lundi 10 septembre 2007

49. Bunuel : Viridiana

1001 films de Schneider : Viridiana
Dans la liste des 1000 meilleurs films du 20ème siècle

Film espagnol réalisé en 1961 par Luis Bunuel (1900-1983)
Avec Silvia Pinal (101 films), Francisco Rabal (215 films) et Fernando Rey (237 films).

Premier film tourné en Espagne par Bunuel depuis son exil au Mexique en 1936. C'est-à-dire depuis Los Olvidados (attention chef-d'oeuvre), le premier d'une série de 16 films tournés en dehors de l'Espagne.
Ce film fut une bombe chez Franco-la-Muerte (chanson de Léo Ferré) qui a dû amèrement regretté d'avoir invité Bunuel à sortir de son exil. Résultat : film banni en Espagne jusqu'à la mort de Franco en 1975, condamné par le Vatican mais Palme d'or au Festival de Cannes de 1961.

Un extrait d'un article de Jean Douchet dans les Cahiers du Cinéma numéro 120 de Juin 1961 : "Jamais le blasphème contre la religion et les tabous sexuels n'ont été poussés aussi loin. Il y a même certaines images qui, réalisées par d'autres, passeraient pour de la pornographie....un climat de démence érotique absolument incroyable."
C'est ce que je me rappelais de ce film, plus particulièrement de la scène du viol qui m'avait bien impressionné. Mais, revu aujourd'hui, en 2007, tout cela paraît bien innocent et cette critique nous fait bien sourire par son incongruence avec la morale actuelle des sociétés occidentales.
Mais ne boudons pas notre plaisir. Viridiana est, même à nos yeux actuels, une bombe érotique. La première moitié du film est un festival pour fétichiste en herbe. Bunuel, comme à son habitude, nous inonde de plans de pieds, de jambes et de cuisses. De plus, le masochisme mystique de soeur Viridiana et le travestisme de son oncle croulant sous ses pulsions sexuelles et résistant difficilement à abuser de sa nièce font de cette première moitié du film un des passages les plus intensément érotiques de l'oeuvre de Bunuel.
Le personnage de Belle-de-Jour est en gestation dans celui de Viridiana. On voit déjà Catherine Deneuve apparaître sous les traits de Silvia Pinal. Même chevelure blonde, même froideur, mêmes pulsions masochistes. Le film Belle de Jour est la suite de la première moitié de Viridiana.

Scène inoubliable par son côté profanateur : Sous l'air de l'Alleluia du Messie de Haendel, une bande de clochards et de petits truands, abusant de l'hospitalité de leur bienfaitrice Viridiana, reproduisent la Dernière scène de Léonardo Da Vinci dans le décor dévasté du château de son oncle. Un grandiose pied-de-nez de Bunuel à l'oligarchie catholique espagnole qu'il a toujours abhorrée.

Cannes 1961: Palme d'or.
Évaluation IMDB : 8,2 sur 10 par 8586 votants.
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1969 à la télévision à Québec
Mon 49ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

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