jeudi 24 mai 2007

37. Munk : La passagère


1001 films de Schneider : Pasazerka.

Titre français : La passagère.

Film polonais réalisé en 1961 par Andrzej Munk (1920-1961) et complété en 1963 par Witold Lesiewicz (1922)
Avec Aleksandra Slaska (Liza), Anna Ciepielewska (Marta).

Le plus célèbre des films de Munk restera à jamais incomplet suite à son décès dans un accident de voiture au cours du tournage, le 20 septembre 1961. Deux ans plus tard, on essaiera de terminer le film en se basant sur les idées et les questionnements de Munk.

Liza, ancienne membre des SS, subit un choc quand, lors d’une croisière en compagnie de son mari américain, lors de son premier retour en Allemagne, croit reconnaître, parmi les passagers, une ex-détenue du camp d’Auschwitz où elle était surveillante. Reviennent alors à son esprit les images brutes du terrible passé.
Seules les scènes concernant le camp de concentration ont été filmées. Les scènes sur le bateau sont présentées sous forme de photogrammes.


Marta (Anna Ciepielewska ), la prisonnière.






L'écart émotionnel entre le récit des problèmes relationnels vécus par la surveillante SS (Liza) avec une détenue (Marta) et les atrocités innommables montrées en arrière-plan est presque insoutenable.
Liza, 18 ans après les événements (nous sommes en 1961 lorsqu'elle rencontre sur le bateau une passagère qui ressemble à Marta), ne semble pas du tout remuée par les terribles événements de la shoah; elle est seulement perturbée par la remémoration de ses états d'âme face à la prisonnière qu'elle avait prise sous sa protection et qui ne lui avait jamais montré sa reconnaissance. On reste pantois devant une telle insensibilité.
Munk nous entraîne dans un monde qu'il est impossible de comprendre, même après 60 ans. Comment, un être humain et encore plus une femme, comme diraient certains avec lesquels je ne serais pas d'accord, peut-il rester de glace devant l'entrée de centaines d'enfants dans un four crématoire souterrain? Aucune explication ne pourra jamais justifier un tel comportement.
Voir ce film est une action citoyenne.

D'après Jean-Luc Godard, La Passagère serait le seul film polonais illustrant ce que furent les camps d'extermination.
Cannes 1964 : Mention spéciale du jury pour Andrzej Munk
Venise 1964 : Prix de la critique italienne pour Andrzej Munk
Évaluation IMDB : 7,8 sur 10 pour 178 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1968 au cinéma à Québec
Mon 37ème film visionné de la liste des 1001 films du livre de Schneider

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