jeudi 10 janvier 2008

66. Fellini : La dolce vita


Film italien réalisé en 1960 par Federico Fellini (1920-1993)
Avec Marcello Mastroianni, Anita Ekberg, Anouk Aimée, Yvonne Furneaux, Magali Noël, Alain Cuny

J'avais peu de souvenirs de ce film au titre, pourtant, si évocateur. Il me semblait que Anita Ekberg occupait un rôle au moins aussi important que celui joué par Marcello Mastroianni. Erreur découlant probablement de l'empreinte indélébile dans mon cœur de cinéphile de la séquence où l'on voit l'Anita en question prenant sa douche (on se calme, elle était habillée) dans la fontaine de Trevi à Rome. "She was gorgeous" expression que de petits malins persistent à traduire par "Elle était gorgeuse". Les photos ci-contre ne leur donnent pas tout à fait tort, non?
Cette scène est à classer parmi les plus célèbres séquences de l'histoire du cinéma. Elle est à jamais associée à La dolce vita, même si la présence d'Anita Ekberg est finalement assez courte; moins de 25 minutes sur un film de 3 heures.
Anita Ekberg se douchant dans la fontaine de Trevi à Rome

Cette scène fait partie d'un douzaine de tableaux qui constituent la trame du film. Ces tableaux illustrent la vie "in-signifiante" d'un journaliste à potins, Marcello (Marcello Mastroianni, exceptionnel), dont le boulot le force à suivre des célébrités et des aristocrates, tous plus ou moins futiles et décadents les uns que les autres.
Aurais-je le culot d'affirmer que M. Fellini, par la redondance de certains tableaux, allonge inutilement la démonstration des misères existentielles de son héros? Antonioni nous montrera dans sa trilogie du début des années 1960 que l'on peut très efficacement démontrer les crises existentielles de personnages à l'intérieur d'un cadre filmique de 120 minutes alors que La dolce vita en fait 180. Mais, ne boudons pas notre plaisir. Ce sont 180 minutes d'images merveilleuses bercées par la musique inoubliable de Nino Rota, compositeur attaché à l’œuvre de Fellini qui a composé la bagatelle de 162 pièces de musique pour le cinéma au cours de sa carrière.
Paparazzo, c'est le nom du photographe qui accompagne Marcello dans ses tournées à la recherche de proies pour son journal à sensations. Il se retrouve souvent au milieu d'une meute de photographes à l'assaut de célébrités artistiques. C'est à la suite de ce film que le terme paparazzo (paparazzi au pluriel) fut accolé aux photographes spécialisés dans la chasse aux célébrités. Chasse plus souvent associée au viol de l'intimité de ces mêmes individus dont les seins ou les fesses se retrouveront immanquablement dans les pages centrales d'un quelconque Paris-Match.
On pense que Fellini a utilisé le patronyme d’un camarade de classe insolent et agressif. Ou bien, Fellini aurait créé le néologisme à partir des mots italiens « papatacci » qui désigne un type de moustique agaçant et « razzo », l’éclair.
Ce film a créé un léger tsunami chez les ecclésiastiques ultra-catho d'Italie et d'Espagne. Fellini a failli être excommunié à cause de la scène où l'on voit Anita Ekberg déguisée en ecclésiastique grimpant les escaliers d'un clocher d'église qui donne sur la place St-Pierre au Vatican. En Espagne, ce film fut interdit jusqu'en 1981.
Cannes 1960 : Palme d'or
Oscar 1962 : Best Costume Design, Black-and-White (Big deal!!!)
Évaluation Mediafilm : Cote 1. Chef-d’œuvre
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 3 janvier 1970 à la télévision à Québec
Ce jour-là, au cinéma Empire de la rue de la Fabrique à Québec, mon cinéma préféré entre tous à cette époque, on projette Paris n'existe pas de Robert Benayoun qui n'a réalisé que deux films. Quelqu'un a-t-il déjà vu ce film? La présence de Gainsbourg (musique et interprétation) m'intrigue et me donne le goût de voir ce film. Deux extraits sur YouTube

Mon 66ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

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