre la ville et la campagne. E.T., oublié sur la colline, ne pouvait donc entrer en contact qu'avec les plus récents banlieusards. J'aime aussi cette illustration de l'interface entre le monde mystérieux de la forêt voué prochainement à être déboisé et la limite de l'extension urbaine sous forme de bungalows et de rues sans trottoirs. La rencontre ne pouvait que se faire là. 

Le film a coûté 10,5 millions$ et a rapporté 792 millions$ - là est la beauté de la chose!!!
Commentaire bref et drôlement à point de Jacques Lourcelles dans son Dictionnaire du cinéma

Lecture cinéphilique en cours : Godard, biographie par Antoine de Baecque.
Mon armure anti-Godard (personnalité s'entend) s'effrite lentement. Par ailleurs, quand on découvre le "making of" de ses différents films, on ne peut que saluer le génie qui est à l'oeuvre. Le produit,  ainsi décortiqué, se présente à nous sous un angle totalement différent ce qui entraîne une ré-évaluation de l'oeuvre qui, autrement, nous apparaît souvent rébarbative.
Je dois avouer que cette citation de Quentin Tarantino (quand on connaît ma passion éperdue pour l'oeuvre de Dylan) m'a aidé à reconsidérer l'oeuvre de Godard : "Il a réussi au cinéma ce qu'a réussi Bob Dylan en matière musicale : ils ont tous les deux révolutionné la forme et explosé les conventions et les limites, en libérant l'expression". Ce qui me rend encore plus sympathique....Tarantino.

Oscar 1983 : 4 statuettes pour la musique, le son, les effets visuels, les effets sonores
César 1983 : meilleur film étranger
Évaluation IMDB : 7,9 sur 10 par 104 555 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur Wikipédia
Visionné, la première fois, en décembre 1982 au défunt cinéma Champlain à Montréal
Mon 184ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

jeudi 26 août 2010

Bergman : 36ème film. De la vie des marionnettes

Poursuite de l'intégrale Bergman : 36ème film

Aus dem Leben der Marionetten (De la vie des marionnettes)  réalisé en Allemagne, pour la télévision, en 1980
Avec Robert Atzorn, Christine Buchegger, Martin Benrath

Un film alimentaire? Il faut bien vivre, surtout en exil (Bergman refuse toujours de retourner en Suède suite à ses problèmes avec les fonctionnaires du ministère du revenu)
Tout un imbroglio psychologisant que ce Bergman. On a même droit à la fin du film à l'analyse psychanalytique du "shrink" de Peter, le personnage principal. On ne peut pas s'empêcher de penser à l'épilogue de Psycho de Hitchcock, durant lequel un psy étale son savoir dont on n'a rien à cirer. Idem pour les Marionnettes.
Le générique de fin vous jettera littéralement en bas de votre chaise. Une belle chanson soft-rock ou disco accompagne le générique. Avouez  que vous ne vous attendiez pas à ça de la part de mister Bergman.
Évaluation? : dans la troisième dizaine de la filmographie de B.

jeudi 19 août 2010

Bergman : 35ème film. Sonate d'automne.

Poursuite de l'intégrale Bergman : 35ème film

Höstsonaten (Sonate d'automne) réalisé en 1978
Avec Liv Ullman et Ingrid Bergman

L'automne étant arrivé (il a 60 ans), Bergman se met à table. Il nous fait une confession par l'entremise du personnage joué par Ingrid Bergman, pianiste de concert qui a préféré développé sa carrière au détriment de la vie familiale.
En fait, c'est Bergman qui, ayant enfin trouvé une stabilité maritale avec Ingrid von Rosen qui sera sa compagne de 1971 jusqu'à son décès et même au-delà (Bergman n'étant jamais arrivé à faire complètement le deuil de cette perte) peut jeter un regard en arrière et constater le paysage lamentable de sa vie amoureuse et parentale : quatre épouses officielles et neuf enfants disséminés aux quatre vents qu'il n'a jamais pris le temps de connaître et d'aimer.
"Tu es une invalide du sentiment; les gens comme toi sont un danger mortel" Cette phrase dite par la fille (Liv Ullman) à sa mère (Ingrid Bergman), c'est une phrase de Bergman pour lui-même.
Il faut regarder le visage de Liv Ullman lorsqu'Ingrid parle : une telle palette d'émotions sur son visage est exceptionnelle et tellement émouvant. Je suis subjugé par cette actrice, j'en perds toute objectivité.
Un des dix meilleurs films de Bergman. À la fin de l'intégrale, j'essaierai de publier cette liste des 10 meilleurs.


mardi 17 août 2010

183. Coppola : Apocalypse Now

ap1001 films : Apocalypse Now

Top 100

Film américain réalisé en 1979 par Francis Ford Coppola (1939)
Avec Martin Sheen, Marlon Brando, Robert Duvall, Frederic Forrest, Sam Bottoms, Laurence Fishburne, Albert Hall, Dennis Hopper, Harrison Ford, Christian Marquand, Aurore Clément.

