samedi 26 décembre 2009

155. Weir : Picnic at Hanging Rock

1001 films : Picnic at Hanging Rock
Titre français : Pique-nique à Hanging Rock

Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film australien réalisé en 1975 par Peter Weir (1944)
Avec Rachel Roberts, Helen Morse, Kirsty Child, Anne-Louise Lambert, Tom Llewellyn-Jones, John Jarratt

On pourrait dire de ce film que c'est une immense pâtisserie victorienne arrosée par l'imbuvable flûte de pan de Zamfir. Mais trêve de cynisme. Ce film est magnifique.

Ce film est une prouesse esthétique. Quel beau film! Une palette de couleurs étonnamment riche, des plans comme des tableaux de Renoir, des filles à faire rougir les modèles de Botticelli ou Les demoiselles d'Hamilton, une trame musicale de rêve (même si Zamfir me les casse un peu avec sa flûte de pan).


Cette photo qui n'a rien à voir avec le film résume bien l'ambiance érotique du film de Peter Weir. Pas de sexualité exposée mais un volcan érotique qui couve sous une apparence de filles bien sages élevées dans le dogmatisme de l'ère victorienne; comme cette montagne, Hanging Rock, qui est, en fait, un volcan dont la lave n'a jamais atteint la surface et que l'érosion différentielle a dégagé au cours des millénaires, phénomène géologique que l'on retrouve à l'origine du mont Royal à Montréal, voisin de mon lieu de résidence et terrain de prédilection pour mon entraînement en vue de mes treks en montagne.


Évaluation IMDB : 7,7 sur 10 par 9692 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 27 janvier 1978 au cinéma à MontréalMon 155ème film visionné des 1001 films de Schneider

mardi 22 décembre 2009

154. Lucas : Star Wars

1001 films : Star WarsTitre français : La guerre des étoiles
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle
Top 100

Film américain réalisé en 1977 par George Lucas (1944)
Avec Mark Hamill, Carrie Fisher, Harrison Ford, Alec Guinness, Peter Cushing,

Le blockbuster de Noël 1977.
Comment dire? Quand on aime visionner à multiples reprises des films tels que Cris et chuchotements de Bergman, que peut-on dire d'un tel film? Que j'avais cédé à la mode du temps? Que je fus emporté par l'immense publicité qui portait ce film au panthéon de la science-fiction? J'aime bien la science-fiction mais plutôt dans le style Truffaut (Farenheit 451) ou Tarkovsky (Solaris) ou Kubrick (2001, Space Odyssey) mais pas vraiment dans le style guimauve de Star Wars, ce western stellaire de série B.

Par ailleurs, ce qui m'agace au plus haut point : d'où vient cette incapacité d'une pléthore de productions américaines de films catastrophes ou de films de science-fiction à supporter le tragique? Pourquoi faut-il constamment édulcorer ce tragique de scènes ou de réparties humoristiques? Pourquoi faut-il constamment introduire un Han Solo dans la trame dramatique afin d'en alléger la tension? Trêve de rhétorique. On connaît la réponse. Plaire à un maximum de spectateurs qui viennent au cinéma pour se détendre. Donc, plutôt, un film sage à grosse morale hollywoodienne édifiante : Que la force soit avec toi - un gros pop-corn avec ça?

Rien à ajouter. Allez, on passe au suivant.

Post-scriptum qui n'a rien à voir :
Demain, j'atteindrai mon 940ème film visionné du livre 1001 Movies You Must See Before You Die de Steven Jay Schneider. Au programme, Funny Games version allemande de Michael Haneke. À ce moment-là, j'aurai épuisé toutes les ressources des clubs vidéo de Montréal et de la Bibliothèque nationale du Québec. Je devrai me tourner vers Amazon et Ebay pour continuer ma quête. Mais je vois déjà l'impossibilité de terminer cette liste, à court terme. Quand je pense que Roger Ebert, un des plus grands critiques de cinéma américain, n'en a vu que 943, ça me console.
Au 950ème, je publierai la liste des 50 manquants.

En parlant de Roger Ebert, je suis en train de lire la critique qu'il fit de Star Wars en janvier 1977. Je vous jure que je ne l'avais pas lue avant d'écrire mon commentaire ci-haut. Tenez-vous bien. Ebert compare l'expérience qu'il a vécu au visionnement de Star Wars avec l'expérience qu'il vécut en visionnant Cris et chuchotements de Bergman - I Can't Believe That!!!
Tirée de la même chronique, cette phrase de Roger Ebert qui explique ma "détestation " de ce film : "Star Wars effectively brought to an end the golden era of early-1970s personal filmmaking and focused the industry on big-budget special-effects blockbusters, blasting off a trend we are still living through."

Oscar 1978 : 6 statuettes mais par celle pour le meilleur film qui est allée à Annie Hall de Woody Allen - yes!
Évaluation IMDB : 8,8 sur 10 par 298 235 votants
Au 12ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDBVisionné, la première fois, le 31 décembre 1977 au cinéma à QuébecMon 154ème film visionné des 1001 films de Schneider

lundi 14 décembre 2009

153. Laloux : La planète sauvage

1001 films : La planète sauvage

Film d'animation de science-fiction franco-tchèque réalisé en 1973 par René Laloux (1929-2004)
Dessins de Roland Topor
Inspiré de l'oeuvre de Stefan Wul, Oms en série

Un titre qui n'a rien à voir, en anglais (Fantastic Planet) non plus d'ailleurs.

On a vu dans ce film une allégorie de l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968 pour mettre un terme au Printemps de Prague. Pourquoi les films d'animation doivent-ils toujours être l'allégorie de quelque chose? Ne peuvent-ils pas exister que pour eux-mèmes. M'énerve cette entêtante et inutile quête de sens. Ne peut-on pas rester au premier degré : La planète sauvage est l'explication de la création de la planète Terre. Bon, moi ça me va comme ça : Les Oms dont le leader s'appelle Terr quitte une planète hostile pour une planète plus accueillante, inoccupée je suppose, pour créer leur propre civilisation. Pour en terminer avec l'allégorie mentionnée plus haut, se rappeler que l'oeuvre de Stefan Wul dont s'inspire ce film a été écrite en 1957, 11 ans avant l'entrée des chars soviétiques à Prague.

La planète sauvage, c'est 72 minutes d'une petite merveille d'animation.

Cannes 1973 : Prix spécial du jury
Évaluation IMDB : 7,6 sur 10 par 3120 votants
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Visionné, la première fois, le 6 novembre 1977 à MontréalMon 153ème film visionné des 1001 films de Schneider

lundi 7 décembre 2009

152. Minnelli : An American in Paris

1001 films : An American in ParisTitre français : Un Américain à Paris

Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1951 par Vincente Minnelli (1903-1986)
Avec Gene Kelly, Leslie Caron, Oscar Levant, Georges Guétary, Nina Foch

J'avais gardé une meilleure impression de ce film. Quelle tarte à la crème! Enlevez la musique de Gershwin et les numéros de danse de Gene Kelly, il ne reste plus grand chose à se mettre sous la dent. L'interminable (16 minutes) et assez ennuyante chorégraphie (que je suis de mauvaise foi! il est excellent ce ballet) qui vient clore le film ne le rachète en rien, non plus, la présence de l'ineffable Georges Guétary.
La revue Première a sélectionné ce film parmi les 20 films les plus surévalués de l'histoire du cinéma américain.

Après de belles images aériennes du Paris d'après-guerre en intro, deux heures de Paris en carton-pâte avec le plus grand rassemblement de clichés sur Paris jamais mis en film. Un Paris comme voulaient le voir les Américains d'alors.
Le personnage du peintre interprété par Gene Kelly est un clin d'oeil aux écrivains américains de la Lost Generation qui ont habité à Paris entre les deux grandes guerres. Entre autre lecture, je vous suggère Paris est une fête de Ernest Hemingway et Tropique du Cancer de Henry Miller, par qui tous les scandales arrivent.

Oscar 1952 : 6 statuettes dont celui du meilleur film de l'année
Évaluation IMDB : 7,3 sur 10 par 8779 votants
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Visionné, la première fois, en octobre 1977 à la télévision à MontréalMon 152ème film visionné des 1001 films de Schneider

lundi 30 novembre 2009

151. Tati : Les vacances de monsieur Hulot

1001 films : Les vacances de monsieur Hulot

Dans la liste des1000 meilleurs films du 20ème siècle


Film français réalisé en 1953 par Jacques Tati (1907-1982)
Avec Jacques Tati

Ça tombe bien, les nôtres de vacances, viennent de se terminer. On n'a pas pu compléter notre tour parce que nous n'avions pas fait de réservation pour le traversier Tunis-Palerme (Sicile) et que tout était complet depuis des lunes. Après avoir traversé l'Espagne du nord au sud et le Maroc par le Rif nous nous sommes baladés 14 jours en Algérie (14 jours étant la limite de notre visa de séjour) puis retour à Paris en empruntant la route étroite et cahoteuse des montagnes du Rif (nord du Marcoc) et la route qui longe la Costa del Sol en Espagne afin de nous soulager un peu des rigueurs de la vie quotidienne un peu spartiate au pays du socialisme à la Boumédiène.
Retenons : Un grand coup de coeur pour l'Algérie et une affection plus particulière pour les Berbères Kabyles. Entendre Idir chanté A Vava Inouva à travers un petit transistor d'un jeune berbère assis sur les bords d'un cours d'eau encastré dans une vallée de l'Aurès fut une expérience émotionnelle bouleversante.

