samedi 26 avril 2008

86. Lewis : The Nutty Professor

1001 films de Schneider : The Nutty Professor
Titre français : Docteur Jerry et Mister Love
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film américain réalisé en 1963 par Jerry Lewis (1926)
Avec Jerry Lewis, Stella Stevens, Del Moore

"Jerry Lewis est fort peu apprécié dans son pays. Il suscitera toutefois une grande admiration de la part de certains critiques français qui voient en lui le continuateur des gloires burlesques de la grande époque." Monsieur Cinéma, Nos films de toujours. 
Je dois avouer que je fais partie de ceux qui sont médusés par l'affection portée à Jerry Lewis par les Français. Jerry Lewis a toujours été, pour moi, le cancre de la comédie. Son humour, aussi subtil qu'un Boeing dans une tour de centre-ville, m'a toujours tombé royalement sur les nerfs. C'est peut-être parce que le burlesque me laisse, au mieux, la plupart du temps indifférent. Par exemple, si vous m'invitez à voir un film de Mel Brooks, prévoyez quelques psychotropes hilarants; quelques bières pourraient aussi faire l'affaire.

Ce qui me fascine par-dessus tout dans ce film, c'est l'utilisation de la couleur. Le flamboiement des rouges, des bleus, des jaunes posés en a-plat traverse le film. La plus grande costumière de l'histoire du cinéma américain, Edith Head, les reproduit sur les vêtements de Stella.


Edith Head est tout simplement la reine de la création des costumes du cinéma américain. Elle participa à ce titre à 418 films de 1927 à 1980 et remporta 8 oscars en cours de route.

La scène la plus célèbre de ce film. La scène finale lors du bal de promotion : la descente aux enfers du professeur Kelt qui voit son personnage charismatique de Buddy Love se métamorphoser graduellement en professeur Nigaud devant tous les élèves de la promotion.

C'est probablement à cause de cette scène (du moins je l'espère, parce que pour le reste, non vraiment pas) que ce film mérite sa place dans beaucoup de palmarès. Brian de Palma s'en serait-il inspiré pour l'épisode du bal de finissants de Carrie qui, également se métamorphose passant d'ange à démon.


John Travolta dans Saturday Night Fever est, en fait, un clone de Buddy Love (Jerry Lewis)


Pas de lecture cinéphilique en cours. Je suis immergé dans Millénium de Stieg Larsson. Pourtant, je suis toujours déçu par ces "coup-de-coeurs" médiatiques. Non, c'est faux, j'ai adoré au-delà de toute mesure, "Le seigneur des anneaux" de Tolkien.
Évaluation Mediafilm : Cote 3. Très bon
Évaluation IMDB : 6,7 sur 10 pour 3213 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 8 décembre 1971 à la télévision à Québec

Mon 86ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 21 avril 2008

85. Rocha : Terre en transe


1001 films de Schneider : Terra em transe
Titre français : Terre en transe

Film brésilien réalisé en 1967 par Glauber Rocha (1939-1981)
Avec Jardel Filho, Paulo Autran, José Lewgoy, Glauce Rocha

Un film coup-de-poing...sur la gueule de tous les manipulateurs politiques qui récupèrent les révoltes citoyennes contre de méchants dictateurs afin d'installer un pouvoir tout aussi totalitaire caché sous le maquillage du populisme. Ce film est à désespérer des belles causes qui, toujours, finissent dans le lit de petits potentats.
"Un film opéra-mitrailleuse" dit Jean-Louis Bory dans La nuit complice. Un critique dont il faut lire les textes dès qu'il s'agit d'un film des années 60 ou 70.

Film-désespoir. Réalisé dans le courant des années soixante, période durant laquelle l'Amérique latine a été profondément marquée par les révoltes paysannes et par le développement de nombreux mouvements de libération, ce film nous envoie en pleine gueule un des slogans de la gauche soixante-et-huitarde, "Élections, piège à cons". Message : Pas de changement politique significatif sans faire table-rase du système politique en place. Donc, seule la prise des armes par les masses paysannes et prolétariennes peut induire un changement significatif et permanent de la société dans une optique égalitaire. Voilà la leçon transmise par ce film de Glauber Rocha que l'on sent complètement désabusé suite à l'échec de l'aventure démocratique brésilienne qui s'est soldée par la prise du pouvoir des militaires en 1964; pouvoir qu'ils conserveront jusqu'en 1985.
Film au montage un peu confus, parfois difficile à suivre, mais oeuvre des plus marquantes de cette période durant laquelle le cinéma latinoaméricain (pensons au bolivien Jorge Sanjines) se présente comme un outil de sensibilisation et de combat contre les régimes totalitaires pour la plupart soutenus par les États-Unis.

