lundi 15 juin 2009

134. Forman : One Flew Over the Cuckoo's Nest

1001 films : One Flew Over the Cuckoo's NestTitre français : l'horrible et in-signifiant : Vol au-dessus d'un nid de coucou
En anglais, cuckoo signifie, entre autre, quelqu'un qui n'a pas toute sa tête. En français, coucou n'a pas cette signification : arbre, fleur, oiseau, horloge. Alors : Vol au-dessus d'un nid d'horloges? N'aurait-il pas été préférable d'utiliser le titre français du roman dont a été tiré ce film, La machine à brouillard (on dirait un titre de film de Samuel Fuller)? Pas sûr.
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1975 par Milos Forman (1932)
Avec Jack Nicholson, Louise Fletcher, William Redfield, Sydney Lassick, Brad Dourif (son 1er film), Christopher Lloyd (son 1er film), Wil Sampson (son 1er film), Danny DeVito, Vincent Schiavelli dit l'homme-aux-yeux-tristes.

Rencontre brutale avec une des pires méthodes thérapeutiques - la lobotomie - utilisées par la psychiâtrie et qui a tant contribué à la discréditer aux yeux du public. Immédiatement après la Seconde guerre mondiale, la lobotomie, les électro-chocs et les techniques de lavage de cerveau étaient des pratiques courantes en psychiâtrie clinique. Des histoires d'horreur.
One Flew Over the Cuckoo's Nest entrebaille la porte sur ces pratiques d'un autre âge.
Je lisais, dernièrement, dans la jeune et excellente revue française XXI (ma passion actuelle, entre quelques dizaines d'autres), un reportage sur l'ainée de la famille Kennedy qui, à cause de sa personnalité dérangeante, aurait été extirpée de la famille, exilée dans le North Country et mis hors d'état de nuire par les bons soins du docteur Walter Freeman alias "pic à glace" (outil qu'il utilisait pour pratiquer ses lobotomies - histoire d'horreur vous disais-je) un des premiers psychiâtres américains à pratiquer la lobotomie dans les années 1940.

Quelque chose m'agace dans ce film.
L'unanimité des louanges receuillies par ce film, culminant lors des Academy Awards qui lui attribuèrent une des plus extraordinaires récoltes de statuettes dans l'histoire du cinéma américain sonne l'alarme du critique grincheux dont j'aime bien, de temps à autre, porter les habits.
Pourquoi tant d'unanimité? Le scénario, pardi! et l'interprétation qu'on en fait.
Qu'il est bon, sans coup férir, de mettre au pilori l'ordre établi quand il présente un tel entêtement à abuser de son pouvoir de contrainte et de punition. À bas le fascisme! Qui pourrait ne pas endosser un tel slogan. Et tout le monde saute dans la parade.
On ne peut pas résister à être séduit par ce film qui déboulonne devant nous les mécanismes du pouvoir totalitaire (les institutions psychiâtriques sont souvent la méthaphore de la société totalitaire). Milos Forman, le réalisateur, n'hésitait pas à faire un parallèle entre l'univers concentrationnaire du centre psychiâtrique et la vie dans son pays d'origine, la Tchécoslovaquie de l'époque communiste.
Ce qui m'agace? Le manichéisme des bons contre les méchants. "Un western de fous"
Mais, j'aime bien ce film quand même, surtout à cause de Jack Nicholson, dans la plus époustouflante prestation d'acteur de sa carrière.

Quelqu'un peut-il m'expliquer ce que la scène du bateau de pêche vient foutre dans ce film. À part la séquence où Nicholson présente les différents patients à titre de psychiâtre, tout le reste aurait dû aboutir dans la corbeille de la salle de montage.

Oscars 1976 : 5 statuettes : Jack Nicholson (meilleur acteur), Louise Fletcher (meilleure actrice), Milos Forman (meilleur réalisateur), Meilleur film, Meilleur scénario provenant d'un matériel existant.
Évaluation IMDB : 8,9 sur 10 par 178,887 votants
Au 8ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB. Notez l'écart important avec son classement en haut de page.
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 13 août 1976 au cinéma à Québec
Fin de mon deuxième séjour à l'école d'été de Français de l'Université Laval à titre de professeur de français, langue seconde... en effet, très secondaire dans ce pays.
Mon 134ème film visionné des 1001 films de Schneider

1 commentaire:

  1. Tout pareil.
    Bien plus jeune, sans doute influencé par l'immense succès public et critique, j'admirais ce film. Et puis au fil des visions il a perdu de sa superbe. Reste bien entendu la prestation de Nicholson qui elle seule vaut le détour.

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