Idir : A Vava Inouva

Donc retour à Paris, vacances terminées. Le soir précédant le retour à Montréal, ces Vacances de monsieur Hulot.
Le facteur de Jour de fête a troqué son vélo pour une Amilcar 1924 pétaradante, annonciatrice des perturbations que subiront les vacanciers de l'Hôtel de la Plage. Tout le monde va écoper, sauf Martine, la jeune blonde imperturbable - dont la princesse Leia de Star Wars a emprunté les rouleaux sur les oreilles - spectatrice comme nous des facéties, des gaffes et des pantalonnades de Hulot.
Ni film muet, ni film parlant, un film sonore. Est-il un son plus représentatif de l'ennui qui règne dans ce type de vacances en pension complète que le bruit, fortement amplifié par Tati, que fait la porte de la salle à manger à chaque fois que quelqu'un y passe. Je vous assure, ce bruit vous poursuivra le restant de vos jours à chaque fois que vous pensionnerez à un quelconque Hôtel de la Plage, ce que je ne vous souhaite pas, évidemment, à moins d'y rejouer Hulot.
Avez-vous reconnu Jean-Sol Partre - clin d'oeil au Bison Ravi - l'intello à pipe et lunettes draguant Martine à l'aide de lectures d'articles analysant la conjoncture politique à travers une grille marxiste?

Évaluation IMDB : 7,6 sur 10 par 5100 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDBVisionné, la première fois, le 10 août 1977 au cinéma à ParisMon 151ème film visionné des 1001 films de Schneider

samedi 21 novembre 2009

150. Oshima : L'empire des sens

1001 films : Ai no corridaTitre français : L'empire des sens

Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film japonais réalisé en 1976 par Nagisa Oshima (1932)
Avec Tatsuya Fuji, Eiko Matsuda

C'est le début de l'été de 1977, je viens d'arriver à Paris avec le projet de faire avec mon amie, Annie, un demi-tour de la Méditerranée en auto : deux mois pour parcourir France-Espagne-Maroc-Algérie-Tunisie-Italie-France. Avons loué en achat-rachat une Simca à laquelle nous avons l'intention de mettre 10 000 kilomètres au compteur. En attendant mon amie qui n'arrivera que dans quelques jours, je me balade dans Paris. À cause du décalage horaire, je me lève dès patron-minet (mot surprenant, non? - rencontré la première fois chez le diariste Gabriel Matzneff) pour aller me promener dans les dernières échoppes des Halles qui n'ont pas encore été transférées à Rungis. J'aime bien fréquenté les cafés de l'aube, bondés de travailleurs qui viennent de finir leur nuit; la bière et les p'tit rouges de comptoir coulent à flot dans une atmosphère terriblement enfumée.

J'habite le célèbre hôtel Saint-André-des-Arts (célèbre auprès de la clientèle nordaméricaine, parce que bien coté dans le guide Paris on 15$ a Day, ai-je bien dit 15$ par jour?) sur la rue du même nom au coeur du Quartier Latin à côté du mythique cinéma Saint-André-des-Arts, haut-lieu de la cinéphilie depuis les années 1950. C'est là que je verrai L'empire des sens.
Je ne connaissais rien de de film. Imaginez le choc ressenti. Le lieu, le cinéaste me disaient bien que je n'étais pas dans une salle de cinéma porno mais, quand même, je n'avais jamais vu de scènes sexuelles aussi explicites dans toute ma carrière de cinéphile. Ceci étant dit, j'ai été submergé par cette histoire de passion amoureuse, non, pas amoureuse, sexuelle. C'est la radicalité du désir sexuel qui nous bouleverse, qui nous transporte au-delà des différentes exhibitions crues de la mécanique sexuelle.

Ai no corrida
signifie littéralement "La corrida de l'amour". Belle métaphore qui illustre bien ce duel entre la femme et l'homme dans lequel les protagonistes échangeront leur rôle. Si, au début, l'homme se positionne comme le maître d'oeuvre de la jouissance, peu à peu, cette maîtrise lui échappera au profit de la femme qui, par la multiplication des "encore" - le mot de la jouissance féminine - lui fera rendre armes et bagages ... et quelques éléments de sa plomberie personnelle... le trophée du toréador, si je peux me permettre de compléter la métaphore de la corrida.
Eiko Matsuda, interprète du personnage historique (puisqu'inspiré d'une affaire criminelle japonaise de 1936) Sada Abe, était une actrice non-professionnelle. Elle restera à jamais étiquetée par ce film, ce qui l'empêchera de continuer sa carrière au cinéma.
Film que j'aime.

Évaluation IMDB : 6,6 sur 10 par 5002 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 20 juin 1977 au cinéma St-André-des-Arts à ParisMon 150ème film visionné des films de Schneider

vendredi 13 novembre 2009

149. Wilder : Some Like It Hot

1001 films : Some Like It Hot
Titre français : Certains l'aiment chaud
En fait, la traduction correcte devrait être : Certains aiment le Jazz Hot
Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle
Top 100

Film américain réalisé en 1959 par Billy Wilder (1906-2002)
Avec Marilyn Monroe, Tony Curtis, Jack Lemmon, George Raft
Ne lisez pas cela - Je suis passablement de mauvaise foi.

Encore un bon film américain que je n'ai pas su aimer à l'époque. Il faut savoir que les années 1970 ont été pour moi une décennie de cinéphilie intense orientée presque exclusivement sur le cinéma d'auteur et le cinéma du monde (sous-entendu, non-américain).
Je me souviens avoir vu ce film avec un oeil goguenard, sans vraiment être intéressé par cette comédie burlesque interprétée par des acteurs qui me laissaient indifférents, si, si même la "gorgeuse" Marilyn, que je trouvais d'une telle insipidité. Encore une fois, un rôle de nunuche. Pauvre petite, marquée au fer rouge du machisme masculin (oui, je sais, pléonasme), à jamais ancrée dans des rôles de plantureuse blonde insignifiante.

Je viens de revoir ce film. Mon commentaire demeure. Je ne sais toujours pas aimé ce type de cinéma américain probablement parce que j'en ai trop vu. Pour moi, ça demeure du gros burlesque qui peut, à l'occasion me faire sourire, mais qui, au grand jamais, ne me fera crier au génie. Au 15ème rang des meilleurs films du 20ième siècle!!!, je rêve ou quoi. Je le reculerais dans la liste de 200 ou 300 rangs. Mais malgré tout cela, quelques séquences anthologiques : le spot qui déshabille Marilyn dans le plus habillé des streapteases, le tango entre Daphnée (Jack Lemmon) et Osgood (Joe E.. Bronw) et la réplique qui clotûre le film.


Lecture cinéphilique en cours :
J'adore, de temps à autre, faire une plongée dans ma collection des Cahiers du Cinéma dont je possède les 400 premiers numéros. J'aime bien relire intégralement un des Cahiers "jaune"; la collection"jaune" s'étend jusqu'au numéro 159 - octobre 1964 .
Lecture intégrale du numéro 50 (août-septembre 1955) des Cahiers du Cinéma.
Des textes de Roberto Rossellini, François Truffaut, André Bazin, Jean Epstein, Abel Gance et un long texte sur la mort de Jean Vigo. Du bonbon, tout ça.
Betsy Blair et Ernest Borgnine dans Marty de Delbert Mann

Oscar 1960 : une statuette pour les meilleurs costumes (bof, on s'en tape!)
Évaluation IMDB : 8,4 sur 10 par 61 404 votants.
Au 78ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 10 juin 1977 à la télévision à MontréalEn fait, je devais être dans l'appartement de mon amie à Longueuil (banlieue sud de Montréal). Nous nous préparions à faire le plus gros voyage de notre vie : rien de moins que le tour de la Méditerranée en auto!!! Il fallait être totalement ignorant des problèmes géopolitiques de cette partie du globe pour croire une telle chose possible. Ah! la naïveté des jeunes voyageurs qui permet d'ouvrir des fenêtres sur d'autres ailleurs
Mon 149ème film des 1001 films de Schneider

mercredi 4 novembre 2009

148. Lumet : Network

1001 films : Network
Titre français : Main basse sur la TV.
Encore une mauvaise traduction de titre de film.
"Ce que dénonce Lumet, c'est que la télévision fait main basse sur le monde" Jean-Louis Bory. 22 mars 1977

Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1976 par Sidney Lumet (1924)
Avec Faye Dunaway, William Holden, Peter Finch, Robert Duvall, Beatrice Straight

Film didactique sur la "méchante" télévision.
Le hic, c'est que ça fait 30 ans que les média nous rabâchent ce thème de la poursuite des cotes d'écoute. Alors, comme on n'est plus vraiment des néophytes en la matière, on risque d'être peu ému en revisionnant ce film qui a dû, par ailleurs, certainement ébranler les consciences, à l'époque.

On a l'impression qu'on n'est jamais sorti de ce film tant la réalité actuelle du monde télévisuel dépasse outrageusement la fiction. Finalement, j'en ai tellement marre de ce sujet de la poursuite des cotes d'écoute par les grandes chaînes télé que ça gâte un peu le plaisir de revoir ce grand film qui osait aborder en profondeur cette plaie du monde des média. Ajouter à cela une dose importante et horripilante de "télévangélisation" et vous avez un film qui m'agace à plusieurs reprises.