Je ne sais pas exactement quand a commencé ma passion pour l'Amérique Latine. Mais je me rappelle qu'en 1967, alors que j'avais 20 ans, je vouais une admiration insensée pour Che Guevara que j'avais appris à connaître à travers quelques rares articles de magazines français. J'étais surtout fasciné par son image : béret, barbe hirsute, cigare, toute la fierté du monde dans ses yeux, le plus séduisant des révolutionnaires. "Un, deux, trois, plusieurs Vietnam", son mot d'ordre le plus éclatant, c'était à peu près toute la connaissance que j'avais de sa pensée politique.
Cette passion allait se nourrir au cours des années suivantes de plusieurs événements : cours de Géographie sur l'Amérique latine à l'université, voyage au Mexique à l'été 1970, élection de Salvador Allende au Chili en 1970, séjour de plusieurs mois au Mexique en 1972-1973, mon projet de doctorat en Géographie au Chili malheureusement avorté par le renversement du régime Allende le 11 septembre!!!1973; tout ça constamment nourri de lectures, de films, de musique à contenu latinoaméricain.
Bon, n'anticipons pas trop. Nous sommes en novembre 1971 et Allende est au pouvoir; le premier gouvernement communiste élu de l'histoire. Vraiment à l'avant-garde démocratique par rapport à tous les pays d'Amérique Latine dominés par des régimes dictatoriaux, militaires ou non. Il semblait donc, contrairement au message du film de Rocha, que les urnes pouvaient vraiment apporter une solution aux problèmes socioéconomiques de l'Amérique Latine. Mais deux ans plus tard, l'armée chilienne dirigée par le général Pinochet, largement soutenue par la CIA, allait mettre un couvercle étanche sur cette expérience unique de démocratie et faire rentrer le Chili dans le rang des dictatures militaires.
Il faudra attendre les années 2000 pour voir la mise en place démocratique de gouvernements de gauche. Alors, presque tous les pays d'Amérique du Sud seront touchés par ce vent libérateur : Venezuela, Brésil, Bolivie, Chili, Uruguay et, depuis hier le 20 avril, le Paraguay.

Festival de Cannes 1967. Prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique.
Évaluation Mediafilm : Cote 3. Très bon
Évaluation IMDB : 7,9 sur 10 pour 377 votants.
Film introuvable en Amérique du Nord.
J'ai réussi à en dénicher une vieille copie sur VHS à la cinémathèque québécoise à Montréal que j'ai pu visionner sur leur antique magnétoscope.
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 25 novembre 1971 au ciné-club de l'Université Laval à Québec
Quel beau dessin, typique de l'iconographie révolutionnaire de cette époque qui nous apparaît aujourd'hui dans toute son innocence et dans toute sa simplicité (dans le sens de simpliste, aussi).
Mon 85ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 14 avril 2008

84. Malle : Le souffle au coeur

1001 films de Schneider : Le souffle au coeur

Film français réalisé en 1971 par Louis Malle (1932-1995)
Avec Léa Massari, Benoit Ferreux, Daniel Gélin

Mini-coup de tonnerre dans les chaumières.
Malgré sa sortie en pleine révolution sexuelle du début des années 70, ce film a quand même créé un émoi certain chez beaucoup de spectateurs. Non seulement, l'inceste y est-il évoqué mais, de plus, l'auteur n'y apporte aucun jugement moral, comme si ce n'était pas un des plus grands tabous de la civilisation occidentale. ll faut dire que le glissement vers la relation incestueuse apparaît au spectateur comme l'aboutissement normal de la tendresse mère-enfant qu'on peut rencontrer habituellement dans une famille pas trop dysfonctionnelle. Si, en plus, la mère est la superbe Léa Massari, alors là, les tabous fondent dans ses yeux en amande comme neige au soleil qui, soit dit en passant, tarde à faire disparaître les congères accumulées dans ma cour arrière (encore 2 mètres de neige à certains endroits, on rigole pas!).

Avant la sortie du film, quelques remous au coeur de l'administration française : censurer ou non ce film. En tout cas, on l'empêchera d'ètre sélectionné pour représenter la France au Festival de Cannes de 1971.
Extrait des documents de Cannes 1971 : "Louis Malle aborde l’inceste. Le film est défendu par des artistes comme Jeanne Moreau, John Lennon et Milos Forman. Il ne sera pas censuré, ni primé. Juste un haut-le-coeur passager....."

Si la première partie du film (avant le séjour à l'Hôtel des Bains) nous donne le goût de hurler : "Pas encore un film d'ado!!!," la deuxième partie, toute proustienne (on pense souvent au séjour du narrateur à Balbec dans À l'ombre des jeunes filles en fleur), nous amène dans le confort douillet des ambiguités des premiers émois amoureux.

Malgré le lieu, Dijon, et l'année, 1954, c'est vraiment un extrait autobiographique authentique que nous présente Louis Malle, à l'exception de la scène de l'inceste, dit-il.

Beaucoup de références littéraires tout au long du film. Donc, liste :
Boris Vian, J'irai craché sur vos tombes, Saint-Exupéry, Le petit prince, Henry de Montherlant, Les jeunes filles, Goethe, Le roi des aulnes, Proust, l'oeuvre en général, Tintin, Albert Camus, L'état de siège et la grande surprise : Pauline Réage, Histoire d'O qui venait de paraître.

Lecture cinéphilique : La folle vie de Woody Allen de Marion Meade.
Habituellement, je ne raffole pas tellement des biographies, leur préférant, et de loin, des écritures du côté de l'auto-fiction : journaux, carnets, mémoires. Pour vous dire cette passion, j'ai lu dans la dernière décennie Le Temps immobile de Claude Mauriac, pas une mince affaire que cette recherche du temps perdu en 6000 pages; mais un immense voyage émouvant à travers le siècle.

Évaluation Mediafilm : Cote 3. Très bon
Évaluation IMDB : 7,8 sur 10 pour 1507 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 17 novembre 1971 au cinéma Empire à Québec
Dans l'actualité du jour (Quotidien L'Action de Québec) : La Chine demande aux USA de se retirer de l'Indochine et de la Corée du Sud. En échange de quoi, elle se retirera du Tibet qu'elle occupe depuis 1950. Bien non, pardi, il faut fermer les guillemets après Corée du Sud.
Mon 84ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

jeudi 10 avril 2008

83. Leone : Le bon, la brute et le truand

1001 films de Schneider : Il buono, il brutto, il cattivo
Titre français : Le bon, la brute et le truand

Film italien réalisé en 1966 par Sergio Leone (1929-1989)
Avec Eli Wallach, Clint Eastwood, Lee Van Cleef

L'idéal serait de toujours voir les films d'un auteur selon leur réalisation chronologique afin de voir le cheminenent du réalisateur. Mais on sait bien que c'est rarement le cas. En général, pour ce qui est des films qui ont plus de vingt ans, on découvre un réalisateur à partir d'un de ses meilleurs films. Si on est séduit par cette oeuvre, alors on ira se balader dans sa filmographie. Si, dans la plupart des cas, cette approche dans le désordre n'est pas vraiment dommageable pour l'ensemble de l'oeuvre, il peut arriver que ce le soit, comme dans le cas présent.
Par exemple, ayant vu Le bon, la brute et le truand (BBT) deux mois après Il était une fois dans l'Ouest, c'est ce dernier qui restera, pour moi, le meilleur western de Leone alors qu'il n'est qu'une copie embellie de BBT.

Ce qui surprend en visionnant Le bon , la brute et le truand après avoir déjà vu Il était une fois dans l'Ouest, réalisé précédemment, c'est de voir à quel point ce dernier est tributaire du premier. Plusieurs éléments clés, sans parler de toute la stylistique, étaient déjà présents dans BBT.
Quelques exemples :
1. La séquence du début est presque identique dans les deux films : trois malfrats (dont Al Mulock présent dans les deux films) s'apprêtent à attaquer un individu qui aura gain de cause sur eux.
2. La séquence du duel au soleil à la fin du film : même tension, même gros plans sur les regards, rythme musical identique, etc.
3. Le pendu, au bout de sa corde en déséquilibre; dans BBT sur une croix de bois, dans Il était une fois... sur les épaules du petit frère.
4. L'imbrication de l'intrigue dans l'Histoire américaine.
5. Et la musique de Morricone...

Scène de mauvais goût pour ne pas dire carrément odieuse : Dans un camp nordiste, l'orchestre de prisonniers obligé de se produire pour enterrer les cris d'un prisonnier qu'on torture. L'analogie avec des scènes connues des camps de concentration nazis nous saute en pleine figure et nous salit un peu.

Eli Wallach : la plus importante prestation d'acteur du film. Clint "stone face" Eastwood est peut-être l'icone des westerns spaghettis mais, dans ce film, il est carrément laissé dans les "starting blocks" par Wallach. Quarante ans plus tard, ce même Wallach, à 91 ans, nous donne une savoureuse prestation d'acteur dans un rôle de scénariste en fin de vie, dans le film de Nancy Meyers, Holiday.


Eli Wallach, now and then
Lecture cinéphilique en cours : Eisenstein, Le cinéma comme art total de Gérard Conio.
De 1929 à 1932, Eisenstein, accompagné de deux collègues du milieu du cinéma soviétique, séjourne en Occident : Suisse, France, USA et, enfin, Mexique où il essaiera de réaliser une grande fresque sur la société mexicaine. Que viva Mexico! ne sera jamais produit faute de financement adéquat. Des parties seulement de cette oeuvre se retrouveront dans d'autres films tels que Thunder Over Mexico dont l'atrocité de certaines scènes en ferait, selon certaines critiques, le prédécesseur de la série Mondo Cane. Tout le financement du film reposait sur les épaules de Upton Sinclair (1878-1968), un écrivain américain communiste (si si, ça existait), dont une oeuvre Oil vient d'apparaître sur nos écrans : There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson.

Évaluation Mediafilm : Cote 1. Chef-d'oeuvre
Évaluation IMDB : 9,0 sur 10 pour 89 466 votantss.

Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 22 octobre 1971 au cinéma Le Bijou (!!!) à Québec
Les noms de salle de cinéma à Québec au début des années 1970, à l'époque où il y avait encore des cinémas de quartier, reflétaient toute cette période des premières décennies du cinéma durant laquelle celui-ci représentait l'exotisme des pays lointans et le rêve inatteignable. À Québec, on retrouvait Paris (le cinéma de Paris, le Pigalle, l'Odéon), Venise (le Rialto, le Lido), l'Espagne (le Granada), Athènes (le Capitol (sic)).
Mon 83ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

lundi 7 avril 2008

82. Eisenstein : Ivan le Terrible

1001 films de Schneider : Ivan GroznyyIvan Groznyy I
Ivan Groznyy II: Boyarsky zagovor (sorti en 1958)
Titre français : Ivan le Terrible

Films soviétiques réalisés en 1944-1946 par Sergei M. Eisenstein (1898-1948)
Avec Nikolai Cherkasov (Tsar Ivan IV), Serafima Bermann, Mikhail Nazvanov, Pavel Kadochnikov, Vsevolod Pudovkin
Musique : Sergei Prokofiev

À l'époque, je n'ai pas dû éprouvé beaucoup de plaisir (autant dire que je m'étais royalement emmerdé) en visionnant ce film sur un petit écran de télé en début de nuit. J'étais entré dans ce film sans aucune connaissance de l'histoire russe; alors, tous ces complots de la cour impériale me laissèrent assez indifférents puisque je n'y comprenais rien. La présentation caricaturale d'Ivan et de son entourage, amplifiée par une prestation des comédiens qui semblaient avoir oublié que le cinéma parlant avait été inventé 15 ans auparavant tant leurs expressions faciales étaient chargées, ajoutèrent à mon désintérêt.