Une sorte de  "Citizen Kane"  de la guerre que cet Apocalypse now. Coppola nous transporte au royaume de la démesure et de l'horreur que fut la guerre du Vietnam.
Cet espèce de "road movie", cette longue remontée du fleuve, est un  voyage aux confins de la déraison.
"Apocalypse Now n'est pas un film sur le Vietnam, c'est le Vietnam." (Coppola)
Je reste sans voix devant ce film. Je ne sais qu'écrire.
Bon, d'abord ceci. À quand un Apocalypse Now sur la guerre d'Algérie? Comment se fait-il que le cinéma français n'arrive toujours pas à faire une oeuvre critique majeure sur la guerre d'Algérie comme certains cinéastes américains l'ont si bien fait à propos de la guerre du Vietnam et comme ils le font présentement avec l'intervention en Irak?
Pour ce commentaire, j'ai vu la version longue qui s'intitule Apocalypse Now Redux (version longue de 202 minutes éditée en  2001). Il est impératif de voir  cette version ne serait-ce que pour l'importante partie (absente de la 1ère version) sur la colonie française qui vit hors du temps, dans un monde fantomatique. On a l'impression d'une séquence onirique comme l'on en retrouve, d'ailleurs, à quelques reprises tout au long du film (la séquence initiale dans la chambre avec la musique de The Doors, celle des playmates sur la rivière, toute la partie dans le camp du colonel Kurtz).
À voir, évidemment : Hearts of Darkness : A Filmmaker's Apocalypse de Eleanor Coppola.
Il paraît qu'il faut lire Notes on the Making of Apocalyse Now de Eleanor Coppola. "one of the best and saddest books on the making of a film" (David  Thomson)
Je sais, c'est décousu. Mais je n'arrive pas à pondre un texte cohérent sur ce film. C'est comme si la masse filmique était une sorte de tsunami - trop de tout en même temps. Exemple, la scène de l'attaque en hélico. On est carrément "blasté" (anglicisme québécois) par ce type de mise en scène.
Le surchargé pondéral (on ne fait pas mieux comme rectitude politique, non?) de la fin du film, eh bien, c'est mon acteur masculin préféré : Forever Marlon Brando. Vous connaissez déjà mon choix féminin : Liv Ullman.

Oscars 1980 : 2 statuettes pour la photographie et le son. En nomination pour l'Oscar du meilleur film qui est allé à Kramer vs Kramer
Cannes 1979 : Palme d'or
Évaluation IMDB : 8,6 sur 10 par 170 954 votants.
Au 38ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur Wikipédia.
Visionné, la première fois, en août 1982 à L'Autre Cinéma à Montréal
Après un séjour de 4 années dans la campagne québécoise, retour définitif à Montréal en février de cette année 82 suite à une modification importante de parcours dans ma carte de Tendre!!
Mon 183ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

jeudi 5 août 2010

Bergman : 34ème film. L'oeuf du serpent

Poursuite de l'intégrale Bergman : 34ème film

The Serpent's Egg réalisé en 1977
Avec David Carradine et Liv Ullman

À cette époque, Bergman s'est exilé volontairement en Allemagne suite à de fausses accusations provenant du ministère des finances suédois. Il jure de ne plus retourner vivre en Suède.
Installé à Munich, Bergman reçoit une somme extravagante du producteur italien Dino de Laurentiis pour tourner un film en anglais destiné au marché américain avec pour seule obligation de donner le rôle principal à un acteur américain.  David Carradine héritera du rôle. Il nous fournit une performance peu convaincante, à la limite de l'amateurisme dans certaines séquences. Évidemment, à côté de Liv Ullman, peu d'acteurs peuvent briller tant celle-ci domine son métier. L'ai-je déjà dit? Liv Ullman, une des meilleures actrices de l'histoire du cinéma.
Dans ce film, Bergman se lance dans l'esthétique de l'expressionnisme allemand (style Lang, Pabst des années 20) pour ce sujet "noir" (le film le plus sombre tourné par Bergman avec La honte) qui se déroule dans le Berlin chaotique du début des années 20. 
On se sent nous aussi en exil...de Bergman.
À l'aune du monde bergmanien, ce film se classe parmi les derniers de la liste quant à sa valeur. Par contre, la peinture qu'on y retrouve de l'Allemagne aux prises avec la crise économique qui donnera naissance au nazime (d'où le titre, on peut voir toute la constitution du serpent à travers la membrane de son oeuf) en fait un film qui mérite un meilleur sort. 