Ceci étant dit, ça demeure une sacré bonne analyse du milieu de la télévision avec des accents prophétiques impressionnants. Impressionné aussi par l'habileté de Lumet à toucher à tant de thèmes : le milieu de la télévision, la course aux cotes d'écoute, la psychose paranoïaque, les gauchistes américains (toutes les séquences de cette partie auraient pu carrément sauter au montage, le film y gagnant en limpidité), la libération sexuelle (Dunaway draguant le vieux Holden, savoureux), les relations extramaritales, etc.

Le plaisir de revoir le visage de Faye Dunaway; par ailleurs, un peu décontenancé sinon choqué (sous le choc), par ce corps aux limites de l'anorexie. Un corps qui représente bien ce personnage émotionnellement vide - le coeur mangé par les "ratings".

Oscars 1977 : Faye Dunaway (meilleure actrice), Peter Finch (meilleur acteur), Beatrice Straight (meilleure actrice dans un rôle secondaire - une statuette obtenue avec seulement 5 minutes et 40 secondes de présence à l'écran!!!) et une statuette pour le meilleure scénario
Évaluation IMDB : 8,1 sur 10 par 29 204 votants
Au 226ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 6 février 1977 au cinéma à Montréal
Mon 148ème film visionné de la liste des 1001 films de Schneider

mardi 27 octobre 2009

147. Corman : The Masque of the Red Death

1001 films : The Masque of the Red DeathTitre français : Le masque de la mort rouge

Film britannique réalisé en 1964 par Roger Corman (1926)
Avec Vincent Price, Jane Asher, Hazel Court, David Weston

Je ne me souviens plus du tout de ce film qui m'apparaît très mineur, peu intéressant. Vraiment, en 1977, j'évitais ce type de film. La soirée devait être drôlement moche pour que je m'écrase devant la télé pour me taper un film d'horreur, moi qui les avais tellement en... horreur.
Allez, on se farcit à nouveau ce film. Pas toujours rose ce foutu concept de revoir tous les films de Schneider au fil de ma chronologie personnelle. (En fait, j'adore!)

Eh bien, je l'ai vu. Où avais-je la tête lorsque j'ai vu ce film en 1977? Enfermé dans mes préjugés contre les films d'horreur, probablement. Bon, ce n'est toujours pas le style de film que je préfère mais j'ai aimé ce film. C'est bien fait, ça rend bien le monde de Pöe, le méchant Prospero (Vincent Price) est méchant à souhait quoique son prêchi-prêcha finit drôlement par m'agacer. Mais plus près du théâtre que du cinéma, tant par le décor, la mise en scène et la déclamation de Prospero qui se prend pour un héros shakespearien.
Des influences évidentes de Hitchcock et de Bergman.
Hitchcock : La maîtresse de Prospero, Juliana (Hazel Court), qui se fait attaquer par des oiseaux noirs. Une scène onirique assez érotique dans laquelle Francesca (Jane Asher), terrorisée, pousse des cris qui sortent directement de la scène de la douche de Psycho.
Bergman : Le personnage encagoulé de la mort est une belle transposition du même personnage que le retrouve en joueur d'échecs dans le Septième sceau. La ressemblance entre le Septième sceau (1957) et le Masque de la mort rouge était tellement évidente pour Roger Corman qu'il retarda de quelques années la production de son film pour marquer un décalage entre les deux films.

Évaluation IMDB : 7,0 sur 10 par 2864 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 22 janvier 1977 à la télévision à MontréalMon 147ème film visionné des 1001 films de Schneider

vendredi 23 octobre 2009

146. Rafelson : Five Easy Pieces

1001 films : Five Easy Pieces
Titre français : Cinq pièces faciles

Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1970 par Bob Rafelson (1933 )
Avec Jack Nicholson, Karen Black, Susan Anspach

Séquence de cinéma américain que j'aime :
Cols bleus, derricks de pétrole, végétation semi-désertique, grosse bagnole, une chanson country à la radio (Tammy Wynette singing for the lonely), mobil home, bière en canette. Maintenant, ajouter Jack Nicholson (loin de ses débuts - 1956 - contrairement à ce que l'on pourrait penser) et Karen Black aux yeux noirs dont le strabisme est tellement émouvant,(jadis, une courte passion amoureuse pour cette comédienne, agréablement retrouvée dans Nashville d'Altman) qui sont constamment en porte-à-faux, sur deux rails parallèles sans espoir d'aiguillage.

Les cinq petites pièces faciles réfèrent à un cahier d'exercices de piano pour débutants.
Débutant comme ce Robert Dupea (Nicholson) qui trimbale sa vie comme un ado attardé sur le chemin de la croissance, qui frappe tout ce qui bouge pour déclencher une expérience émotionnelle qu'il n'atteindra finalement qu'auprès de son père, muet. Après cette scène où Dupea touche enfin au coeur de sa vie, il ne lui reste plus qu'à tout recommencer. Éloge de la fuite.

Cette scène d'anthologie, évidemment.
À mettre en parallèle avec la scène du MacDo dans le film Falling Down de Joel Schumacher




Bob Rafelson, après ce film tant prometteur, disparaît des écrans-radar. Peu de films et sans intérêt.
En aller il y a 25 ans, Truffaut au coeur de ma passion cinéma.

Évaluation IMDB : 7,5 sur 10 par 10 849 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDBVisionné, la première fois, le 9 janvier 1977 à la télévision à MontréalMon 146ème film visionné des 1001 films de Schneider

mardi 13 octobre 2009

145. Julian : The Phantom of the Opera

1001 films : The Phantom of the Opera

Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle


Film américain réalisé en 1925 par Rupert Julian (1879-1943)
Avec Lon Chaney, Mary Philbin, Norman Kerry.

J'ai horreur de ce type de publicité que l'on retrouve régulièrement sur les enveloppes des dvd. Ainsi, The Phantom of the Opera serait le premier grand film d'horreur de l'histoire du cinéma. Comment peut-on ignorer Le cabinet du Docteur Caligari de Wiene et le Nosferatu de Murnau pour ne nommer que ces deux-là qui écrasent littéralement le fantôme dans son 5ème sous-sol.

Un film muet, la belle affaire, mais la colorisation , quelquefois me fatigue. Dix ans après les Vampires de Feuillade dans laquelle série il utilisait les changements de couleur de pellicule pour distinguer le jour de la nuit ou la clarté de la noirceur, Julian répète la même technique. Ah, que j'adore les quelques plans, trop rares, en noir et blanc; à la limite le jaune et brun est supportable mais le monochrome vert, rouge ou bleu m'agace.
Une autre forme de colorisation, par ailleurs, représente un gain esthétique net. Il s'agit d'ajouts de couleurs à certains éléments qui composent les plans d'une séquence. À ce titre, la scène du bal masqué, filmée dans l'escalier de l'opéra de Paris, est, en soi, un petit chef d'oeuvre.
Tout ça étant dit, un des grands films d'horreur de la période du muet dont l'histoire, simpliste à souhait, est menée rondement sans les longueurs habituelles des films muets et, évidemment, sans oublier ce qui fait la renommée intarissable de ce film, ceci :

Belle surprise sur la copie que j'ai visionnée. La musique a été composée par Gabriel Thibaudeau, pianiste attitré à la Cinémathèque québécoise lors de projections de films muets et interprétée par I Musici de Montréal et la chanteuse d'opéra Claudine Côté.

Évaluation IMDB : 7,8 sur 10 par 5179 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 5 janvier 1977 à la télévision à Montréal
Mon 145ème film visionné des 1001 films de Schneider

samedi 3 octobre 2009

144. Clouzot : Le salaire de la peur

1001 films : Le salaire de la peur
Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film français réalisé en 1953 par Henri-Georges Clouzot (1907-1977)
Avec Yves Montand, Charles Vanel, Folco Lulli, Peter van Eyck et Véra Clouzot

J'avais oublié la première partie du film tellement l'intensité de la deuxième partie avait oblitéré tout esprit critique lors d'un premier visionnement, il y a plus de trente ans.

Donc, première partie que j'aime.
Une mise en place des personnages qui s'éternise et qui distille l'ennui (mais cet ennui est nécessaire de même que les dialogues en anglais, en espagnol et italien, tous non sous-titrés) et que j'intitulerais L'aquarium (en souvenir d'un roman du Québécois Jacques Godbout qui portait le même titre et qui décrivait, si je me souviens bien, une petite société de colonisateurs mourant d'ennui et de palu dans un coin perdu de la tropicalité africaine.). Un paquet de petits blancs paumés tournent en rond dans un coin pourri de la planète en quête d'une impossible échappatoire : pas de jobs mais pas de billets de sortie non plus. Englués...comme dans un bain de pétrole.
Qui de Arnaud (auteur du roman dont a été tiré le film) ou de Clouzot s'est amusé a maltraiter à ce point la Femme dans ce film. On a rarement atteint, dans un film, un tel niveau de misogynie. En fait, que vient faire le personnage de Véra Clouzot dans cette histoire à peine déguisée d'homosexualité masculine sinon à titre de matériel de projection machiste. Oublions également les remarques au sujet des femmes noires... à hurler.

Deuxième partie : Confronter ou fuir.
Je pense à L'éloge de la fuite de Henri Laborit et sa mise en cinéma par Alain Resnais dans Mon oncle d'Amérique.

Me suis surpris à aimer le personnage du "lâche" interprété par Charles Vanel et à le préférer à celui, monobloc, interprété par Yves Montand, le "John Wayne" des routiers. C'est vrai que Montand a une gueule du tonnerre dans ce film, me touchant particulièrement lorsqu'il parle italien, mais je n'étais pas disposé à recevoir ce super-héros.
M. Jo (Vanel) me touche beaucoup plus par son itinéraire émotionnel; on le voit passer par toute la gamme des émotions que l'on vit lorsqu'on est confronté à une situation éminemment anxiogène : de la position de crâneur à la plus lamentable panique qui mène inexorablement à la fuite..
Ma réaction a certainement à voir avec une expérience récente à l'Aiguille du Midi à Chamonix. Je m'étais aventuré dans l'arête étroite et vertigineuse qui part de la station de l'Aiguille (3800 m.) et qui descend dans la Vallée Blanche, sans crampons, sans piolet, sans corde, en bottes de randonnée (en imbécile heureux, quoi! et je suis gentil avec moi en disant celà). Ce qui devait être une belle balade dans la neige s'est rapidement transformé, vu mon sous-équipement, en une situation hautement anxiogène. Pas de Vallée Blanche mais plutôt, une bonne frousse.

Dans le générique (j'aime les lire au complet; je suis souvent seul à le faire dans les salles de cinéma, les nettoyeurs de salle agacés de ce comportement délinquant) : Des remerciements à La Société Française des Glycérines (au choix, avec de la glycérine on peut faire de la nitroglycérine ou des bulles de savon) et à la Société Française de l'Amiante (pauvre gouvernement du Québec qui a nationalisé une mine d'amiante en 1978 au moment où on commençait à bannir ce produit en Europe; les anciens propriétaires de la mine se tordent encore de rire!).
Ah oui, j'oubliais. Dans ce film, on y retrouve des capitalistes américains, méchants à souhait, qui exploitent les damnés de la Terre. Au temps de la "guerre froide", on ne rigole pas avec ces choses, donc censure du film en terre américaine.

Berlin 1953 : Ours d'or
Cannes 1953 : Grand prix du festival et Mention spéciale pour Charles Vanel
Évaluation IMDB : 8,3 sur 10 par 12 553 votants
Au 177ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1976 à la télévision à MontréalMon 144ème film visionné des 1001 films de Schneider

vendredi 18 septembre 2009

143. Saura : Cria cuervos

1001 films : Cria cuervos
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film espagnol réalisé en 1975 par Carlos Saura (1932)
Avec Ana Torrent, Geraldine Chaplin, Monica Randall, Florinda Chico.

On peut voir dans ce film toutes sortes de références au régime fasciste espagnol dans ses derniers kilomètres - Francisco Franco, agonisant littéralement pendant la réalisation du film, sorti en janvier 1976, 2 mois après le décès du caudillo.
Pas une critique n'y échappe. La mienne, si. Certainement pas par manque de sensibilité par rapport à la dure lutte menée pendant des décennies par les pourfendeurs de cette dictature mais parce que l'oeuvre, revue 30 ans plus tard, s'échappe de toute contingence politique ou sociologique de l'époque de son tournage.

L'enfance, donc...la malheureuse. Les pertes énormes et le travail du deuil qui n'arrive pas à se faire; le coeur se bronze. La colère rentrée et la haine froide. À jamais contre. N'attendez surtout pas de reconnaissance. Proverbe espagnol : "Cria cuervos y te sacaran los ojos". Élève des corbeaux et ils t'arracheront les yeux.

Ana Torrent inonde l'écran. Ce visage, une esquisse en fait, une ligne pour la bouche, deux points pour le nez et deux perles noires pour les yeux, d'une telle impassibilité, c'est Greta Garbo à 9 ans. Que j'aurais aimé être l'auteur de cette comparaison que l'on peut trouver dans le blog de Dan Callahan.







Greta Garbo... à plus de 9 ans.

La scène de la mère se tordant de douleurs devant les yeux impassibles de la petite Anna, c'est Harriet Andersson agonisant dans Cris et chuchotements de Bergman.

Lecture cinéphilique :
Le lièvre de Patagonie. Mémoires de Claude Lanzmann, auteur du film Shoah, le plus grand film jamais tourné sur la destruction des Juifs d'Europe. Vous ne sortirez pas indemne de ce documentaire de 9,5 heures.
Probablement le livre de Mémoires le plus passionnant, le mieux écrit et le plus intelligent qu'il m'ait été donné de lire. Orthodoxes de ce que l'on appelle erronément de gauche, s'abstenir.
Une grande partie des Mémoires (120 pages) est consacrée à la description de la réalisation de Shoah qui s'est échelonnée sur une période de 12 ans - épique et bouleversant.
Un chapitre pour cinéphile.
1958. Claude Lanzmann part en reportage en Corée du Nord avec la 1ère délégation occidentale invitée dans ce pays depuis la fin de la guerre. Il y tombe passionnément amoureux d'une infirmière nord-coréenne. Bravant tous les interdits, ils réussissent à s'isoler quelques minutes de l'escorte continuelle des policiers qui les traquent en permanence. Fin abrupte et sans retour de cette rencontre. Lanzmann n'oubliera jamais Kim Kum-sun. Le film de David Lean , Brief Encounter, deviendra emblématique de cette période de sa vie.
2005. Lanzmann, à 80 ans, retourne pour 4 jours (limite maximum de séjour) en Corée du Nord avec l'idée, totalement fantasmatique, d'y évaluer la possibilité d'y tourner sa "brève rencontre" sur fond documentaire. "J'aurais réalisé un film documentaire sur la Corée du Nord aujourd'hui, en donnant à voir, Pyongyang, le vide, la monumentalisation, la mobilisation permanente, la faim, la terreur, la suspension du temps pendant 50 ans, montrant que tout a changé, rien n'a changé, tout a empiré." Est-il vraiment utile d'ajouter que ce film ne se fit jamais?

Cannes 1976 : Grand prix du jury.
Évaluation IMDB : 7,9 par 1870 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDBVisionné, la première fois, en décembre 1976 au cinéma à MontréalMon 143ème film visionné des 1001 films de Schneider

mercredi 12 août 2009

142. Scorsese : Taxi Driver

1001 films : Taxi DriverDans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle
Top 100

Film américain réalisé en 1976 par Martin Scorsese (1942)
Avec Robert De Niro, Cybil Shepherd, Jodie Foster, Harvey Keitel, Peter Boyle, Albert Brooks, Leonard Harris.

J'aime beaucoup les passerelles - en voici une.
Taxi Driver comme une chanson de Bruce Springsteen - celle-ci par exemple, tiré de l'album Born To Run, sorti en 1975 : Backstreets (le piano du début suivi de l'orgue "dylanesque" - émouvant). Les paroles et une interprétation fabuleuse.
Ce soir-là, Springsteen c'est Travis Bickle qui a quitté son taxi pour monter sur les planches au Madison Square Garden à New York. À certains moments, on croirait vraiment voir Robert De Niro à 50 ans.


En fait, tout l'album Born to Run est le frère artistique de Taxi Driver. Deux productions artistiques, produites au même moment, qui commentent le même monde des "urbans losers".
Du même album, ces deux dernières lignes de Thunder Road, chanson qui me bouleverse tellement, et qui disent Taxi Driver
"It's a town full of losers,
And I'm pulling out of here to win."

Taxi Driver, plongeon au coeur de la période la plus noire de New York; au moment où la ville, en faillite, ressemble à un dépotoir de toutes les détresses humaines. Dans les années 1970, New York était sale, corrompue, violente, inhabitable, le royaume des sans-abris pour lesquels on inventa une thérapie spécifique, la Greyhound Therapy (fournir à un SDF un billet d'autobus, aller seulement, pour une autre ville; Greyhound étant une compagnie d'autocars spécialisée dans le transport interurbain). C'est l'écosystème dans lequel évolue Travis Bickle, cab driver nocturne, fuyant l'insomnie et la solitude têtue.
Ce qui fait la beauté et la grandeur de ce film c'est plus son traitement que son histoire de loser cherchant la rédemption dans de quelconques actes de justicier qu'on appelle aux USA, des vigilantes.

Me touchent plus particulièrement :

1. La voix off du narrateur. Dès le début, plongée au coeur des films noirs des années 1940. Cette voix nous compromet dès le début - on va vivre et mourir avec ce personnage. Ne vous laisser pas abuser par la dernière séquence, Travis Bickle est bel et bien mort dans la chambre d'Iris.
2. Les multiples prises de vue du taxi et à partir du taxi de Travis.
3. La performance de De Niro digne des plus grands Brando.
4. Jodie Foster - "twelve and a half years old going on thirty"
5. Cybil Shepherd, une jeune Catherine Deneuve (le même glacier), qui surnage dans ce cloaque.
6. La musique de Bernard Hermann...le saxe (ouf)
7. Harvey Keitel, encore dans un rôle de tordu dans lesquels il est le meilleur.
8. Les arrière-plans truffés d'affiches de cinéma porno. Qui a déjà vu Anita : Swedish Nymphet (Les impures) avec la playmate de Playboy, Christina Lindberg? On voit aussi l'affiche de The Texas ChainSaw Massacre.
9. Et toutes les passerelles sur lesquelles ce film ouvre : psychopathologie, urbanisme, vie nocturne, musique rock... Tous domaines que j'aime.

Lecture cinéphilique :Un amour sans paroles de Didier Blonde.
À la recherche de Suzanne Grandais, actrice populaire du cinéma muet français, décédée dans un accident de la route le 28 août 1920 à l'âge de 27 ans.
Ce petit roman frôle le pastiche des romans de Patrick Modiano. Amour et nostalgie. Pour connaître Modiano, commencez par Rue des boutiques obscures, paru en 1978. Il se peut que vous ne soyez plus capable de vous extirper de ce monde pendant plusieurs mois. Bien fait pour vous.

Cannes 1976. Palme d'or
Évaluation IMDB : 8,6 sur 10 par 133 232 votants
Au 38ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDBVisionné, la première fois, le 4 décembre 1976 au cinéma à MontréalMon 142ème film visionné des 1001 films de Schneider

vendredi 7 août 2009

141. Schaffner : Planet of the Apes

1001 films : Planet of the ApesTitre français : La planète des singes
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1968 par Franklin J. Schaffner (1920-1989)
Avec Charlton Heston, Roddy McDowall, Kim Hunter, Maurice Evans, Linda Harrison ("la sois-belle-et-tais-toi" du producteur Zanuck)

Pas de chance pour les singes, sortie simultanée en avril 1968 de 2001: Odyssée de l'espace, de Stanley Kubrick, le plus grand film de science-fiction de l'histoire du cinéma.
Euh! non, ce fut quand même (la campagne publicitaire monstre aidant) un très grand succès pour La planète des singes à sa sortie; n'ayant rien à envier, en ce sens, à 2001 : Odyssée de l'espace.Mais 40 ans après, Planet of the Apes n'est plus qu'un vieux film de science-fiction qui a très mal vieilli dont les décors et les costumes ont l'air d'avoir été loués dans un magasin de "farces et attrapes"et dont l'acteur principal, Charlton Heston, est marqué à jamais par sa prestation minable dans le film de Michael Moore (le faux documentariste - comment a-t-il pu berner le jury du Festival de Cannes avec son Farenheit 9/11!- la grande faucheuse de l'idéologie "rides again"), Bowling for Colombine - terminé Ben-Hur! on n'a plus qu'un vieil acteur en marche vers la démence et essayant de justifier l'injustifiable. Je n'arrive pas à oublier ce Charlton Heston, président sortant de la National Rifle Association, qui vient oblitérer tous les autres qui l'ont précédé.
Par ailleurs, 2001 : Odyssée de l'espace est toujours aussi percutant - n'a pas vieilli d'un poil.

J'avais été très ému, lors du premier visionnement de ce film, il y a plus de 30 ans, par le plan final du film. J'étais resté un peu estomaqué par la leçon que nous enseignait ce plan final. En le revoyant cette semaine, j'ai été un peu déçu de mon manque de perspicacité d'alors tant les indices qu'on nous jette en pleine figure tout au long du film pointent vers cette "statue de la liberté" enfouie dans le sable.
On a beaucoup pérorer sur les grandes leçons que nous enseignent ce film. Moi, je retiens surtout, qu'avec leur système de castes : les orang-outangs en politiciens, les chimpanzés en scientifiques et les gorilles en policiers (un peu facile celle-là), bien, ils sont dans les traces des humains et courent, également, vers l'holocauste nucléaire après un détour possible par quelques génocides simiens.

Les premières paroles de Taylor après qu'il eut retrouvé l'usage de la voix : "Get your stinking paws off me, you damned dirty apes". Parmi les 100 meilleures tirades du cinéma américain selon l'American Film Institute.


À l'origine du film, le roman de l'écrivain français Pierre Boulle. Deux autres romans de ce dernier ont été adaptés au cinéma : Le pont de la rivière Kwaï et Le photographe (Titre du film : Le point de mire de Jean-Claude Tramont avec Annie Girardot et Jacques Dutronc).
Le fan club de POTA
La saga de la Planète des singes a été produite dans le désordre chronologique. Il faut voir les films dans cet ordre suivant si une telle chose a un quelconque attrait pour vous - y a pire.
1968. La planète des singes
1972. La conquête de la planète des singes
1973. La bataille de la planète des singes
1971. Les évadés de la planète des singes
1970. Le secret de la planète des singes

Correction de la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle :
Au 700ème rang, insérer : Ozu, Yasujiro. Umarete wa mita keredo (I Was Born, But...). 1932.

Évaluation IMDB : 8,0 sur 10 par 49838 votants.
Au 250ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDBVisionné, la première fois, le 1er novembre 1976 à la télévision à MontréalÀ deux semaines du plus grand et du plus "tripatif" (bonjour monsieur Languirand) bouleversement politique québécois du 20ème siècle - l'élection du Parti Québécois à la tête du gouvernement du Québec. En prime : la défaite du premier ministre sortant (Robert Bourassa) aux mains du poète Gérald Godin - pur bonheur.
Mon 141ème film visionné des 1001 films de Schneider

dimanche 26 juillet 2009

140. Renoir : La chienne

1001 films : La chienneDans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film français réalisé en 1931 par Jean Renoir (1894-1979)
Avec Michel Simon (Legrand), Janie Marèse (décédée dans un accident d'automobile à la fin du tournage), Georges Flamant (au volant de l'auto où se trouvait Janie Marèse).
D'autres comédiens dont seul le nom de famille apparaît au générique - pratique courante au cinéma français avant les années 40 : Gaillard, Mll Doryans, Mancini, Argentin, Dalbon, Gehret. Pourquoi une telle chose?

De fait, La chienne (1931) forme un diptyque avec Boudu, sauvé des eaux (1932).
Dans La chienne, on y voit comment Legrand (Michel Simon), un rond-de-cuir petit-bourgeois maltraité par sa femme, devient le clochard, heureux et retors, du Boudu, sauvé des eaux après avoir dégringolé l'escalier de la respectabilité en s'entichant d'une prostituée qui le manipule et le lessive jusqu'aux derniers ronds et qui lui fait comprendre qu'il n'était qu'un pauvre tordu s'il a cru qu'elle l'avait déjà aimé - donc, crime passionnel. S'ensuit déchéance de Legrand qui se retrouve littéralement à la rue, enfin heureux...Boudu est né.

Michel Simon écrase le casting. Il y a deux films : avec et sans Simon.
Quand Simon n'est pas là, le film tombe à plat. Toute la partie de l'enquête judiciaire et du procès..."d'un sans intérêt". La séquence finale sauve le film qui s'en allait vers la banalité.
Encore deux choses qui me plaisent au plus haut point : la vivacité des mouvements de la caméra (perception probablement magnifiée par le fait que je venais de voir 2 films de Yasujiro Ozu - 4 heures de plans fixes ) et le tournage en extérieurs (ceux de Montmartre).

Suis resté franchement estomaqué d'apprendre que dans les années 1930, les exécutions de la peine capitale avaient toujours lieu sur les places publiques des villes françaises.
"Alors, ma chérie, on va à l'exécution cet aprem'?
Ah, non, pas encore une décapitation. Y en a marre, c'est la troisième qu'on irait voir ce mois-ci. Non, aujourd'hui, j'ai des courses à faire à la Samaritaine; vas-y avec tes potes."
(Inspiré de la séquence de la lapidation dans Monty Python : The Life of Brian)
Ce n'est que le 24 juin 1939 que le président de la République, Albert Lebrun (le dernier de la 3ème République), décréta la fin des exécutions publiques. Document inouï sur la peine capitale en France : La vie étonnante de la guillotine.

Évaluation IMDB
: 7,9 sur 10 par 796 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 27 octobre 1976 à la télévision à Montréal
Mon 140ème film visionné des 1001 films de Schneider

lundi 20 juillet 2009

139. Stroheim : Foolish Wives

1001 films : Foolish WivesTitre français : Folies de femmes
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1922 par Erich von Stroheim (1885-1957)
Avec Erich von Stroheim (Count Wladislaw Sergius Karamzin), Miss DuPont, Rudolph Christians, Maude George, Mae Busch, Dale Fuller

D'abord, savoir que le film que l'on peut visionner (2,25 heures - déjà mieux que les 85 minutes de la version décrite dans Schneider) n'est qu'une version écourtée, charcutée (à l'encontre de la volonté de Stroheim), d'une oeuvre qui devait durer 8 heures. Ce film n'existe plus; nous n'avons plus qu'un montage très imparfait de différentes séquences fait sans l'autorisation du réalisateur.

Malgré tout le dépecage opéré par les producteurs, les distributeurs et les propriétaires de salles, Folies de femmes demeure l'un des monuments du cinéma muet. J'ai été carrément estomaqué par le défi aux normes morales de l'époque porté par ce film. Violence, voyeurisme, fétichisme, viol, abus de toutes sortes ne sont pas des thèmes que l'on associe habituellement au cinéma muet du début des années 20. En ce sens, Folies de femmes est carrément à l'avant-garde.

Énigme : Pourquoi l'interprétation toute en retenue des acteurs de ce film n'a pas fait école?
Pourquoi les jeux de face et le grimaçage pour exprimer les émotions ont-il continué à empoisonner l'interprétation des personnages même après l'invention du parlant? (Pensons à Emil Jannings dans L'ange bleu).




"L'homme qu'on aime détester" (tel est l'attribut que Stroheim s'est vu attribuer au cours de sa carrière d'acteur) dans une de ses plus grandes performances de "gros méchant".
Dans ce film, Stroheim atteint un sommet dans l'art de faire détester un personnage créant ainsi le modèle absolu du vilain, de l'homme à abattre.
J'imagine la terrible jouissance des spectateurs lorsqu'ils ont découvert, à la fin du film, la destinée du Comte Karamzin. La haine de ce personnage a du être renforcée par le fait que les spectateurs ne pouvaient aucunement s'y identifier - un aristocrate russe étant à des années-lumière des classes populaires américaines des années 1920.
Le lendemain des premières projections : chute dramatique de la vente de monocles et de porte-cigarettes, à jamais associés au mépris de classe comme le cigare a longtemps été associé aux "gros méchants capitalistes" - perception que même les cigares de Fidel ne parviendront pas à renverser.

Évaluation IMDB : 7,7 sur 10 par 520 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 13 octobre 1976 à la télévision à Montréal
Mon 139ème film visionné des 1001 films de Schneider

lundi 13 juillet 2009

138. Hamilton : Goldfinger

1001 films : Goldfinger
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle


Film britannique réalisé en 1964 par Guy Hamilton (1922)
Avec Sean Connery, Honor Blackman (Pussy Galore), Gert Fröbe (Auric Goldfinger), Harold Sakata (Oddboy)


Après avoir revu ce film, j'ai pensé au mélodramatique titre du film de Luigi Comencini ; "Mon Dieu, comment suis-je tombé si bas?" Passer de Fellini à Guy Hamilton, on parle bien de chute.

Ettaché à mon concept de revoir tous les films de Schneider en suivant l'ordre chronologique de leur apparition dans ma vie de cinéphile, je me retrouve, quelquefois, dans l'obligation de faire un commentaire sur un film sans intérêt, pour moi.

Ne boudons pas notre plaisir, on s'amuse quand même un peu à revoir un Bond, surtout ceux de la première cuvée avec Sean Connery, en macho extrême. En une seule galipette dans le foin, il réussit le tour de force de faire changer de camp Pussy Galore (j'adore ce nom) en plus de lui faire changer d'orientation sexuelle! Fort, le mec!!!.

Le comble du manque d'à-propos, cette phrase de Bond : "Boire du Dom Pérignon pas assez froid c'est comme écouter les Beatles sans boules-quiès". Toute la bêtise du personnage ramassée dans ce "one-liner".

Basta. R.A.S.

À ne pas mettre au même programme : Goldfinger et Shoah (9,5 heures) dans lequel je suis plongé depuis quelques jours. L'insignifiance de Goldfinger n'en est que plus magnifiée.

Oscar 1965 : Une statuette pour les effets spéciaux.
Évaluation IMDB : 7,9 sur 10 par 42 124 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 30 septembre 1976 à la télévision à Montréal
Étais-je en dépression ou quoi? Se farcir un James Bond à la télévision...
Mon 138ème film visionné des 1001 films de Schneider

lundi 6 juillet 2009

137. Fellini : Amarcord

1001 films : AmarcordDans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle
Top 100

Film italien réalisé en 1973 par Federico Fellini (1920-1993) Avec Magali Noël, Bruno Zanin, Pupella Maggio, Armando Brancia, Luigi Rossi,


Fans de Fellini, évitez ce message...sinon vous allez hurler.

Fellini fait partie d'un petit groupe de réalisateurs (pour le moment, je pense à Antonioni et à Godard) dont le déroulement de la carrière m'a graduellement éloigné d'eux.
La carrière de Fellini est un exemple patent de ce phénomène.
Autant je suis éperdu d'admiration pour des films tels La strada, La dolce vita ou Otto e mezzo, autant la deuxième partie de la carrière de Fellini (qui commence, mettons, avec Juliette des esprits), que j'appellerais "le cirque arrive en ville" ou bien "la cour des miracles à Cinecitta", me touche peu - à la limite m'agace.

Amarcord (Je me souviens) est un exemple, en mode mineur (par rapport à Satyricon ou Casanova, par exemple), de cette production fellinienne. Un amoncellement de gros seins, de grosses fesses, de pets, de merde, de monstres humains, d'handicapés physiques, de malades mentaux, tout ça arrosé d'onirisme et d'ésotérisme. Il est évident qu'il faut voir au-delà de cet écran tapageur. Mais, justement, a-t-on vraiment besoin de cette mascarade pour décrire une année de la vie tranquille d'une petite ville à l'époque du fascisme glorieux? Surtout que Fellini n'arrête pas, d'un film à l'autre, de se complaire dans ce genre d'esthétisme baroque. N'aurait-il pas pu nous amener au coeur de ses sujets, de ses angoisses, de ses questionnements, sans emprunter, sempiternellement, la piste du cirque?
Avec Amarcord, il nous raconte la vie du village de son enfance. On se prend à rêver du film qu'il aurait réalisé à l'école du néo-réalisme.

Je me souviens que j'étais demeuré de glace devant cette oeuvre lors de sa sortie, contrairement à la critique et aux cinéphiles de l'époque qui était transporté d'admiration par le cirque fellinien. Et cette deuxième visite confirme ma réception (ma déception) d'alors. Je n'aime pas ce type de cinéma...alors toute ma critique est, du coup, totalement biaisée et sans intérêt pour les amateurs de Fellini.



Oscar 1975 : Meilleur film en langue étrangère
Évaluation IMDB : 7,8 sur 10 par 11 344 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 29 septembre 1976 au cinéma à MontréalVisionné, le même jour, Les noces rouges de Claude Chabrol. Une question que je me pose au sujet du scénario : Pourquoi tuer le mari alors qu'il était si simple de divorcer? Pour faire du Chabrol, pardi!
Mon 137ème film visionné des 1001 films de Schneider

mardi 30 juin 2009

136. Visconti : Le guépard

1001 films : Il gattopardoTitre français : Le guépard
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle
Top 100

Film italien réalisé en 1963 par Luchino Visconti (1906-1976)
Avec Burt Lancaster, Alain Delon, Claudia Cardinale, Paolo Stoppa, Rina Morelli, Romolo Valli, Terence Hill, Pierre Clementi, Lucilla Morlacchi, Serge Reggiani

Le casting du siècle : Burt Lancaster en improbable aristocrate sicilien du 19ème siècle. Cet acteur américain plutôt habitué des westerns et des films d'action a été imposé à Visconti par le coproducteur américain à des fins de rentabilité commerciale. Visconti transforma littéralement cet acteur - ce cowboy comme il disait. Mais on pouvait soupçonner un génie de la composition dans cet acteur qu'on peut voir dans l'interprétation qu'il fit du prisonnier Robert Franklin Stroud dans Birdman of Alcatraz (1962).

Une immense pâtisserie que ce Guépard.
Comment peut-on supporter tant de beauté cinématographique pendant 3 heures!
Tout dans la forme : de multiples plans comme autant de toiles de maître; des paysages jaunes, oranges, ocres d'un dépouillement qui frôle l'ascèse; des costumes, ceux du bal en particulier, à faire pâlir tous les carnavals de Venise; l'éclatante Claudia Cardinale qui débarque après 1 heure de métrage pour injecter de la passion, de la beauté, de la vie dans ce monde moribond - le premier gros plan de Claudia qui se mord les lèvres... anthologique.

Au beau milieu d'une époque marquée par l'émancipation des colonies, la montée de la démocratie et la multiplication des partis de gauche, il a eu du culot ce Visconti, ancien aristocrate (comte de Lonate Pozzolo ) converti au communisme, de traduire en film le roman Il gattopardo de Giuseppe Tomasi di Lampedusa tout à la gloire de l'aristocratie sicilienne.
Beaucoup ne lui ont pas pardonné de nous avoir, pendant trois heures, plongé dans la grandeur et les misères de l'aristocratie en réussissant le tour de force à rendre le personnage du Prince Salina, le plus attachant de tous. Bon, d'accord, Angelica (Claudia Cardinale) est terriblement attachante aussi ... mais sur un autre registre.
Le comble de la mauvaise foi : Michel Delahaye et Jacques Rivette des Cahiers du Cinéma d'août 1963 classent le film dans la catégorie à voir à la rigueur. Position idéologique?

La perfection au cinéma? La séquence du bal. La vie, l'amour, la mort en 50 minutes.

Lecture cinéphilique en cours :
La vie passera comme un rêve de Gilles Jacob, président du festival de Cannes depuis 1977.
Un tiers de parcouru : immense déception.
Des mémoires en 74 chapitres présentées dans le désordre (un vieux truc d'éditeurs pour camoufler quoi? les faiblesses de l'écriture?). Un immense fouillis de flashbacks et de flashforwards dont les contenus annoncés s'avèrent, finalement, de peu d'intérêts.
Achat suite à la lecture d'une critique. Apparemment, encore une critique faite à partir de la 4ème de couverture. "J'horreure"
Si vous adorez les coulisses du Festival de Cannes, la meilleure partie de ce livre un peu brouillon, commencez à lire à partir de la page 166.