Ce qui saute aux yeux en visionnant à nouveau ce film, plus de 30 ans plus tard, c'est le parallèle qu'on ne peut éviter de faire entre la destinée d'Ivan le Terrible et celle de Staline.
Dans la première partie, on voit bien l'analogie entre la Russie d'avant Ivan et la Russie de Nicolas II du début du 20ème siècle. Cette partie se termine par la montée d'Ivan vers Moscou appuyée par le peuple. On ne peut s'empêcher d'y voir la prise du pouvoir par les bolchéviques avec Lénine à leur tête. Eisenstein a d'ailleurs remporté le prix Staline pour cette première partie de Ivan le Terrible.
C'est dans la deuxième partie que la référence à Staline est remarquable. Cet Ivan IV, tsar de toutes les russies, qui installe un pouvoir totalitaire et tyrannique (excusez le pléonasme), s'attaquant même à ceux du peuple qui lui ont permis de s'emparer du pouvoir; cet Ivan, c'est la personnification même de Staline. Alors pas de deuxième prix Staline pour Eisenstein (dixit les Cahiers du cinéma) mais plutôt le déshonneur, la censure et l'interdiction de représentation publique du film pendant 10 ans.

Par ailleurs, on s'est émerveillé et on a crié au chef-d'oeuvre devant la mise en scène de cette oeuvre. Mais ça me semble un tantinet exagéré (oui, je sais, je suis gonflé de mettre des bémols sur le cinéma de S.a M.ajesté Eisenstein) quand on voit comment Eisenstein joue de la caméra, des décors et des expressions corporelles comme on le faisait à la belle époque de l'expressionnisme allemand des années 20.
Par exemple, les ombres portées sur les murs qui inondent de nombreux plans étaient déjà une technique dont on avait abusée jusqu'à plus soif à l'époque des Lang, Wiene et Murnau.




M
(1931) de Fritz Lang

Un des nombreux plans de Ivan le Terrible avec des ombres portées


Lecture cinéphilique en cours : Eisenstein, le cinéma comme art totaL de Gérard Conio.
Parcours de la biographie et de la production filmique d'Eisenstein en utilisant quelques documents inédits apparus après la "désoviétisation" de l'empire.
Extrait : Eisenstein: "Hier, j'étais chez Staline. Nous n'avons éprouvé aucune sympathie l'un pour l'autre."
Conion : "Eisenstein a obtenu ce qu'il voulait. Il pourra mourir tranquille puisqu'il a réussi à préserver cette deuxième partie de Ivan le Terrible qu'il considère comme son testament. Mais elle ne paraîtra qu'en 1958, dix ans après sa mort et 5 ans après celle de Staline. "

Conversation d'Eisenstein avec Staline à propos de Ivan le Terrible, tenue le 26 février 1947. En préambule à la conversation, des remarques du bureau politique justifiant la censure du deuxième volet de Ivan le Terrible.
Cette conversation nous montre le petit père des peuples donnant des leçons d'histoire à Eiseinstein dans le but de lui faire corriger la deuxième partie de Ivan. Eisenstein, sarcastique, demande à Staline vers la fin de la conversation s'il a d'autres instructions à lui donner. Staline, accusant le coup, lui répond qu'il ne lui donne pas d'instructions mais seulement le point de vue des spectateurs (sic).
Délirant : Staline, demandant à Eisenstein de diminuer la longueur de la barbe d'Yvan ainsi que la durée des baisers que celui-ci donne à son épouse.

Sur IMDB, vous pouvez voir la stupidité des systèmes informatiques quand ils sont mal programmés :
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Aleksandr Nevskiy de S.M. Eisentein
Flesh.ka,
Alexander,
Rocky IV. Pairer Stallone et Eisenstein? Il y a vraiment des coups de pied au cul qui se perdent.

Évaluation Mediafilm : Cote 1. Chef-d'oeuvre
Évaluation IMDB du premier volet sorti en 1944 : 8,0/10 pour 2094 voteurs
Évaluation IMDB du deuxième volet sorti en 1958 : 8,2/10 pour 1551 voteurs
Toutes les informations sur la première partie du film sur IMDB. Toutes les informations sur la deuxième partie du film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 31 août 1971 à la télévision à Québec

Mon 82ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider