samedi 3 octobre 2009

144. Clouzot : Le salaire de la peur

1001 films : Le salaire de la peur
Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film français réalisé en 1953 par Henri-Georges Clouzot (1907-1977)
Avec Yves Montand, Charles Vanel, Folco Lulli, Peter van Eyck et Véra Clouzot

J'avais oublié la première partie du film tellement l'intensité de la deuxième partie avait oblitéré tout esprit critique lors d'un premier visionnement, il y a plus de trente ans.

Donc, première partie que j'aime.
Une mise en place des personnages qui s'éternise et qui distille l'ennui (mais cet ennui est nécessaire de même que les dialogues en anglais, en espagnol et italien, tous non sous-titrés) et que j'intitulerais L'aquarium (en souvenir d'un roman du Québécois Jacques Godbout qui portait le même titre et qui décrivait, si je me souviens bien, une petite société de colonisateurs mourant d'ennui et de palu dans un coin perdu de la tropicalité africaine.). Un paquet de petits blancs paumés tournent en rond dans un coin pourri de la planète en quête d'une impossible échappatoire : pas de jobs mais pas de billets de sortie non plus. Englués...comme dans un bain de pétrole.
Qui de Arnaud (auteur du roman dont a été tiré le film) ou de Clouzot s'est amusé a maltraiter à ce point la Femme dans ce film. On a rarement atteint, dans un film, un tel niveau de misogynie. En fait, que vient faire le personnage de Véra Clouzot dans cette histoire à peine déguisée d'homosexualité masculine sinon à titre de matériel de projection machiste. Oublions également les remarques au sujet des femmes noires... à hurler.

Deuxième partie : Confronter ou fuir.
Je pense à L'éloge de la fuite de Henri Laborit et sa mise en cinéma par Alain Resnais dans Mon oncle d'Amérique.

Me suis surpris à aimer le personnage du "lâche" interprété par Charles Vanel et à le préférer à celui, monobloc, interprété par Yves Montand, le "John Wayne" des routiers. C'est vrai que Montand a une gueule du tonnerre dans ce film, me touchant particulièrement lorsqu'il parle italien, mais je n'étais pas disposé à recevoir ce super-héros.
M. Jo (Vanel) me touche beaucoup plus par son itinéraire émotionnel; on le voit passer par toute la gamme des émotions que l'on vit lorsqu'on est confronté à une situation éminemment anxiogène : de la position de crâneur à la plus lamentable panique qui mène inexorablement à la fuite..
Ma réaction a certainement à voir avec une expérience récente à l'Aiguille du Midi à Chamonix. Je m'étais aventuré dans l'arête étroite et vertigineuse qui part de la station de l'Aiguille (3800 m.) et qui descend dans la Vallée Blanche, sans crampons, sans piolet, sans corde, en bottes de randonnée (en imbécile heureux, quoi! et je suis gentil avec moi en disant celà). Ce qui devait être une belle balade dans la neige s'est rapidement transformé, vu mon sous-équipement, en une situation hautement anxiogène. Pas de Vallée Blanche mais plutôt, une bonne frousse.

Dans le générique (j'aime les lire au complet; je suis souvent seul à le faire dans les salles de cinéma, les nettoyeurs de salle agacés de ce comportement délinquant) : Des remerciements à La Société Française des Glycérines (au choix, avec de la glycérine on peut faire de la nitroglycérine ou des bulles de savon) et à la Société Française de l'Amiante (pauvre gouvernement du Québec qui a nationalisé une mine d'amiante en 1978 au moment où on commençait à bannir ce produit en Europe; les anciens propriétaires de la mine se tordent encore de rire!).
Ah oui, j'oubliais. Dans ce film, on y retrouve des capitalistes américains, méchants à souhait, qui exploitent les damnés de la Terre. Au temps de la "guerre froide", on ne rigole pas avec ces choses, donc censure du film en terre américaine.

Berlin 1953 : Ours d'or
Cannes 1953 : Grand prix du festival et Mention spéciale pour Charles Vanel
Évaluation IMDB : 8,3 sur 10 par 12 553 votants
Au 177ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1976 à la télévision à MontréalMon 144ème film visionné des 1001 films de Schneider

5 commentaires:

  1. Aah le retour! Faut pas me faire des frayeurs comme ça.

    Bon film, excellente chronique.

    RépondreEffacer
  2. Merci de ton indéfectible support.

    RépondreEffacer
  3. ...et ne pas oublier la majorité silencieuse, dont je fais partie, qui attend avec toujours plus d'impatience tes nouveaux billets !

    Quelle marche passionnante dans le cinéma! Quel génie!

    RépondreEffacer
  4. Merci. Je sais que vous êtes plusieurs à suivre ce blog mais un commentaire comme le tien, de temps à autre, nourrit la motivation du rédacteur.

    RépondreEffacer
  5. vu hier soir et j'ai adoré .assurément un très grand film

    RépondreEffacer