Cannes 1963 : Palme d'or
Évaluation IMDB : 8,0 sur 10 par 5337 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 12 septembre 1976 au cinéma à Montréal
Mon 136ème film visionné des 1001 films de Schneider

lundi 22 juin 2009

135. Preminger : Anatomy of a Murder

1001 films : Anatomy of a MurderTitre français : Autopsie d'un meurtre
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1959 par Otto Preminger (1906-1986)
Avec James Stewart, Lee Remick, Ben Gazzara, George C. Scott, Arthur O'Connell, Eve Arden
Musique de Duke Ellington. Il faut voir le Duke jouer en duo avec Stewart dans un pub du Upper Michigan. Mémorable pour tout fan de jazz.

Pas encore un film de procès! (sur l'air de Pas encore un film d'ado!).
J'en ai tellement marre des films de procès que j'avais plein d'appréhension à revoir ce film dont je n'avais, bizarrement, gardé aucun souvenir. Mais, surprise, j'ai plongé avec appétit dans cette belle représentation détaillée de la justice-spectacle où l'on découvre que les faits, finalement peu importants, sont totalement balayés par la réthorique des avocats. Il est curieux, en ce sens, que le réalisateur n'ait pas jugé bon de nous faire assister à la plaidoirie finale des deux parties, ce qui est, habituellement, le point d'orgue d'un procès.

Fin surprenante, tant elle est abrupte. On a l'impression que le producteur, regardant sa montre et découvrant qu'on en ait rendu à 160 minutes de métrage, sort le drapeau à damier et somme le réalisateur de rentrer à l'écurie. Donc pas de plaidoires finales, ni de blablabla moralisateur, mais plutôt, à titre de dernière séquence, un drôle de rendez-vous autour d'une poubelle dans un parc de maisons mobiles dans un coin perdu du Michigan près de la frontière canadienne - j'adore.

Une des grandes performances de James Stewart en avocat décontracté, amateur de jazz et de pêche à la ligne, qui réussit à protéger sa virginité (mais pourquoi donc?) malgré les attaques répétées de Lee Remick qui utilisent ses dessous à titre d'armes de séduction massive.

Le juge du procès est interprété par Joseph N. Welch, renommé pour avoir été le juge qui initia la chute en disgrâce du sénateur McCarthy, le grand inquisiteur de la chasse aux communistes dans les années 1950.
Lors d'une audience sénatoriale (9 juin 1954), transmise à la télévision, lorsque McCarthy s'attaqua à un membre du cabinet d'avocats dirigé par Welch, celui-ci répliqua en ces termes :
"Senator, may we not drop this? We know he belonged to the Lawyers Guild...Let us not assassinate this lad further, Senator. You have done enough. Have you no sense of decency, sir? At long last, have you left no sense of decency?" Les applaudissements nourris des spectateurs qui suivirent cet échange ne laissèrent aucun doute : l'ère de Joseph McCarthy touchait à sa fin. (On peut voir cet échange sur You Tube).
Venise 1959. Meilleur acteur : James Stewart
Oscar 1960. Sept nominations. Aucune statuette
Évaluation IMDB : 8,1 sur 10 par 13 453 votants.
Au 204ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDBVisionné, la première fois, le 8 septembre 1976 à la télévision à MontréalMon 135ème film visionné des 1001 films de Schneider

lundi 15 juin 2009

134. Forman : One Flew Over the Cuckoo's Nest

1001 films : One Flew Over the Cuckoo's NestTitre français : l'horrible et in-signifiant : Vol au-dessus d'un nid de coucou
En anglais, cuckoo signifie, entre autre, quelqu'un qui n'a pas toute sa tête. En français, coucou n'a pas cette signification : arbre, fleur, oiseau, horloge. Alors : Vol au-dessus d'un nid d'horloges? N'aurait-il pas été préférable d'utiliser le titre français du roman dont a été tiré ce film, La machine à brouillard (on dirait un titre de film de Samuel Fuller)? Pas sûr.
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1975 par Milos Forman (1932)
Avec Jack Nicholson, Louise Fletcher, William Redfield, Sydney Lassick, Brad Dourif (son 1er film), Christopher Lloyd (son 1er film), Wil Sampson (son 1er film), Danny DeVito, Vincent Schiavelli dit l'homme-aux-yeux-tristes.

Rencontre brutale avec une des pires méthodes thérapeutiques - la lobotomie - utilisées par la psychiâtrie et qui a tant contribué à la discréditer aux yeux du public. Immédiatement après la Seconde guerre mondiale, la lobotomie, les électro-chocs et les techniques de lavage de cerveau étaient des pratiques courantes en psychiâtrie clinique. Des histoires d'horreur.
One Flew Over the Cuckoo's Nest entrebaille la porte sur ces pratiques d'un autre âge.
Je lisais, dernièrement, dans la jeune et excellente revue française XXI (ma passion actuelle, entre quelques dizaines d'autres), un reportage sur l'ainée de la famille Kennedy qui, à cause de sa personnalité dérangeante, aurait été extirpée de la famille, exilée dans le North Country et mis hors d'état de nuire par les bons soins du docteur Walter Freeman alias "pic à glace" (outil qu'il utilisait pour pratiquer ses lobotomies - histoire d'horreur vous disais-je) un des premiers psychiâtres américains à pratiquer la lobotomie dans les années 1940.

Quelque chose m'agace dans ce film.
L'unanimité des louanges receuillies par ce film, culminant lors des Academy Awards qui lui attribuèrent une des plus extraordinaires récoltes de statuettes dans l'histoire du cinéma américain sonne l'alarme du critique grincheux dont j'aime bien, de temps à autre, porter les habits.
Pourquoi tant d'unanimité? Le scénario, pardi! et l'interprétation qu'on en fait.
Qu'il est bon, sans coup férir, de mettre au pilori l'ordre établi quand il présente un tel entêtement à abuser de son pouvoir de contrainte et de punition. À bas le fascisme! Qui pourrait ne pas endosser un tel slogan. Et tout le monde saute dans la parade.
On ne peut pas résister à être séduit par ce film qui déboulonne devant nous les mécanismes du pouvoir totalitaire (les institutions psychiâtriques sont souvent la méthaphore de la société totalitaire). Milos Forman, le réalisateur, n'hésitait pas à faire un parallèle entre l'univers concentrationnaire du centre psychiâtrique et la vie dans son pays d'origine, la Tchécoslovaquie de l'époque communiste.
Ce qui m'agace? Le manichéisme des bons contre les méchants. "Un western de fous"
Mais, j'aime bien ce film quand même, surtout à cause de Jack Nicholson, dans la plus époustouflante prestation d'acteur de sa carrière.

Quelqu'un peut-il m'expliquer ce que la scène du bateau de pêche vient foutre dans ce film. À part la séquence où Nicholson présente les différents patients à titre de psychiâtre, tout le reste aurait dû aboutir dans la corbeille de la salle de montage.

Oscars 1976 : 5 statuettes : Jack Nicholson (meilleur acteur), Louise Fletcher (meilleure actrice), Milos Forman (meilleur réalisateur), Meilleur film, Meilleur scénario provenant d'un matériel existant.
Évaluation IMDB : 8,9 sur 10 par 178,887 votants
Au 8ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB. Notez l'écart important avec son classement en haut de page.
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 13 août 1976 au cinéma à Québec
Fin de mon deuxième séjour à l'école d'été de Français de l'Université Laval à titre de professeur de français, langue seconde... en effet, très secondaire dans ce pays.
Mon 134ème film visionné des 1001 films de Schneider

lundi 8 juin 2009

133. Hawks : Scarface : the Shame of a Nation

1001 films : Scarface : the Shame of a Nation
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle


Film américain réalisé en 1932 par Howard Hawks (1896-1977)
Avec Paul Muni (Scarface, Camonte), Ann Dvorak, Karen Morley (Poppy), Osgood Perkins, George Raft, Boris Karloff.

D'abord ceciL'affrontement entre le jeune producteur Howard Hughes qui n'a que 26 ans lorsqu'il entreprend la production de Scarface et le Production Code, mieux connu sous le nom de Code Hays qui, à partir de 1930, va imposer une autocensure auprès des producteurs d'Hollywood.
Ce code était un guide de bonne conduite que le cinéma devait emprunter.
Hughes va essayer de plaire aux censeurs en changeant complètement la fin du film - au lieu de mourir abattu par la police, Scarface sera jugé et condamné à être pendu, donnant ainsi l'occasion à un juge de pacotille de nous asséner la sirupeuse moralité des bien-pensants. Mais les censeurs exigèrent plus. La réponse de Hughes sera magistrale : le film sera présenté partout dans la version originale.
Seule concession : la présentation d'un carton, avant le début du film, condamnant le crime organisé.

"Bonbons mélangés" (expression québécoise de mon enfance)
-Scarface allait devenir le modèle universel des films de gangters. Et qui d'autre qu'Al Capone pouvait en être le principal personnage?
-Paul Muni écrase le caricatural James Cagney dans le rôle de gangter.
-Muni, inoubliable dans I Am a Fugitive from a Chain Gang de Mervin LeRoy (à voir, toutes affaires cessantes). Film tourné la même année que Scarface. Après seulement deux films à son actif, Muni fournit les deux plus grandes performances de sa carrière, malheureusement écourtée par de multiples problèmes de santé.
-Avant de commettre ses assassinats, Tony Camonte (Muni), siffle un petit air. Pensez-vous à un personnage d'un film tourné l'année précédente dont l'acteur est d'origine austro-hongroise comme Muni?
-Scarface, en français, le balafré. La balafre sur le visage de Camonte a la forme d'un X - lettre que l'on retrouvera sous différentes graphies à chaque fois qu'il y aura assassinat.


-Scarface a été tourné à partir d'un scénario typiquement hollywoodien quant à sa fabrication. Pas moins de 6 personnes ont contribué à l'écriture de ce scénario. On est loin du cinéma d'auteur de la Nouvelle Vague.

Lecture cinéphiliqueLes fantômes du muet de Didier Blonde.
Si vous aimez le romancier français Patrick Modiano, vous allez craquer pour cette vingtaine de courts récits qui nous ramènent au temps du cinéma muet.
Blonde : "Chaque fois que je vois ces films, je pars à la recherche de disparus, et c'est un monde de revenants que je découvre, baigné dans la mélancolie du noir et blanc, avant qu'un irrépressible regard jeté en arrière ne le plonge à nouveau dans la nuit." Du pur Modiano.
Vous dire que Modiano est un de mes auteurs fétiches ne suprendra pas les lecteurs réguliers de ce blog consacré à faire, depuis plus de deux ans, des plongées dans mon passé afin d'y sauver de l'oubli les événements marquants de ma vie.
Modiano et Blonde recherchent des disparus. Plus humblement mais plus narcissiquement, je préserve de la disparition des morceaux de moi-même.
Il faut lire Modiano. Vous y gagnerez une sensibilité et votre visionnement des films anciens y gagnera en intérêt.

Évaluation IMDB : 7,9 sur 10 par 7752 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 18 août 1976 à la télévision à Montréal
Mon 133ème film visionné des 1001 films de Schneider

lundi 11 mai 2009

132. Renoir : Boudu, sauvé des eaux

1001 films : Boudu, sauvé des eaux
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle


Film français réalisé en 1931 par Jean Renoir (1894-1979)
Avec Michel Simon (Priape Boudu), Charles Granval (Édouard Lestingois), Marcelle Hainia (Emma Lestingois), Sévérine Lerczinska (Chloé Anne-Marie)

D'abord, parlons de Paris.
Boudu, sauvé des eaux, c'est le Paris de René Clair revu et corrigé par Jean Renoir.
Lors du dernier message, je parlais de ma tristesse de ne pas voir, dans le film Le million de René Clair, le Paris des années 30, ayant plutôt à me farcir, à la place des vraies rues de Paris, des maquettes et du carton-pâte.
Le hasard a voulu, en 1976, que je vois le film de Renoir seulement 4 jours après celui de Clair. Alors, voilà, Renoir me donne le Paris dont je rêvais en voyant le film de René Clair.

Lorsque je ne ne suis pas scotché à mon écran de télé ou de portable, je donne des conférences et des cours : Venise, ville médiévale en péril; Les changements climatiques; Tremblements de terre, tsunami et volcans; La Traversée des Alpes françaises à pied et L'histoire de la ville : de Babylone à New York. Je termine toujours ce dernier cours en présentant un diaporama de photos sur Paris, ce qui permet de faire une synthèse de l'histoire de l'urbanisme en Occident.
Alors, Paris, pour moi, c'est la Ville; Hemingway ne disait-il pas Paris est une fête. (J'ai toujours pensé jusqu'à aujourd'hui que le titre était Paris est mille fêtes - pour vous dire mon préjugé pro-Paris). Livre incontournable pour les amoureux de Paris. Expérience urbaine à jamais inoubliable - mes six mois à Paris en 1988.
Tout ça pour dire que j'ai été fasciné par ce Paris de 1931 que Renoir nous présente. Mais, surtout, impressionné par cette séquence où l'on voit Michel Simon, en clochard, déambuler sur les quais de la Seine, passant devant les bouquinistes, complètement noyé dans la foule anonyme. Un faux documentaire plus vrai que vrai.

Boudu, déambulant sur les quais de la Seine, filmé à l'aide d'une longue focale, discrète, à 30 mètres de là.

Boudu, mais c'est Néandertal dans votre salon.
C'est le surmoi en vacances.
Quand le surmoi n'y est pas, le Ça danse.
(Droits d'auteur enregistrés pour ces 3 phrases. Ici, rires.)
Deux séquences avaient causé des émeutes lors de la sortie du film au point d'en suspendre la projection :
Boudu, mangeant avec ses doigts des sardines dégoulinantes et Boudu, essuyant le cirage encore frais de ses chaussures avec les draps en satin de la bourgeoise.
En fait, tout le film est une immense tarte à la crème lancée à la figure de la bonne société.

La finale du film, c'est Boudu, sauvé des autres.
Dans le deuxième scénario de noyade, Boudu n'est pas sauvé des eaux mais, plutôt, il se sauve des autres, de l'encadrement trop serré de la société et tel, un poème de Prévert, il bondit hors de l'École (qui dit École avec une majuscule, dit dogmatisme, n'est-ce pas?) et, déguisé en épouvantail (ce qu'il est, de fait, pour la société), s'en va parcourir les chemins de France.

Évaluation IMDB : 7,7 sur 10 par 1390 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 6 juin 1976 à la télévision à Montréal
Mon 132ème film visionné des 1001 films de Schneider

dimanche 3 mai 2009

131. Clair : Le million

1001 films : Le million
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ième siècle

Film français réalisé en 1931 par René Clair (1898-1981)
Avec René Lefebvre, Annabella, Jean-Louis Allibert, Paul Ollivier, Vanda Gréville

Charmant, mignon, sentant le printemps, mais une comédie musicale du pauvre quand même surtout quand on sait ce qui se fait et ce qui se prépare, à ce moment-là, aux USA, côté comédies musicales (42nd Street, Footlight Parade, Gold Diggers of 33).
On peut aimer, mais pardi que ça fait piécette de salle paroissiale. Je sais, c'est du réalisme poétique. Mais me crée une grosse fatigue, le réalisme poétique. J'ai trop donné lors de ma tendre adolescence dans Cocteau et compagnie. Alors, maintenant autre chose.

Pourquoi donc Paris en carton-pâte? D'accord des décors magnifiques - les toits de Paris sont remarquables même si les cheminées tanguent dangereusement lors des poursuites. C'est un poème, ce décor. (Alexandre Trautner le plus grand décorateur de cinéma, ever, y est à ses débuts). Mais peut-on vraiment ne pas être chagriné par toute cette vie parisienne qui se déroule en dehors des studios de Joinville-le-Pont (je crois) et qui nous échappe à jamais. Le Paris de 1930, mais si, on en veut.
Je suis en train de visionner les dix épisodes de la magistrale série de Louis Feuillade, Les Vampires, tournée en 1915 : un monument. Très surpris par la vivacité (d'accord, j'exagère un peu, comme d'habitude) des différentes histoires. D'habitude, les films muets, sauf quelques trop rares exceptions, m'assomment d'ennui même si j'y trouve un certain plaisir intellectuel à découvrir l'histoire du cinéma en marche. Mais ici, chaque épisode nous réserve des surprises quant au déroulement de l'histoire, mais, surtout, ce qui surprend, plus particulièrement, c'est l'abondance des plans et des séquences tournés en extérieur.
Pas de Paris en carton-pâte mais Paris live; entre autre, une séquence merveilleuse où l'on voit les personnages montés à Montmartre en passant près du Sacré-Coeur, avec en arrière-plan, Amélie Poulain (je vous jure!). J'aurais aimé que Carné emprunte la même voie pour Le million au lieu de revenir au Paris de studio des débuts du cinéma.
Tiré de DVD Toile : "Quand sortit Les Temps modernes de Charles Chaplin, Tobis, le distributeur du film de René Clair voulut engager une action judiciaire pour plagiat. Le réalisateur ne souhaita pas s'y associer, déclarant que c'était pour lui un compliment si le film de l'artiste américain était inspiré du sien. L'affaire, plaidée en France et aux Etats-Unis, dura jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Sur la pression de ses avocats, Chaplin accepta une transaction. Lui et Clair restèrent amis."
Chaplin a piqué une autre idée de René Clair. La séquence de rugby sur la scène de l'Opéra se retrouve, presqu'à l'identique (un poulet au lieu d'un blouson), dans la scène de la salle de bal dans Les Temps modernes

Deux perles de René Clair :
Il prédit la fin du cinéma avec l'arrivée du parlant - difficile de se planter plus que ça.
Laurel et Hardy? Personne ne les trouve drôles, sauf le public.
Du pré-Yogi Berra. Vous ne connaissez pas ce fameux receveur des Yankees de New York des années 1950? C'est lui qui disait des trucs comme : ""C'est pas fini tant que ce n'est pas fini. Ou bien "This place is too crowded, nobody goes there anymore".

Évaluation IMDB : 7,8 sur 10 par 871 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 2 juin 1976 à la télévision à MontréalMon 131ème film visionné des 1001 films de Schneider