dimanche 1 août 2010

Bergman : 33ème film. Face à face

Poursuite de l'intégrale Bergman : 33ème film


Ansikte mot ansikte  (Face to Face ) réalisé en 1976
Avec Liv Ullman, Erland Josephson

Liv Ullman, presque en solo, nous livre une des plus grandes performances de l'histoire du cinéma. Je fus sidéré par ce film que je n'avais jamais vu et que je sous-estimais à cause de son absence dans les canaux de distribution. Impossible d'avoir une copie originale de ce film que j'ai vu, suite à un achat sur Ebay, en version doublée en anglais et charcutée (quel horreur!) sans sous-titre. Je n'ai malheureusement compris qu'une partie des dialogues, des monologues devrais-je dire. C'est du grand Bergman (on pense un peu à L'heure du loup tout imbibé de folie, féminine cette fois-ci) et du Nykvist à son meilleur - il faut voir les gros plans percutants - déchirants sur le visage de Liv.
Un grand film de Bergman aux oubliettes. Qu'est-ce qui empêche un tel film d'accéder à une distribution normale? Encore un complot de Sarkozy, je suppose.

dimanche 25 juillet 2010

182. Spielberg : Raiders of the Lost Ark

1001 films : Raiders of the Lost Ark
Titre français : Les aventuriers de l'Arche perdue


Film américain réalisé en 1981 par Steven Spielberg  (1946)
Avec Harrison Ford, Karen Allen, Paul Freeman, John Rhys-Davies

Dans un interview accompagnant le film, Spielberg explique qu'il rêvait de faire un film lui rappelant les séances de cinéma du samedi après-midi de son enfance : un film d'aventures de série B. J'ai fréquenté, à la même époque que Spielberg (les années 50), ces salles paroissiales dans les sous-sols  d'église (St-Fidèle ou St-François d'Assise dans le quartier Limoilou de mon enfance à Québec), où l'on présentait ces films de série B qui avaient terminé, depuis longtemps, leur carrière dans les salles de cinéma. Ce qu'on y présentait c'était, invariablement des westerns de Hopalong Cassidy, de Gene Autry ou autres redresseurs de torts ou bien des films sur les méchants allemands, en retard de dix ans, sur les méchants de l'époque, les communistes. À propos, une excellente chanson satirique de Dylan sur la succession des méchants que les USA ont affrontée au cours de leur histoire, With God On Our Side.
En 1981, Indiana Jones, c'était un bon moment à passer. Cet archétype du film d'aventures avait fière allure. La remise en question, par l'humour, des stéréotypes afférant à ce type de film a contribué à en faire un grand succès populaire.  Mais, depuis, nos écrans sont inondés de ce type de films - jusqu'à plus soif.  Alors, revoir ce film en 2010 c'est lui asséner un sacré coup de massue. Évidemment, la nostalgie peut jouer un peu mais c'est loin d'être suffisant. Alors, on en est à attendre impatiemment les quelques passages les plus célèbres i.e. le duel entre Indiana Jones et le gars qui mouline son sabre - scène toujours aussi désopilante.
Ce n'est pas aux films d'aventures de mon enfance que renvoie ce film mais plutôt à ma lecture des Bob Morane de Henri Vernes dans la collection Marabout Junior.
Prenez, par exemple, le titre La vallée infernale. On y retrouve tout l'univers d'Indiana Jones. Les titres  suffisaient à nous faire faire le tour du monde : L'empereur de Macao, Tempête sur les Andes, Le secret des Mayas, Terreur à la Manicouagan (ça, c'est chez-nous), Mission à Orly, Le secret de l'Antarctique, etc. Que de voyages faits, simplement, en regardant la page couverture. Bob Morane, c'était un hybride de Indiana Jones et de James Bond.

J'aime bien : "...it's not that Raiders of the Lost Ark wasn't fun. Bud did we need three of them?" (David Thompson, critique de cinéma américain)
Et aussi : "Reste le plaisir qu'immanquablement ce film donne à ses spectateurs. Il y aurait de la mauvaise foi à nier les joies de la pyrotechnie, mais il y aurait de la naïveté à les confondre avec la jubilation que peut communiquer le cinéma et qui est ici absente." Olivier Assayas. Cahiers du Cinéma, octobre 1981

Budget : 20$ millions. Revenus : 384$ millions. Parlez-moi d'un bon retour sur investissement!

Oscars 1982 : 4 statuettes : décor, effets visuels, son, montage.
Évaluation IMDB : 8,7 sur 10 par 237 509 votants.
Au 21ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB. Ça donne une bonne indication de la valeur de ce classement.
Toutes les informations sur le film sur IMDB et sur Wikipédia
Visionné, la première fois, le 21 décembre 1981 au cinéma Impérial à Montréal
Mon 182ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider